Les clés de la pérennité pour les entreprises aquitaines

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En Aquitaine, trois ans après leur création, 65 % des entreprises créées et 77 % des entreprises reprises en 2002 poursuivent leur activité. La survie reste plus forte chez les repreneurs que chez les créateurs purs. Elle dépend de l'entreprise, mais aussi de l'entrepreneur. Le secteur d'activité, le montant de capital utilisé au démarrage, l'expérience professionnelle du chef d'entreprise sont des facteurs déterminants de la survie à trois ans. A caractéristiques égales par ailleurs, les chances de survie des nouvelles entreprises sont plus fortes dans le secteur de la construction, ou pour les créations en société. Ce document est réalisé en partenariat avec le Conseil régional et la Chambre régionale de commerce et d'industrie d'Aquitaine
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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LE QUATRE PAGES
INSEE AQUITAINE
LES CLÉS DE LA PÉRENNITÉ POUR
LES ENTREPRISES AQUITAINES
En Aquitaine, trois ans après leur création,
65 % des entreprises créées et
La première année est la plus difficile : 15 % des entre-
77 % des entreprises reprises en 2002
prises disparaissent. Ensuite, 10 % supplémentaires
poursuivent leur activité. cessent leur activité au cours de chacune des deux
Ces taux ont peu progressé par rapport à la années suivantes. Le gain en espérance de vie d’une
génération de créateurs à l’autre marque un certain tas-précédente génération de créateurs de 1998.
sement. Le taux de survie à trois ans a progressé d’un
La survie reste plus forte chez
point seulement par rapport à 1998 (64 %).
les repreneurs que chez les créateurs purs.
La pérennité des entreprises s'amélioreElle dépend de l’entreprise,
au fil des générations d'entrepreneurs
%mais aussi de l’entrepreneur. 100
Créations pures
Le secteur d’activité, le montant 90
1994
1998de capital utilisé au démarrage, 80
2002
70l’expérience professionnelle
60du chef d’entreprise sont des facteurs
50déterminants de la survie à trois ans.
Démarrage 1 an 2 ans 3 ans
Taux de survie à un an, deux ans et trois ansÀ caractéristiques égales par ailleurs, des entreprises créées ex nihilo en Aquitaine
Source : Insee - Enquêtes Sineles chances de survie
des nouvelles entreprises sont plus fortes
Des taux de survie variables selon les activités
dans le secteur de la construction, 1994 1998 2002
Industrie . . . . . . . . . . . . . . 64 73 68ou pour les créations en société.
Construction . . . . . . . . . . 59 73 76
Les entreprises pérennes accroissent
Commerce . . . . . . . . . . . . 46 59 56
Transports. . . . . . . . . . . . . 59 71 71leur main-d’œuvre.
Services aux entreprises . . 66 67 65
Mais l’emploi est en baisse
Services aux ménages* . . . 54 60 64
Hôtels-restaurants. . . . . . . 39 48 55par rapport à 2002.
Survie à trois ans des entreprises créées ex nihilo
selon le secteur d'activité (%)
Source : Insee - Enquêtes Sine
* Services aux particuliers (hors hôtels-restaurants), éducation-santé-action-sociale
Le fait pour une entreprise de survivre au bout deTrois ans après leur création, 65 % des entreprises
trois ans dépend de multiples facteurs. Il est intéres-créées ex nihilo au premier semestre 2002 en Aqui-
sant de séparer leurs effets (cf. tableau page 2).taine sont toujours en vie. Ce taux de survie situe la
région dans la moyenne des régions métropolitaines,
eLes analyses présentées sont issues de la 2 vague d’interrogation
hors Île de France. Par rapport aux régions du Sud de des créateurs d’entreprise de 2002, dans le cadre du dispositif
SINE (Système d’Information sur les Nouvelles Entreprises). Lela France, le taux de survie en Aquitaine est au-des-
Conseil régional d’Aquitaine et la Chambre régionale de com-
sus de celui de Languedoc-Roussillon (61 %) et de
merce et d’industrie ont financé une extension de cette
Provence - Alpes - Côte d’Azur (63 %) et en dessous enquête auprès de créateurs des Services aux entreprises, des
Hôtels-cafés-restaurants et de l’Industrie.de celui de Midi-Pyrénées (68 %).
INSEE
AQUITAINE
AVEC LA PARTICIPATION DE :INSTITUT NATIONAL
DE LA STATISTIQUE
ET DES ÉTUDES
ÉCONOMIQUES
o
N 171
NOVEMBRE 2007Les meilleures chances de survie pour les trentenaires créateursCalculer un taux de survie
de sociétés non employeuses dans la construction
Le taux de survie à n année(s) d’une génération d’entreprises est la propor-
tion d’entreprises encore vivantes après n années. Le taux de survie à trois ans Taux de survie Chances Part dans les
à 3 ans (%) de survie créations (%)des entreprises créées ou reprises au cours du premier semestre 2002 est égal
au nombre d’entreprises ayant atteint ou dépassé leur troisième anniversaire Ensemble . . . . . . . . . . . . 65 // 100
rapporté au total des créations d’entreprises du premier semestre 2002.
Secteur d'activité
Le taux de survie est calculé selon différents critères sur la base de la popula- Industrie 68 1,4 * 7,8
tion répondante. Pour une variable donnée, cette population varie. Pour
Construction . . . . . . . . . 76 2,0 * 20,7
chaque modalité, les taux de survie peuvent être supérieurs ou inférieurs au
Commerce . . . . . . . . . . . 56 ref 26,3
taux de survie moyen de l’ensemble des créateurs.
Transports 71 1,7 ** 2,3
Mesurer séparément les facteurs de survie à trois ans
Services aux entreprises . 65 1,2 ** 18,3
Pour mesurer l’impact de chaque facteur sur la survie à trois ans des entre-
Services aux ménages(1) 62 1,4 * 24,6
prises, une approche permettant de raisonner "toutes choses égales par ail-
Catégorie juridique
leurs" a été mise en œuvre à l’aide d’un modèle de régression (LOGIT).
Personne physique . . . . 60 ref 69,2L’intérêt de la méthode est de mesurer l’effet d’une variable sur la survie en
Personne morale . . . . . . 77 2,0 * 30,8contrôlant celui des autres.
Capital de départ
moins de 8 000€ . . . . . 65 ref 61,6
8 000€ et plus . . . . . . . 74 1,3 * 38,4Un meilleur taux de survie pour les entreprises
ayant bénéficié d'un PCE Prise de conseils
Oui . . . . . . . . . . . . . . . . 70 ref 71,8Taux de Part des
Non 64 0,8 * 28,2survie à 3 ans entreprises (%)
Emploi de salariésNon aidées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68 64
Oui 74 0,7 * 16,9Aidées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69 36
Non . . . . . . . . . . . . . . . . 63 ref 83,1dont :
Sexe *ACCRE (aide aux chômeurs créateurs 68 28
ou repreneurs d'entreprises) . . . . . . . . Hommes. . . . . . . . . . . . . 69 ref 70,9
EDEN (Encouragement au développe- 61 6 Femmes 65 ns 29,1
ment d'entreprises nouvelles) . . . . . . . Âge
PCE (Prêt à la création d'entreprise) . . 78 6 Moins de 30 ans . . . . . . 70 0,8 * 19,6
Aides ou exonérations locales 69 6 De 30 à 39 ans . . . . . . . . 75 ref 36,1
ou régionales . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
De 40 à 49 ans 70 ns 29,2
Taux de survie des créations ex nihilo ayant déclaré avoir bénéficié d’aides
50 ans ou plus . . . . . . . . 64 0,7 * 15,1ou exonérations publiques en Aquitaine (%)
Niveau de diplômeSource : Insee Enquêtes Sine 2002, 2005
Inférieur au BEPC . . . . . . 62 ref 23,3Note de lecture : Le taux de survie des entreprises ayant bénéficié de l'ACCRE est de 68 % ,
elles représentent 28 % de l’ensemble des créations. CAP-BEP. . . . . . . . . . . . . 73 1,4 * 26,6
Les taux de survie des entreprises aidées et non aidées sont supérieurs aux taux de survie de
BAC . . . . . . . . . . . . . . . . 66 ns 19,5
l’ensemble des créations, en raison de la non réponse.
Supérieur au BAC . . . . . . 70 1,4 * 30,6Un même créateur a pu bénéficier de plusieurs aides.
Statut antérieur
Actif 73 ref 44,2
Chômeur (moins d'un an) 68 0,8 * 20,7L’activité choisie influe sur la durée de vie d’une entreprise. Le
Chômeur (plus d'un an) . 64 0,8 ** 17,9
commerce reste l’activité où la survie est la plus difficile. Ainsi,
Inactif . . . . . . . . . . . . . . . 60 0,8 * 17,2
aprés avoir éliminé les effets des autres facteurs pris en compte
Domaine antérieur
(âge, sexe, diplôme, catégorie juridique …), le commerce est Identique ou voisin. . . . . 73 ref 51,6
Différent . . . . . . . . . . . . . 64 0,7 * 33,1le secteur qui offre aux entreprises les chances de survie les
Aucune expérience. . . . . 61 ns 15,3plus faibles. Celles créées dans la construction ont deux fois
Nombre de créations préalables
plus de chances d’être toujours en activité au bout de trois ans.
Aucune. . . . . . . . . . . . . . 69 ref 69,9
Celles créées dans l’industrie ou les services aux ménages ont Au moins 1. . . . . . . . . . . 66 0,8 * 30,1
Taux de survie à trois ans des créations pures de 2002aussi une probabilité plus grande de résister (1,4 fois).
selon les caractéristiques du projet (%)
Les sociétés résistent mieux que les entreprises individuelles. Source : Insee - Enquête Sine
* significatif à 5 %, ** significatif à 10 %, ns : non significatifLeurs chances de survie sont deux fois plus élevées. Ce statut
Note de lecture : Les créateurs du secteur construction réussissent mieux : toutes choses
juridique n’est cependant choisi que dans un tiers des cas. La
égales par ailleurs, la probabilité qu'une entreprise de ce secteur soit encore active trois ans
plus tard, est 2 fois celle d'un créateur du commerce pris comme référence (ref).création sous forme d’entreprise en nom propre reste la façon
(1) Services aux particuliers, éducation-santé-action sociale
la plus simple, la plus souple, et au départ la moins onéreuse
Seules 17 % des nouvelles entreprises ont choisi d’avoir und’exercer une activité indépendante.
salarié au départ de la création en 2002. Le taux de survieLa réussite d’un projet dépend des moyens consacrés à son
lancement. Plus le projet mobilise un capital de départ impor- atteint 74 % pour les entreprises ayant du personnel salarié et
tant, plus sa chance de survie est élevée. Pour des budgets d’au seulement 63 % pour les non employeuses. Cet écart masque
des effets liés aux caractéristiques du projet et de son créa-moins 8 000 euros (38 % des projets), les probabilités de survie
teur. La probabilité de survie est plus importante pour unesont 1,3 fois plus fortes que pour les budgets inférieurs.
oN 171LE QUA TRE P AGES
NOVEMBRE 2007INSEE AQUITAINEentreprise qui a démarré sans salarié 2005, 73 % des créateurs titulaires de son entreprise, c’est d’abord créer son
que pour celle qui employait un salarié diplômes techniques ou professionnels propre emploi : les trois quarts des entre-
dés 2002. Le statut d’employeur fragi- ont pu fêter le troisième anniversaire de prises n’avaient aucun salarié en 2002.
lise les entreprises dans les trois premiè- leur entreprise. Ils sont 70 % parmi les
Passage au salariat
res années. La présence de salarié créateurs de niveau supérieur au BAC.
exerce une pression forte sur le niveau L’expérience professionnelle passée du Au cours des trois premières années,
d’activité de l’entreprise, puisque cette créateur dans la même activité ou une l’emploi total des entreprises créées en
dernière doit au minimum assurer sa activité voisine a une influence positive 2002 baisse de 17 %. Dans le même
rémunération. surlasurviedesonentreprise.Làoùune temps, le statut des emplois évolue forte-
S’être entouré de conseils, profession- entreprise nouvellement créée est tou- ment. Le nombre de salariés progresse
nels ou familiaux, au moment de la jours active au bout de trois ans, il n’y en de 13 % tandis que l’emploi non salarié
création, favorise la pérennité. Sept a plus que 0,8 lorsque le créateur a fait le baisse de 35 %. Les dirigeants et les
entreprises sur dix en ont bénéficié. Les choix d’un domaine différent. conjoints collaborateurs changent de
chefs d’entreprise engagés dans le pro- Par contre, le fait d’avoir déjà exercé à statut et deviennent salariés de leur
cessus de création sans aucun appui son compte ne constitue pas un atout entreprise. Ainsi, l’emploi non salarié
possèdent 0,7 fois moins de chances pour le créateur qui a plutôt moins de représentait 62 % de l’emploi en 2002 ;
que ceux qui se sont fait aider. chances de réussir pour sa nouvelle en 2005, il n’en représente plus que
Les aides publiques - exonérations de création. 48 % dans les entreprises qui ont sur-
charges sociales, aides financières, prêts Les chances de survie sont plus faibles vécu.
- ont accompagné les créations de lorsque le chef d’entreprise a connu une Dans les seules entreprises ayant réussi à
quatre projets sur dix. Selon la nature de interruption d’activité avant la création. passer le cap des trois ans, l’emploi total
l’aide, le taux de survie varie de 61 à Les chômeurs et les inactifs lancés dans progresse de 25 %. L’augmentation du
78 %. Ces écarts s’expliquent par des l’aventure de la création ont ainsi plus de nombre de salariés atteint 80 %. C’est le
différences de profil du créateur ou de difficultés à pérenniser leur entreprise. résultat combiné du changement de sta-
nature de projet. Ils ne témoignent pas Leur chance de voir leur entreprise tut des fondateurs de l’entreprise et d’un
ede l’efficacité plus ou moins forte de ces atteindre sa 3 année n’est que de supplément de personnel. L’emploi
dispositifs. 0,8 par rapport aux créateurs précédem- moyen total y est en 2005 de 2,1 dont
ment actifs. 1,1 emploi salarié. Au terme des trois
Autant de chances pour les femmes
ans, les entreprises emploient plus sou-
Des emplois perdus en trois ans
Femmes et hommes ne se différencient vent des salariés qu’au moment de la
pas dans leur capacité à faire vivre un En 2005, 35 % des entreprises créées création. La proportion d’entreprises
projet. Les entreprises créées par des en 2002 ont disparu et donc perdu des employeuses double : elle passe de
femmes ont un taux de survie inférieur emplois. Leurs effectifs représentaient 17 % en 2002 à 33 % en 2005. Un créa-
de 5 points à celui des entreprises diri- un tiers de l’emploi total en 2002. Les teur sur dix prévoit d’accroître ses effec-
gées par des hommes du fait de l’acti- entreprises restantes ont généré des tifs dans les douze mois à venir.
vité choisie ou du statut antérieur. emplois qui compensent en partie les
Moins de risques pour les repreneurs
En revanche, l’âge du créateur a un pertes dues aux cessations d’activité.
impact sur la survie des nouvelles entre- Ainsi, en 2005, restent 83 % de l’emploi Reprendre une entreprise existante est
prises. Par rapport aux créateurs de 30 à créé au départ en 2002. Le solde négatif moins risqué que la créer de toutes piè-
40 ans, les plus jeunes de moins de global entre 2002 et 2005 masque une ces. Le taux de survie à trois ans des
30 ans ont 0,8 fois moins de chances de augmentation de l’emploi dans certains reprises est de 77 %, contre 65 % pour
pérenniser leurs entreprises et les plus secteurs. Ainsi l’emploi a progressé dans les créations pures. Le taux de survie des
âgés (plus de 50 ans) 0,7 fois moins. les industries agricoles et alimentaires reprises situe la région dans la moyenne
Le niveau de formation initiale atteint par (+ 10 %) et la construction (+ 1 %). des régions métropolitaines, hors Ile de
les créateurs influe sur leur capacité à La création d’entreprise est un moyen de France. L’espérance de vie des reprises
maintenir leur entreprise en activité. Les créer des emplois. L’emploi moyen des de la génération 2002 est la même que
créateurs titulaires d’un diplôme tech- nouvelles entreprises était en septembre celle de la génération précédente.
nique ou professionnel (CAP-BEP) ou 2002 de 1,7 dont 0,6 emploi salarié (y La population des repreneurs est moins
d’un niveau supérieur au BAC ont compris dirigeants salariés). Dans les nombreuse que celle des créateurs. L’ana-
1,4 fois plus de chances que les non premiers temps, les emplois créés sont lyse visant à maîtriser les effets de structure
diplômés de poursuivre leur activité. En surtout des emplois non salariés. Créer en raisonnant “toutes choses égales par
oN 171 LE QUA TRE P AGES
NOVEMBRE 2007 INSEE AQUITAINEoN 171LE QUA TRE P AGES
NOVEMBRE 2007INSEE AQUITAINE
ailleurs” débouche sur des résultats moins au bout de trois ans. Elles ne sont plus et 2005 touche plus fortement les non-
souvent significatifs au niveau régional. que 70 % dans le cas d’une reprise en salariés que les salariés (respectivement
Les déterminants de la survie des reprises location gérance. - 30% et - 4%). La part du salariat dans
sont peu éloignés de ceux des créateurs. l’emploi total passe de 60 % en 2002 à
Hôtellerie-restauration :
La survie est influencée par l’activité 67 % en 2005.
reprises fragiles en termes d’emploi
exercée, le secteur de l’hôtellerie restau-
Plus d’embauches chez
ration apparaissant comme le plus ris- Restent, en 2005, 86 % des emplois de
les repreneurs employeurs
qué. Seuls 64 % des repreneurs de ce 2002 alors qu’il ne subsiste que 77 %
secteur sont encore en activité au bout des entreprises. Celles qui ont cessé leur Les effectifs des entreprises ayant atteint
de 3 ans. C’est moins que dans la cons- activité représentaient 21 % de l’em- leur troisième année ont cru de 9 %. Le
truction, l’industrie ou les transports ploi total des reprises. La progression de nombre de salariés a augmenté de 18 %
(88 %). C’est également en dessous des l’emploi dans les reprises pérennes en et celui des non-salariés a légèrement
services aux ménages et du commerce. 2005 a compensé en partie ces dispari- diminué. En 2005, le nombre moyen
Les capitaux initiaux mobilisés pour une tions de postes. La perte d’emplois est d’emplois atteint 3,1 dont 2,1 emplois
reprise sont importants. Les opérateurs observée dans tous les secteurs à l’ex- salariés. La part des non-employeurs au
bancaires accompagnent les projets les ception des services aux ménages hors sein des repreneurs en 2005 (38 %) a
plus solides. En Aquitaine, 82 % des hôtels-cafés-restaurants (+ 5 %). diminué de 4 points par rapport à 2002.
repreneurs bénéficiant d’un concours L’emploi moyen des entreprises récem- 15 % des repreneurs prévoient d’em-
ment reprises se situait en 2002 à 2,7 per- baucher des salariés dans les douzebancaire ont une activité pérenne à trois
ans ; ils ne sont que 66 % dans le cas sonnes dont 1,6 emploi salarié. Le salariat mois à venir. Pour six sur dix, l’objectif
contraire. est beaucoup plus répandu que dans le est de créer de nouveaux postes, mais
La reprise d’activité est plus sûre lorsqu- cas de créations ex nihilo. Seuls 42 % des pour quatre sur dix, il s’agira simple-
’elle est la conséquence de la transmis- repreneurs sont non employeurs en ment de faire face aux départs.
sion d’une entreprise familiale (héritage 2002, contre 83 % pour les créations.
ou donation). Alors, 84 % sont actives La diminution des emplois entre 2002
Cécile BOLLIER
Patricia JEAN
POUR EN SAVOIR PLUS ...Évolution de l'emploi entre 2002 et 2005 :
des différences entre créations pures et reprises
“Créations et créateurs d'entreprises -
IAA Enquête de 2005 : la génération 2002
Construction trois ans après” Insee Résultats n°30 éco-
Autres industries juin 2007.
Créations puresTransports “Création d’entreprises et emploi :Reprises
Ensemble des secteurs la dynamique sur trois ans” Insee Première
Services aux entreprises
n° 1148, juillet 2007.Autres services aux
ménages et immobilier
“La création d’entreprise en Aquitaine”Hôtels restaurants
Le dossier Insee Aquitaine, n° 50-octobreCommerce
2004.0 20 40 60 80 100 120
Part de l’emploi préservé entre 2002 et 2005 dans les entreprises créées en 2002 en Aquitaine “Les créateurs d’entreprises aquitains”
selon le type de créations (%) le quatre pages Insee Aquitaine, n° 123-no-
Source : Insee - Enquêtes Sine 2002 et 2005 vembre 2003.
“Création d’entreprises : les facteurs
de survie” Insee Première n° 703-mars 2000.
Directeur de la publication : François Elissalt
Rédacteur en chef : Élisabeth Nadeau - Secrétaire de fabrication : Daniel Lepphaille
INSEE Aquitaine - 33, rue de Saget - 33076 Bordeaux cedex
Tél. 05 57 95 05 00 - Fax : 05 57 95 03 58 - Minitel : 3617 INSEE - Internet : www.insee.fr
e
© INSEE 2007 - n° ISSN 1283-6036 - Dépôt légal 4 trimestre 2007
Composition : Insee AquitaineINSEE Impression : BLF impression - 33185 Le Haillan
AQUITAINELes créations n’est pas le cas pour les industriesLes 17 500 entreprises
Les statistiques de créations d’entreprises pro- agroalimentaires (artisanat et com-aquitaines créées en 2006
viennent du répertoire des Entreprises et des Éta-
merce de bouche) où les reprises repré-blissements (SIRENE - REE). Jusqu’en 2006, une
entreprise est comptabilisée :En 2006, 17 500 entreprises sentent 40 % des nouvelles unités et les
- en création pure si l’activité exercée ne cons-
réactivations 28 %. Les créations d’hô-ont été créées en Aquitaine. titue pas la poursuite d’une activité de même
type exercée antérieurement au même endroit tels-cafés-restaurants sont égalementLes deux tiers sont des
par une autre entreprise. On parle aussi de créa-
plus souvent des reprises (37 %) et des
tion “ex nihilo” ;entreprises totalement nouvelles.
- en création par reprise dans les cas contraires (reprise réactivations (32 %). Les reprises sont
Le commerce concentre plus de tout ou partie des moyens de production d’une très rares dans les activités de services
autre entreprise, rachat d’un fonds de commerce…) ;
du quart de ces créations. aux entreprises, l’immobilier ou l’édu-- en création par réactivation lorsqu’une personne
physique cesse son activité puis la reprend ulté- cation-santé-action sociale.Le taux de création le plus élevé
rieurement.
se situe dans le secteur Taux de création important
Les secteurs d’activité agrégés dans l’immobilierde l’immobilier.
sont définis ainsi :
Secteurs agrégés Codes NAF Sous l’effet des créations, le tissu écono-En 2006, 17 500 entreprises ont été
correspondants
mique se renouvelle fortement. Encréées en Aquitaine. Depuis 2003, la
Ind. agroalimentaires . . . . . . 15, 16
2006, le taux de création, soit le rapportcréation d’entreprise est en plein essor,
Industrie hors IAA . . . . . . . . 10 à 14 et 17 à 41
du nombre d’entreprises créées au totalfacilitée notamment par la loi pour l’ini- Construction . . . . . . . . . . . . 45
er Commerce. . . . . . . . . . . . . . 50 à 52tiative économique du 1 août 2003.
erTransports 60 à 63 La loi pour l’initiative économique du 1 août
En Aquitaine comme en France, le
2003 a pour objectif de faciliter la création, leImmobilier 70
nombre de créations a progressé d’en- développement et la transmission d’entreprise.Services aux entreprises. . . . 64, 71 à 74, 90
Les mesures prises répondent à cinq grandesviron 9 % par an pendant deux années Services aux particuliers . . . 55, 92, 93, 95
préoccupations :
dont hôtels, cafés, restaurants 55consécutives, avant de légèrement flé- - Simplifier la création d’entreprise ;
Éducation,santé,actionsociale 80, 85 - Faciliter la transition entre le statut de salarié etchir en 2005 puis de repartir à la hausse.
celui d’entrepreneur ;
Le champ de la statistique de création d’entre-
- Financer l’initiative économique ;
prise (dit champ “I.C.S.”) comprend l’ensemble
- Permettre l’accompagnement social des pro-
Forte croissance des créations d’entreprises des secteurs marchands de l’Industrie, de la
jets ;depuis 2003
Milliers Construction, du Commerce et des Services.
- Favoriser le développement et la transmission12
L’agriculture et les services financiers en sont ex-
de l’entreprise.
11 clus.
Publiée au JO du 5 août 2003.
10
Les entreprises se créent principale-9 des entreprises actives atteint 12,9 % en
ment dans les secteurs du commerce8 Aquitaine contre 12,1 % en moyenne
7 (27 %), des services aux particuliers dans les autres régions hors
6 (19 %) - dont plus de la moitié dans les Île-de-France. Depuis 2003, l’immobi-
5 hôtels-restaurants -, de la construction lier est le secteur affichant le taux de1994 1996 1998 2000 2002 2004 2006
et des services aux entreprises (17 %Évolution des créations d’entreprises création le plus élevé. Il s’élève en 2006
en Aquitaine (ensemble des créations)
chacun). Les créations pures sont majo-Source : Insee - Enquêtes Sine 2002 et 2005 à 16,6 % dans la région, très au-dessus
ritaires dans la plupart des secteurs. Ce de l’ensemble des activités, mais légè-
La forte dynamique est impulsée par les rement inférieur à celui de la moyenne
créations entièrement nouvelles qui Le commerce concentre plus des autres régions hors Île-de-France
du quart des créations d'entreprises
représentent dans la région 65 % de (18,3 %). Les autres secteurs très dyna-
Commerce
l’ensemble. Les reprises (12 %) ont au miques sont les services aux particuliersConstruction
contraire tendance à diminuer. Elles ont Serv.aux entreprises grâce notamment aux hôtels-restau-
Hôtels cafés restaur.toutefois progressé en 2006, contraire- PuresServ.aux particuliers rants, les services aux entreprises, le
Reprises(hors HCR)
Éducation, santé,ment au niveau national. L’importante Réactivations commerce et la construction.action sociale
Industrie (hors IAA)part des réactivations est, comme dans
Activités immobilières
les autres régions touristiques, due à la IAA
Transportsprésence d’activités saisonnières. Elles
0 1 0002 000 3 0004 000 5 0006 000
représentent 23 % de l’ensemble des
Créations d’entreprises en Aquitaine en 2006
par secteur et type de créationscréations en Aquitaine contre 18 % en
Source : Insee - Enquêtes Sine 2002 et 2005
moyenne en Province.
oN 171 LE QUA TRE P AGES
NOVEMBRE 2007 INSEE AQUITAINEgénérations de 1994 et 1998. Pour les financiers sont moins fréquents queUn bilan mitigé en 2005 pour
autres entrepreneurs, la préoccupation pour les générations précédentes. Lales créateurs d’entreprise
a été la sauvegarde de l’entreprise. production et les coûts de productionaquitains de 2002
sont peu souvent signalés. Seulement
Comme en 1997 et 2001, trois annéesLes entrepreneurs aquitains 3 % le mentionnent. C’est environ
après les créations des générations
7 points de moins qu’en 2001 et 1997.qui passent l’écueil
1994 et 1998, le commerce est le sec-
des trois premières années Une clientèle de particuliersteur où les jeunes entreprises ont le plus
se déclarent en majorité satisfaits de difficulté à développer leur activité.
Les nouvelles entreprises exercent le
Les services aux particuliers ont plusde leur expérience.
plus souvent leur activité dans des sec-
souvent prospéré.Mais les trois premières années teurs où existent déjà de nombreux
concurrents. Elles sont peu nombreusesd’existence ne sont pas Six créateurs sur dix déclarent avoir
à proposer de nouveaux services (16 %rencontré des difficultés depuis la créa-un long fleuve tranquille
des créateurs, 12 % des repreneurs).tion de leur entreprise. Ils sont un peupour les créateurs ou
Les activités innovantes sont peu déve-plus nombreux qu’en 2001 et un peu
les repreneurs d’entreprise.
loppées (nouveaux procédés de fabri-moins qu’en 1997.
Être chef d’entreprise, cation, nouveaux produits, nouvelles
Un souci : les débouchés
activités commerciales).c’est exercer un métier à
Le principal problème concerne lescompétences multiples :
Les activités s’adressent principalement
débouchés : 25 % des créateurs dela gestion commerciale pour se à une clientèle de particuliers (86 % des
2002 le citent. Il est évoqué plus sou-
repreneurs et 68 % des créateurs). Leconstituer une clientèle et faire
vent que par les créateurs de la généra-
marché est surtout local ou deface à une concurrence soutenue,
tion 1998. Il atteint presque le niveau de
proximité.
la comptabilité pour régler la génération 1994. La concurrence
commerciale est vive et la conjoncture Au cours des trois dernières années, lales difficultés de trésorerie.
peu favorable. moitié des chefs d’entreprise signalentLes nouvelles entreprises
des modifications importantes dans
s’adressent surtout à Ensuite est évoquée la gestion finan-
l’exercice de leur activité. Les change-
cière (20 %) Toutefois les problèmesune clientèle de particuliers,
ments concernent surtout la modifica-
et un de leurs principaux soucis tion du nombre de clients (25 % des
Principal problème des créateurs
entrepreneurs) à la hausse ou à laest celui des débouchés. de 2002 : les débouchés
Pas de problèmes baisse, le nombre de concurrents (20 %
particuliersLe bilan des trois premières années
des repreneurs et 13 % des créateurs) et
Les débouchés
Créations puresd’activité des créateurs de 2002 tou-
les produits et services proposés par
La gestion 2002-2005
financière 1998-2001jours en activité en 2005, s’avère l’entreprise (14 et 10 %).1994-1997
Autres
mitigé. Ils ont, pour près de la moitié
La production
et ses coûts Les actions commercialesd’entre eux, simplement réussi à main- %
0 1020 30405060
faites “maison”tenir à niveau leur activité. Un tiers seu- Les principaux problèmes des entrepreneurs
aquitains trois ans après la création
lement estime l’avoir accru. C’est de leur entreprise Plus de neuf entrepreneurs sur dix assu-
Source : Insee - Enquêtes Sinenettement moins que pour les
rent eux-mêmes la partie commerciale.
Les repreneurs prennent plus souventDes débouchés plus problématiquesLa stabilité prime
pour les repreneurs depuis 2005pour les créateurs de 2002 un assistant dans cette tâche - conjoint,
%
70 Pas de problèmes associé ou commercial salarié. Les
Créations pures particuliers60
1994-1997 chefs d’entreprise font rarement appel à50 Les débouchés
1998-2001
Reprises40
La gestion2002-2005 l’extérieur - VRP, grossistes ou groupe-2002-2005financière30
1998-2001
20 ments de vente (2 % des cas).1994-1997Autres
10
La production
0 et ses coûts
% Durant les deux dernières années, laActivité sauvegardée Activité stable Activité accrue 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
Les principaux problèmes des repreneurs moitié des chefs d’entreprise ontOpinion du créateur aquitain sur l’évolution
aquitains trois ans après la reprisede l’activité de son entreprise
de leur entreprise engagé des opérations commercialesau cours des trois premières années
Source : Insee - Enquêtes SineSource : Insee - Enquêtes Sine pour accroître leur clientèle. Les
oN 171LE QUA TRE P AGES
NOVEMBRE 2007INSEE AQUITAINEcréateurs optent davantage pour le Dans le cas de créations ex nihilo, les Pour l’année à venir, un créateur sur
démarchage ou la prospection (27 %) et principales sources de financement de deux pense maintenir l’équilibre actuel
les repreneurs pour la mise en concur- ces équipements sont les réserves de de l’entreprise. Un tiers espèrent déve-
rence régulière des fournisseurs (25 %). l’entreprise, les emprunts bancaires et, lopper son activité et 10 % se voient
Des efforts publicitaires, par le biais de pour une plus faible part, les ressources obligés de redresser une situation diffi-
promotions ou de salons, sont entrepris personnelles du chef d’entreprise. Les cile. Fermer l’entreprise est envisagé
par deux créateurs sur dix. Dans moins repreneurs ont plus massivement par 4 % de créateurs, la vendre par
d’un cas sur dix, l’action commerciale recours aux emprunts bancaires et au 11 % des repreneurs.
prend la forme d’une baisse de prix. crédit-bail.
Compte tenu de leurs moyens, les deux
En relation avec d’autres entreprises tiers des créateurs pensent que leurBon chiffre d’affaires
clientèle ne va plus se développer. Ladans la construction L’activité de sous-traitance est la princi-
majorité n’envisage aucune action par-pale source de chiffre d’affaires pour
En 2005, la moitié des nouveaux entre- ticulière pour parvenir à l’accroître. Un11 % des créations pures et 4 % des
preneurs se disent satisfaits de leur der-
quart prévoient de développer de nou-reprises. Elle intervient en activité
nier exercice sur le plan financier. veaux produits ou services. Investir plusannexe pour 21 % des créations et 13 %
Durant les deux dernières années, le ou coopérer avec d’autres entreprisesdes reprises. Certains entrepreneurs
chiffre d’affaires est resté stable ou a est prévu par 19 % des créateurs et parconfient des travaux de sous-traitance à
légèrement augmenté pour les trois 11 % des repreneurs.d’autres entreprises (14 % des créateurs,
quarts des entreprises. Il a beaucoup
10 % des repreneurs). Qu’ils soient
augmenté pour 15 % d’entre elles, en
sous-traitants ou donneurs d’ordre, le
particulier dans la construction et l’in-
partenariat est, jugé bénéfique pour l’en-
dustrie. Il a baissé dans 10 % d'entre
treprise dans deux cas sur trois.
elles, surtout dans le commerce.
7 % des entreprises appartiennent à un
Un entrepreneur sur deux vit du seul
réseau d’enseigne. Cette situation est
revenu de son entreprise. Pour un tiers
plus fréquente chez les repreneurs. La
des créateurs, le revenu complémen-
liaison à un tel réseau procure des avan-
taire est celui du conjoint. Un nouveau
tages, principalement l’appui, les
créateur sur dix exerce une activité
conseils et les services. Elle comporte
complémentaire.
aussi des contraintes, une certaine rigi-
dité (obligations d’achat, respect deLes deux tiers des nouveaux entrepre-
normes …) et des coûts élevés. Les chefsneurs déclarent ne pas avoir eu des pro-
d’entreprise concernés souhaitentblèmes de trésorerie. Pour les créateurs,
majoritairement maintenir en l’étatles difficultés proviennent principale- Source : l’enquête SINE
cette coopération.ment de défaut ou de retard de paie- Enquête SINE : le dispositif SINE (Système
d'Information sur les Nouvelles Entreprises) estment des clients (47 %) et de difficultés
Par ailleurs, le recours des entreprises à un système permanent d'observation d'une gé-
d‘accès au crédit (30 %). Pour les repre-
nération de nouvelles entreprises tous les quatredes services extérieurs payants est fré-
ans. Chaque génération est interrogée trois foisneurs, les principaux problèmes sont
quent surtout dans le cas des reprises. en cinq ans (au démarrage puis à trois et cinq
relatifs aux paiements des clients (38 %)
ans). Trois générations de créateurs ont ainsi étéLes repreneurs ont recours à une assis-
et à un niveau d’endettement élevé suivies à ce jour (1994, 1998 et 2002). Les résul-
tance pour la comptabilité dans neuf tats présentés ici sont issus de la deuxième vague(35 %).
d’interrogation des créateurs de 2002. Ils per-cas sur dix contre sept fois sur dix pour
mettent de mesurer la survie à trois ans et de dis-
les créateurs. Les autres services délé-L’exercice de l’activité durant ces trois poser d’informations sur l’évolution des
gués concernent la publicité, le trans- entreprises et des problèmes rencontrés.années a nécessité des investissements.
L’étude porte sur les deux formes principales deport, la gestion ou le nettoyage.Les dépenses portent surtout sur du
création : création pure ou ex nihilo et créa-
matériel de production, du matériel tion-reprise.Un avenir sous contrainte
bureautique et l’achat de véhicules à Elle n’intègre pas les filiales (entreprises déte-
nues à plus de 50 % par d’autres entreprises)La moitié des créateurs sont très satis-usage professionnel. L’agencement des
qui représentent 7 % de l’ensemble des entre-
locaux est aussi un poste important faits d’avoir créé une entreprise. 6 % erprises créées au 1 semestre 2002 en Aquitaine.
pour les repreneurs. seulement le regrettent.
oN 171 LE QUA TRE P AGES
NOVEMBRE 2007 INSEE AQUITAINEapport, 57 % des projets utilisent des général et plus). Les diplômés de cesLes créateurs d’entreprises
ressources personnelles. Les repreneurs filières représentent conjointementaquitains en 2002
accordent une plus large place au crédit 76 % des créateurs. Les diplômés de
Beaucoup de Français se disent bancaire (45 %). l’enseignement général supérieur sont
nombreux (28 %) : c’est 10 points deintéressés par la création,
Plus de sept créateurs sur dix ont été
plus que dans la population régionale.même si peu d’entre eux conseillés dans leur démarche de créa-
passent à l’acte. Assurer son emploition. L’entourage familial ou personnel
a occupé une place privilégiée (29 %).Pour créer,
Le souhait d’indépendance et le goût
La part des créateurs qui n’ont fait appelil faut être très motivé. d’entreprendre motivent plus d’un
à aucun conseil demeure malgré tout
Qui sont ces hommes créateur sur deux. Pour 60 % d’entre
élevée (28 % dans les créations pures,
eux, la création d’une entreprise permetet ces femmes aquitains qui ont 23 % dans les reprises).
de passer d’un statut de salarié à un sta-
décidé en 2002 de franchir le pas
Une démarche solitaire souvent tut d’indépendant. Plus spécifique aux
et pour quel projet ?
repreneurs, une troisième motivation
La création d’entreprise est uneCréer une entreprise ou apparaît : l’opportunité de se mettre à
démarche solitaire. En effet, 54 % des
en reprendre une restent des son compte (25 %) à l’occasion du
créateurs qui ont mis en place une acti-
rachat à un tiers (53 %) ou d’une priseinitiatives un peu différentes.
vité nouvelle l’ont fait seul et 83 % ont
en location gérance (22 %).
Le nouvel entrepreneur aquitain commencé leur activité sans personnel
est plus souvent un homme, salarié. Dans le cas des reprises, 39 %
L’objectif premier du créateur d’entre-
des chefs d’entreprise ont lancé seuls leplutôt diplômé ; prise est d’assurer son propre emploi :
projet et 35 % ont poursuivi l’activité
c’est le cas à 62 % pour les créationsil est âgé en moyenne de 39 ans.
avec l’appui de leur conjoint. 51 % des pures. Dans cette catégorie, 56 % des
repreneurs débutent leur activité avec
créateurs ne travaillaient pas avant la
au moins un salarié à leurs côtés.
création, en particulier 38 % étaient au
Les créateurs d’entreprise en 2002, à
Un homme jeune chômage. Dans le cas des reprises, l’ob-
75 %, décident de mettre en œuvre des
jectif d’assurer son propre emploi arrive
moyens de production nouveaux. Seuls Dans sept cas sur dix, le créateur d’en-
à égalité avec la volonté de développer
treprise est un homme. La présence un25 % choisissent la reprise d’une acti-
l’activité de l’entreprise. Près de 60 %
vité déjà existante. Cette différence de peu plus marquée des femmes dans les
des repreneurs n’ont pas connu d’inter-
projet conduit à mettre en évidence les reprises trouve, en partie, son origine
ruption d’activité.
particularités d’une population par rap- dans la succession d’un conjoint parti à
port à l’autre, celle des créateurs par la retraite. Six créateurs sur dix sont d’anciens
comparaison à celle des repreneurs. salariés issus de trois principales caté-
Les trois quarts des créateurs font état
gories : les employés (39 %), les
Les créations s’opèrent massivement d’une expérience professionnelle
ouvriers (24 %) et les cadres supérieurs
dans les services (47 % des créations) loin salariée ou indépendante. Deux sur trois
(15 %). Par rapport à la structure socio-
ont entre 30 et 49 ans et l’âge moyen estdevant le commerce (27 %), la construc-
professionnelle de la région, certaines
tion (18 %) et l’industrie (8 %). L’activité de 39 ans. Les jeunes ne sont toutefois
qualifications sont surreprésentées.
est exercée, dans sept cas sur dix, sous pas absents de la création : les moins de
C’est le cas des employés dans les repri-
forme d’entreprise individuelle. 30 ans représentent 20 % des créateurs.
ses (54 % alors qu’ils ne sont que 34 %
dans la région) et des cadres supérieursDu crédit et des conseils et diplômé
dans les créations pures (respective-
L’apport initial nécessaire pour démar- Les créateurs d’entreprise sont souvent ment 17 % et 12 %).
rer l’activité diffère selon la nature du diplômés. Seuls 14 % ne déclarent pas
L’expérience professionnelle et la qua-projet. Reprendre une activité coûte de diplôme, soit 3 points de moins que
lification orientent le choix du secteurdans la population de la région. Lesbeaucoup plus cher qu’en démarrer
d’activité. Les anciens ouvriers choisis-une nouvelle. Alors que 80 % des créa- diplômes techniques et professionnels
sent plus fréquemment la construction,teurs débutaient avec un budget de (CAP, BEP, Bac technique ou profession-
alors que les anciens cadres optent pourmoins de 16 000 euros, ils n’étaient que nel) fournissent autant de chefs d’entre-
les services.47 % des repreneurs. Pour financer cet prise que l’enseignement général (bac
oN 171LE QUA TRE P AGES
NOVEMBRE 2007INSEE AQUITAINE

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