Les mutations économiques accentuent les spécificités des pays

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La mutation du tissu productif affecte les pays de façon différente. Elle a plutôt tendance à renforcer les spécifici- tés des territoires, en consolidant les pays à forte densité économique. Quatre pays sortent gagnants : le pays de la Baie du Mont-Saint-Michel, En Basse-Normandie comme en C’est ainsi que le pays de Caen et le où le tissu productif se transforme en France, la mutation du tissu productif pays d’Auge, territoires les plus den- douceur ; le pays d’Auge, pays attrac- se solde par une augmentation du ses économiquement, affichent à la tif où les entreprises en situation de nombre d’établissements. Celle-ci fois les plus fortes croissances duréussite ont un fort impact ; le pays du s’accompagne d’une faible progression nombre d’établissements et d'emploisPerche ornais, qui conforte sa voca- tion industrielle ; et le pays de Caen, de l’emploi. Moins rapide en de la région. La densité d’établisse- où le tissu productif se renouvèle le plus Basse-Normandie qu’en France, no- ments est élevée dans le pays de et où l’emploi sort gagnant.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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La mutation du tissu productif affecte
les pays de façon différente. Elle a
plutôt tendance à renforcer les spécifici-
tés des territoires, en consolidant les
pays à forte densité économique.
Quatre pays sortent gagnants : le
pays de la Baie du Mont-Saint-Michel, En Basse-Normandie comme en C’est ainsi que le pays de Caen et le
où le tissu productif se transforme en
France, la mutation du tissu productif pays d’Auge, territoires les plus den-
douceur ; le pays d’Auge, pays attrac-
se solde par une augmentation du ses économiquement, affichent à la
tif où les entreprises en situation de
nombre d’établissements. Celle-ci fois les plus fortes croissances duréussite ont un fort impact ; le pays du
s’accompagne d’une faible progression nombre d’établissements et d'emploisPerche ornais, qui conforte sa voca-
tion industrielle ; et le pays de Caen, de l’emploi. Moins rapide en de la région. La densité d’établisse-
où le tissu productif se renouvèle le plus Basse-Normandie qu’en France, no- ments est élevée dans le pays de
et où l’emploi sort gagnant. tamment parce que les créations d’en- Caen, territoire exclusivement urbain
Quatre pays souffrent davantage : le treprises nouvelles sont moins (14,9 établissements au kilomètre car-
pays du Sud Calvados, où la dyna- (1)nombreuses , cette mutation prend ré), et très forte également dans le
mique du renouvellement est faible ; le également des formes différentes se- pays d’Auge (4,6 établissements au
pays du Bocage, marqué par le déclin
lon le territoire. Les pays de tradition kilomètre carré, contre 2,7 pour la ré-
industriel ; le pays d’Alençon et le pays
(2)industrielle comme les zones urbaines férence régionale . A eux deux, led’Argentan - pays d’Auge Ornais,
sont confrontés aux changements les pays de Caen et le pays d’Augetouchés par les disparitions d’entrepri-
plus importants. Mais ces change- concentrent près de 40 % des établis-ses et par de fortes pertes d’emplois.
ments accroissent les écarts au lieu de sements de Basse-Normandie, surCinq pays sont dans une situation
les réduire. En effet, si l’activité écono- 15 % de la superficie de la région. Cesintermédiaire: le pays Saint-Lois,
où les restructurations industrielles ont mique se dissémine sur le territoire, les deux pays ont eu, dans le passé récent,
un fort impact, dans un contexte de grandes concentrations industrielles le plus fort dynamisme démogra-
lente mutation ; le pays du Bessin au étant de moins en moins nombreuses phique. Pour eux, sont anticipées les
Virois, le plus proche de la moyenne
et les petits établissements du com- plus fortes progressions de population.
bas-normande, où les équilibres régio-
merce et des services se multipliant,naux sont respectés ; le pays d’Ouche,
A l’autre extrémité, l’emploi salariécette activité s’agglomère égalementoù la prédominance industrielle se
en grande partie dans les territoires où baisse très légèrement dans le pays dufonde sur la préservation de l’existant ;
le pays de Coutances, où une muta- Bocage et dans le pays d’Argentan -la densité économique est la plus forte.
tion accélérée combine désindustriali-
sation et croissance des services ; le
pays du Cotentin, enfin, où une stra-
tégie défensive de préservation des
emplois accompagne l’adaptation du (2) Le territoire régional de référence est
tissu économique à un nouvel équilibre (1) constitué de la Basse-Normandie, plus laCent pour cent Basse-Normandie n° 182,entre industrie et services.
"L'emploi en Basse-Normandie - Un rôle im- partie du pays d’Alençon hors Basse-Nor-
portant pour les établissements phares". mandie, moins l’aire urbaine de Caen.
cent pour cent - BASSE-NORMANDIE n° 183pays d’Auge ornais, deux territoires tants venant des régions voisines, et
ruraux et industriels où la densité d’é- le pays du Bessin au Virois profite
tablissements ne dépasse pas deux à plein de la périurbanisation autour ZOOMunités au kilomètre carré, où le nombre de Caen, ces évolutions sont quand
d’établissements stagne et où la popula- même assez lentes. Au final, le Co-
tion baisse. L’écart des densités entre le tentin reste un poids lourd de l’éco-
pays de Caen et les quatre territoires nomie bas-normande, loin devant le L’Insee et la Région Basse-Normandie
ont étudié ensemble la mutation du tissulesmoinsdotésenétablissements(pays pays du Bessin au Virois et très loin
productif en Basse-Normandie et sesd’Ouche, pays d’Argentan - devant le Perche.Le pays de la Baie
effets sur l’emploi. L’étude porte sur lad’Auge ornais, Perche et Sud Calva- du Mont-Saint-Michel se hisse à la
période allant de 1997 à 2004 et son
dos) s’est accru entre 1997 et 2004 : première place de la croissance de l’em- champ traite de l’emploi salarié au sein
cette densité passe de 13 à 14,9 dans ploi salarié grâce à une mutation repo- de l’économie marchande, hors agri-
le pays de Caen, et de 1,5 à 1,6 sant surtout sur le tourisme. culture, sylviculture, pêche, activités fi-
(3) nancières, personnels domestiques,les quatre territoires concernés .
La liaison entre l’intensité des mouve- "grandes entreprises nationales" (La
ments d’établissements et la dyna- Poste, SNCF, EDF...) et établissementsAccroissement des
mique globale, déjà entrevue au d’intérim, soit 270 000 emplois fin
2004, représentant 54 % de l’emploiniveau de la région (Voir Cent pourécarts entre pays
salarié total de Basse-Normandie.cent Basse-Normandie n° 182), se re-
En milieu de tableau, les pays du Co- trouve à l’intérieur de la Basse-Nor-
L’étude consiste à mesurer la contribu-tentin et du Saint-Lois ne profitent mandie. Les deux pays qui affichent la
tion des créations d’établissements, despas d’une densité économique supé-
plus forte croissance du nombre d’éta- disparitions, des transferts, des repri-
rieure à la moyenne pour développer blissements, le pays de Caen et le ses, des établissements pérennes en
leur tissu productif local car ils pâtis- pays d’Auge, sont ceux où, chaque croissance et des établissements en dé-
sent d’une perte d’habitants qui fragi- croi au remodelage du tissu pro-année, les "entrées" et les "sorties" du
lise l’assise de leur économie ductif, et, par conséquent, à l’évolutionstock d’établissements sont les plus
résidentielle. En revanche, le Perche de l’emploi et à la redistribution de l’em-nombreuses. L’inverse est vrai pour les
ploi entre grands secteurs d’activité.et le pays du Bessin au Virois tirent
pays où le nombre d’établissements
leur épingle du jeu. Malgré leur faible stagne : les entrées et les sorties, peu La présente publication décrit les caracté-
densité d’établissements, ils affichent nombreuses, s’équilibrent presque. ristiques de la mutation du tissu productif
une progression du nombre d’établis-
dans chacun des pays bas-normands, par
Seuls le pays de Caen et le payssements supérieure à la moyenne ré- comparaison avec un territoire de réfé-
gionale, en phase avec une croissance d’Auge manifestent une attractivité rence régional, constitué de la
démographique elle-même supérieure économique voisine de la moyenne des Basse-Normandie, plus la partie du pays
d’Alençon hors Basse-Normandie, moinsrégions de métropole. Pour mille éta-à la moyenne. Si le Perche, territoire
l’aire urbaine de Caen.très rural, accueille de nouveaux habi- blissements en début d’année, plus de
80 nouveaux s’y créent dans l’année
Un autre Cent pour cent Basse-Normandie
contre 67 pour la moyenne du terri-
(n° 182, "L’emploi en Basse-Normandie, un
(3) Ensemble, ces quatre pays représentent toire de référence régional. Outre leur rôle important pour les établissements
près du quart de la superficie de la forte densité d’établissements, la phares") compare quant à lui la situation
Basse-Normandie. structure productive de ces deux pays de la Basse-Normandie aux autres régions
de métropole.
explique cette attractivité. En effet,ils
concentrent une proportion importanteDE QUOI PARLE-T-ON ? d’établissements de services (plus d’un
tiers dans les servi-
ces marchands, hors santé, action so-
Par "nouveaux établissements", on entend les créations d’établissements
ciale et éducation, contre 30 % en
ex-nihilo et les réactivations. Les "disparitions d’établissements (non repris)"
moyenne régionale hors aire urbaine
correspondent aux en cessation d’activité sans reprise, par-
de Caen). Le pays de Caen se dis-
tielle ou totale, soit par acquisition, soit par prise en location-gérance. Un
tingue par une forte implantation des
"transfert" correspond au déménagement des moyens de production d’un éta-
services aux entreprises et le pays
blissement d’une entreprise. C’est un mouvement interne à une entreprise qui
d’Auge par une forte présence des
concerne deux lieux géographiques. L’unité au lieu de départ correspond à un
services à la personne. Ces concentra-
transfert sortant, et l’unité au lieu d’arrivée à un transfert entrant.
tions attirent les projets de création
dans les mêmes activités. Le pays deLes "entrées" dans le stock d’établissements sont la somme des "nouveaux
Caen bénéficie évidemment aussi deétablissements", des "établissements repris" et des "établissements déména-
gés (arrivées)". son poids économique (plus de 13 000
établissements, plus d’un cinquième
Les "sorties" du stock d’établissements sont la somme des "établissements du tissu bas-normand) :
cessés mais repris", des "établissements disparus (non repris)" et des "établis- les activités de service aux entreprises
sements déménagés (départs)". y ont plus de chances qu’ailleurs de
rencontrer une clientèle abondante.Les évolutions des nombres d’établissements et d’effectifs sont proposées sous
forme de grandeurs annuelles moyennes pour la période 1997 à 2004 pour Les autres territoires bas-normands
mille établissements en début d’année ou pour mille emplois en début d’année, souffrent quant à eux de la désaffection
afin de rendre possibles les comparaisons entre régions et entre secteurs d’activi- des créateurs d’entreprises, le pays du
té de tailles très différentes. Bocage étant le plus mal loti (53 nou-
veaux établissements pour un stock de
cent pour cent - BASSE-NORMANDIE n° 183mille). La Manche n’est pas non plus plus important. La rotation des commer-Les pays peu dynamiques
une terre de prédilection pour les im- ces, mais aussi, pour le Bocage et le
plantations de nouveaux établisse- en matière de créations Saint-Lois, un taux de reprise supé-
ments, le Coutançais, le Saint-Lois et la rieur à la moyenne dans l’industrie, ex-préservent le mieux leur
Baie du Mont Saint-Michel étant très pliquent cette assez grande stabilité du
proches à cet égard avec respective- tissu productif.tissu productif
ment 60 à 62 établissements nouveaux
Les quatre pays manchois et le Bo-pour mille établissements. Avec 67 En revanche, le taux de reprise est
créations, le Cotentin est un peu cage préservent le mieux l’existant. faible dans le pays de Caen et le pays
mieux situé, notamment parce qu’il Les cessations d’activité donnent lieu à d’Auge, comme dans tous les territoi-
une reprise dans presque 40 % desprofite d’un tissu économique plus im- res où la création d’entreprises dé-
portant, concentré dans l’aggloméra- cas, limitant les disparitions sèches passe la moyenne. Un grand nombre
tion cherbourgeoise, en capacité de d’entreprises. A l’exception du Bocage, de créations induit aussi beaucoup de
il s'agit des pays où le poids des com-générer des créations plus nombreuses cessations: les projets de créateurs qui
dans les services aux entreprises. merces dans le tissu économique est le échouent sont peu souvent repris. Le
Évolutions moyennes annuelles du nombre d'établissements 1997 à 2004
(pour 1 000 établissements - ensemble des secteurs d'activités)
Contribution
Contribution positive positive ou né- Contribution négative
gative
Ensemble des
Teritoire
Etablissements... mouvements
...déménagés ...cessés mais ...disparus
...en croissance ...repris ...nouveaux ...en décroissance
(2) repris (non repris)
Pays de la Baie du
+3 9125 33 62 33 53 80Mont Saint-Michel
Pays d'Auge 124 32 84 +15 32 69 84 16
Pays du Perche Ornais 108 25 68 +33 25 59 79 11
Pays de Caen 133 30 88 0 30 71 91 17
Pays Saint-Lois 129 32 62 -6 32 54 85 8
Pays du Bessin
+4 10120 33 69 33 59 80au Virois
Pays d'Ouche 119 29 69 -6 29 62 87 6
Pays de Coutances 125 32 60 +26 32 55 78 8
Pays du Cotentin 133 34 67 -5 34 58 90 8
Pays du Sud Calvados 119 33 67 +4 33 61 77 6
Pays d'Alençon 132 29 70 -2 29 60 89 10
Pays du Bocage 117 33 53 +4 33 55 87 -1
Pays d'Argentan -
-2 3114 31 64 31 60 86
Pays d'Auge Ornais
Référentiel régional (1) 124 32 67 +5 32 59 84 9
Basse-Normandie 126 32 72 +4 32 62 86 11
France 120 23 89 0 23 74 85 15
Province 125 26 86 +4 26 71 86 15
(1) Le territoire régional de référence est constitué de la Basse-Normandie, plus la partie hors région du pays d'Alençon, moins l'aire urbaine
de Caen
(2) pour 10 000 établissements
Source : Insee Basse-Normandie, Sirene
cent pour cent - BASSE-NORMANDIE n° 183Les mutations économiques
accentuent les spécificités des pays
Évolutions moyennes annuelles du nombre de salariés 1997 à 2004
(pour 1 000 emplois - ensemble des secteurs d'activités)
Contribution
Contribution positive positive ou né- Contribution négative
gative
Ensemble des
Etablissements... mouvements
...cessés mais ...disparus
...en croissance ...repris ...nouveaux ...déménagés ...en décroissance
repris (non repris)
Pays de la Baie du 0 2487 23 12 23 26 49
Mont Saint-Michel
Pays d'Auge 98 37 15 -1 37 31 62 19
Pays du Perche Ornais 78 45 11 -4 45 22 46 17
Pays de Caen 85 29 19 2 29 38 52 16
Pays Saint-Lois 78 24 12 2 24 31 50 11
Pays du Bessin
85 28 13 2 28 30 60 10
au Virois
Pays d'Ouche 84 28 11 0 28 26 59 10
Pays de Coutances 87 31 10 1 31 43 48 8
Pays du Cotentin 78 30 11 1 30 29 52 8
Pays du Sud Calvados 83 21 16 11 21 37 68 5
Pays d'Alençon 78 27 13 1 27 35 53 4
Pays du Bocage 73 26 6 0 26 30 52 -3
Pays d'Argentan -
-2 -778 34 15 34 41 57Pays d'Auge Ornais
Référentiel régional (1) 82 29 12 0 29 31 55 10
Basse-Normandie 84 29 14 1 29 33 55 11
France 92 27 19 2 27 37 60 16
Province 88 29 17 1 29 32 57 17
(1) Le territoire régional de référence est constitué de la Basse-Normandie, plus la partie hors région du pays d'Alençon, moins l'aire urbaine
de Caen
Note de lecture : pour mille emplois salariés existants en début d'année, en Basse-Normandie, les "établissements en croissance" du Pays
d'Auge apportent 98 emplois supplémentaires chaque année en moyenne, les créations de "nouveaux" apportent 15 emplois
supplémentaires et les "établissements repris" 37 emplois supplémentaires. Ces 37 emplois sont la contrepartie des emplois n'existant plus
dans les "établissements cessés mais repris". Ils sont donc aussi comptés en tant que contribution négative. Apportent également une contri-
bution négative : les " disparus (non repris)" : 31 emplois, et les "établissements en décroissance" : 62 emplois. Enfin, les dé-
ménagements d'établissements se soldent par la perte d'un emploi.
La somme des mouvements est égale à 19. L'effectif en fin d'année sera donc de 1 019.
Source : Insee Basse-Normandie, Sirene
nombre de disparitions sèches d’entre- son côté, souffre d’un déficit de reprise à lui, pâtit plutôt d’une faiblesse
prises s’en trouve gonflé. La reprise des entreprises industrielles. Du coup, des reprises d’établissements en
d’établissements en cessation est éga- même si les cessations d’entreprises in- cessation dans les services. Cette
lement peu vigoureuse dans le Perche dustrielles y sont peu nombreuses, l’im- situation est fréquente dans les pe-
et dans le pays d’Ouche, territoires pact de la faiblesse de la reprise sur le tits pays où les services sont peu
très industriels avec de petites et dynamisme d’ensemble de l’industrie est implantés et le marché assez
moyennes entreprises. Le Perche,de non négligeable. Le pays d’Ouche, quant étroit.
cent pour cent - BASSE-NORMANDIE n° 183Les mutations économiques
accentuent les spécificités des pays
Des facteurs de croissance différents
d’un pays à l’autre
L’attractivité plus ou moins grande
des pays, autant que leur capacité
à atténuer l’effet négatif des mu-
tations, se traduisent par un dyna-
misme économique et une
croissance de l’emploi variables.
Le pays de Caen et le
pays d’Auge : plus
d’entreprises, plus
d’emplois
Dans le pays de Caen et le pays
d’Auge, la croissance de l’emploi re-
pose sur la densification du tissu éco-
nomique. C’est ce qui différencie le
plus ces pays des autres pays bas-nor-
mands. Ainsi, pour 1 000 emplois exis-
tants, les nouveaux établissements
apportent chaque année 15 emplois
supplémentaires dans le pays
d’Auge, et 19 emplois supplémentai-
res dans le pays de Caen. Ces 19 em-
plois supplémentaires constituent le
record des apports par créations en
Basse-Normandie. Pour l’espace
bas-normand de référence, cet apport
est de 12 emplois par an pour mille
emplois.
Cependant, le relatif dynamisme des
créations est loin d’expliquer seul la
croissance de l’emploi en pays
d’Auge, au-delà de leurs différences, treprises existantes. Les forts taux ded’Auge. Ce pays maintient également
sont les deux territoires où la "tertiairi- reprise des emplois dans les établisse-
plus d’emplois menacés qu’en
sation" est la plus forte. ments défaillants (67 %) indiquentmoyenne, avec un taux de reprise des
une rotation importante des exploi-emplois dans les établissements en
tants. Grâce aux reprises, les emplois
cessation atteignant 54 % (49 % pour Le Perche et la Baie du industriels qui disparaissent suite auxla référence régionale). Il limite no-
cessations sont, en proportion, deuxMont-Saint-Michel :tamment la casse dans l’industrie.
fois moins nombreux qu’en moyenne
Autre atout du pays d’Auge : ses éta- l’emploi tiré par les (17 pour mille par an, contre 35 pourblissements en croissance qui ap-
la référence bas-normande), ce qui estportent presque 100 emplois supplé- entreprises en place
capital pour le maintien du potentiel
mentaires par an, nettement plus par
économique de ce pays. Sur cetteconséquent que les créations, et plus Dans les deux autres pays en tête de la
base, le développement des serviceségalement que dans les autres pays (82 croissance de l’emploi, les créations
aux entreprises apporte aussi des em-
emplois pour la référence régionale), y d’établissements nouveaux jouent un
plois nouveaux. L’évolution du tissucompris dans celui de Caen (85). rôle moins important, alors même que
productif ne remet donc pas en cause
ces créations sont relativement nom-
la vocation industrielle du Perche, enDans le pays de Caen, le recul des ef-
breuses dans les services dans la Baie
rien contradictoire avec la progressionfectifs industriels est plus important du Mont Saint-Michel. Tous secteurs
dans les services.que dans le pays d’Auge. La reprise
d’activité confondus, l’apport de ces
des PME industrielles n’y a qu’un im-
créations n’est que de 11 ou 12 em-
Pour sa part, la Baie du Montpact positif limité, face aux compres- plois supplémentaires par an. On est à
Saint-Michel compte surtout sur lasions d’effectifs qui touchent ses
peine au niveau du référentiel régional
grands établissements (automobile, croissance des établissements instal-
(12 emplois par an) et loin de la
lés sur son territoire. Le solde des em-électronique...). La croissance de l’em- moyenne des régions de province (17
plois créés et des emplois supprimésploi repose principalement sur le dyna-
emplois par an).
misme des services, mais aussi de la dans les établissements pérennes
compte de façon significative pour laconstruction et de la distribution. Au fi- Le Perche Ornais compte plus sur la
croissance globale, dans l’immobilier,nal, le pays de Caen et le pays conservation des emplois dans les en-
cent pour cent - BASSE-NORMANDIE n° 183les services aux entreprises, les servi- sance de l’emploi dans les IAA, forteLe Saint-Lois, le Coutançais,
ces aux particuliers, le commerce et les décroissance dans le reste de l’in-
transports. Ce solde, équivalent à un dustrie, et augmentation des effectifsle Cotentin, le pays du
apport de 38 emplois supplémentaires dans les services, avec toutefois uneBessin au Virois et le
chaque année, est parmi les plus im- prédominance des services aux parti-
portants de Basse-Normandie. De son culiers plus marquée pour que la réfé-pays d’Ouche : peu
côté, l’emploi industriel reste stable, la rence régionale.attractifs pour les
puissance des fleurons du Sud Manche
compensant l’étiolement du tissu des créateurs d'entreprises Les pays du Sud Calvados,
TPE et PME. Les pertes d’emplois sè- d’Alençon, du Bocage,ches, dont sont responsables les défail- Dans ces territoires, l’apport des créa-
lances d’entreprises, sont nettement tions dans la croissance de l’emploi to- d’Argentan - pays d’Auge
en deçà de la moyenne régionale (tous tal est relativement faible (de 11 à 13 ornais plus touchés parsecteurs confondus : 26 emplois contre emplois supplémentaires par an, pour
31 pour la référence régionale). Au fi- mille emplois en début d’année), mais le déclin industriel
nal, le renouvellement rapide du tissu correspond à la référence bas-normande.
A Alençon, dans le Sud Calvados etproductif qui adapte ce territoire à sa Les quatre pays du nord-ouest béné-
dans le pays d’Argentan - payssituation littorale et à sa vocation de ficient en outre d’un tout petit solde posi-
d’Auge ornais, les emplois qui dispa-pays d’accueil touristique continue tif d’emplois au jeu des déménagements
raissent au fil des restructurations dud’accompagner un développement plu- d’établissements (un ou deux emplois
tissu productif, faute de repreneurs,tôt endogène. par an, pour mille emplois en début
excèdent la moyenne régionale (res-d’année).
pectivement 35, 37 et 41 emplois,
Ces cinq pays se distinguent ensuite en
contre 31 emplois pour mille). Argen-
fonction de leurs spécificités. Les terri-
tan détient le record régional, en raison
toires les plus industrialisés (Cotentin, de la sévère crise qui a frappé son in-
pays d’Ouche) limitent un peu les
dustrie au début des années 2000. A
pertes d’emplois sèches grâce aux re-
Alençon, la disparition de Moulinex
prises. L’effet négatif des mutations, pèse lourd dans ce résultat. Si le Bo-
notamment dans l’industrie tradition-
cage protège mieux l’emploi existant,
nelle de ces territoires, s’en trouve lé-
le taux de reprise des emplois des éta-
gèrement atténué. A l’inverse, le pays blissements en cessation y est toutefois
de Coutances joue plus sur la crois-
inférieur à celui du territoire régional de
sance de quelques entreprises
référence (47 % contre 49 %).
pérennes. La reprise des établisse-
Aux disparitions sèches, s’ajoutent lesments défaillants y est plus faible, no-
compressions d’effectifs dans les sec-tamment dans les services. La perte
teurs en déclin (surtout l’industrie), etd’emploi due aux défaillances d’établis-
le peu de dynamisme des établisse-sements non repris ou aux concentra-
ments en croissance (à l’exception no-tions (dans les IAA notamment), y est
table des services aux entreprises). AuDIRECTION la plus forte, après Argentan (43 em-
final, dans les établissements péren-plois perdus, pour une référence régio-REGIONALE DE L'INSEE
nes, les soldes d’emplois créés et d’em-nale de 31 emplois). Le pays deDE BASSE-NORMANDIE
plois supprimés sont, dans les quatreSaint-Lô se trouve dans une situation
pays, les plus faibles de Basse-Nor-93, rue de Geôle voisine, avec des disparitions d’em-
mandie. Le Sud Calvados affiche le14052 CAEN CEDEX 4 plois dans les IAA et les services aux
Tél. : 02.31.15.11.00 chiffre le plus bas (15 emplois supplé-entreprises et des réductions d’effectifs
Fax : 02.31.15.11.80 mentaires, contre 27 en moyenne).dans les biens de consommation
(conséquence de la disparition de Mou- Le Bocage est en outre le pays où l’im-www.insee.fr/basse-normandie
pact des créations sur l’emploi est lelinex, textile-habillement), la situation
étant meilleure dans le reste de l’in- plus faible. L’apport de ces créationsDirecteur de la publication :
Michel GUILLEMET dustrie, qui pèse il est vrai assez peu n’est que de six emplois pour mille,
deux fois moins que pour le territoireen terme d’emploi.
Service études et diffusion : régional de référence.
Julien BECHTEL Le pays du Bessin au Virois se rap-
Face à tous ces effets négatifs, les fac-proche le plus de la moyenne régio-
teurs de croissance sont peu nombreuxRédacteur en Chef : nale. Il s'avère à peine plus attractif
Didier BERTHELOT et leur impact faible. Ils se limitent à laque le territoire de référence (13 em-
réussite de quelques entreprises ré-plois apportés par les créations au lieuSecrétaire de Rédaction : cemment créées (Tartefrais dans lede 12 pour mille), soumis aux mêmesCharles DESFOREST
Sud Calvados), à une croissance sou-pressions des restructurations et tout
tenue des services aux entreprises im-Composition PAO : autant « conservateur » (28 emplois
plantés à Alençon, à la redynamisationMarie-Isabelle LARDET, Françoise LEROND sauvés au lieu de 29 pour mille, 30 em-
d'Argentan autour de l'automobileplois disparus au lieu de 31 pour mille).
Crédit photos : dans le Sud Calvados, et à la crois-Tout au plus, les emplois créés dans les
Comité régional du tourisme ; Chambre régio- (4)sance des IAA dans le Bocage .établissements en croissance y sontnale d'agriculture ; Comité départemental du
plus nombreux (85 contre 82 pourtourisme de la Manche ; Michel MOISAN
mille), mais compensés par des Insee
Attaché de presse : suppressions d’emplois plus impor-
Philippe LEMARCHAND -tantes dans les établissements en dé
02.31.15.11.14 croissance (60 contre 55 pour mille). (4) La création d'un site industriel de re-
Au final, on retrouve dans ce pays les cherche et de formation autour de Faurecia à© INSEE 2008
-grandes tendances régionales : crois Caligny est postérieure à la période étudiée

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