Les créateurs d'entreprises en 2002 - Un créateur sur trois était au chômage au moment de la création

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En 2002, 178 000 nouvelles entreprises ont vu le jour. Parmi les créateurs, 26 % étaient des femmes, 22 % continuaient à exercer une autre activité à titre principale, 12 % étaient de jeunes diplômés, et 35 % étaient chômeurs, la majorité d'entre eux ayant alors bénéficié d'aides diverses.

Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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N° 928 - OCTOBRE 2003
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Les créateurs d’entreprise en 2002
Un créateur sur trois était au chômage au
moment de la création
Christian Rieg, division Administration du répertoire SIRENE
et démographie des entreprises, Insee
n 2002, 178 000 nouvelles entrepri- contre 23 % de la population active. 12 % des
créateurs d’entreprise de l’année 1998 avaientses ont vu le jour. Leurs créateurs
50 ans ou plus. Une majorité de créateurs aEétaient motivés par la volonté
moins de 40 ans : deux sur dix ont moins de 30 ans
d’être indépendant et le goût d’entre-
et quatre sur dix ont entre 30 et 39 ans. Les
prendre. Mais ils n’ont souvent qu’un pe- moins de 30 ans travaillent aussi souvent
tit nombre de clients, et beaucoup se (26 %) que les autres créateurs dans le com-
lancent avec des moyens financiers ré- merce. Ils exercent nettement plus fréquem-
ment leur activité dans le commerce deduits. Parmi les créateurs, 26 % étaient
détail, la réparation et moins fréquemmentdes femmes, 22 % continuaient à exercer
dans le commerce de gros. Un quart des 50
une autre activité à titre principale, 12 %
ans ou plus travaillent dans les services aux
étaient de jeunes diplômés, et 35 % entreprises. chômeurs, la majorité d’entre eux
ayant alors bénéficié d’aides diverses.
35 % des créateurs de 2002Le démarrage de la nouvelle entreprise
étaient au chômageest souvent facilité par les relations du
créateur avec des clients ou des fournis-
Comme en 1998, un créateur sur trois était au
seurs de l’entreprise qui l’employait pré- chômage quand il a créé son entreprise (gra-
cédemment, ou avec cette entreprise phique 2), ce qui représente 60 000 chômeurs
elle-même. Trois nouvelles entreprises devenus chefs d’entreprise. Dans un cas sur
deux, le chômeur créateur d’entreprise était ausur dix exécutent des travaux de
chômage depuis un an ou plus. Parmi les chô-sous-traitance.
meurs récents, certains se sont en fait arrêtés de
Un créateur sur deux souhaite avant tout
travailler pour préparer leur projet, mais l’enquête
assurer son propre emploi et, six mois ne permet pas d’en connaître le nombre.
après avoir été créées, trois entreprises
sur quatre n’ont aucun salarié. Âge des créateurs d’entreprise
50 ans ou plusEn 2002, 178 000 nouvelles entreprises (cf.
Définitions) ont été créées dans l’industrie et le
tertiaire marchand non financier (cf. Sources).
de 40 à 49 ansSur les neuf premiers mois de l’année 2003, le
nombre de créations pures a fortement aug-
menté (+ 10 %). Cette hausse est très marquée
de 30 à 39 ans
dans le commerce (+ 14 %), qui concentre un
quart des créations, dans l’immobilier (+ 14 %)
et dans la construction (+ 10 %). moins
de 30 ansSelon l’enquête SINE de 2002 (cf. Sources), la
part des femmes parmi les créateurs est de 0 5 10 15 20 25 30 35 40
En %26 % ; elle était identique en 1998. L’âge
moyen du créateur d’entreprise est de 39 ans. Population active
Créateurs d'entrepriseIl était de 37 ans quatre ans plus tôt. 16 % des
créateurs ont 50 ans ou plus (graphique 1), Source : enquête SINE 2002 et enquête Emploi, Insee
INSEE
PREMIEREPar ailleurs, 14 % des créateurs n’exer- compte. Il n’y a toutefois que 16 % des constitution du stock, l’installation dans
çaient pas d’activité professionnelle créateurs qui déclarent avoir été pous- les locaux…
(étudiant, personne au foyer, retraité…). sés à créer par l’exemple d’entrepre- 45 % des créateurs déclarent n’avoir eu
Ce taux est de 23 % chez les femmes neurs ayant réussi dans leur entourage. recours qu’à des ressources personnel-
créatrices. 13 % des nouveaux chefs d’entreprise les, familiales ou apportées par des
Un chômeur créateur sur deux a bénéfi- ne veulent pas le rester de façon durable associés. Ces créateurs n’ayant pas fait
cié de l’aide aux chômeurs créateurs (plus de 5 ans). Ils sont un peu plus nom- d’emprunts bancaires ni en leur nom ni
d’entreprise (ACCRE, cf. Définitions). breux parmi les 50 ans ou plus (25 %). au nom de leur entreprise ne sont ni plus
Ce taux est le même que le chômage 55 % des créateurs veulent essentielle- jeunes, ni plus âgés que les autres. Six
soit de longue durée ou non. 10 % ment assurer leur propre emploi, tandis mois après la création de leur entreprise,
d’entre eux ont bénéficié de l’encoura- que 45 % espèrent développer forte- seuls 13 % des créateurs sont salariés
gement au développement d’entreprises ment leur entreprise en termes d’emploi de l’entreprise qu’ils ont créée.
nouvelles (EDEN, cf. Définitions). Les et d’investissement. Six mois après la 22 % des créateurs continuent à exercer
chômeurs bénéficient également plus création, trois entreprises sur quatre à titre principal une activité rémunérée
souvent que les autres créateurs des n’ont aucun salarié. dans une autre entreprise. Dans deux
diverses aides. 10 % ont profité du prêt à cas sur trois, ils avaient un statut de
la création d’entreprise (PCE), contre salarié. Cette part est plus faible lorsque
Des moyens financiers4 % des autres créateurs;8%, contre 4 %, le créateur travaille dans la construction
ont obtenu des aides ou des exonéra- (12 %), tandis qu’elle est de 27 % danssouvent faibles
tions locales ou régionales. Compte les services aux entreprises.
tenu de ces différentes formes d’aide, La situation financière des créateurs est
59 % des chômeurs créateurs ont béné- parfois très difficile. Avant de créer leur
Des entreprisesficié d’au moins une aide ou une exoné- entreprise, 4 % des créateurs étaient
ration, contre 13 % des autres créateurs. allocataires de l’ASS (Allocation de Soli- très dépendantes
darité Spécifique) et 7 % du RMI
(Revenu Minimum d’Insertion). Les Les jeunes entreprises sont souventUne forte volonté
moyens financiers utilisés pour démar- dépendantes d’un faible nombre de
d’indépendance
rer l’activité (cf. Définitions) sont souvent clients. Six mois après leur création,
très faibles. 36 % des créateurs ont 13 % des nouvelles entreprises n’ontSept créateurs sur dix voulaient être
dépensé moins de 4 000 euros (gra- qu’un ou deux clients (graphique 5). Ceindépendants (graphique 3), ce qui les a
phique 4) pour l’achat de matériel, la taux est particulièrement important pourincités à créer leur entreprise. Ce taux
est plus élevé chez les moins de 40 ans
(77 %), tandis qu’il n’est que de 50 %
Principales raisons ayant poussé à créer l’entrepriseparmi les créateurs de 50 ans ou plus.
L’autre principale raison pour créer son En %
entreprise est le goût d’entreprendre 80
70(56 %). Par ailleurs, un créateur sur trois
60déclare avoir profité d’une opportunité
50de création.
40
65 % des créateurs ont dans leur entou-
30
rage proche (familial ou non) des chefs 20
d’entreprise ou des personnes à leur 10
0 Situation au cours de la période Être Le goût Une opportunité Une idée Sans emploi, Des exemples Sans emploi,
par contrainteindépendant d'entreprendre de création nouvelle par choix réussisayant immédiatement précédé la de produit d'entrepreneurs
ou de marché dans l'entouragecréation
Source : enquête SINE 2002, Insee
14 %
Moyens nécessaires pour démarrer l’activité
En %
4016 %
3551 %
30
25
20
19 %
15
10En activité (salarié, indépendant,
chef d'entreprise ...) 5
Au chômage depuis moins d'un an
0Au un an ou plus
De 8 000€ de 16 000€ à 40 000 € ou plusMoins de 4 000 € De 4 000 € àSans activité professionnelle à moins de 16 000€moins de 8 000 € moins de 40 000€
Source : enquête SINE 2002, Insee Source : enquête SINE 2002, Insee
INSEE - 18, BD ADOLPHE PINARD - PARIS CEDEX 14 - TÉL. : 33 (1) 41 17 50 50
INSEE
PREMIEREles entreprises du transport (27 %) et nisseurs de l’entreprise qui l’employait créateurs n’ont en revanche aucun
des services aux entreprises (26 %). Par précédemment, ou avec cette entreprise diplôme, leur moyenne d’âge est iden-
ailleurs, 15 % des nouvelles entreprises elle-même (graphique 6). Cette situation tique à celle des autres créateurs
déclarent avoir un grand nombre de s’avère plus fréquente lorsque le nouvel d’entreprise. Un tiers travaille dans la
clients, mais seulement quelques clients entrepreneur travaille dans la construc- construction, et un autre tiers dans le com-
importants. tion (63 %) ou les services aux entrepri- merce.
31 % des entreprises exécutent des tra- ses (56 %). Parmi les anciens salariés créant leur
vaux de sous-traitance. Cette situation 20 % des créateurs estiment que les entreprise, un sur trois était employé,
est particulièrement fréquente dans la conseils les plus utiles leur ont été don- 23 % étaient ouvriers, 9 % agents de
construction (56 %) et le transport nés par leur entourage professionnel. Ils maîtrise ou contremaîtres. 65 % des
(49 %). Une fois sur deux, les travaux de sont plus nombreux (29 %) à préférer les anciens ouvriers ont créé leur entreprise
sous-traitance constituent la principale conseils de leur entourage familial ou dans la construction. Les anciens
source de chiffre d’affaires, sinon ce personnel. 29 % des créateurs n’ont agents de maîtrise et contremaîtres
n’est qu’une activité annexe. bénéficié d’aucun conseil. Ce taux est créent également fréquemment dans ce
73 % des créateurs dirigent seul leur plus élevé chez les créateurs les plus secteur (29 %).
entreprise six mois après l’avoir créée. âgés : 43 % des créateurs de 50 ans ou 20 % des anciens salariés créateurs
Trois créateurs sur quatre ont recours à plus déclarent ne pas avoir profité de d’entreprise étaient cadres supérieurs.
des services extérieurs payants, essen- conseils contre 20 % des créateurs de Un sur deux a créé une entreprise de
tiellement pour la comptabilité. 19 % moins de 30 ans. services aux entreprises.
des nouveaux entrepreneurs ont fait
appel à de tels services pour faire de la 16 % des créateurs 12 % de jeunes diplômés
publicité, en particulier dans les servi-
n’ont aucun diplôme
ces aux particuliers (28 %) et le com- 12 % des créateurs de nouvelles entrepri-
merce (24 %). ses sont de jeunes diplômés (cf. Défini-Parmi les créateurs, 33 % ont obtenu un
tions). 30 % ont un diplôme de niveau Bac +2,diplôme supérieur au baccalauréat (gra-
28 % de niveau Bac +3 ou Bac +4 et 42 %phique 7);8% sont titulaires d’un bacca-
Créer son entreprise est ont un diplôme de niveau Bac +5 ou pluslauréat général et 9 % d’un baccalauréat
(graphique 8). Les diplômes les plus fré-souvent une démarche solitaire technique ou d’un équivalent. 16 % des
54 % des créateurs ont mis en place
La création et le démarrage ont été facilités par des relationsseuls leur projet de création. 9 % des
créateurs ont bénéficié de l’aide d’un
En %
organisme de soutien à la création 60
d’entreprise, il s’agit essentiellement des
50
chômeurs créateurs. Un créateur sur
40trois a été aidé par son conjoint, un autre
membre de sa famille ou une autre per- 30
sonne de son entourage personnel.
20
Par ailleurs, la création et le démarrage
10de l’entreprise ont été facilités une fois
sur deux par les relations que le créa-
0
Non concernéteur avait avec des clients ou des four- avec : Un ou plusieurs Un ou plusieurs clients L'entreprise qui vous
employait précédemmentfournisseurs
Source : enquête SINE 2002, Insee
Répartition du chiffre d’affaires
selon le nombre de clients
15 % 13 % Diplôme le plus élevé des créateurs d'entreprise
Diplôme supérieur au baccalauréat
Baccalauréat général
29 %
Baccalauréat technique ou
professionnel, autres brevets
43 % CAP / BEP
CEP, BEPC, brevet élémentaire,
brevet des collèges1 ou 2 clients
3 à 10
Aucun diplômeUn plus grand nombre
Un grand nombre, mais avec
0 5 10 15 20 25 30 35quelques clients importants
En %
Source : enquête SINE 2002, Insee Source : enquête SINE 2002, Insee
INSEE - 18, BD ADOLPHE PINARD - PARIS CEDEX 14 - TÉL. : 33 (1) 41 17 50 50
INSEE
PREMIEREEDEN (Encouragement au Développe-quents sont les BTS suivis des DESS et leur projet, contre 68 % des autres créa-
ment d’Entreprises Nouvelles) : le dispo-des maîtrises. Deux jeunes diplômés teurs.
sitif EDEN est un dispositif d’aide financière
créateurs sur cinq créent une entreprise
et d’accompagnement à la création ou à la
de services aux entreprises, principale- Sources reprise d’une entreprise, quelle que soit
ment dans le domaine des conseils et l’activité de celle-ci.
Moyens nécessaires pour démarrer : lesassistance. Ils exercent en revanche
Cette étude ne concerne que les créa- enquêtés devaient prendre en compte l’en-moins fréquemment que les autres
tions pures ; elle ne traite ni des reprises semble des dépenses liées :
créateurs dans le commerce (18 %) et d’entreprises existantes, ni des réactiva- - aux formalités de constitution de l’entre-
la construction (5 %). Un jeune diplômé tions (cas d’une personne physique qui prise,
avait cessé son activité et qui la reprend).créateur sur trois est issu de la filière - à l’installation dans les locaux (travaux,
Elle repose sur l’enquête SINE (Système frais d’agence, caution, mobilier, achat im-« Économie, gestion et droit ». 14 %
d’Information sur les Nouvelles Entrepri- mobilier…),ont réalisé des études dans la filière
ses). Le dispositif SINE est un système - aux achats de matériel de production,
« Sciences et techniques ». 60 % des permanent d’observation des jeunes en- d’équipements informatiques ou bureauti-
créateurs de cette filière ont créé une treprises. Il a pour objectif de suivre pen- ques, de véhicules,
dant cinq ans les entreprises nées uneentreprise de services aux entrepri- - à la constitution des stocks,
même année. L’ossature de ce système - aux apports en nature,ses.
repose sur trois enquêtes directes par - aux achats de brevets ou licences,70 % des jeunes diplômés créateurs
voie postale : la première intervient dès - à la trésorerie consacrée au fonctionne-
déclarent avoir des chefs d’entreprise ou les premiers mois de la création de l’en- ment de l’entreprise,
des personnes à leur compte dans leur treprise, la seconde est réalisée la troi- - aux autres dépenses ou investisse-
sième année d’existence de l’entrepriseproche entourage (familial ou non). Ils ments.
et la troisième est adressée cinq ans Jeunes diplôméscréateurs : il s’agit desbénéficient plus fréquemment des
après la naissance. créateurs de l’enseignement supérieur, quiconseils de leur entourage familial ou
Cette étude fait appel à la première vague avaient au plus 31 ans révolus pour les
personnel. 76 % n’ont suivi aucune for- erd’interrogation en septembre 2002, qui créateurs diplômés du 1 cycle et 34 ans
mation particulière pour la réalisation de concernait les créations d’entreprises du révolus pour les créateurs diplômés du
ème èmepremier semestre 2002. 31 000 nouvelles 2 ou 3 cycle.
entreprises ont été interrogées. Ces entre- Niveau de diplôme des jeunes
prises font partie du champ I.C.S.
diplôméscréateurs d'entreprise
(Industrie, Commerce, Services). Ce Bibliographie
champ couvre les activités marchandes de
l’industrie, de la construction, du com-
merce et des services, à l’exclusion des
« L’impact sur l’emploi des créations d’en-
activités financières et de l’agriculture.
30 %42 % treprises », Insee première, n° 917, août
2003.
« 30 % de femmes parmi les créateurs d’en-Définitions
treprises », Insee première, n° 887, mars
2003.
Création pure ou entreprise nouvelle : une « Légère diminution des créations d’entrepri-
création est dite pure si l’activité exercée ne ses depuis 2000 », Insee première, n° 879,
constitue pas la poursuite d’une activité de janvier 2003.
même type exercée antérieurement au « Jeunes diplômés et créateurs d’entrepri-
28 % endroit par une autre entreprise. ses », Insee Lorraine et Universités, no-
Bac +2 ACCRE (Aide aux Chômeurs Créateurs vembre 2002.
Bac +3, Bac +4 ou Repreneurs d’Entreprises) : cette aide « Créations et créateurs d’entreprises »,
Bac +5 ou plus consiste en une exonération de charges so- Insee résultats (papier et cédérom), n° 773,
ciales pendant un an. décembre 2001.Source : enquête SINE 2002, Insee
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