Les repreneurs d'entreprises en Bretagne (Octant n° 103)

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Les créations d'entreprises par reprise se distinguent des créations pures sur presque tous les plans : plus grandes, dans des secteurs différents, ce sont aussi plus souvent des sociétés et en général elles survivent mieux que les créations ex nihilo. Les repreneurs bretons sont plus diplômés, mieux entourés, leur projet est mieux préparé et leur budget est plus conséquent que nationalement. Cette étude a été réalisée avec le concours du conseil régional de Bretagne, dans le cadre d'un partenariat avec la Caisse des Dépôts de Bretagne, OSEO-Batiroc, la Banque Populaire de l'Ouest, la chambre régionale de commerce et d'industrie et la chambre de métiers et de l'artisanat de Bretagne.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Entreprises
Les repreneurs d’entreprises
en Bretagne
Les créations d’entreprises par reprise se distinguent
des créations pures sur presque tous les plans : plus grandes,
dans des secteurs différents, ce sont aussi plus souvent
des sociétés et en général elles survivent mieux que
les créations ex nihilo.
Les repreneurs bretons sont plus diplômés, mieux entourés,
leur projet est mieux préparé et leur budget
est plus conséquent que nationalement.
n 2004, les créations d’entreprises économique de grande ampleur pour Plus de reprises d’entreprisesEen Bretagne se chiffrent à 12 500. les années à venir. individuelles en Bretagne
Parmi elles, 2 420 sont des reprises.
Avec la perspective des départs en re- Par le profil des créateurs, la taille de
1
traite des nombreux dirigeants qui ont l’entreprise et les moyens nécessaires à En France comme en Bretagne, les créa-
plus de 55 ans aujourd’hui, la transmis- la réalisation du projet, les créations tions ex nihilo sont des projets impli-
sion d’entreprise représente un enjeu d’entreprises par reprise diffèrent des quant plus souvent le seul créateur, et se
créations pures, au niveau national font plus sous forme d’entreprise indivi-
comme au niveau régional. La Bretagne duelle que les reprises. Lorsque les re-
se distingue cependant par quelques prises sont des sociétés, celles-ci sont
1- 30 000 avaient plus de 50 ans au recensement de la
population de 1999. aspects. plus souvent indépendantes que dans le
4 Octant n° 103 - Octobre 2005Entreprises
Définitions
Champ ICS : c’est le champ habituel de la statistique d’entre- Taux de survie à 5 ans pour la génération n : pourcentage des
prise. Il couvre l’ensemble des unités légales réunissant trois entreprises créées l’année n qui sont pérennes à 5 ans.
conditions :
Système d’information sur les nouvelles entreprises (SINE) : le avoir une réalité économique,
dispositif SINE est un système permanent d’observation des jeu- exercer une activité marchande,
nes entreprises. Il a pour objectif de suivre une génération d’en- exercer son activité principale dans l’industrie, le com-
treprises pendant cinq ans. Une génération correspond aux en-merce ou les services, à l’exclusion des activités nées la même année. L’ossature de ce système reposefinancières.
sur trois enquêtes directes par voie postale :
Répertoire Sirene : les créations d’entreprises sont enregistrées
la première enquête intervient dès les premiers mois de ladans le répertoire Sirene. Toute nouvelle personne physique ou
création de l’entreprise ;morale, à la suite d’une déclaration de début d’activité, y est ré-
la seconde interrogation est réalisée la troisième annéepertoriée. Parmi ces créations, on distingue :
d’existence de l’entreprise ;
la troisième enquête est adressée cinq ans après la les créations pures ou créations ex nihilo : il s’agit de créa-
naissance.tions de nouveaux moyens de production ;
les réactivations : créations par réactivation d’une unité lé-
De façon à pouvoir toucher les nouveaux entrepreneurs le plusgale jusqu’ici mise en sommeil ;
tôt possible après le montage du projet, chaque génération les reprises : nouvelles entreprises qui reprennent tout ou
d’entreprises est représentée par les seules créations du premierpartie des activités ou moyens de production d’une autre
semestre de l’année.entreprise. Cependant, les rachats de parts sociales ne
donnent pas lieu à la comptabilisation de création par re-
Le dispositif SINE prévoit d’enquêter une génération d’entrepri-prise si l’entreprise ne change pas de personnalité
ses créées sur quatre : 1994, 1998, 2002…juridique.
En 2002, la Bretagne a bénéficié, pour l’enquête SINE, d’une ex-Taux de création : rapport entre le nombre de créations une
er tension régionale qui a permis d’interroger la totalité des entre-année donnée et le stock d’entreprises existant au 1 janvier de
prises créées ou reprises au premier semestre de l’année.cette même année.
cas des créations pures. La Bretagne se sont aussi plus nombreux à bénéficier moins en Bretagne où le recours au prêt
démarque néanmoins par une part de d’un entourage entrepreneurial (70 % bancaire est plus fréquent. Les repre-
reprises sous forme individuelle supé- contre 64 % France entière). Mais glo- neurs bretons mobilisent d’ailleurs des
rieure à la moyenne nationale, et a con- balement, les projets de reprise sont moyens plus conséquents que la
trario par une proportion de sociétés in- moins bien préparés que les projets de moyenne, et ils bénéficient davantage
dépendantes plus faible parmi les création pure. d’aides publiques, certes moins que les
1
reprises. Alors que les entreprises créées créateurs ex nihilo. L’Accre est dans
ex nihilo sont plus fréquemment pilo- tous les cas l’aide la plus répandue.
tées par leur créateur seul, les reprises Les trois quarts des repreneurs
sont plutôt dirigées avec un membre de demandent conseil
la famille, et plus particulièrement en Clientèle locale
Bretagne, avec le conjoint. pour les reprises
Le recours au conseil progresse puis-
qu’en 2002, les trois quarts des repre-
Les repreneurs bretons se disent moinsDes repreneurs bretons neurs y ont eu recours, soit 20 points de
soumis à la concurrence que nationale-plus que la génération 1994. Ils sont enmieux préparés
ment, mais davantage que les créateurs,revanche moins nombreux à suivre une
différence qui ne se retrouve pas Franceformation proprement dite en vue de
En France comme en Bretagne, plus de entière. La clientèle des entreprises re-leur projet. Les relations qui ont facilité
la moitié des repreneurs ont déjà exercé prises est plus variée et plus souvent lo-le démarrage des projets de reprise sont
la même activité. La Bretagne se dis- cale que celle des créations pures. Encelles nouées avec les fournisseurs ou
tingue par une proportion moindre de effet, en Bretagne, les trois quarts des re-l’ancien employeur, tandis que les créa-
non-diplômés, caractéristique qui re- prises ont une clientèle locale. Depuisteurs ont plus souvent des contacts
flète le fort niveau de qualification de la 1994, la tendance à avoir quelques grospréalables avec leurs futurs clients.
population active bretonne. On trouve clients parmi l’ensemble de la clientèle
dans la région bien moins d’ouvriers se développe nettement. Ceci pourrait
parmi les repreneurs qu’en moyenne laisser penser que les entreprises deDes moyens conséquents
nationale mais moins de cadres et da- sous-traitance sont relativement plusengagés
vantage d’agents de maîtrise que parmi nombreuses parmi les reprises : ce n’est
les créateurs. Les repreneurs bretons pas le cas.
sont plus souvent d’anciens salariés et Les unités reprises sont de plus grande
moins fréquemment d’anciens inactifs. taille que les créations, elles nécessitent
donc un budget plus conséquent. Elles
Ils se forment plus que la moyenne : un se font moins souvent avec uniquement 1- ACCRE : Aide aux Chômeurs Créateurs ou
Repreneurs d’Entreprisetiers a suivi une formation préalable. Ils des ressources personnelles, et encore
Octant n° 103 - Octobre 2005 5Entreprises
Près d’une création d’entreprise sur quatre est une reprise
Dix ans de créations d'entreprises en BretagneEn moyenne, sur la période 1993-2004,
10 884 entreprises ont été créées chaque
14 000année, dont 5 903 créations pures, 2 474
réactivations, et 2 507 reprises.
12 000
En 2004 comme en 2003, le nombre de
créations d’entreprises augmente de fa-
10 000çon remarquable, en Bretagne (+ 9 %
après + 7 %) ainsi qu’au plan national,
8 000hausse imputable essentiellement aux
créations pures (+ 14 % après + 16 %). La
6 000part de ces dernières s’accroît donc, pas-
sant de 50 à 60 % du total des créations
d’entreprises, tandis que celle des créa- 4 000
tions par reprise passe de 26 % à 19 % en
1
10 ans . 2 000
En Bretagne, la part des créations pures
0est sensiblement moins élevée que
1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004France entière, au profit des reprises. Ce
profil régional est relativement proche de
reprises réactivations créations pures
celui observé hors Ile-de-France.
Le renouvellement du tissu productif bre-
Source : Insee - Sine
ton est peu différent de la moyenne natio-
nale, puisque le taux de création en 2004
L’hôtellerie-restauration en têtes’élève à 11,8 % (12,3 % France entière) ;
il est toutefois légèrement inférieur au ni-
Depuis dix ans, les créations par reprise se font essentiellement dans les secteurs deveau France de province (13 %).
l’hôtellerie et de la restauration, qui concentrent 37 % des reprises en Bretagne
(comme France entière) ; le commerce de détail et la réparation en regroupent 21 %.Les créations par reprise sont
La construction et les IAA sont également importantes.surtout des petites entreprises
Si le nombre de reprises est en baisse sur la période 1993-2004, il augmente en re-
En 2004, 37 % des reprises n’ont aucun vanche dans quelques secteurs comme les services opérationnels et les services per-
salarié (contre 52 % du total des entrepri- sonnels et domestiques (de respectivement 33 et 42 %).
ses bretonnes), 36 % en ont un ou deux
Les reprises se distinguent des créations pures, pour lesquelles les secteurs prédomi-(contre 23 % de l’ensemble du stock ré-
nants sont le commerce de détail-réparations, la construction, le conseil-assistance et,gional), et 13 % trois à cinq (contre 12 %).
dans une moindre mesure, le secteur de la santé-action sociale. Contrairement aux re-Depuis 1993, elles ont de plus en plus de
prises, les créations pures sont moins concentrées dans un nombre réduit de secteurs.salariés (le nombre de reprises sans aucun
salarié continue de baisser) et toujours
plus que les entreprises créées ex nihilo Une répartition inégale sur le territoire breton
(sans salarié à 80 %). En 2004, en Bre-
tagne, l’effectif salarié moyen d’une en- La moitié des créations bretonnes de 2004 se concentrent dans les quatre zones d’em-
treprise est de 4,7 contre 0,25 pour une ploi de Rennes, Brest, Quimper et Lorient. C’est essentiellement dans la moitié Est de
structure nouvellement créée et 1,75 la région ainsi que dans la zone d’emploi de Lannion que le nombre de reprises a pro-
pour une entreprise reprise ; au total, les gressé de façon conséquente.
reprises de 2004 concernaient 4 240 sala-
riés dans la région. Les créations d'entreprises en Bretagne
Toujours plus de sociétés
En Bretagne, 55 % des créations par re- Lannion
prise en 2004 sont des sociétés commer-
Morlaixciales. Depuis 1993, le nombre d’entre- Brest
Guingamp Saint-Maloprises individuelles a baissé au profit des
Saint-Brieuc
sociétés et elles sont devenues minoritai- FougèresDinan
res en 2001. Carhaix
Concernant les créations pures, les entre-
Pontivy-LoudeacQuimper
preneurs individuels restent largement
Ploermel Vitrémajoritaires dans la région, même si la
RennesLorientpart des sociétés progresse. Ce n’est pas le
cas France entière, puisqu’en 2003, les
Auray
Redonnouvelles sociétés sont devenues plus Vannes
Nombre Évolution 1993-2004nombreuses que les nouvelles entreprises de créations du total des créations
en 2004individuelles.
40
créations pures 2 000 301- Il ne faut pour autant pas en déduire que le nombre
reprises 20de transmissions d’entreprises diminue. En effet, on ne
500 0réactivationspeut pas exclure que le nombre de créations d’entre- ©IGN-Insee 2005
prises par rachat de parts sociales, ou par création de
Source : Insee - Sineholdings soit en augmentation.
6 Octant n° 103 - Octobre 2005Entreprises
Quelques spécificités sectorielles des repreneurs bretons
La catégorie socioprofessionnelle du re- Catégorie socioprofessionnelle antérieure du repreneur selon les secteurs
preneur, le type de reprise, la catégorie
juridique de l’entreprise, le montant du Sans
ChefIndé- activitébudget peuvent varier de façon notable d'en- SalariéÉtudiantpendant profes-selon les secteurs d’activité. treprise sionnelle
Dans les industries agricoles et alimen- IAA ≈ -+- -
taires (IAA), qui comprennent notam- Industrie hors IAA ≈ +≈≈ ≈
ment les boulangeries, boucheries, char-
Construction ≈ +-+-
cuteries, les anciens salariés représentent
Commerce et réparation ≈≈≈≈ -plus des trois quarts des repreneurs. Le
Transport ≈≈≈≈≈budget au démarrage est souvent consé-
Activités immobilières ≈≈≈ --quent : les deux tiers des reprises dans les
Services aux entreprisesIAA démarrent avec plus de 80 000 €
Services aux particuliers - -+≈ ≈contre seulement un tiers pour l’en-
Éducation, santé, actionsemble des secteurs. Dans le reste de -- + ≈ -
socialel’industrie, on trouve bien plus de socié-
Ensemble 15 % 7 % 66 % 2 % 10 %tés (personnes morales) que pour l’en-
semble des reprises et plus de rachats de Source : Insee - Sine Bretagne 2002
l’entreprise du dernier employeur.
En revanche dans la construction, seule
Lecture : ‘+’ indique que la modalité est significativement plus fréquente dans le sec-la moitié des repreneurs sont d’anciens
teur que pour l’ensemble des reprises, ‘-‘ indique que la modalité est significative-salariés (pas forcément de l’entreprise re-
ment moins fréquente dans le secteur que pour l’ensemble des reprises, et‘’ indiqueprise) mais qu’une entreprise soit ra-
que pour cette modalité, le secteur ne se distingue pas de façon significative. Parchetée par un de ses salariés est un cas
exemple dans les IAA, les repreneurs sont plus souvent d’anciens salariés (la part desplus fréquent qu’en moyenne. Les repre-
anciens salariés est supérieure à 66 %) alors que dans la construction, c’est le con-neurs de ce secteur débutent avec un pe-
traire (la part des anciens salariés est inférieure à la moyenne).tit budget : un tiers d’entre eux avec
moins de 4 000€,près de la moitié avec
moins de 8 000€.
Dans le commerce et la réparation, au Origine de la reprise selon les secteurs
contraire, ils disposent d’un budget im-
Rachat deportant : un sur deux commence avec
l'entreprise Héritage Rachat Locationplus de 40 000€ et les héritages et dona-
du dernier donation à un tiers gérancetions se rencontrent plus souvent qu’en
employeur
moyenne.
IAA - ≈ +-
Dans les services aux particuliers, les an- Industrie hors IAA + -≈ ≈
ciens inactifs sont particulièrement nom-
Construction + + - +breux (prèsd’un huitième des repre-
Commerce et réparation ≈ +- ≈neurs, contre environ un dixième pour
l’ensemble). Les entreprises individuel- Transport - ≈≈ -
les sont majoritaires, ce qui n’est pas le Activités immobilières + -≈ ≈
cas du secteur de l’éducation, santé,ac-
Services aux entreprises + ≈ - ≈tion sociale. Dans ce dernier secteur,
quatre repreneurs sur cinq sont d’an- Services aux particuliers - ≈ + ≈
ciens salariés (deux sur trois pour l’en- Éducation, santé, action -- ≈≈semble), et la reprise par rachat de l’en- sociale
treprise du dernier employeur est Ensemble 11% 11% 64% 14%
particulièrement répandue.
Source : Insee - Sine Bretagne 2002
Les repreneurs externalisent plus leurs l’échelon national mais toujours moins pour objectif principal d’assurer leur
activités que les créateurs, la comptabi- que les créateurs. propre emploi, plutôt que de dévelop-
lité en particulier. Ce phénomène est per l’entreprise. Dans les années qui
encore plus accentué en Bretagne. suivent, les repreneurs bretons dont
Quant à l’innovation, elle porte surtout Des perspectives d’avenir l’entreprise a survécu se disent majori-
sur l’organisation et les produits vendus, tairement satisfaits (plus que larelativement optimistes
alors que les créateurs innovent davan- moyenne nationale et plus que les créa-
tage dans le domaine des procédéset teurs ex nihilo), même si la génération
Au démarrage, en Bretagne plus encoreméthodes. Les repreneurs bretons sont 1994 semble avoir connu nettement
que France entière, les repreneurs ontmieux équipés en informatique qu’à plus de difficultés que la génération
Octant n° 103 - Octobre 2005 7Entreprises
Survie des entreprises au cours des 5 premières années1998. La plupart n’envisagent pas de ré-
duire leur activité,l’objectif le plus cité
restant le maintien de l’entreprise plutôt
100
que son développement. Cependant, en
termes d’emploi et pour une génération
donnée, les embauches suscitées par les 90
reprises survivantes ne compensent pas
les pertes d’emploi des reprises qui
n’ont pas survécu. 80
Les reprises résistent mieux 70
que les créations pures
60
Toutes les régions françaises ont un taux
de survie à 5 ans des reprises supérieur à
Reprises en Bretagne 199850celui des créations pures, à l’exception
Reprises en Bretagne 1994de la Corse : parmi les entreprises repri-
Reprises en France 1998ses en 1998, 60 % atteignent leur cin-
Reprises en France 199440quième anniversaire contre 50 % pour
Créations pures en Bretagne 1998les créations ex nihilo (en Bretagne
Créations pures en Bretagne 1994
comme France entière). Contrairement
30aux créations pures pour lesquelles les
0 1 23 4 5
deux premières années semblent les
Annéesplus difficiles, on ne repère pas de cap
particulier pour les reprises.
Source : Insee - Sine
Lecture : Au bout de cinq ans, 40 % des créations pures de la génération 1994 sont encore en activité, contre
53 % pour celles de la génération 1998; quant aux reprises, leur taux de survie à cinq ans est voisin de 60 %.
Le secteur des services
aux particuliers
parmi les plus fragiles
En Bretagne, le secteur des services aux
particuliers est bien représenté parmi
les reprises : plus de 40 % dans la ré-
Taux de survie à 5 ans selon les secteurs d’activité pour la génération 1998gion, contre seulement 36 % France en-
tière.Letauxdesurvie à 5 ans des repri- Taux de survie en %
ses est particulièrement faible dans le
secteur de l’hôtellerie-restauration Nombre CréationsReprises Reprises
de reprises pures(46 % pour la génération 1998), lequel en Bretagne en France
en Bretagne en Bretagneconstitue une part importante des servi-
ces aux particuliers. Le profil des repre-IAA 72 716670
neurs explique en partie ce constat : ils
Industrie hors IAA 33 73 65 66
sont peu diplômés et jeunes (il y a
Construction 60 90 69 64quatre fois plus de moins de 25 ans que
Commerce et réparation 261 64 59 46dans les autres secteurs pour la généra-
Transport 43 74 76 49tion 2002 en Bretagne). Ce sont souvent
d’anciens employés, ayant le statut Activités immobilières ns nsnsns
d’entreprise individuelle. Services aux entreprises 35 77 70 53
Services aux particuliers 435 49 50 46
Éducation, santé, actionLa Bretagne proche
sociale 56 64 78 59
de la moyenne nationale
1 000 61 59 54Ensemble
Source : Insee - Sine Bretagne 2002Les taux de survie à cinq ans varient de
49 % à 69 % selon les régions pour la
génération 1998. Ces différences sont
souvent dues à la structure des activités.
Elle explique les deux tiers des écarts ré-
gionaux à la moyenne France entière.
En revanche, la faible survie des reprises particuliers est trèsprésent tandis que
Pour la Bretagne, ni l’effet structurel ni en Corse et en Picardie s’explique es- celui de l’industrie l’est bien moins
l’effet géographique ne sont significa- sentiellement par la nature des activités qu’au niveau national). En revanche,
tifs, le profil régional est proche de la de ces entreprises (en Corse, par des régions comme la Franche-Comté,
moyenne nationale. exemple, le secteur des services aux Midi-Pyrénées ou l’Auvergne profitent
8 Octant n° 103 - Octobre 2005
Part des entreprises survivantesEntreprises
Survie à cinq ans des reprises
de la génération 1998Approche économétrique de l’influence des facteurs
selon les régions
de succès et d’échec pour la génération 1998 en France
Toutes choses égales par ailleurs, l’obtention d’un prêt bancaire, le statut de socié-
té, la reprise par un membre de la famille ou par un salarié sont autant de facteurs
de réussite.
Variation de la probabilité d'échec en fonction du profil du repreneur
Prêt
65
Héritage donation 61
56Reprise à un membre de la famille
Reprise de l'entreprise du dernier employeur
©IGN-Insee 2005Éducation santé action sociale
Source : Insee - SineMoyens importants
Formation à la reprise
Ordinateur
Entourage entrepreneurial
Diplôme
Avoir un an de plus au démarrage d’une structure sectorielle favorable qui
leur permet d’atteindre des taux deCadre
survie importants (de 63 % à 68 %Relations avec clients ou fournisseurs
contre 60 % au plan national). Les ré-Ancien inactif
gions qui ont un effet géographique si-Femme
gnificatif et positif ont les taux de survieCommerce
à 5 ans les plus élevés(supérieurs àAncien chômeur
64 %) : Haute-Normandie, Centre,Créations puresProspection préalable de clientèle
Alsace, Aquitaine, Midi-Pyrénées, Au-ReprisesMoins de 3 salariés
vergne. Inversement, les deux seules ré-
Services aux particuliers
gions ayant un effet géographique néga-
Nombre réduit de clients
tif ont les taux de survie les plus faibles :
Création(s) précédente(s)
Ile-de-France et PACA (52 % et 49 %
10 salariés ou plus respectivement).
Personnalité physique
-60 -40 -20 0 20 40 60 80
Variation relative des probabilités d'échec (%)
Sandra ChiraziSource : Insee - Sine
Lecture : toutes choses égales par ailleurs (à niveau de diplôme égal, âge égal, pour la
même activité, avec la même formation, le même entourage, les mêmes moyens au
démarrage, les mêmes relations, le même nombre de clients, la même catégorie juri-
dique, etc.), le repreneur bénéficiant d'un prêt a une probabilité d'échec de 50 % in-
férieure à celle d'un repreneur ne bénéficiant pas d'un prêt.
Cette étude a été réalisée avec le concours du conseil régional
de Bretagne, dans le cadre d’un partenariat avec la Caisse des
Dépôts de Bretagne, OSEO-Batiroc, la Banque Populaire de
l’Ouest, la chambre régionale de commerce et d’industrie
et la chambre de métiers et de l’artisanat de Bretagne.
Octant n° 103 - Octobre 2005 9
nEntreprises
Explication des différences régionales des taux de survie
Lorsque des taux de survie présentent Décomposition des taux de survie à 5 ans des reprises de la génération 1998
des divergences importantes d’une ré-
gion à l’autre, il est légitime de se de-
10
mander si les écarts à la moyenne na-
Haute-Normandietionale proviennent d’un dynamisme Auvergne8
Alsacelocal particulier (effet géographique)
ou d’une structure des activitésdéjà Centre Midi-Pyrénées
6favorable (effet sectoriel). Par exem-
Bourgogneple, une région dans laquelle le sec-
4teur de l’hôtellerie-restauration est Franche-ComtéAquitainePays de la Loireparticulièrement développé connaîta Poitou-Charentes
Bretagne2priori plus de cessations de reprises, Basse-Normandie
alors qu’elle est peut-être plus dyna- LorraineNord-Pas-de-Calais Rhône-Alpes
0mique que les autres régions.
Champagne-ArdenneCorse Limousin
Une méthode possible pour mesurer - 2
l’importance relative de ces effets est
l’analyse de la variance pondérée à - 4 Languedoc-Roussillon
deux facteurs. On décompose le taux
Picardiede survie d’un secteur dans une région - 6
en trois parties :
Île-de-France
un effet général qui affecte toutes - 8
les régions et tous les secteurs de
Provence-Alpes-Côte d’Azurla même façon, - 10
un effet sectoriel identique pour
toutes les régions qui ont la - 12
même répartition de leurs
- 2,5 - 2,0 - 1,5 - 1,0 - 0,5 0,0 0,5 1,0 1,5 2,0
activités,
effet structurel un effet propre à la région (effet
géographique). Source : Insee - Sine
Lecture : Les régions situées à droite de l'axe vertical ont, contrairement aux régions si-Ainsi, pour l’Ile-de-France par
tuées à gauche, une répartition de leurs reprises par secteur d'activité plutôt favorable :exemple, l’écart du taux de survie ré-
les secteurs dans lesquels les taux de survie sont élevés sont plutôt surreprésentés, tandisgional à la moyenne nationale (- 7) se
que les secteurs où les taux de survie sont les plus faibles sont moins présents qu'endécomposecomme suit :-7=-0,5
moyenne. Quant à l'axe horizontal, il sépare les régions selon qu'elles ont un certain dy-(effet sectoriel) - 6,5 (effet
namisme local (au-dessus de l'axe) ou au contraire des reprises qui survivent moins biengéographique).
indépendamment de la structure des activités(régions situées sous l'axe). A l'intersec-
tion des deux axes correspond la moyenne nationale. Les régions situées dans les rec-
tangles bleus ne se distinguent pas significativement de la moyenne nationale pour
l’effet considéré.
Pour en savoir plus :
La création d’entreprise en Aquitaine / réd. par Cécile Bol- Créations et créateurs d’entreprises : enquête Sine, profil
lier, Hélène Le Guilloux ; Insee, Direction régionale du créateur 2002 / Insee Lorraine. - Dans : Insee résultats.
d’Aquitaine. - Dans : Insee Aquitaine : dossier ; N° 50 Economie ; N° 16 (2004, août). - 41 p. + cédérom.
(2004, oct.). - 70 p. Créations et créateurs d’entreprises : enquête Sine de
Les créateurs d’entreprise en Bretagne / François-Xavier 2003, la génération 1998 cinq ans après / Insee Lorraine. -
Dussud ; Insee, Direction régionale de Bretagne. - Dans : Dans : Insee résultats. Economie ; N° 19 (2004, déc.). -
Octant. - N° 96 (2004, janv.). - P. 4-9. 39 p. + cédérom
Les créateurs d’entreprises en Bretagne en 1994. - 1996 / Une nouvelle vision de la pérennité des jeunes entreprises
Odile Rascol ; Elisabeth Hautbois ; Insee, Direction régio- [Ressource électronique] / Catherine Renne, Philippe Tro-
nale de Bretagne. - Dans : Octant.-N° 66 (1996, août) ; p. gan et Jacques Bonneau ; Direction des entreprises com-
17-23. merciales, artisanales et de services. - Dans : Entreprises
La hausse des créations d’entreprises se poursuit en 2004 / en bref, Études et Statistiques. - N°14 (2005, janv.). - 4 p.
Virginie Fabre. - Dans : Insee première ;N° 1002 (2005, La transmission des PME et des TPE en Bretagne : état des
janv.). - 4 p. lieux et axes de travail / Oséo Batiroc ; Chambre régionale
de commerce et d’industrie ; Insee Bretagne...[et al.]. - Forte hausse des créations d’entreprises en 2003 / Chris-
Rennes : Oséo batiroc, 2005. - Pagination multiple.tian Rieg. - Dans : Insee première;N° 944 (2004, janv.). -
4 p. : cartes , graph. ; www.bdpme.fr
Le rôle économique des repreneurs d’entreprise / Sté-
phane Counot, Sylvie Mulic ; Insee Lorraine. - Dans : Insee
première ; N° 975 (2004, juil.). - 4 p.
10 Octant n° 103 - Octobre 2005
effet géographique

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