Le dynamisme du tissu productif francilien ne profite pas aux emplois salariés

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Fin 2003, l'Ile-de-France compte 100 000 établissements de plus qu'en 1994, tandis que l'emploi salarié se replie de 5 %. Si les établissements créés sont le moteur du développement du tissu productif, leurs effectifs ne suffisent pas à compenser les pertes d'emplois liées aux disparitions. Seuls les transports, les services aux entreprises et aux particuliers combinent hausse du nombre d'établissements et croissance de l'emploi. Les établissements de moins de 5 ans emploient 36 % des salariés franciliens, ceux de plus de 10 ans 40 %.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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ILE-DE-FRANCE à la page
N° 267 - Mai 2006
Le dynamisme du tissu productif
francilien ne profite pas
aux emplois salariés
Fin 2003, l’Ile-de-France compte 100 000 établissements de plus qu’en 1994, tandis
que l’emploi salarié se replie de 5 %. Si les établissements créés sont le moteur du
développement du tissu productif, leurs effectifs ne suffisent pas à compenser les pertes
d’emplois liées aux disparitions. Seuls les transports, les services aux entreprises et aux
particuliers combinent hausse du nombre d’établissements et croissance de l’emploi.
Les établissements de moins de 5 ans emploient 36 % des salariés franciliens, ceux
de plus de 10 ans 40 %.
Philippe POTTIER
Service études et diffusion
in 2003, l’Ile-de-France recense transfert interne ou externe) représentent veloppement du tissu productif. Les
680 000 établissements (24 % du 17 % du stock d’établissements. For- transferts avec la province influent peu :F total de métropole), lesquels em- mant 60 % des nouvelles unités, les ils correspondent seulement à 1 % des
ploient 3,3 millions de salariés. En dix créations ex-nihilo sont le moteur du dé- installations et 2 % des sorties.
ans, la région capitale a gagné
100 000 établissements, mais a perdu
Fin 2003, l'Ile-de-France compte 100 000 établissements de plus qu'en 1994
190 000 emplois salariés.
% 700 00021
Le tissu productif s’est fortement renou-
18
velé en Ile-de-France : en 10 ans, près
650 000
d’un établissement sur trois s’est créé, a
15
déménagé ou a disparu. De ce fait, fin
2003, près d’un établissement francilien 600 000
12
sur deux a moins de 5 ans et 30 % a plus
de 10 ans. Cette capacité du tissu pro-
9
ductif à se renouveler est traditionnelle- 550 000
ment plus rapide qu’en province.
6
500 000
3100 000 établissements
de plus en 10 ans
0 450 000
1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003
Sur la période 1994-2003, le tissu pro-
Taux d'entrée (%) Taux de sortie (%)
ductif francilien compte, en moyenne,
Etablissements présents n-1Nombre d'établissements
10 000 établissements supplémentaires
Lecture : chaque année (hormis 1996), le taux d'entrée est supérieur au taux de sortie. De ce fait, le nombre
chaque année. Les nouvelles structures d'établissements augmente.
(installations suite à une création ou un Source : Insee, Répertoire des établissements et des entreprises (Sirene)
EconomieMéthodologie et définitions
Cette étude a été réalisée à partir des données de Sirene, le Répertoire Les disparitions des établissements sont calculées par comparaison du
des entreprises et des établissements géré par l’Insee. Le champ de l’é- stock d’établissements en début et fin d’année après prise en compte des
tude comprend les établissements du secteur marchand (hors agriculture mouvements de créations et de transferts d’établissements (internes et
et services financiers), ce qui correspond aux secteurs de l’industrie, du externes).
commerce et des services (champ ICS). Les établissements ont été sui-
er Les pertes d’emplois salariés sont également évaluées par comparaisonvis sur la période 1994-2003, soit entre le 1 janvier 1994 et le 31 dé-
des effectifs salariés des établissements en début et fin d’année, aprèscembre 2003.
prise en compte des emplois salariés créés lors de créations et de trans-
Cette étude permet de préciser l’ensemble des mouvements qui affec- ferts d’établissements et des variations d’emplois dans les établisse-
tent le tissu productif (nouveaux établissements ou disparitions d’unités). ments présents en début et fin d’année. Cette méthode ne tient pas
Plusieurs catégories de nouveaux établissements sont pris en compte : compte des mouvements de salariés (embauches, licenciements, retrai-
les créations pures (ou ex-nihilo), les réactivations d’un établissement tes…) à l’intérieur des établissements, ni des variations infra-annuelles
existant mais en sommeil, les reprises d’établissements par un nouveau de l’emploi. De plus, elle ne permet pas l’analyse de l’impact de l’évolu-
propriétaire, ou l’installation d’un nouvel établissement suite à un démé- tion du tissu productif sur l’emploi non salarié.
nagement (transfert). De même, plusieurs types de disparitions d’établis-
Le taux d’entrée désigne le rapport entre les entrées d’établissementssements peuvent affecter le tissu : fermeture volontaire de
(créations, transferts par arrivée) au cours de l’année n et le stock d’éta-l’établissement, faillite de l’entreprise, cession ou déménagement de l’é-
er
blissements présents au 1 janvier de cette même année.tablissement (transfert).
Le taux de sortie désigne le rapport entre les sorties d’établissementsParmi les transferts, on distingue les transferts internes (établissements
(disparitions, transferts par départ) au cours de l’année n et le stock d’éta-déménageant à l’intérieur du territoire francilien) et les transferts exter-
ernes (établissements arrivant ou s’installant en province).
Toutefois, sur cette période, trois phases compenser les pertes d’établissements. Mais 190 000 emplois salariés
différentes peuvent être repérées ✎❶. A partir de 1997, le stock d’établisse-
de moins en 10 ans
Après une période de faible évolution ments croît à nouveau, notamment
(+ 2 % par an en 1994 et 1995), le parce que le nombre de disparitions Si le nombre d’établissements a augmen-
stock d’établissements enregistre une d’établissements diminue fortement, té entre 1994 et 2003, l’emploi salarié
légère baisse de 1 000 unités en 1996 alors que les créations sont de moins en perd 5 % de ses effectifs en 10 ans, soit
(- 0,2 %). La faiblesse de la croissance moins fréquentes jusqu’en 2002. Les 19 000 emplois en moins chaque année
économique engendre, en effet, une établissements pérennes (établisse- en moyenne ✎❷. Cette dégradation
nette augmentation des disparitions d’é- ments présents l’année précédente) affecte principalement les établissements
tablissements. Celles-ci atteignent leur sont d’ailleurs plus nombreux d’année de moins de 100 salariés (17 500 en
niveau le plus élevé de la décennie et le en année, malgré le léger essoufflement moins par an), et en particulier les moins
volume des créations, déjà en recul en de 2003, année de faible activité éco- de 20 salariés qui sont à l’origine de la
1995, est désormais insuffisant pour nomique. moitié des pertes totales annuelles d’em-
plois. Les nouvelles structures (installa-
tions suite à une création ou à un transfert
Chômage, PIB et emplois en Ile-de-France : des évolutions liées
interne ou externe) contribuent à un gainBase 100 au 1/1/1994%
12 105 annuel moyen de 258 000 emplois.
Mais, sur la même période, les cessations
d’activité et les départs suite à un démé-
10
100 nagement entraînent la disparition an-
nuelle de 362 000 emplois. L’ensemble
8 des mouvements qui impactent le tissu
productif engendre donc un déficit an-95
nuel moyen de 104 000 emplois. Les éta-
6
blissements pérennes limitent toutefois
cette baisse, en créant 85 000 emplois90
par an en moyenne.4
C’est en 1996 que la situation franci-85
2 lienne de l’emploi salarié est la plus dé-
gradée : le nombre d’établissements
diminue et la région perd 8 % de ses
0 80
1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 effectifs en un an. L’emploi salarié atteint
Taux de chomâge (%) d’ailleurs à cette date son plus bas ni-Taux de croissance du PIB (%)
veau, et le chômage son taux le plus éle-Nombre d'emplois salariés (base 100=1994)
Source : Insee, Comptes régionaux - Répertoire des entreprises et des établissements (Sirene) vé de la période 1994-2003.L'emploi salarié francilien augmente dans les services aux entreprises et le transportA partir de 1997, l’emploi progresse, d’a-
bord légèrement, puis de façon plus sou-
2003 Evolution 1994/2003 (%)
tenue jusqu’en 2001, grâce à la reprise
économique. L’Ile-de-France rattrape Etablissements Emplois Etablissements Emplois
ainsi le niveau d’emploi de 1994. Ce- Industries agricoles et alimentaires 7 500 54 300 -15,9 -20,7
pendant, après 2001, l’emploi se dé- Industries des biens de consommation 28 800 184 700 -9,6 -25,9
grade à nouveau. Industrie automobile 400 58 000 -15,4 -8,2
Industries des biens d'équipement 7 000 136 400 -21,6 -39,3
De plus petits établissements Industries des biens intermédiaires 9 700 118 700 -28,4 -35,4
Energie 2 500 51 100 69,0 -19,9
Les nouvelles unités (installations suite à
Construction 58 700 225 000 12,7 -24,5
une création ou à un transfert) sont certes Commerce 168 200 690 500 3,5 -7,0
plus nombreuses que celles qui disparais- Transports 30 800 318 000 1,7 19,0
sent, mais elles sont de plus petite taille Activités immobilières 27 100 44 500 9,8 -6,5
(2,4 salariés contre 3,7). Elles n’arrivent Services aux entreprises 182 000 1 006 400 43,5 16,5
donc pas à compenser les pertes d’em- Services aux particuliers 89 500 372 400 24,4 3,4
plois liées aux disparitions d’établisse- Education, santé, action sociale 67 800 69 700 46,7 -18,9
Ensemble 680 000 3 329 700 17,3 -5,4ments. Les établissements créés sont
plutôt des petites structures (1,1 salarié Source : Insee, Répertoire des entreprises et des établissements (Sirene)
par création pure d’établissement) et ils
attendent souvent quelques années pour
le commerce se caractérisent par un Plus du tiers des salariés
se développer.
taux élevé d’emploi non salarié (14 % dans un établissement
contre 8 % en moyenne). Les créationsDe plus, les établissements qui se créent
de moins de 5 ans
peuvent donc avoir un impact limité sursont de plus petite taille qu’auparavant
l’emploi salarié. Par ailleurs, le boom de(1,9 emploi par unité créée en 1994,
Créations, transferts, disparitionsl’immobilier a certes bénéficié à la1,5 en 2003) et le nombre d’emplois
construction, mais celle-ci doit faire d’établissements modifient régulière-par unité disparue est passé de 3,8 à 4,1.
face à une baisse de la main-d’œuvre ment le tissu productif. Fin 2003, lesLes établissements pérennes jouent éga-
établissements âgés de moins dedisponible.lement un rôle plus limité sur le maintien
5 ans, qui représentent 48 % des uni-de l’emploi : leur taille moyenne a dimi-
Enfin, l’industrie perd sur la période tés en Ile-de- France, n’emploient quenué de 15 % en 10 ans (6,3 emplois par
9 000 établissements et 250 000 emplois : 36 % des salariés franciliens ✎❹.unité en 1994 contre 5,4 en 2003).
tous les secteurs industriels franciliens L’emploi se concentre dans des struc-
sont touchés par ce recul, et notamment tures plus anciennes : quatre salariésCroissance des transports,
les biens d’équipement, les biens inter- franciliens sur dix travaillent dans undes services aux entreprises
médiaires et les biens de consommation. établissement de plus de 10 ans.
et aux particuliers
Dans la construction, 44 % des emplois se concentrent dans de jeunes structures
Les services aux entreprises sont désor-
Part des effectifs salariés travaillant dans les établissements de moins de 5 ans (en %)
mais le principal secteur économique
Transportsrégional devant le commerce, grâce au
dynamisme des créations. Services aux Education, santé, action sociale
entreprises et aux particuliers et trans-
Industrie des biens intermédiaires
ports sont les seuls secteurs à enre-
Industries des biens de consommationgistrer des hausses simultanées du
nombre d’établissements et du volume Industries des biens d'équipement
de l’emploi salarié✎❸. Entre 1994 et
Industrie automobile
2003, l’emploi salarié progresse de fa-
Energieçon significative dans les services aux
entreprises (+ 142 000) et les transports
Services aux particuliers
(+ 51 000), et plus modérément dans les
Ensembleservices aux particuliers (+ 12 400).
Industries agricoles et alimentaires
Dans la construction, le commerce, les
Commerce
activités immobilières et l’éducation, la
Activités immobilièressanté et l’action sociale, la croissance du
nombre d’établissements ne s’est pas ac- Services aux entreprises
compagnée d’une hausse de l’emploi sa-
Construction
larié. Ces secteurs font davantage appel
15 20 25 30 35 40 45à des non-salariés (freelance, intérimai-
res et indépendants). La construction et Source : Insee, Répertoire des entreprises et des établissements (Sirene)Dans la construction et les services aux Fin 2003, le tissu productif parisien est La Défense✎❺. Les Hauts-de-Seine se
entreprises, 6 établissements sur 10 ont plus ancien dans les arrondissements caractérisent également par une propor-
moins de 5 ans et regroupent plus de centraux où plus du tiers des unités a tion plus élevée des unités âgées de 3 à
4 emplois salariés sur 10. Le niveau élevé plus de 10 ans. Par contre, il est plus 9 ans, signe de consolidation des créa-
de créations dans ces secteurs leur permet, jeune dans les arrondissements du tions des années précédentes.
en effet, de compter une proportion im- nord-est.
portante de jeunes établissements. Les Yvelines, qui affichent le plus faible
La moitié des établissements de la petite renouvellement de la région, regroupent
De même, soutenu par une embellie des couronne ont moins de 5 ans, soit deux davantage d’établissements de plus de
créations en 2002 et 2003, le commerce points de plus que la moyenne franci- 10 ans.
est constitué d’établissements plus jeu- lienne, en raison du dynamisme des
nes depuis 2 ans, mais également d’un créations dans les Hauts-de-Seine et la Par ailleurs, l’emploi se concentre da-
vantage dans des structures de moins detiers d’établissements de plus de 10 ans. Seine-Saint-Denis. Le renouvellement
5 ans dans les Hauts-de-Seine (41 % desL’emploi se situe principalement dans est plus accentué sur les communes de
emplois du département) et plutôt dansles unités de moins de 5 ans. Marne-la-Vallée, du nord de la
celles de plus de 10 ans dans leSeine-Saint-Denis ou à proximité du
La spécificité de l’industrie réside dans la Stade de France et autour du quartier de Val-d’Oise (un emploi sur deux).
forte proportion d’établissements de plus
de 10 ans (37 % contre 30 % tous sec- Un renouvellement élevé à Marne-la-Vallée, en Seine-Saint-Denis
teurs confondus). Ces derniers em- et autour de La Défense
ploient 44 % des salariés de l’industrie.
Des établissements plus jeunes
en petite couronne
Sur la période 1994-2003, le stock d’éta-
blissements augmente dans chacun des
départements franciliens. Les trois quarts
de ces nouvelles unités sont implantées
à Paris ou dans les Hauts-de-Seine. Pour-
tant en 10 ans, l’emploi salarié a aug-
menté dans les départements de la
grande couronne et diminué dans ceux
de la petite couronne et à Paris qui sont
plus contraints par la taille, la disponibi-
lité et le coût des locaux.
Pour en savoir plus
« Dynamiques et attractivité du tissu produc-
tif yvelinois », Insee Ile-de-France et Conseil
Général des Yvelines, juin 2004.
Picart C. : « Le tissu productif : renouvelle-
ment à la base et stabilité au sommet »,
Insee, Economie et Statistiques, n° 371,
2004.
Source : Insee, Répertoire des entreprises et des établissements (Sirene)
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