Les groupes d'entreprises en Bourgogne : une présence croissante

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Plus de la moitié des salariés bourguignons dépendent d'un groupe, ce qui place la région dans la moyenne française. Le poids des groupes n'a cessé de croître au cours de la dernière décennie. Les centres de décision des entreprises bourguignonnes dépendant d'un groupe sont majoritairement situés hors de la région. Les groupes bourguignons sont pour leur part peu nombreux, de petite taille et rayonnent peu hors de la Bourgogne. L'industrie est le secteur d'activité où la part des groupes est la plus forte.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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INSEE N°72-Juillet2000BOURGOGNE
Les groupes d’entreprises en Bourgogne :
une présence croissante
Plus de la moitié des salariés bourguignons dépendent d’un groupe, ce qui place la région
dans la moyenne française. Le poids des groupes n’a cessé de croître au cours de la dernière
décennie. Les centres de décision des entreprises bourguignonnes dépendant d’un groupe
sont majoritairement situés hors de la région. Les groupes bourguignons sont pour leur part
peu nombreux, de petite taille et rayonnent peu hors de la Bourgogne. L’industrie est le
secteur d’activité où la part des groupes est la plus forte.
n 1996, les groupes, toutes tailles environnement économique international dépendant d’un groupe français, etEd’établissement confondues, em de plus en plus concurrentiel. Le groupe 40 % pour les établissements dépen- -
ployaient 51 % des salariés bour a accès à des financements plus aisés dant d’un groupe étranger. De plus, la-
guignons du secteur marchand non et à des marchés plus larges. Ainsi, en mise en commun des dépenses de
agricole : 39,6 % dans les groupes fran- 1995, dans l’industrie bourguignonne, recherche et de développement sont
çais et 11,7 % dans les étran- le chiffre d’affaires à l’exportation nécessaires lorsque celles-ci sont
gers. La Bourgogne compte parmi les représentait 5 % du chiffre d’affaires importantes.
régions où le poids des groupes est le total pour les établissements hors D’autre part, la structure des grou-
plus fort (quart nord-est du pays). Il groupe, 14 % pour les pes apporte une plus grande souplesse
reste néanmoins proche de la moyenne
nationale (52 %). La moitié des salariés bourguignons
Ce poids est en constante augmen- dans un groupe
tation depuis le début des années 90,
Répartition de l’emploi salarié en Bourgogne en 1996
dans la région comme dans l’ensemble secteur marchand non agricole
de la France. Ainsi, pour les seuls éta-
blissements de plus de 20 salariés, la
part des groupes étrangers dans l’em- Groupe
étrangerploi bourguignon est passée de 11 à
12 %
15 % entre 1990 et 1997 (de 17 à 23 %
dans l’industrie), et celle des groupes
Hors groupefrançais de 43 à 54 %. Les mouve-
et siège dements de concentration financière, liés
l’entreprise
françaisnotamment à la globalisation croissante Groupe en Bourgogne
34 % 45 %de l’économie, ont donc des répercus-
sions notables en Bourgogne.
Des logiques de
concentration multiples
Hors groupe et siège
Groupe de l’entrepriseCe développement des groupes répond
bourguignon hors région
à plusieurs logiques économiques. D’une 5% 4%
part, l’organisation en groupes d’entrepri-
Sources : INSEE - LIFI 1996 - SIRENE.ses permet d’atteindre une taille mini-
male (ou seuil critique) dans unINSEE N°72-Juillet2000BOURGOGNE
d’organisation et de gestion, que ce soit Forte présence des groupes dans l'industrie
au niveau des ressources humaines ou
et les entreprises en réseau
du processus de production.
Répartition de l'emploi salarié par secteur d'activité en Bourgogne en 1996
ConstructionForte présence des
Services aux particuliersgroupes dans l’industrie
Habillement, cuir
Édition, imprimerie, reproduction
Les groupes sont particulièrement
Conseil, assistance et services opérationels
présents dans les secteurs industriels.
Commerce
Usinor, Kodak, Michelin et Fournier
Industries agricoles et alimentairessont ainsi les principaux groupes
Industries du bois et du papieremployeurs de Bourgogne. 64,5 % des
Industries des équipements mécaniquessalariés de l’industrie travaillent pour un
Industries des produits minérauxgroupe, contre 52 % pour ceux des
Industries des équipements du foyerservices, 36 % pour le commerce et
Industries des équipements électriques et électroniquesseulement 16 % pour la construction.
Métallurgie et transformation des métauxDe même, les groupes étrangers
Transportsemploient près d’un quart des salariés
Industrie textilebourguignons de l’industrie, alors qu’ils
Construction navale, aéronautique et ferroviairesont relativement peu présents dans les
Industrie automobileautres secteurs, si l’on excepte les
Pharmacie, parfumerie et entretienservices opérationnels et plus particu-
lièrement l’intérim. Activités financières
Les groupes, tant français qu’étran Chimie, caoutchouc, plastiques-
gers, sont particulièrement nombreux Industries des composants électriques et électroniques
dans les industries des composants Eau, gaz, électricité
électriques et électroniques du fait des Postes et télécommunications
dépenses élevées en recherche et 0 % 10 % 20 % 30 % 40 % 50 % 60 % 70 % 80 % 90 % 100 %
développement dans ce secteur
Groupe français Groupe étrangerHors groupetechnologique. De même, le
pharmaceutique nécessite des investis- Sources : INSEE - LIFI 1996 - SIRENE.
sements lourds expliquant le poids
élevé des groupes (Fournier essentiel- verticale des entreprises : les filiales L’emploi dans les secteurs fonction-
lement). L’industrie automobile et la nant en réseau (distribution d’eau, dedes grands groupes produisent des
construction ferroviaire sont pour leur gaz et d’électricité, postes et télécombiens intermédiaires nécessaires à -
part caractérisées par des investisse- munications) est également fortementl’élaboration du produit final par
ments lourds et une forte intégration concentré dans les groupes français,l’entreprise principale.
pour des raisons essentiellement
70 % des salariés bourguignons des historiques. Pour partie, il s’agit en effet
grands établissements dans un groupe d’anciens monopoles d’État : la SNCF,
La Poste, France Telecom notamment.Évolution du poids des groupes en Bourgogne,
établissements de plus de 20 salariés (hors intérim) Les autres secteurs de l’économie
60
en % des salariés sont moins concernés par le dévelop-
50 pement des groupes. Dans le com-
merce, les trois principaux groupes
40 implantés en Bourgogne sont Schiever
et fils (supermarchés), Casino et Carre-30
four.
20 Les services aux particuliers, les
activités immobilières, la construction,
10 la réparation automobile sont les
secteurs où le poids des groupes, en0
termes d’effectifs, est le plus faible. Ces1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997
secteurs comptent un grand nombre de
Groupe français Hors groupeGroupe étranger
petites entreprises, souvent à clientèle
Sources : INSEE - Bridge - LIFI 1996.
Les groupes d’entreprises en Bourgogne : une présence croissante 2INSEE N°72-Juillet2000BOURGOGNE
*locale, qui sont peu concernées par les Des groupes mono-régionaux de petite taille
phénomènes actuels de concentration
Répartition des groupes selon le nombre de salariés en %
financière. La notion de groupe ne
- de 500 de 500 à 1 999 de 2 000 à 9 999 +de10000prend cependant pas en compte les
micro groupe petit groupe groupe moyen grand groupe
contrats de franchise, par exemple pour
France 82,0 13,4 3,8 1,0la réparation automobile ou le
commerce, qui peuvent limiter l’auto- Bourgogne 44,4 27,7 19,9 8,1
nomie réelle des établissements hors
dont mono-régionaux 94,4 3,7 0,9 0,0
groupe.
*La répartition entre groupes dont au moins 80 % des effectifs sont localisés dans la région.
Sources : INSEE - LIFI 1996 - SIRENE.français et étrangers varie selon les
secteurs. En effet, les groupes français
plus de 50 % de l’emploi salarié. A
sont très présents dans les secteurs Des centres de décisionsl’inverse, les groupes sont peu présents
métallurgie, transports, production de
dans les zones de Louhans, Châtillon- situés principalementcombustible et de carburants,
sur-Seine, Cosne-Cours-sur-Loire oupharmacie, recherche et développe- hors Bourgogne
Beaune. Les groupes étrangers pèsentment et activités financières. A
d’un poids plus important dans lesl’inverse, les groupes étrangers sont
En terme d’emploi, les établisse-zones d’Autun (textile) et d’Auxerreplus présents dans les industries des
ments bourguignons dépendent pour(aluminium, accumulateurs).
composants électriques et électroni- 50 % de centres de décision situés àLes groupes contrôlent plus de 70 %
ques, la chimie-caoutchouc-plastique, l’extérieur de la région. 46 % desde l’emploi industriel dans les zones
l’industrie automobile, la construction emplois sont liés à des groupes nond’emploi d’Autun (textile), d’Avallon
ferroviaire et l’industrie textile.
bourguignons et 4 % à des entreprises(chimie-caoutchouc, notamment avec les
hors groupe dont le siège est horsPneus Laurent), de Decize (Michelin), de
Une répartition inégale Bourgogne.Nevers (SNCF et métallurgie avec Imphy)
Peu de groupes ont leur siège enet du Creusot (métallurgie).des groupes
Bourgogne : moins de 2 % du totalLes groupes non industriels sont
èmesur le territoire national. Elle se place ainsi en 13implantés près des grandes aggloméra-
position sur les 22 régions françaises,tions comme la majeure partie des
L’implantation des groupes n’est très loin derrière l’Ile-de-France (40 %) etgrands établissements des services ou
pas uniforme sur le territoire régional. Rhône-Alpes (11 %). En terme d’effectif,du commerce. Ils représentent 57 % de
En raison notamment de spécialisa les têtes de groupes bourguignons- l’emploi marchand non industriel dans
tions sectorielles, les zones d’emploi de n’emploient que 0,6 % des effectifsla zone d’emploi de Dijon, et entre 40 %
Dijon, Chalon-sur-Saône, Nevers, Le français dépendant de groupes natio-et 50 % dans celles de Nevers,
èmeCreusot, Joigny et Decize sont celles où naux et la région se place alors en 19Chalon-sur-Saône, Joigny, Mâcon et
le poids des groupes est le plus important : position.Auxerre.
Davantage de groupes dans les
Forte présence des groupes dans le Nord-Est
grandes agglomérations
Part des groupes dans l'emploi salarié en 1996 Part des groupes dans l'emploi salarié en 1996
Plus de 55 % de 45à50% moins de 40 % Plus de 60 % de 50à55% moins de 40 %
de50à55% de 40à45% de 55à60% de 40à50%
Sources : INSEE - LIFI 1996 - SIRENE. © IGN - INSEE Sources : INSEE - LIFI 1996 - SIRENE. © IGN - INSEE
Les groupes d’entreprises en Bourgogne : une présence croissante 3INSEE N°72-Juillet2000BOURGOGNE
Sur les 131 groupes dont le siège
se situe en Bourgogne, 41 % se trou- Les groupes étrangers en Bourgogne en 1996
vent en Côte-d’Or, 30 % en Saône-et-
Loire et 22 % dans l’Yonne. En terme
d’effectif, l’Yonne est cependant mieux En ce qui concerne les effectifs salariés employés, les États-Unis, les Pays-Bas et l’Allemagne
représentée avec 0,3 % de l’emploi sont les pays d’origine des groupes les plus présents en Bourgogne. Les groupes britanniques
contrôlent également de nombreux établissements de taille moyenne.national des groupes contre 0,2 % en
Les États-Unissont très présents dans le textile (DIM) et la chimie (KODAK). Dans l’automobile,Saône-et-Loire et 0,1 % en Côte-d’Or.
le groupe italien Fiat pèse un poids important (IVECO à Bourbon Lancy). Les Pays-Bas sontLes groupes bourguignons sont
présents dans les composants électriques (Alsthom NV, Philips). C’est dans les industriesprincipalement des petites unités peu
agro-alimentaires (Nestle) et les services opérationnels (Addeco) que les groupes suisses ont laprésentes hors de la Bourgogne, au
majeure partie de leurs salariés. Le Royaume-Uni est présent dans les matières plastiquesprofil proche des PME. Seuls deux
(Rexam) et l’hôtellerie (Forte).d’entre eux, Bourgoin et les établisse-
ments Schiever et fils, emploient plus Nombre
Pays Effectifsd'établissementsde 2 000 salariés.
139 9 550États-Unis
Laurent Auzet
Pays-Bas 138 7 400
Allemagne 81 4 400
Italie 19 2 450
Royaume-Uni 122 2 440
Thème du prochain numéro : Suisse 71 2 400
Être mère après 40 ans Belgique 57 1 040
Sources : INSEE - LIFI 1996 - SIRENE.
POUR COMPRENDRE CES RÉSULTATS
Une entreprise est hors groupe si moins de 20 % de son capital est contrôlé par une autre entreprise et si elle n’est pas elle même tête de groupe. Elle
se situe dans le contour élargi si ce taux est compris entre 20 et 50 %. Cette situation est rare et généralement transitoire. Elle fait partie d’un groupe
si elle est contrôlée par une autre entreprise ou si elle est tête de groupe. La tête de groupe est une entreprise qui contrôle au moins une autre
entreprise et qui n’est contrôlée par aucune autre société. Elle peut être située hors du territoire français.
Plusieurs sources d’information ont été utilisées pour réaliser ce document. Ils portent sur l’année 1996.
- Le dispositif permanent d’observation des groupes de sociétés (enquête LIFI sur les Liaisons Financières) concerne les principales entreprises
privées françaises en termes de chiffre d’affaires et d’effectif, les têtes de groupe de 1995 et les entreprises détenues directement par une entreprise
étrangère.
- Le fichier des entreprises contrôlées majoritairement par l’État (fichier RECME).
- Ces fichiers ont été enrichis par des fichiers provenant du Trésor Public, ce qui permet de mieux connaître les groupes étrangers, et particulièrement
l’origine de la tête de groupe.
- Pour l’industrie, des rapprochements avec l’enquête annuelle auprès des entreprises a fourni des informations sur les exportations, les
investissements et les chiffres d’affaires.
INSEE - BOURGOGNEPOUR EN SAVOIR PLUS
2 bis, rue Hoche - 21000 Dijon
Tél:0380406767
- Structures industrielles locales et formes d’organisation économique Fax:0380406740
Directeur de la publication : Alain RavetÉconomie et Statistique n° 326-327 - septembre 1999.
Rédacteur en chef : Denis Quénelle
- La diversité industrielle des territoires - INSEE Première n° 650 - juin 1999.
Maquette PAO : Catherine Naslot
- Mythe des PME et réalités des groupes - Économie et Statistique n° 319-320 Abonnement :
11 numéros par an + Bilan économiquedécembre 1998.
et social annuel : 150 F - 22,87 euros
- Le nombre de groupes d’entreprises a explosé en 15 ans
15 F - 2,29 euros le numéro
INSEE Première n° 553 - novembre 1997. Impression : Imprimerie 21 - Dijon
Dépôt légal : à parution- Les groupes structurent l’industrie française - SESSI - Le 4 pages des
ISSN 1246-483 Xstatistiques industrielles n° 127 - février 2000.
Code Sage D007216
 INSEE 2000
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