Les comptes économiques 2000 : Légère inflexion de la croissance en l'an 2000.

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L'économie réunionnaise a connu une légère inflexion en 2000, après une année 1999 particulièrement florissante. La croissance est restée stimulée par le dynamisme de la consommation des ménages mais a subi les effets dépressifs d'une forte poussée des importations.

Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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économie Les comptes économiques 2000 Légère inflexion de la
Le calendrier de production des comptes économiques La comptabilité nationale fournit une photographie macroéconomique complète et cohérente d’une économie dans toutes ses composantes. Elle répond à des concepts internationaux, ce qui permet à la fois des comparaisons temporelles mais également spatiales. Cependant, ces évaluations reposent sur le traitement d’une grande quantité d’informations, dont l’origine et les délais d’obtention sont très variés. Aussi, les comptes économiques d’une année N ne peuvent être disponibles avant le deuxième trimestre de l’année N + 3. Les comptes de La Réunion ont actuellement environ un an de retard sur ce calendrier et sont engagés dans une phase de rattrapage qui devrait être achevé au cours de 2005. Le calendrier prévisionnel de publication des comptes pour les années à venir est le suivant :
Disponibilité
Comptes 2001 Comptes 2002 Comptes 2003
Décembre 2004 Août 2005 Mai 2006
économie 2DE LA REUNION
2e trimestre 2004
L’économie réunionnaise a connu une légère inflexion en 2000, après une année 1999 particulièrement florissante. La croissance est restée stimulée par le dynamisme de la consommation des ménages mais a subi les effets dépressifs d’une forte poussée des importations.
Le Produit Intérieur Brut (PIB) de La Réunion, exprimé à prix courants, a atteint 8,641 milliards d’euros en 2000 (près de 57 milliards de francs), soit une progression de 5,3 % par rapport à 1999. Mesurée en terme de PIB par habitant, cette progression est plus faible (+ 3,5 % en 2000), conséquence d’une croissance démographique toujours dynamique à La Réunion. Avec près de 12 000, le PIB par habitant réunionnais représente 51 % de son équivalent au niveau natio nal en 2000.
Les revenus dopent la consommation et l’investissement des ménages
Laconsommation des ménagesa conti nué d’être le principal moteur de la croissance en 2000. Elle accélère encore (+ 6,7 % après + 6,0 % en 1999), contri buant pour 6,6 points à l’évolution du PIB. La consommation des ménages a
10 % 8 % 6 %
4 % 2 % 0 % 1994 2 % 4 %
été largement soutenue par le dyna misme de leurrevenu disponible brut qui progresse de 5,6 % après + 4,2 % en 1999. Celuici a notamment bénéficié de la vigueur des revenus salariaux (+ 5,8 %) mais aussi des mesures de réductions d’impôts sur le revenu. En revanche, le pouvoir d’achat des ména ges a été atténué par l’accélération des prix (+ 1,9 % après + 0,9 %), qui restent néanmoins contenus.
Les dépenses des ménages ont été parti culièrement vigoureuses dans le domaine des biens de consommation. Les achats en habillement ont notamment rebondi (+ 20,5 % après  0,8 %), dans un contexte de modération des prix. Par ail leurs, les dépenses en produits pharma ceutiques à la charge des ménages ont encore accéléré (+ 25,9 % après + 8,3 %) et représentent désormais 4,0 % de leur consommation totale. En revanche, les achats d’automobiles sont restés modé rés (+ 1,8 % après + 8,5 % en 1999), la bonne tenue du marché de l’occasion
Contributions à la croissance du PIB
1995 1996 1997 1998 1999 2000
Consommation Finale Investissement
Variation de stocks Echanges extérieurs
Produit Intérieur Brut
La contribution à la croissance du PIB d’une de ses composantes est le produit de l’accroissement de cette composante et de son poids relatif à la période précé dente. Une contribution représente ainsi l’effet d’une variable sur le PIB “toutes choses égales par ailleurs”. Par construction, la somme des contributions de tou tes les composantes du PIB est égale à son accroissement total.
économie croissance en l’an 2000
Valeur ajoutée par secteur d'activité en millions d'euros Lexique Structure Evolution 1999 2000 2000(%)2000/1999(%) Laconsommation des ménagesse Valeur Ajoutée brute7 4667 884100 5,6compose d’une part de leurs dépenses et d’autre part des dépenses dites Valeur ajoutée marchande4 8005 08264,5 5,9 “individualisables” des administrations dont : et dans une moindre mesure des Agriculture, sylviculture et pêche222 2142,7 3,6 institutions sans but lucratif au service Industrie agroalimentaire215 2172,8 0,9 des ménages (ISBLSM). Ces dépenses Industrie 286303 3,86,0 constituent des transferts sociaux en Energie 9399 1,36,4 nature destinés à financer une Bâtiment et travaux publics512 5296,7 3,2 composante identifiable de la Commerce 816853 10,84,5 Transports et télécommunications463 4786,1 3,4consommation des ménages. Il s’agit Hôtels et restaurants152 1622,1 6,8pour l’essentiel de dépenses Services 1024 1083 13,75,7 d’éducation, de remboursements de Activités financières358 4025,1 12,1 frais médicaux et d’allocations Education, santé et action sociale481 5557,0 15,5 logement. Ces dépenses représentent Services d'administration publique177 1862,4 5,0 35 % de la consommation effective des ménages. Valeur ajoutée non marchande2 9493 11139,5 5,5 Lerevenu disponible brut(RDB) des dont : ménages se compose de l’ensemble Services 698741 9,46,1 Education, santé et action sociale1 3751 48118,8 7,7des revenus primaires (revenus, Services d'administration publique876 88911,3 1,5 d’exploitation, rémunérations, revenus nets de la propriété) et des revenus de SIFIM* 284 308 3,9 8,5 redistribution (prestations sociales nettes d’impôts et de cotisations). (*) SIFIM : servicesd’intermédiationfinancière indirectement mesurés désignent le différentiel entre intérêts reçus et versés par l’ensemble des agents dans le cadre d’opérations financières. Letaux de valeur ajoutéedésigne le Source : Insee, comptes économiques régionaux. ratio valeur ajoutée sur production.
compensant le repli des ventes de véhiralenti tandis que l’accession aux loge cules neufs en cette année sans salon dements sociaux progressait vivement. L’auteur l’automobile ( 8,1 %). La consommationAprès une pause en 1999, l’investisse en carburants est restée très dynamiquement des entreprises a également été bien Alexandre GAUTIER est responsable (+ 10,1 % après + 11,9 %), provenantorienté en 2000 (+ 9,0 % après + 1,3 %). des comptes économiques à la pour l’essentiel de l’envolée du prix duCette progression est particulièrement direction régionale de l’Insee. marquée dans le secteur des transports, pétrole brut (+ 59 %). La consommation qui a fortement investi en nouveaux de services est également restée bien équipements (navires, avions, hélicoptè orientée. Les dépenses en transports ont res). La branche des télécommunications vivement accéléré (+ 10,4 % après a également poursuivi ses efforts d’inves + 2,2 %), notamment dans le domaine tissement dans un marché en pleine des transports aériens, marqués par des expansion. Enfin, soutenue par les inves hausses de prix sensible. Par ailleurs, la tissements des collectivités locales, la consommation en services de télécom formation brute de capital fixe des admi munications (+ 8,8 %) a continué de nistrations publiques s’est accrue de bénéficier de l’essor de la téléphonie 4,3 % après + 26,2 % en 1999. mobile. Quoiqu’en légère inflexion, l’investisse Aggravation du déficit ment est également resté dynamique en commercial 2000 (+ 9,3 % après + 13,3 % en 1999), contribuant à la croissance pour 1,7 point. L’investissement en logement desLa vive accélération des importations ménages s’est légèrement assagi après(+ 13,2 % après + 3,8 % en 1999) a sen une année 1999 exceptionnelle (+ 14,3 %siblement pesé sur la croissance. Ainsi, après + 28,0 %). Dans un contexte demalgré, le redressement des exportations modération des prix du foncier, l’inves(+ 12,1 % après + 3,7 %), le déficit exté tissement en logement privé non social arieur atteint 2,3 milliards d’euros, soit
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économie C une contribution à l’évolution du PIB de  3,3 points contre  1,0 point en 1999. Le rebond des importations est d’une part la conséquence du dynamisme de la demande intérieure mais également de la poussée de certains prix d’importations. Les importations de biens de consomma tion ont été très vigoureuses (+ 10,0 % après + 0,9 %), répondant à une forte demande des ménages. Par ailleurs, l’orientation favorable de l’investisse ment productif des entreprises a soutenu les achats de biens d’équipement (+ 9,9 % après + 10,4 %). Enfin, la facture éner gétique a subi pleinement l’envolée du prix du pétrole. L’accélération des exportations en 2000 s’explique essentiellement par l’afflux massif de touristes (+ 9,1 %), dont les dépenses sont considérées comme des exportations de services en comptabilité nationale. Elle est également imputable à l’essor des exportations de produits de la pêche, principalement vers le Japon. Enfin, les ventes de sucre (+ 5,2 % après  5,0 %) ont profité de la bonne cam pagne sucrière de 1999. Légère inflexion de l’activité des entreprises Confrontée à la forte concurrence des produits importés, les entreprises ont vu la croissance de leur activité fléchir en 2000. La valeur ajoutée dégagée par les entreprises réunionnaises a progressé de 5,8 % après + 7,7 % en 1999. Le secteur agroalimentaire s’est replié après une année 1999 particulièrement faste ( 1,4 % après + 16,4 %). L’activité de l’industrie manufacturière a légèrement ralenti (+ 6,0 % après + 7,1 %) mais reste bien orientée. Cette inflexion est néanmoins sensible dans le secteur des biens de consommation (+ 2,8 % près + 14,5 %), qui perd des parts de marché face à la concurrence extérieure. La valeur ajoutée dégagée par les entreprises de BTP a éga lement fléchi (+ 3,2 % après + 13,5 %). La construction a certes été soutenue par une forte demande mais letaux de valeur ajoutéede la branche a été obéré par un renchérissement des consomma tions intermédiaires. Le secteur du com merce a continué de bénéficier du dyna misme de la consommation des ménages (+ 4,5 % après + 5,2 %). Enfin, l’activité dans les services marchands a nettement accéléré (+ 8,2 % après + 5,2 %), en par ticulier dans le secteur financier (+ 12,1 %) et dans celui des services aux entreprises (+ 9,3 %).Alexandre GAUTIER
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