Le bilan économique 2002 : La croissance fléchit, mais l'emploi résiste.

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L'année 2002 n'a pas été bonne pour l'activité économique de La Réunion. Ce sont principalement les prestations sociales qui sont venues abonder les revenus nominaux des ménages, par ailleurs écornés par la hausse des prix. La consommation semble avoir sensiblement ralenti et les entrepreneurs réunionnais n'ont pas pu conserver leurs parts de marché. Le secteur industriel a particulièrement souffert , tandis que le commerce maintenait son activité. Dans ce contexte plus difficile qu'en 2001 l'emploi a relativement bien résisté.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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dossier Le bilan économique 2002
La croissance fléchit
’année 2002 n’a pas été bonne Achèvement de
pour l’activité économique à La
l’alignement du RMILRéunion. Ce sont principalement
les prestations sociales qui sont venues Pour cette année, ce sont principalement
abonder les revenus nominaux des les revenus sociaux qui sont venus abon-
ménages, par ailleurs écornés par la
der les revenus des ménages. En particu-
hausse des prix. La consommation
lier l’achèvement de l’alignement du
semble avoir sensiblement ralenti et
RMI a eu un effet majeur sur notre île où
les entrepreneurs réunionnais n’ont
22 % de la population dépendent directe-
pas pu conserver leurs parts de mar-
ment ou indirectement de cette res-
ché. Le secteur industriel a particuliè-
(1)source . De fait sur les 19 % de haus-
rement souffert, tandis que le com-
ses des montants versés au titre du RMI,
merce maintenait son activité. Dans ceLe modèle économique 11 points proviennent du seul effet de
contexte plus difficile qu’en 2001
l’alignement. Le reste provient de lal’emploi a relativement bien résisté.L’activité économique de La Réunion hausse du nombre de bénéficiaires (+
est principalement alimentée par les
L’année économique 2002 ramène La 7 %) proche de celle de 2001. Les alloca-revenus des ménages. Une part de ces
Réunion plusieurs années en arrière avec tions chômage progressent aussi très sen-revenus est épargnée, une autre
une industrie qui lutte pour maintenir sa siblement (+ 12 %) après deux annéesdépensée sous forme de biens et
place, des services qui souffrent d’uneservices. Cette demande s’adresse aux plutôt stables (entre 3 et4%de hausse).
producteurs et importateurs locaux. conjoncture morose et un commerce Enfin, les allocations familiales, qui
Pour y faire face, ceux-ci peuvent durablement florissant, mais qui s’appro- pèsent autant que le RMI et les alloca-
puiser dans leurs stocks ou augmenter visionne à l’extérieur. tions chômage, maintiennent un rythme
leur production en employant plus de
de progression élevé (+ 6,1 % aprèspersonnes ou en augmentant leur
5,9 % en 2001).rythme de production grâce aux (1) Il s’agit des érémistes, de leurs conjoints et
des personnes qui sont à leur charge.investissements passés. Une baisse de
l’investissement a pour effet de peser
Evolution du commerce extérieur en valeursur le processus décrit. En revanche,
une hausse de la masse salariale versée
abonde la demande en biens et montants en million d'euros 1998 1999 2000 2001 2002
services. C’est à partir de cette
description très simplifiée que nous IMPORTATIONS 2 340,9 2 418,9 2 730,1 2 864,3 2 966,2
construisons le bilan économique de
dont :l’année 2002.
Produits agricoles et des industries agricoles
et alimentaires 454,3 447,1 484,6 510,6 540,5
Combustibles et carburants 123,6 119,9 219,1 220,8 220,3
Produits minéraux et métalliques 202,1 197,8 215,7 232,3 228,2
Ménages
Produits du textiles, bois ou papier 134,8 137,4 147,9 154,0 154,5
3 Offre de travail Produits chimiques, caoutchouc ou plastiques 149,8 152,5 164,0 176,0 185,9
Consommation
Equipements, composants électriques et
Revenus électroniques 179,4 205,4 249,4 285,5 266,9
Matériels de transport et équipements
Investissement
mécaniques 196,2 219,7 241,5 237,2 249,2
Etat
Automobiles 331,0 350,3 359,3 376,8 383,7
Equipements du logement 189,9 205,8 217,6 221,6 232,4Fiscalité
Demande Habillement, cuir, édition 179,6 174,5 200,9 198,8 234,1
intérieurePrestations Produits pharmaceutiques et d'entetien 172,8 185,2 205,3 222,7 249,5
Divers 27,4 23,2 24,7 28,0 21,1
ImportsEntreprises Exports
EXPORTATIONS 185,7 193,2 226,8 228,8 220,44
Salaires dont :
Produits agricoles et des industries agricolesDemande de
capital et alimentaires 140,8 142,8 166,9 165,9 159,6
Production locale Matériels de transport et équipements
mécaniques 11,7 15,7 15,0 13,8 15,2travail
Automobiles 10,2 10,6 11,2 14,2 11,8
Marché du Divers 23,0 24,1 33,8 34,9 33,8
travail
Source : Direction nationale des statistiques du commerce extérieur.
16 économie 2e trimestre 2003
DE LAREUNIONdossier
mais l’emploi résiste
Evolution de l’emploi salarié marchand à La Réunion marquée par la volonté des particuliers
de se désengager de leurs liquidités en
130
francs. Au total, l’épargne des ménages
125 maintient un rythme de progression éle-
vé et proche de celui des années précé-120
dentes (+ 8,0 % contre + 8,8 % en 2001
115
et + 7,7 % en 2000). L’arrivée de la nou-
110 velle monnaie ne semble pas avoir parti-
culièrement affecté le comportement105
d’épargne des ménages.
100
L’investissement des ménages se réalise
95 exclusivement dans le logement ; il a
90 encore progressé de façon soutenue au
cours de l’année 2002. Les attestations
de conformité du Consuel, en progres-
sion de 3,8 % sur 2002, maintiennent un
Ensemble Industrie Construction Commerce Services rythme élevé de progression, alors même
que l’année 2001 était jugée particulière-
Source : Insee, l’emploi salarié marchand par trimestre. ment favorable. Autre indicateur le
rythme de croissance de l’encours des
Le secteur marchand a continué à créer des emplois en 2002, mais deux fois moins prêts à l’habitat destinés aux particuliers-qu’en 2001.
reste dynamique (+ 8,7 % en rythme
annuel) ainsi que l’encours des prêts à
Les revenus du travail progressent de Une part de cette hausse de revenus a été taux zéro (+ 13,8 % en rythme annuel).
Ceci est d’autant plus remarquable quefaçon beaucoup moins sensible. Les absorbée par l’inflation. En 2002, l’évo-
lution des prix à la consommation a été l’année 2001 avait déjà été particulière-salaires dans la fonction publique (Etat,
de 2,5 %, soit 0,6 point de plus qu’en ment favorable pour l’investissement desDépartement et Région) connaissent une
2001. Cette augmentation plus soutenue ménages.progression moins dynamique que précé-
résulte de trois éléments principaux : unedemment (5 % contre 6 % en 2001). La
hausse plus marquée des prix de l’ali-suppression de la prime d’éloignement au Stagnation de la
mentaire et des services, un net ralentis-premier janvier 2002 joue certainement consommation et des
sement du prix du tabac et une baisse desun rôle important dans cette évolution.
investissementsprix de l’énergie.
Dans le secteur marchand on observe
En terme de pouvoir d’achat du salaireaussi un ralentissement en glissement de Il est plus difficile de mesurer l’évolu-
reçu, la situation est moins favorablela progression de la masse salariale tion de la consommation des ménages.
qu’en 2001. En effet, avec ce niveauversée aux ménages en 2002 (+ 6,6 %), Les déclarations de TVA, qui permet-
3d’inflation, la hausse du pouvoir d’achataprès la hausse annuelle particulièrement taient de suivre peu ou prou cet agrégat
des salaires des secteurs marchands nonélevée en 2001 (10 %). Ces évolutions ne sont plus exploitables cette année, les
agricole est de 1,1 % alors que l’annéesont calculées sur les trois derniers tri- plus grosses entreprises de La Réunion
2001 affichait une progression remar-mestres de l’année, le premier trimestre déclarant maintenant leurs montants à la
quable de 2,9 %.2002 étant difficile à exploiter suite à direction des grandes entreprises de
l’impact du passage à l’euro sur les métropole. Les recettes d’octroi de merCe supplément de masse salariale vient
déclarations. C’est surtout le secteur de affichent une quasi-stabilité (+ 0,8 %)abonder le revenu global des ménages et
l’industrie qui marque le pas avec une après une année 2001 particulièrementse reporte soit sur l’épargne, soit sur
quasi-stabilisation de la masse salariale dynamique (+ 8,2 %). Par ailleurs, lel’investissement, soit sur la consommation.
versée (1,1 %). Le secteur de la cons- recours au crédit à la consommation des
truction, après deux années particulière- ménages a également fortement ralenti 4L’épargne etment favorables, affiche au quatrième passant d’un rythme de croissance de
trimestre 2002 une progression plus l’investissement logement 12%fin 2001à5%fin 2002. Quant aux
limitée mais encore dynamique (+ 5,8 %) ventes de véhicules de tourisme neufs,toujours en hausse
de la masse salariale versée. Les services elles ont accusé une faible baisse en
affichent un profil encore dynamique 2001-2002, par rapport aux années 1999-En ce qui concerne l’épargne des ména-
(+ 7,7 % en 2002), bien que le ralentisse- 2000 (- 0,8 % sur 2001-2002 en rythmeges, les dépôts à vue et à court
ment ait été perceptible dès 2001. Seul le annualisé). Cette variation sur deuxterme des particuliers restent dyna-
commerce maintient une forte progres- années permet de lisser l’effet du salonmiques en 2002 (+ 8,5 %) après une
sion de sa masse salariale (+ 8,6 %). bisannuel de l’auto dont la dernière édi-année 2001 exceptionnelle (+ 12,7 %)
économie 172e trimestre 2003
DE LAREUNION
4e trim. 99
1er trim. 00
2e trim. 00
3e trim. 00
4e trim. 00
1er trim. 01
2e trim. 01
3e trim. 01
4e trim. 01
1er trim. 02
2e trim. 02
3e trim. 02
4e trim. 02
Indice - Base 100 au 4e trimestre 99dossier
tion s’est tenue en fin d’année 2001. Evolution du chômage et du RMI de 1998 à 2002
Ces signes de ralentissement de la
consommation des ménages semblent 1998 1999 2000 2001 2002
cependant contredits par l’évolution des
importations de biens de consommation Demandeur d'emploi au 31/12 95 769 94 921 91 999 88 692 81 852
courante (équipement du logement, dont :
habillement, cuir, édition, produits phar- - femmes 42 843 42 142 40 708 38 649 34 006
maceutiques et d’entretien) qui affichent - moins de 25 ans 21 723 21 331 20 568 19 432 18 650
- inscrits depuis plus d'un an 45 653 44 724 40 510 39 555 34 097une forte progression tant en quantités
(+ 6,2 %) qu’en valeur (+ 11,3 %).
Chômeurs indemnisés au 31/12 48 388 48 959 50 435 54 940 54 673
Du côté des entreprises, l’investisse- dont :
ment a continué à ralentir au début de - régime d'assurance 36 715 35 916 37 329 41 661 41 168
l’année, poursuivant ainsi le mouve- - solidarité 10 931 12 212 12 625 12 878 12 992
ment de baisse engagé à partir de la
Bénéficiaires du RMI (*) 57 778 61 807 63 417 63 483 67 915mi-2001. Les crédits d’équipements aux
entreprises (corrigés des variations sai- (*) En décembre 2001, 4 631 bénéficiaires de RMI sont sortis pour bénéficier du Revenu
sonnières) ont vu l’augmentation de de Solidarité (RSO) prévu par la LOOM.
leurs encours atteindre un point bas au
Source : DTEFP, CAF.premier trimestre 2002 (+ 2,4 %) avant
de remonter progressivement sur un
rythme de + 6,7 % en fin d’année. Les probablement une part des suites de moyenne annuelle). Enfin, répercussion
ventes de véhicules utilitaires et indus-
l’impact psychologique de l’attentat du des évènements malgaches qui ont durée
triels, de même que les permis de cons-
11 septembre. Cependant, plus lié à de décembre 2001 à juillet 2002, les
truire pour les locaux à usage d’activité l’activité du tissu économique réunion- exportations de voitures sont en très forte
connaissent deux années particulière- nais, les importations de biens intermé- baisse (- 16,8 % en valeur).
ment dégradées depuis l’an 2000.
diaires entrant dans la fabrication de pro-
Au total le taux de couverture de La Réu-duits finis (produits minéraux métalliques,
nion pour l’année 2002 se dégrade nette-Plus d’importations pour la du textile, du bois, produits chimiques,
ment (7,4 % après8%en 2001) pourcaoutchouc, plastiques) s’effondrentconsommation courante
atteindre son plus bas niveau sur les cinq(- 12,0 %) après une année 2001 particu-
dernières années.lièrement dynamique (+ 8,3 %). Les prixConsommation et investissement for-
ont aussi joué un rôle important. Citonsment la demande intérieure adressée à Le trafic aéroportuaire a connu une année
en particulier les produits minéraux etl’économie réunionnaise. Celle-ci est 2002 de “convalescence” (+ 0,8 % pour
métalliques dont les prix ont très forte-alors satisfaite par la production locale le nombre de passagers hors transit)
ment progressé, incitant les industriels àet les importations. après une année 2001 fortement perturbée
déstocker leurs importations passées et à
(- 1,9 %). Si l’année 2001 a été marquéeDans cette conjoncture plutôt morose différer leurs futures. Cela
par des évènements extérieurs à la Franceles entrepreneurs réunionnais n’ont pas ne peut toutefois expliquer l’essentiel de
comme les attentats du 11 septembre dupu conserver leurs parts de marché. cet effondrement. En fait ces importa-
World Trade Center, ce sont principale-Pour faire face à la demande des tions dégradées de biens intermédiaires et
ment des évènements intérieurs qui ontconsommateurs, le marché local s’est d’équipement reflètent le peu de dyna-
approvisionné plus que par le passé marqué l’année 2002 avec le long feuille-misme de la sphère productive en 2002.
auprès de l’extérieur. Les importations ton de l’agonie d’AOM- Air Lib.3
Les exportations présentent un visagede biens de consommation courante ont
Corollaire au trafic aérien, le tourisme deplus contrasté. Elles sont largement domi-connu une très forte progression (+ 6,2 %
l’année 2002 n’a pas non plus été parti-nées par les produits de la filière canne eten volume) suite à une stabilisation en
culièrement favorable, avec une stabilisa-des industries agroalimentaires. La baisse2001 alors qu’ils étaient pénalisés par un
affichée provient essentiellement de la tion du nombre de touristes depuis deuxeffet prix important (+ 4,8 %).
baisse du volume de sucre exporté. La années : le seuil des 430 000 touristes
Toutefois l’ensemble des importations campagne sucrière 2001 (celle qui est atteint en 2000 semble difficile à dépas-
régresse de 1,8 % en volume. Seul un exportée en 2002) était médiocre avec ser. Toutefois le nombre de journées pas-
effet prix particulièrement important 1,812 millions de tonnes de canne et sées par les touristes est en progression
(+ 5,5 %) permet d’afficher une pro- 200 982 tonnes de sucre. De plus des (+ 4,3 %) et dépasse celui de l’année
gression des importations en valeur. retards dans les expéditions par bateaux4 2000. Ceci est dû à un allongement de la
ont été observés en fin d’année venant durée moyenne du séjour, en particulierCe sont principalement les produits
grever les statistiques douanières présen- pour les touristes ayant résidé à l’hôtel.d’importations destinés aux entreprises
tées qui s’arrêtent au 31 décembre.industrielles qui fléchissent. Les biens Une conséquence positive est la progres-
d’investissement (équipements et com- sion sensible des dépenses des touristesOn observe en revanche une bonne tenue
posants électriques et électroniques, (+ 11,2 %) qui ont dépensé plus de 300des exportations de matériels de trans-
matériel de transports et équipements millions d’euros à La Réunion. Cette pro-ports et équipements mécaniques (+ 9,9 %
mécaniques) chutent de 3,3 %, après une gression ne s’explique pas uniquementen valeur) faisant suite à deux années
hausse de 8,3 % en 2001. On retrouve là particulièrement défavorables (- 6 % en par cet effet volume mais aussi par un
18 économie 2e trimestre 2003
DE LAREUNIONdossier
effet prix important. En effet la hausse
Les causes de la hausse des prixsoutenue des tarifs des postes restaura-
tion, alimentation et hôtels, pèse sur les à la consommation à La Réunion
dépenses des touristes et a contribué pour
près de 60 % à l’augmentation des recet-
Les cyclones Dina et Hary ont fortement tions) mais aussi des hôtels et restaurants
tes globales.
marqué les prix pendant cinq mois. Tout avec un accroissement moyen de 5,1 % sur
d’abord avec une hausse spectaculaire l’année.
Essoufflement de la pendant deux mois (+ 200 % sur les seuls
L’année a aussi été marquée par l’arrivée
produits frais) puis avec une baisse sensiblecréation d’emploi de l’euro fiduciaire au 1er janvier 2002 avec
jusqu’en juin. Cependant, les prix des pro-
une double circulation de la monnaie jus-
duits frais resteront longtemps marqués par
Dans ce contexte difficile, l’emploi résiste qu’au 17 février 2002. Il est difficile de
ces cyclones. Au total, sur 2002, le secteur
relativement bien avec près de 2 800 mesurer l’impact d’un tel changement suralimentaire connaît une augmentation
emplois salariés créés (+ 3 %) en 2002 l’inflation. Une étude faite au niveau France
moyenne de 6,7 % contre 1,5 en 2001 et
dans le secteur marchand. Cependant cela entière chiffre l’impact stricto-sensu, c’est-à-
contribue pour près de 1,6 point à la hausse
traduit un certain essoufflement après la dire celui lié à la conversion des prix pour
générale des prix. Les deux cyclones ont en
création de 4 400 emploi en 2001 (+ 5 %) aller vers des prix psychologiques en euros,
effet durablement touché la filière maraî-
et 7 300 (+ 9 %) en 2000. entre 0,1 et 0,2 point d’inflation. Cependant
chère, y compris sur les infrastructures de
des effets très contrastés ont été observés
production (serres) des exploitations agrico-Le commerce tire plutôt bien son épingle selon les secteurs avec par exemple un
les, ralentissant d’autant le retour à la nor-du jeu et maintient un rythme soutenu de impact de 0,6 point lié à la hausse dans les
male. Il faut remonter à 1989 avec lecréation d’emplois (4,6 % en 2002, après services, mais 0,9 point à la baisse dans le
cyclone Firinga pour retrouver une situation4,1 % en 2001 et 6,2 % en 2000). Le secteur des biens durables. Il est impossible
météorologique comparable. Les prix
commerce de détail et de réparations pèse à La Réunion d’effectuer une telle étude
avaient alors augmenté de 4,9 % après
maintenant autant que l’ensemble de pour plusieurs raisons, la principale tenant à
1,5 % en 1988.
l’industrie en termes d’emplois (15 % de la simultanéité des cyclones et du passage
l’emploi salarié marchand). C’est le prin- La Réunion a cependant bénéficié de la à la monnaie unique. Rappelons qu’un
cipal responsable de la bonne santé de baisse des coûts du pétrole de la fin 2001. accord cadre avait été passé entre les sec-
l’emploi du commerce en 2002. Un effet Aussi l’année est-elle marquée par une teurs de la grande distribution et la CCI pour
“euro” est peut-être à l’origine d’une partie baisse de 2,7 % du prix de l’énergie, dont geler les prix au premier trimestre et consta-
de cette bonne tenue de l’emploi dans le 3,7 % pour les seuls produits pétroliers. Le tons qu’au final l’augmentation des prix hors
tabac, qui avait considérablement augmen- produits frais a été faible (+ 1,6 % en glisse-commerce. Le premier trimestre est tradi-
té en 2001, enregistre encore une hausse ment annuel) et ne confirme pas les crain-tionnellement défavorable à l’emploi
de 4,9 % en 2002. Enfin les services, qui tes qui avaient été formulées concernantdans ce secteur, les employeurs ne renou-
pèsent pour plus du tiers de l’indice, enre- une poussée inflationniste liée au passagevelant pas les “extras” embauchés en
gistrent une hausse moyenne de 2,8 % à l’euro fiduciaire.décembre pour les fêtes de fin d’année
après 1,3 % en 2001. Ceci est notamment(- 2 % pour le commerce de détail en
dû au prix des services de santé (+ 7 %2001 et - 1,4 % pour l’ensemble du com-
après le relèvement du prix des consulta-merce). Or en 2002 le premier trimestre a
été stable. Il est probable que les “extras”
aient étés gardés pour faire face à l’aug-
mentation de la charge de travail engen- Evolution mensuelle des prix (y.c tabac)
dré par la double circulation de la
112 3monnaie au premier trimestre.
En ce qui concerne l’emploi dans le sec- 110 Réunion
teur de la construction, l’année 2002 est
France entière
morose (+ 2,1 %) après des années 2001 108
et 2000 particulièrement fastes (6,3 % et
12,0 %). 106
A l’instar de la situation sur les importa-
104tions, c’est principalement l’emploi
industriel qui pâtit de cette mauvaise
conjoncture. Les industries agroalimen- 102 4
taires ne parviennent plus à enrayer la
diminution de leurs effectifs depuis le 100
déc mars juin sept déc mars juin sept déc mars juin sept décdébut de l’année 2001 (- 5,2 % en 2002,
00 00 00 01 01 01 01 02 02 02 0299 00- 3,1 % en 2001). La mauvaise nouvelle
vient essentiellement des industries source : Insee, indice des prix à la consommation des ménages
manufacturières qui ont longtemps soute-
En 2002 la hausse des prix a été plus importante à La Réunion qu’en métropole,nu le dynamisme de l’emploi industriel,
principalement à cause de la hausse des produits frais alimentaires.mais parviennent à peine à maintenir leur
emploi en 2002 (- 0,2 %).
économie 192e trimestre 2003
DE LAREUNION
Indice (base 100 en 1998)dossier
Plus pénalisant encore, le secteur des
services, qui pèse pour près de la moitié
Une année difficile pour le trafic aériendes emplois salariés marchands, affiche
en 2002 un fort ralentissement (+ 3,9 %
après 6,1 % en 2001 et 11,5 % en Un peu plus d’un million et demi de per- perdu 5 points de parts de marché sur la
2000). Ce qui constituait le véritable sonnes ont emprunté les lignes aérien- desserte Réunion – métropole, ses
moteur de la création d’emplois depuis nes desservant les deux aéroports de La recettes d’exploitation diminuaient et elle
plusieurs années semble véritablement
Réunion en 2002. Le trafic passagers ne payait plus ses charges sociales ni
s’essouffler en 2002. En fait le creux de
s’est ainsi replié à nouveau de 0,2 % en les taxes d’aéroport, accumulant ainsi un
la vague semble avoir été atteint au troi-
2002, après la baisse de 1,8 % enre- passif de plus de 100 millions d’euros.
sième trimestre 2002, avec une dispari-
gistrée en 2001. La baisse concerne aus- Elle avait engagé à partir du moistion d’emplois dans les services aux
si l’aéroport de Pierrefonds, dans la com- d’octobre une négociation difficile avec leentreprises (- 2,2 %) et aux particuliers
mune de Saint-Pierre, qui a vu son trafic ministère des transports pour la défini-(- 3,5 %) alors que la fin de l’année
(1)diminuer de 0,5 % après deux années de tion d’un plan de restructuration . Ellerenoue avec un dynamisme certain. Ce
forte croissance (+ 19,0 % en 2001 et devait fournir initialement ce plan avantsecteur occupe le devant de la scène de
+ 22,4 % en 2000). le 9 novembre 2002, mais le ministèrela création d’emplois sur la dernière
des transports a jugé suffisammentdécennie. il a largement bénéficié du
Cette baisse s’explique par une évolution sérieux le partenaire financier présentéprocessus d’externalisation des entrepri-
fortement négative du nombre de passa- par Air Lib, le groupe néerlandais IMCA,ses. Celles-ci se recentrant sur leurs
gers en transit (- 55,6 %) du fait de l’arrêtactivités et leurs métiers confient une pour prolonger sa licence de vol jusqu’au
en avril 2002 de la liaison aérienne entrepart croissante de leurs taches “non-pro- 31 janvier 2003, et lui accorder un répit
Madagascar et Singapour viaductives” à l’extérieur. Ce phénomène pour le remboursement de sa dette au 9
Saint-Denis mise en place en 2001 parde transferts des emplois de l’industrie janvier 2003. Les négociations avec
Air Madagascar. Hors transit, le traficvers les services, s’il a permis de créer IMCA ont finalement été rompues le 5
aérien a augmenté de près de 1 %.de nombreux emplois, a aussi beaucoup février 2003 et la compagnie a été
Après le repli enregistré en fin d’annéeplus exposé ce nouveau secteur à la déclarée en cessation de paiement le 13
conjoncture. Or, si La Réunion avait 2001, l’examen des données mensuelles février 2003.
bien résisté à une année 2001 plutôt montrent que le trafic s’est redressé à
morose pour le reste de la France, partir du mois de février 2002 jusqu’en
l’année 2002 semble avoir été moins septembre, avant de connaître un nou-
favorable au tissu économique de l’île. veau ralentissement imputable au regain
de tensions internationales avec lesPour terminer sur une note plus opti-
menaces de conflit armé en Irak et lesmiste, la bonne nouvelle vient essentiel-
attentats de Djerba puis de Bali.lement du front du chômage. En baisse
continue depuis 1998, le taux de chô- (1) contrepartie nécessaire à la transformationL’évolution du dossier Air Lib a égale-
mage passe sous la barre des 30 % fin du prêt de 30,5 millions d’euros, accordé pré-ment pesé en toute fin d’année. Au mois
cédemment par le gouvernement sur ressour-2002. Il est à ce jour difficile de relier
de décembre 2002 la compagnie avait ces européennes, en aide à la restructuration.cette information à l’essoufflement de
la création d’emplois, les résultats de
l’enquête emploi de mars 2003 n’étant
pas disponibles pour ajuster les statisti-
Evolution du trafic aérienques. Il n’en demeure pas moins que le3
nombre de demandeurs d’emplois inscrits
à l’ANPE diminue de - 7,7 %. Cette Variations
1998 1999 2000 2001 2002
baisse provient de la sortie du chômage 2002/2001
soit pour occuper les nouveaux emplois
Mouvements d'avionscréés en 2002, soit pour faire valoir ses
droits à la retraite, soit par décourage-
commerciauxment ou désincitation. De fait, en 2002, 12 577 12 773 13 689 14 419 13 805 - 4,3 %(nombre)
la baisse du nombre de demandeurs
d’emplois s’explique en grande partie
Passagerspar la baisse (- 13,8 %) de la catégorie
des chômeurs de longue durée (près de4
Arrivée 678 113 709 989 760 543 745 811 751 670 0,8 %la moitié des chômeurs sont inscrits
Départ 675 921 704 270 759 752 745 472 752 364 0,9 %depuis plus d’un an) et par celle des
111 411 22 563 27 908 28 519 12 658 - 55,6%Transitchômeuses (- 12 %).
Jean-Baptiste HERBET
Total 1 465 445 1 436 822 1 548 203 1 519 802 1 516 692 - 0,2 %
et Stéphane MARTIN
Sources : Chambre de commerce et d'industrie de La Réunion -
Syndicat mixte de Pierrefonds.
20 économie 2e trimestre 2003
DE LAREUNION

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