Les comptes économiques 2002 : Consommation toujours en hausse, investissement en berne

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La croissance économique s'établit à 6,5 % en 2002, un résultat en retrait par rapport à l'excellent millésime 2001. La consommation est plus que jamais le moteur de la croissance, l'investissement public ayant fléchi au cours de l'année. L'activité des entreprises donne des signes de ralentissement, sauf dans les secteurs des services aux particuliers et de la téléphonie, en peine accélération.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Les comptes économiques 2002
Consommation toujours en
La croissance économique s’établit à 6,5 % en 2002, un résultat en
retrait par rapport à l’excellent millésime 2001. La consommation est
plus que jamais le moteur de la croissance, l’investissement public
ayant fléchi au cours de l’année. L’activité des entreprises donne
des signes de ralentissement, sauf dans les secteurs des services
aux particuliers et de la téléphonie, en peine accélération.
e Produit Intérieur Brut (PIB) de La consommation est
La Réunion, exprimé à prix cou-Lexique stimulée par les rattrapagesLrants, a légèrement ralenti en 2002.
sociauxLa consommation des ménages se Il a progressé de 6,5 % pour atteindre
compose d’une part de leurs dépenses et 9,923 milliards d’euros. Par rapport à
La consommation des ménages a conti-d’autre part des dépenses dites 2001, la croissance perd 1,3 points en
nué d’être le principal moteur de la“individualisables” des administrations et valeur et 1,7 points en euros constants,
dans une moindre mesure des institutions c’est-à-dire hors inflation. Cette crois- croissance en 2002. Elle accélère encore
sans but lucratif au service des ménages sance a été essentiellement stimulée par (+ 7,4 % après + 6,6 % en 2001), contri-
(ISBLSM). Ces dépenses constituent des une consommation finale toujours dyna- buant pour 7,3 points à l’évolution du
transferts sociaux en nature destinés à mique tandis que l’investissement marque PIB. La consommation des ménages a
financer une composante identifiable de le pas après quatre années de vigueur été largement soutenue par le dyna-
la consommation des ménages. Il s’agit exceptionnelle. Mesurée en terme de misme de leur revenu disponible brut
pour l’essentiel de dépenses d’éducation, PIB par habitant, la croissance reste sou- qui progresse de 8,8 % après + 7,2 % en
de remboursements de frais médicaux et tenue, quoique moins prononcée (+ 4,9 % 2001. Celui-ci a principalement bénéfi-
d’allocations logement. Ces dépenses après + 6,1 % en 2001). Ainsi, le PIB cié de la vigueur des prestations sociales
représentent 35 % de la consommation par habitant réunionnais s’établit en
(+ 15,9 %) liée à l’achèvement du rattra-
effective des ménages. 2002 à près de 13 300 euros, soit 53,3 %
page du RMI et à la mise en place du
de son équivalent au niveau national.
RSO. La croissance des revenus sala-Le revenu disponible brut (RDB) des Cette inflexion conjoncturelle, consécu-
riaux (+ 5,9 %), moteur traditionnel duménages se compose de l’ensemble des tive à une année 2001 florissante, n’est
revenu disponible des ménages se pour-revenus primaires (revenus, pas un phénomène propre à La Réunion.
suit au même rythme que l’an passé. End’exploitation, rémunérations, revenus La croissance économique aux Antilles
nets de la propriété) et des revenus de revanche, le pouvoir d’achat des ména-françaises (Martinique et Guadeloupe)
redistribution (prestations sociales nettes ges a subi en 2002 l’accélération deralentit également, elle s’établit à
d’impôts et de cotisations). l’inflation (+ 2,7 % après + 2,4 % en+ 4,2 % en 2002 après + 6,9 % en 2001.
Contributions à lacroissance du PIB
L’auteur
Nadine JOURDAN est responsable de la
division “comptes économiques” à la
direction régionale de La Réunion.
La contribution à la croissance du PIB représente l’effet d’une composante sur le
PIB “toutes choses égales par ailleurs”. Si les autres composantes étaient restées
stables, l’accroissement de la consommation finale aurait produit une croissance
de 7,3 %. La contribution se construit par le produit de l’accroissement de cette
composante et de son poids relatif à la période précédente.
économie 2e trimestre 20056 DELAREUNIONéconomie
hausse,investissementenberne
Valeur ajoutée par secteur d’activité en millions d’euros contrario, elle s’accélère dans l’industrie
des biens de consommation (+ 5,1 %
Structure Evolution
après + 3,2 % en 2001) et le commerce
2001 2002 2002 2002/2001
(+ 7,3 % après + 4,3 %), bénéficiant tou-
(%) (%)
jours du dynamisme de la demande des
ménages.Valeur Ajoutée brute ............................ 8 479 9 047 100,0 6,7
Les secteurs des services aux particuliers
Valeur ajoutée marchande ................... 5 511 5 883 65,0 5,8
et de la téléphonie demeurent dynami-
dont : ques, leur valeur ajoutée s’accélérant
Agriculture, sylviculture et pêche ........ 205 186 2,1 - 9,2 encore (respectivement + 13,1 % et
Industrie agroalimentaire .................... 223 209 2,3 - 6,4 + 14 % après + 9,7 % en 2001). Elle
Industrie .............................................. 318 342 3,8 7,4 progresse aussi dans le secteur du BTP
99 100 1,1 1,0Energie ............................................... (+ 5,6 %) en dépit d’un tassement de la
Bâtiment et travaux publics ................ 571 603 6,7 5,6 demande, grâce au recul des consomma-
Commerce .......................................... 861 906 10,0 5,2 tions intermédiaires. Enfin, les dépenses
Transports et télécommunications ...... 524 560 6,2 6,9
en intrants et notamment le renchérisse-
Hôtels et restaurants .......................... 166 166 1,8 - 0,1
ment des produits alimentaires a pesé
Services .............................................. 1 329 1 458 16,1 9,7
sur les résultats de l’hôtellerie-restaura-
Activités financières ............................ 451 471 5,2 4,4
tion dont la valeur ajoutée dégagée
Education, santé et action sociale ...... 563 660 7,3 17,1
stagne (0,1 %).Services d'administration publique ..... 201 222 2,5 10,3
Valeur ajoutée non marchande ........... 3 315 3 507 38,9 4,4 Le déficit commercial
progresse moins vitedont :
Services .............................................. 810 856 9,5 5,7 que le PIB
Education, santé et action sociale ...... 1 566 1 665 18,4 6,3
939 986 10,9 5,1Services d'administration publique .....
Globalement les importations s’assagis-
sent (+ 2,9 % après + 4,7 % en 2001)- 347 - 343 - 3,8 1,2SIFIM* .....................................................
tandis que les exportations repartent
légèrement à la hausse (+ 1,6 %). LeSource : Insee, comptes économiques.
déficit extérieur atteint 2,5 milliardsSIFIM : Services d’intermédiation financière indirectement mesurés désignent le différentiel
d’euros mais progresse moins vite que leentre intérêts reçus et versés par l’ensemble des agents dans le cadre d’opérations financières.
PIB. Il pénalise la croissance à hauteurIls sont à déduire afin d’éviter un double compte
de 0,8 point au lieu de 1,7 points en
2001.
La facture énergétique s’allège (- 6 %)
2001) poussée par la hausse des prix de prises à l’attentisme, leurs investisse- grâce au tassement des prix du pétrole
l’alimentation liée notamment au cyclone ments marquent une pause (+ 2,7 %), après les sommets atteints en 2000 et
Dina. avec une hausse ne dépassant pas celle 2001. La demande des ménages toujours
des prix. vive et le recours croissant à l’offre exté-
Résultat marquant de l’année, l’investis- rieure stimule les importations de biens
sement marque le pas après quatre de consommation (+ 10,2 %). Enfin,L’activité des entreprisesannées très dynamiques (+ 0,4 % après l’atonie de l’investissement productif
donne des signes de+ 9,5 % en 2001). Alors que l’investisse- modère les achats de biens d’équipement
ment générait directement 2 points de ralentissement (- 1,0 %). Les exportations de sucre et
croissance environ chaque année depuis rhum, en chute de 13,3 %, contrastent
1998, sa contribution est très réduite en L’activité des entreprises réunionnaises avec les bons résultats des industries
2002 (0,1 point seulement). L’absence décélère (+ 5,1 % après + 9,2 en 2001). agroalimentaires et la hausse des dépen-
de nouveau chantier en 2002 entraîne le L’activité de l’agriculture et du secteur ses des touristes à La Réunion (+ 11,3 %)
recul des investissements publics (- 9,3 %) sucre-rhum est en repli, conséquence des malgré une année difficile pour le trans-
non compensé par les autres acteurs. pertes de production subies et de la cam- port aérien.
L’investissement en logement des ména- pagne sucrière précédente médiocre.
Nadine JOURDANges progresse modérément (+ 4,9 %) L’activité freine aussi dans le secteur
après quatre années de hausse rapide des biens d’équipement (+ 4,9 % après
(+ 18,8 % par an en moyenne entre 1997 + 12,1 % en 2001), reflet du manque de
dynamisme de la sphère productive. Aet 2001). La conjoncture incite les entre-
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