Le projet CEROM : mieux connaître l'économie de l'Outre-mer.

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Le projet CEROM pour «Comptes Economiques Rapides pour l'Outre-Mer» est né d'une interrogation récurrente : Connaît-on bien l'économie de l'Outre-mer ? Certes, l'information économique est riche et les producteurs de statistiques sont nombreux, pourtant les synthèses macro-économiques sont rares et il n'existe pas d'outil opérationnel d'aide à la décision. L'objectif du projet CEROM est ainsi de promouvoir l'analyse économique dans les DOM et de doter les décideurs d'une grille de lecture économique à partir d'indicateurs pertinents, fiables et précoces.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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la viedel’insee
Le projet CEROM
Mieux connaître
Le projet CEROM pour “Comptes Economiques Rapides pour
l’Outre-Mer” est né d’une interrogation récurrente : Connaît-on
bien l’économie de l’Outre-mer ? Certes, l’information économique
est riche et les producteurs de statistiques sont nombreux,
pourtant les synthèses macro-économiques sont rares et il
n’existe pas d’outil opérationnel d’aide à la décision. L’objectif du
projet CEROM est ainsi de promouvoir l’analyse économique
dans les DOM et de doter les décideurs d’une grille de lecture
économique à partir d’indicateurs pertinents, fiables et précoces.
Les événements fondateurs
Un séminaire organisé en Polynésie
’information économique dans les plusieurs années de retard. Elle éclaire
française en mai 2004 a réuni, outre les
DOM est beaucoup plus dense que donc rarement les acteurs économiquestrois partenaires du projet, des Ldans les régions métropolitaines sur la situation conjoncturelle ou sur lesreprésentants de l’Ieom (Institut
françaises. Les DOM disposent en effet enjeux d’une politique économique.d’Emission d’Outre-Mer) et des instituts
territoriaux de statistique (Polynésie, de comptes économiques régionaux
Nouvelle-Calédonie). Cet événement a complets (comptes des biens et services et CEROM fonctionne
permis de dresser un panorama complet comptes d’agents), d’enquêtes de conjonc-
en réseaude l’existant dans les DOM-TOM et de ture, de flux de commerce extérieur ou
construire un programme partagé
encore de nombreuses statistiques secto-
d’investissements et de production pour Pour tenter d’apporter des réponsesrielles qui n’existent pas dans les autres2004-2006. cohérentes en terme d’analyse écono-parties du territoire. La spécificité des
Jean-Michel Charpin, directeur général mique, il a semblé essentiel de mutualiseréconomies ultra-marines justifie pleine-
de l’Insee, Jean-Michel Severino, les efforts des producteurs d’informa-ment la richesse de ce système d’infor-
directeur général de l’Agence française tion. Aussi, CEROM est-il un projetmation.de développement, et Alain Vienney, inter-institutionnel associant l’Insee (Insti-
directeur général de l’Institut d’émission Cependant, cette quantité de données tut National de la Statistique et des Etu-des départements d’Outre-mer, ont signé
n’est que faiblement exploitée, laissant des Economiques), l’IEDOM (Institutle 12 juillet 2004 un accord cadre de
le champ libre à bon nombre d’idées d’Emission des Départements d’Outre-partenariat pour l’établissement de
reçues et de visions caricaturales des Mer) et l’AFD (Agence Française decomptes rapides pour l’Outre-mer,
économies domiennes. Les synthèsesdonnant naissance officielle au projet Développement). Il coordonne les tra-
CEROM. macro-économiques de ces statistiques vaux et investissements méthodologi-
variées et hétérogènes sont peu fréquen- ques entre les partenaires et, plus large-Enfin, le premier comité de pilotage du
tes. L’information disponible est faible-projet CEROM s’est tenu le 18 janvier ment, il constitue un véritable réseau
2005, procédant à un état des lieux des ment mobilisée et souvent l’est-elle avec d’échanges de bonnes pratiques entre
réalisations et à une programmation des institutions et professionnels dans le
travaux sur la période 2005-2007. domaine de l’information et de l’analyseOrigine du revenu des ménages
économique de l’Outre- mer.
Partant du constat d’un besoin croissant
des agents économiques, l’AFD, l’Insee
et l’Iedom ont organisé en juin 2002 un
séminaire relatif à l’utilisation d’instru-
ments pour l’élaboration de comptes
rapides et prévisionnels. Il est apparu
que des travaux pouvaient être menés à
moindre coût dès lors qu’ils rassem-
blaient les capacités de chacun des orga-
nismes dans une dynamique de réelle
coopération inter-administrative. C’est la
naissance du projet CEROM avec pour
objectif de contribuer au développement
progressif d’une capacité d’analyse desUn exemple d’idée reçue contredite
évolutions économiques. Les premierspar les chiffres : les revenus des
ménages des DOM ne sont pas travaux ont été menés sur l’économie
majoritairement issus de transferts. guadeloupéenne, région test du projet.
économie 4e trimestre 2004
DELAREUNION28la viedel’insee
l’économie de l’outremer
gés dans ces deux départements. Il s’agit Deux études déjà publiées
d’abord de réaliser un tableau d’échan-
ges inter-industriels, c’est-à-dire de ven- La Guadeloupe a été durant la décennie
tiler les consommations intermédiaires 1990, la région française qui a connu la
des branches par produits. Il s’agit aussi plus forte croissance par habitant,
d’évaluer les grandeurs comptables hors atteignant 55,9 % du PIB par habitantLe projet CEROM réunit l’Insee (Institut
National de la Statistique et des Etudes effet de prix (on parle alors de comptes français en 2000. Cette singularité
guadeloupéenne est peu souventEconomiques), l’Iedom (Institut d’Emission en volume ou à prix constant). Ces tra-
des Départements d’Outre-Mer) et l’AFD relevée. Sans doute faut-il voir là, unevaux sont des préalables indispensables
manifestation de la rareté des analyses(Agence Française de Développement). à la réalisation du modèle.
portant sur l’archipel un regard
économique et plus encoreEnfin, les travaux sur les indicateurs
Un certain nombre d’analyses macro- macro-économique.synthétiques de conjoncture, menés par
économiques ont déjà été réalisées. Un l’Iedom, aboutiront à la publication
bilan économique du territoire guadelou- d’indicateurs d’investissement et d’acti-
péen a été dressé et a fait l’objet d’une vité fin 2005 pour la Guadeloupe et cou-
publication en avril 2004 : “Guadeloupe, rant 2006 pour La Réunion et la Marti-
une économie en déficit d’image”. Une nique. Ces estimations devraient présenter
analyse du chômage à La Réunion a éga- plusieurs intérêts majeurs. D’une part,
lement été publiée en novembre 2004 : elles constitueront des hypothèses de
“Une double transition presque réussie”. projection alimentant le modèle de
D’autres études sont attendues en 2005 comptes rapides, avec lesquels elles
dans le cadre de CEROM. Citons les seront donc en cohérence. D’autre part,
bilans macro-économiques de la Marti- elles fourniront des informations écono-
nique et de La Réunion prévus en milieu miques véritablement conjoncturelles,
d’année ou encore une étude sectorielle grâce à leur précocité et au rythme tri-
sur le nickel en Nouvelle-Calédonie. mestriel de leur actualisation.
Alexandre GAUTIER
L’élaboration des
comptes rapides
La Réunion a presque réussi sa "double
transition démographique etLes objectifs de CEROMConcernant l’élaboration des comptes économique” : une petite société
rapides, l’état d’avancement des travaux traditionnelle dominée par la filière
Le projet est bâti à partir de trois objec-est variable selon les régions. Rappelons sucrière s'est transformée en une
tifs centraux : économie moderne de services. Maisque ces comptes rapides sont basés sur
cette mutation a généré un coûtla projection des derniers comptes défi- 1- La conduite d’études macro-éco-
considérable en terme de chômage.nitifs connus, disponibles deux ans et nomiques (bilans macro-économi- Dynamique de population et gains dedemi après la fin de l’année considérée. ques, études sectorielles, simula- productivité se sont conjugués pour
Ainsi, les comptes définitifs 2002 des tions d’impact). déséquilibrer durablement le marché de
DOM seront publiés en mai 2005. A l'emploi.
partir de cette dernière année de réfé- 2- L’élaboration de comptes économi-
ques rapides, pilotée par l’Insee,rence, le modèle permettra de faire des
évaluations sur les années N-1 et N-2, en permettant une évaluation des
principaux agrégats comptablesutilisant l’information économique dis-
REUNION(PIB, revenus des ménages…)ponible (par exemple, le commerce exté-
dès le milieu de l’année N+1.rieur, certains éléments du compte des
administrations ou des statistiques secto-
3- La mise en place d’indicateurs
rielles). synthétiques conjoncturels offrant
Chômage, productivité
des éléments précoces d’appré- et politique d’emploi à La RéunionLa Guadeloupe a déjà mis en place un
ciation de la conjoncture. Ces tra-prototype de ce modèle de projection,
vaux sont conduits par l’Iedom.conduisant à une estimation des comptes
2002 et 2003. Une première version de
la modélisation sera achevée pour la
Réunion et la Martinique à la fin de
2005, permettant une évaluation des
comptes 2003 et 2004. Les travaux
d’investissement nécessaires sont enga-
économie4e trimestre 2004
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