Les grandes entreprises mahoraises en 2005 : moindre progression de la valeur ajoutée

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En 2005, la valeur ajoutée des plus grandes entreprises mahoraises progresse de 7,3 %. La modestie de cette croissance au regard des années précédentes tire essentiellement son origine des dépenses croissantes en matières premières. L’activité économique reste néanmoins soutenue. Le chiffre d’affaires progresse de 12,3 % en un an. Les entreprises du panel dégagent un excédent de 95 millions d’euros ; les charges salariales augmentent de 8,7 %.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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N° 27 – Novembre 2006 – 1,50 euro

En 2005, la valeur ajoutée des plus grandes entreprises mahoraises progresse de 7,3 %. La modestie de cette croissance au regard des années précédentes
Les grandes entreprises tire essentiellement son origine des dépenses croissantes en matières
mahoraises en 2005 premières.
Moindre progression L’activité économique reste néanmoins soutenue. Le chiffre d’affaires
progresse de 12,3 % en un an. Les entreprises du panel dégagent un excédentde la valeur ajoutée
de 95 millions d’euros ; les charges salariales augmentent de 8,7 %.

En 2005, les 555 plus grandes points à celui du CA : + 7,3 %. Il entreprises de Mayotte ont réalisé un s’agit de la plus faible croissance
chiffre d’affaires (CA) de 851 millions enregistrée depuis cinq ans. Elle

d’euros. Celui-ci est en progression de s’établit 3,5 points en dessous du
12,3 % par rapport à 2004. Dans le taux enregistré entre 2003 et 2004
panel précédent, ce taux de croissance (+ 10,8 %).
s’élevait à 9,7 %. En 2005, le CA de
chacun des huit secteurs d’activité Les matières premières
augmente. Les transports enregistrent pèsent sur la croissance
la plus forte hausse : + 20,7 %. Ce
secteur inclut non seulement les Le budget croissant consacré à
transports routiers, maritimes et l’achat de matières premières est la
aériens, mais aussi les services principale cause de la progressionInstitut National de la Statistique
auxiliaires tels que la manutention, le de la VA plus modeste que leset des Etudes Economiques
transport par conduites, la gestion des années précédentes. En 2005, les
infrastructures ou les agences de dépenses des entreprises mahoraises
voyage. En 2004, ce secteur avait déjà en matières premières augmentent
l’un des deux taux de croissance de CA de 35 millions d’euros par rapport à
les plus élevés du panel (+ 15,4 %), 2004, soit une hausse de 27 %. Cela
avec les services aux particuliers, découle essentiellement de
santé, éducation et action sociale l’augmentation du prix de certaines
(+ 15,5 %). matières premières : les produits
En revanche, entre 2004 et 2005, le pétroliers (+ 13 %), l’acier
Antenne de Mayotte taux de croissance de la Valeur Ajoutée (+ 10,5 % en métropole)… ZI - Kawéni
(VA) du panel est inférieure de cinq L’industrie et énergie est le secteurB.P 1362 - 97 600 MAMOUDZOU
Tel : 02.69.61.36.35
Fax : 02.69.61.39.56
Croissance de la VA et du CA depuis 2001Site internet : http://www.insee.fr/mayotte
Email : antenne-mayotte@insee.fr CA 2005 : cinq points au dessus de la VA

%

Valeur ajoutéeDirecteur de la publication : Jean GAILLARD 15,1
Rédacteur en chef : Olivier FROUTÉ
15 Chiffre d'affairesRédacteur du document : Cécile PREVOT
12,3 12,3
Impression : INSEE MAYOTTE
10,8
Code SAGE : II062784 10,7 10,2
9,79,6
10

7,1 7,3ISSN : 1291-2786
Dépôt légal : Décembre 1998

5

panel panel panel panel panel
2000/01 2001/02 2002/03 2003/04 2004/05© INSEE - 2006
Sources : INSEE - Direction des Services Fiscaux
Insee infos n°27 - Novembre 2006 Portrait des huit grands secteurs : nombre d’entreprises, chiffres d’affaires et valeur ajoutée
Chiffre d'Affaires Valeur Ajoutée 2005 Nombre
d'entreprises
Croissance en % 2005 2004/05 2005 Part dans la Contribution
Secteurs panel panel en millions Croissance en millions VA hors BUF à la croissance2004 2005
2004/05 2003/04 d'€ en % d'€ en % en point
Agriculture 7 7 3,1 +5,4 0,9 -17,9 +16,0 0,4 -0,1
Industrie, Energie 63 65 141,6 +9,9 38,1 -5,9 +4,4 16,1 -1,1
Construction 99 99 105,5 +3,8 37,0 +5,0 +19,3 15,7 0,8
Commerce 190 192 400,3 +14,9 61,5 +12,0 +15,7 26,1 3,1
Transports 40 39 52,2 +20,7 19,4 +23,1 +14,3 8,2 1,7
Activités financières 13 12 20,9 +7,6 17,8 +11,5 +10,4 7,6 0,9
Services aux entreprises,
92 90 101,4 +15,3 46,4 +11,0 +2,6 19,7 2,2
activités immobilières
Services aux particuliers, santé,
51 51 26,3 +3,8 14,7 +0,5 +15,4 6,2 0,0
éducation, action sociale
BUF (cf définitions) -8,5 +4,7 +9,0 -0,2
Total 555 555 851,4 +12,3 227,3 +7,3 +10,8 100,0 7,3
Sources : INSEE - Direction des Services Fiscaux


le plus touché par ces surcoûts. Ce Investissement : une part moindre de leur VA : le
secteur est le seul avec l’agriculture 6 millions d’euros de moins taux d’investissement calculé uni-
à enregistrer un recul de la VA entre quement sur les entreprises ayant
2004 et 2005. Dans l’industrie et En 2005, la formation brute de investi s’élève à 19,7 % en 2005
énergie, celle-ci baisse de 5,9 %. Sans capital fixe (FBCF), mesure de (22,5 % de la VA en 2004).
augmentation du coût des matières l’investissement, s’élève à 40,1 mil- La baisse du niveau d’inves-
premières, la VA du secteur aurait cru lions d’euros. Entre 2004 et 2005, elle tissement est en grande partie
d’environ 5 %. a diminué de 13 %. La baisse atteint imputable aux transports. En effet,
Le commerce demeure le plus six millions d’euros. Le taux la FBCF de ce secteur a été divisée

gros contributeur à la croissance : sur
7,3 points, 3,1 lui sont imputables. Taux d'investissement en 2004 et 2005
Deux effets se conjuguent. D’une part, Forte volatilité d'une année sur l'autre%
ce secteur enregistre une progression
80importante de sa VA : + 12,0 %. 72,362,4 2004 Parmi les huit secteurs, il s’agit du 60
2005deuxième plus fort taux de croissance, 38,1
après celui des transports (+ 23,1 %). 40 30,7 24,7 26,721,8 13,519,0 15,1D’autre part, par un effet de taille, 14,515,6 17,7 16,8 12,0 20 10,510,5l’impact des résultats du commerce 6,8
dans ceux de l’ensemble du panel est 0
important. En effet, il reste le plus
grand secteur en termes de part dans la
VA totale (27 %).

Une économie

très concentrée
Sources : INSEE - Direction des Services Fiscaux
L’activité économique de Mayotte
est fortement liée aux résultats de d’investissement (FBCF/VA) diminue par quatre en un an. En 2004,
quelques grandes entreprises. En de plus de quatre points et s’établit à les montants investis avaient été
2005, la VA de l’ensemble du panel 17,7 %. ponctuellement très élevés. Près
s’élève à 227 millions d’euros. À elles Pourtant, le nombre d’entreprises des trois-quarts étaient des frais
seules, les vingt plus grandes ayant investi reste stable : en 2005, d’installation. Ces dépenses
entreprises dégagent la moitié de ce sur les 555 entreprises en activité, 448 exceptionnelles ne peuvent être
montant. Ces mêmes entreprises réalisent des investissements (447 en assimilées aux investissements
réalisent 42 % du CA total du panel. 2004). Aussi nombreuses, les courants réalisés par le secteur

entreprises investissent néanmoins les autres années. En 2005, le
Insee infos n°27 - Novembre 2006
Agriculture
Activités financières
Industrie, Energie
Tous secteurs
Commerce
Services aux
particuliers
Transports
Construction
Services aux
entreprises,
activités immobilières

taux d’investissement dans les sur les résultats du panel. En 2005,
transports revient à un niveau plus l’EBE de ce secteur représentait à Les subventions :
habituel : 14,5 %. peine 0,3 % du total. Dans la cons- enjeu et impact
Cette même année, en termes de truction, l’EBE (en baisse de
montants investis, les transports 4,5 %) pâtit de la croissance des En 2005, les entreprises du
panel ont reçu 11 millions d’euros
de subventions. Il s’agit de trans- Formation Brute de Capital Fixe ferts courants sans contre-partiePart de chaque secteur en 2005 que les administrations publiquesLe commerce reste le premier investisseur versent à des producteurs pour les

Services aux aider à maintenir leur niveau de Services aux Agriculture
particuliers production ou leur permettre de
entreprises, 1%
6% baisser leurs prix. Ces sommes neactivités
sont pas comprises dans leur CA.immobilières Industrie, Energie
En effet, celui-ci témoigne du12% 23%
volume d'affaires généré parActivités
l'activité courante de l'entreprise etfinancières Construction
14% 11% permet ainsi d'en apprécier la
dimension au prix du marché. Y
Total : ajouter les subventions reviendrait
Transports
Commerce 40,1 à sur-estimer le montant des ventes
7%
26% millions effectivement réalisées par
d'euros l’entreprise. Sources : INSEE - Direction des Services Fiscaux
Par souci de cohérence, les
subventions ne sont pas non pluscharges salariales (+ 13,1 %), car lefont à nouveau partie des trois
incluses dans la VA. Pour certainesplus petits secteurs du panel, avec CA du secteur augmente moins vite entreprises, elle est négative. Sans(+ 3,8 %). l’agriculture et les services aux subventions, ces sociétés pratique-En 2005, l’EBE des SNF représenteparticuliers, santé, éducation et raient des tarifs plus élevés ouaction sociale. Chacun de ces 39,1 % de leur VA. En 2004, ce taux éventuellement auraient cessé dede marge était inférieur de 0,8 point. secteurs a investi moins de trois
produire. Toutefois, cette aide est
millions d’euros. Les investisseurs Le taux de marge des activités
prise en compte dans l’excédent les plus importants de l’île sont le financières est près de deux fois plus brut d’exploitation (EBE). élevé : 74 % en 2005 et 72,2 % encommerce et l’industrie-énergie. En incluant les subventions Ces deux secteurs représentent 2004. dans le calcul du CA et de la VA, près de la moitié de l’investis- Charges salariales : on évaluerait ces agrégats aux
croissance dans tous les secteurssement total. coûts réels de production. La croissance du panel en 2005 aurait EBE en recul Dans chacun des huit secteurs, les
été de 8,5 %, soit 1,2 point de plus dans un secteur sur deux sommes consacrées à la rémunération que le niveau enregistré.
En 2005, les grandes entreprises

mahoraises ont dégagé un excé- Progression de l'EBE et des charges salariales en 2005
dent brut d’exploitation (EBE) de
Baisse de l'EBE dans quatre secteurs
95 millions d’euros, en progres-
13,6sion de 10 % par rapport à l’année Transports
précédente. Cependant, cette 9,7 52,4
Commerce 17,8croissance est tirée par seulement Charges salariales 4,6
Activités financières 14,2quatre secteurs sur huit. La plus
Services aux entreprises, EBE 5,2forte augmentation revient au activités immobilières 10,8
8,7secteur des transports : + 52,4 %. Tous secteurs
10,0
Pour les quatre autres secteurs, 7,5Industrie, Energie -1,9
l’EBE a diminué entre 2004 et 13,1
Construction
-4,52005. L’agriculture enregistre la
1,4
Services aux particuliers -6,7baisse la plus importante (- 44 %).
-43,9 10,8Dans ce secteur, l’EBE est parti- Agriculture
culièrement fluctuant d’une année
-50 -30 -10 103050
sur l’autre (+23,8 % dans le panel
%Sources : INSEE - Direction des Services Fiscauxprécédent). Cependant, cette
baisse n’a qu’un très faible impact
Insee infos n°27 - Novembre 2006
Ratios économiques par secteur en 2004 et 2005
Pour comprendre Secteurs Taux de marge bruts Charges salariales/VA
ces résultats en % en %
2004 2005 2004 2005
Composition du panel étudié
Agriculture 46,7 31,9 65,5 88,3
Industrie, Energie 49,8 51,9 52,0 59,4
Le panel d’étude est constitué Construction 30,4 27,7 64,9 70,0 des entreprises dont le CA Commerce 35,6 37,4 57,5 56,4
dépasse ou a dépassé au moins
Transports 28,7 35,6 67,4 62,2
une fois 150 000 euros depuis
Activités financières 72,2 74,0 26,5 24,8
1995. Il comporte deux années
Services aux entreprises,
d’étude (2004 et 2005) etactivités immobilières 61,1 61,0 38,3 36,3
566 entreprises sur lesquellesServices aux particuliers, santé,
éducation, action sociale 14,4 13,3 85,1 85,9 porte l’étude.

Total 40,9 41,9 56,4 57,2 Parmi celles-ci, seules

Sociétés Non Financières 38,3 39,1 58,9 59,9 544 ont eu une activité les deux

Sources : INSEE - Direction des Services Fiscaux années. En effet, 11 d’entre elles
ont été créées en 2005. À
du travail ont augmenté. En 2005, est particulièrement élevée dans l’inverse, 11 ont cessé leu r
les charges salariales des entreprises deux secteurs : dans l’agriculture activité au cours de l’année 2004.
du panel s’élèvent à 130 millions où la VA a fortement diminué et Le taux de mortalité (le
d’euros, en progression de 8,7 % par dans les services aux particuliers, nombre de cessations en 2004
rapport à 2004. Les entreprises du éducation, santé et action sociale. rapporté au nombre d’entreprises
panel y consacrent une part Dans ce dernier secteur, le ratio encore en activité fin 2004)
légèrement plus importante de leur charges salariales/VA est s’élève à 2 %.
VA : le ratio charges salariales/VA traditionnellement très élevé. Entre Le CA du panel en 2005
augmente de 0,8 point. Pour les 2004 et 2005, il progresse représente 96 % du CA des
sociétés non financières (SNF), légèrement (+ 0,8 point), en dépit du entreprises ayant déclaré au
cette progression s’élève à un point. taux de croissance des charges régime des bénéfices industriels
Les charges salariales représentent salariales le plus faible du panel et commerciaux et à celui de
près de 60 % de la VA. Cette part (+ 1,4 %). l’impôt sur les sociétés en 2005.

Utilisation des résultats
Branche unité fictive (BUF) : Définitions
On ne peut pas mettre enEn comptabilité d’entreprise, pour les
regard les résultats en valeur decomptes des sociétés financières, lesLa valeur ajoutée est ce qui reste à
ce panel et ceux du panel 2004-paiements d’intérêts sont considérésl’entreprise après paiement des coûts
2005 : ils ne regroupent pas lecomme une forme de revenu de ladirectement liés à la production (la
propriété et apparaissent dans le même nombre d’entreprises. Enconsommation intermédiaire).
compte d’affectation des revenus pri- revanche, on peut en comparer
maires. Ce n’est pas le cas en L’Excédent Brut d’Exploitation les évolutions.
comptabilité nationale, où ils sont la(EBE) est obtenu en retranchant de la
rémunération d’un service ; dès lors,VA les charges salariales et les impôts

ils doivent être enregistrés dans leet en ajoutant les subventions. Le taux Pour en savoir plus
compte de production et contribuerde marge est le rapport de l’EBE à la sur les entreprises en 2004 :
positivement à la VA. Dans le casVA. C’est un indicateur de profit brut
contraire, l’EBE et la VA desou de performance des entreprises. Mayotte Résultats N° 5 - Sept. 2006
banques seraient sous-évalués et ne Activité des plus grandes entreprises
reflèteraient pas leur activité réelle. La Formation Brute de Capital mahoraises en 2004
Pour garder une cohérence globale,Fixe (FBCF) est la mesure de l’in-
on ajoute la branche unité fictivevestissement en comptabilité nationale. Insee Infos N° 26 - Juin 2006
(BUF) qui fait apparaître dans son Les grandes entreprises mahoraises en Elle est définie comme la valeur des
2004 : Valeur ajoutée en progression dans compte de production la consomma-acquisitions nettes de cessions d’actifs
tous les secteurs tion intermédiaire correspondantfixes par les producteurs résidents. Les
exactement aux services bancairesactifs fixes peuvent être utilisés de
À paraître : financés par les intérêts nets. Etantfaçon continue ou répétée pendant au
donné que cette consommation est lemoins un an : des bâtiments, des Mayotte Résultats N° 6 seul poste non nul des comptes de lalogiciels… Le taux d’investissement
sur les entreprises en 2005 BUF, la VA de la branche estest le rapport de la FBCF sur la valeur secteur par secteur négative. ajoutée.

Insee infos n°27 - Novembre 2006

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