Les créateurs d'entreprise en Limousin

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Caractéristiques du profil des créateurs d'entreprise : âge, sexe, situation professionnelle antérieure, diplômes. Nombre de créations et de reprises en 2003, évolution depuis 1994. Les principales aides publiques mises en place.

Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Loi Dutreil
Les créateurs d’entreprise en Limousin
cet indicateur est assez proche des tendan ces nationales depuis une dizaine d’années. Alors que le nombre de créations ne ces sait de diminuer jusqu’en 1998, affecté en particulier par le resserrement du dispositif ACCRE (2), il amorce une courte reprise en 1999 et 2000, chute ensuite à un niveau plancher pour remonter en 2003.
En Limousin, près de 1 900 entre prises ont été créées en 2003. Mal gré une hausse sensible du volume des créations par rapport à l’année précédente (8% contre 15% au niveau métropolitain), le taux ré gional de création (1) reste un des plus bas de France. L’évolution de
Le profil des créateurs d’entreprise a évolué ces dernières années : ils sont plus âgés et les an ciens chômeurs consti tuent un tiers d’entre eux en 2002 contre plus de la moitié en 1994.
Le commerce et les services aux particu liers sont les deux secteurs d’activité privilégiés par les créateurs. Les services aux entreprises sont sous représentés en Limousin.
La mise de départ est inférieure à 8 000pour la moitié des créa teurs, financée majoritai rement sur fonds propres. La reprise nécessite des moyens beaucoup plus importants.
110
Création 105 de l'ACCRE
Une embellie pour la création d'entreprise en 2003
100
95
L'enveloppe budgétaire de l'ACCRE est réduite de moitié. L'aide est modulable selon le projet. Création de l'EDEN
90 La prime liéeàl'ACCRE est supprimée. Seule l'exonération Mise en placeLimousin de cotisations sociales est conservée. du PARE 85 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 Nombre de créations et reprises (base 100 en 1994)Source : Insee  SIRENE
France
(1) Le taux de création est le rapport entre le nombre de créations (créations pures + er reprises + réactivations) observées lannée n et le stock dentreprises au 1janvier de cette même année n. (2) Aide au Chômeur Créateur ou Repreneur dEntreprise
Quatre secteurs phares : le commerce, les services aux particuliers et aux entreprises, la construction 30
25 Limousin Les reprises correspondentàdes projets as France 20 sez différents des créations exnihilo. Elles concernent tout particulièrement le secteur 15 des services aux particuliers (60 % du total des créations) et dans une moindre mesure 10 celui du commerce (39 % de reprises). La prééminence de ces deux secteurs ex 5 plique que les femmes soient plus représen tées chez les repreneurs que chez les créa 0 teurs purs (43 % contre 26 %). La structure parâge diffère par contre peu, avec toujours une part importante de personnes d'âge mûr (30 % de personnes de plus de 45 ans). Part des créations totales en France et en Limousin Les repreneurs sont moins diplômés que les en 2003 selon les secteurs (en %)Source : Insee  SIRENE autres créateurs : un quart détient un di plôme supérieur au baccalauréat, contre un Les nouveaux créateursla même activité quele métier tiers pour les autres. L'ordinateur n'est pas forcément un outil de sont surtout des hommes, qu'ils exerçaient précédemment. travail familier pour eux puisque la moitié L'âge moyen du créateur est de avec une expérience n'en possède pas. Les deux tiers n'ont pas 39 ans. L'âgeà lacréation va d'accèsàinternet.professionnelle dans le croissant sur les dernières an Une distinction de taille entre les reprises secteur nées : la part des plus de 50 ans et les créations se situe au niveau du finan Qui sont les nouveaux entreprepar exemple est passée de 10 % cement du projet, les premières demandant neurs, quelles sont leurs motiva des moyens beaucoup plus conséquents.en 1994à19 % en 2002, et cela Près d'une reprise sur quatre nécessite unaux dtions et leur ambition au momentépens des moins de 30 ans financement supérieurà40 000 euros. Lesde la création ? Des informations qui sont de moins en moins nom ressources personnelles sont donc insuffi recueillies auprès de tous les créa breux: de 25 %à19 %. santes dans 80 % des cas, et complétées leer teurs du 1trimestre 2002 perL'âgeà lacréation diffère quel plus souvent par des emprunts bancaires. mettent den dessiner les grandsque peu selon les secteurs d'acti traits. vité. Ainsi, le commerce se dis Les trois quarts des crétingue par une plus forte proporateurs d'en 73 % des entreprises créées correspondent treprises sont des hommes. Ils onttion de jeunes créateurs : un tiers àdes créations pures ; les autres, nomméune solide expes souventérience a moins de 30 ans. reprises, consistent en la poursuite d'uneprofessionnelle derrière eux. Une majorité dentrepreneurs activitéde même type exercée antérieure D'ailleurs,un peu plus de la moi étaient salariés avant de monter ment au mêtime endroit par une autre entreé montentune entreprise dans leur projet. Six sur dix occupaient prise. Proportionnellement, on observe sur les dernières années une intensification de Plus de créateurs de plus de 50 ans en 2002 la création exnihilo au détriment des re 40 prises. Cependant, le Limousin se distingue toujours par une part plus importante35 1994 1998 qu'ailleurs de reprises : 27 % des créations 2002 30 en 2002 contre 19 % pour la France. Les quatre secteurs phares des entreprises25 créées sont respectivement le commerce, 20 les services aux particuliers, la construction et les services aux entreprises.15 Les créations de services aux entreprises 10 sont sousreprésentées dans la région par rapportàla moyenne nationale,àlinverse 5 des services aux particuliers. Ces derniers 0 se distinguent (en Limousin comme ailleurs) moins de25 ansde 30 ansde 40 ansde 50 ans par unéquilibre entre les créations pures etde 25 ansàmoinsàmoinsàmoins ouplus de 30 ansde 40 ansde 50 ans les reprises. Répartition parâge des créateurs en Limousin en %Source : Insee  SINE 2002
INSEE Limousin - numéro 03 - mars 2004
des postes de niveau employéou ouvrier. Seulement 15%étaient cadres. Un tiers des créateurs dentreprise détiennent un diplôme supérieur au baccalauréat. La majorité est titulaire dun CAP ou BEP, ou dun diplôme de niveau classe de troisième. Les diplômes profes sionnels tels CAP et BEP dominent dans le secteur de la construction. Àlinverse, on sinstalle plus sou vent dans les services aux entre prises avec un diplôme supérieur, surtout si lon est une femme. Le Limousin non diplômé selance plus rarement quailleurs dans laventure de la création dentre prise : seulement 13 % des créa teurs nont aucun diplôme con tre 16 % sur la France.
Un projet solitaire ou familial
La présence d'un entrepreneur dans l'entourage du créateur reste l'un des facteurs favorisant la création d'entreprise. Les 2535 ans, en particulier, se disent en couragés par l'exemple dans leur entourage d'un entrepreneur qui a réussi. Quant aux motivations, c'est le désir d'indépendance qui l'emporte : cette réponse est ci tée dans 67 % des cas, majoritai rement par les 3035 ans alors que le goût d'entreprendre (49 %) concerne surtout la tranche d'âge 50 ans ou plus.
Diplôme supérieur au bac
Bac général
Bac technologique ou professionnel
CAP/BEP
CEP, BEPC
La majoritédes entrepreneurs in terrogés se sont lancés seuls dans l'aventure de la création. Si l'on associe les conjoints, cette part re présente alors plus des trois quarts des créations. Moins de 30 % des créateurs déclarent n'avoir reçu aucun conseil. Pour les autres, on remarque que selon l'âge, les créateurs ne demandent pas con seil aux mêmes personnes. Ainsi, les 2530 ans sont sensibles au conseil de leur entourage familial ou personnel, les 3035 ans s'adressentàleur entourage pro fessionnel, tandis que les 3540 ans font appelà desconseillers professionnels ouà desorganis mes spécialisés. Les 50 ans ou plus ont quantàeux tendanceà se lancer seuls. Seulement 37 % des créateurs ont suivi une formation particulière au montage de leur projet, soità leur demande, soit nécessaire pour bénéficier d'aides. Cela con cerne en particulier ceux qui se sont lancés dans la construction. Toutefois, la part des entrepre neurs ayant demandéune forma tion est plus importante en Li mousin qu'en France de province (17 %en Limousin contre 13% en France).
Un budget modeste La mise de départ est inférieureà 8 000pour la moitiédes créa teurs. Elle est dans 70 % des cas
Un bac+2 ou un CAP
6,5
9,0
9,0
Aucun diplôme 12,5 0 510 15 20 Diplôme détenu par les créateurs (en %)
32,5
30,5
25 30 35 Source : Insee  SINE 2002
En 1994, l'ACCRE(Aide aux chômeurs créa teurs ou repreneurs d'entreprises) est instau er réjanvier 1997, cette aidee. Depuis le 1 consiste en uneéxonération de charges so ciales pendant un an, elle incluait aupara vant une aide forfaitaire.
L'EDEN(Encouragement au développement d'entreprises nouvelles) est mis en place en 1999. Ce dispositif s'adresse aux jeunes de moins de trente ans remplissant les condi tions d'embauche dans le cadre des«nou veaux servicesemplois jeunes», aux titu laires de minima sociaux et aux salariés repreneurs de leur entreprise en difficulté. Il comprend une prime d'État remboursa ble et des exonérations de charges socia les. L'aide est modulée en fonction des ca ractéristiques financières du projet. Ensep tembre 2001, les avances remboursables de l'EDEN sonttransformées en primes. Com me l'ACCRE, l'EDEN est cumulable avec l'ASS (Allocation spécifique de solidarité).
LePARE(Plan d'Aide au Retouràl'Emploi) : mis en place au second trimestre 2001. Il permet aux créateurs de cumuler les reve nus issus de sa sociétéavec son allocation chômage, pendant 18 mois au plus (sous condition de revenus). En cas de faillite de l'entreprise, les allocations chômage restent versées pour une durée de 3 ans maximum après la perte de l'emploi salariéprécédant la création.
Laloi Dutreil: mise en place en août 2003. Elle vise notammentàsimplifier la création d'entreprise (plus de minimum pour le ca pital social des SARL), etàfaciliter la tran sition entre le statut de salariéet celui d'en trepreneur : le salarié quicrééentre une prise peut conserver son emploi salariépen dant un an, ou recouriràun congépendant lequel son contrat est suspendu.
Ces principales aides publiques sont com plétées par d'autres dispositifsà l'initiative des chambres consulaires, des collectivités locales, des associations, de l'ANCE (Agence nationale pour la création d'entreprise).
financée par des ressources personnelles, complétées en partie par des emprunts ban caires au nom de l'entreprise. 32% des créateurs limousins n'ont pas engagéde res sources personnelles, un taux supérieurà la moyenne nationale. Seulement 39 % des créateurs ont bénéficié d'aidesou d'exo nérations publiques. Parmi les dispositifs existant, l'ACCRE arrive en tête, concernant 26 % des créateurs. Les prêtsàla création d'entreprise et les exonérations locales ren contrent un meilleur succès en Limousin que dans le reste de la province.
INSEE Limousin - numéro 03 - mars 2004
Une clientèle de proximité
La nouvelle entreprise vise le plus souvent une large clientèle locale de particuliers. Le chiffre d'affaire est donc réparti entre un grand nombre de clients. Au niveau natio nal, en raison en particulier d'une place plus importante des services aux entreprises, le chiffre d'affaire est plutôt dûàunéventail de 1à10 clients. La comptabilitéest assu ré% des cas par un prestatairee dans 70 extérieur. Près d'un entrepreneur sur cinq faitégalement appelàservice payant un pour la publicité. Àla question«pensezvousêtre innovant ?», près de la moitié desnouveaux entrepre neurs répondent par l'affirmative. Selon eux, l'innovation porte plus sur les produits ou services offerts, le concept de vente, que
Une clientèle de particuliers entreprises administrations 10 % 4 %
particuliers 86 %
Clientèle représentant le plus grand chiffre d'affairesSource : Insee  SINE 2002
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Sur Internet : . Forte hausse des créations dentreprises en 2003  Insee première n°944  janvier 2004. . Les créateurs dentreprise en 2002  un créateur sur trois était au chômage au moment de la création  Insee première n°928  octobre 2003. . 30 %de femmes parmi les créateurs dentreprises  Insee Première n°887  mars 2003.
sur l'organisation ou le procédé de production. Les deux tiers des créateurs utilisent un ordinateur, la moitiéont un accèsàinternet. 15 %ont un site ouvert ou en construction qui sertà présenter leur entreprise ouàvendre direc tement en ligne.
Les chômeurs créent de lemploi
Un tiers des entrepreneursétaient chômeurs au moment de la créa tion, dont 20 % de longue durée comme au niveau national. Ce taux a fortement diminuédepuis 1994 oùun peu plus de la moitié des créateursétaient sans emploi. Plusieurs effets se conjuguent sûrement pour expliquer ce recul : un dispositif ACCRE moins inci tatif, moins de personnes qui s'arrêtent prématurément de tra vailler pour préparer leur projet. Autre indication de précarité, immédiatement avant la création d'entreprise, une personne sur dix était allocataire d'un minima so cial tel RMI (Revenu Minimal d'Insertion) ou ASS (Allocation de Solidarité Spécifique). Au démarrage, 74 % des entre preneurs sont seulsàbord ; ils ne sont plus que 67% au jour de l'enquête. Globalement, entre le jour de la création de l'entreprise et le jour de l'enquête, on comp tabilise 131créations d'emploi sur quelques mois.
De plus, 57 % des entrepreneurs pensent développer leur entre prise dans les mois suivants et 26 % projettent d'embaucher un ou plusieurs salariés.
Cetteétude a pour source le dis positif SINE (système d'informa tion sur les nouvelles entrepri ses), qui a pour objectif de sui vre pendant cinq ans les entre prises nées une même année. L'ossature de ce système repose sur trois enquêtes directes par voie postale : la première inter vient dès les premiers mois de la création d'entreprise, la seconde est réalisée la troisième année d'existence de l'entreprise et la troisième au bout de cinq ans. Seules les créations pures et les créations par reprise sont concer nées par cette enquête, les créa tions par réactivation ne le sont pas. Le dispositif a débuté en1994 avec l'interrogation des entrepri er ses créésemestre 1994.es au 1 Ces entreprises ontété réinter rogées en 1997 et 1999. Le suivi d'une seconde génération d'en treprises a concernéles entrepri ses créées en 1998, entreprises réinterrogées en 2001 et 2003. L'analyse présentée ici repose essentiellement sur l'enquête réaliséeà l'automne2002 sur une troisième génération d'en treprises et concerne les entre prises créées au premier semes tre 2002.La Mission Régionale àla Création et la Transmission d'Entreprise (MRCTE) a financé l'extension de cette enquête en Limousin pour la rendre exhaus tive. Les 826 entreprises créées ou reprises au premier semestre 2002 ontété interrogées. Le champ couvert est celui des ac tivités marchandes de l'industrie, de la construction, du commerce et des services,àl'exclusion des activités financières et de l'agri culture.
Nathalie Garçon et Hélène Bernard
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