Poursuite de la croissance chez nos deux voisins

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En Allemagne, tous les grands secteurs économiques sont au vert : la croissance reste supérieure à celle de la France, des États-Unis, du Japon et de l'Italie. L'économie suisse a maintenu, en 2007, le rythme de croissance soutenu enregistré en 2006.

Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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ÉCONOMIE
P
La valeur ajoutée brute (VAB) des contrecarre la reprise, même si laEn Allemagne,
autres secteurs croît entre 2 et 3 %, consommation publique augmentetous les grands secteurs
à l’exception des services publics et de 2 %.
économiques sont au vert : la
privés qui restent presque stables
croissance reste supérieure à avec 0,6 %. Le revenu national augmente de
celle delaFrance,des 4,2 % en 2007 pour s’établir à 1 825
La répartition des utilisations du milliards d’euros. Comme les annéesÉtats-Unis,
PIB se caractérise d’abord par une précédentes, la progression n’estduJaponetdel'Italie.
croissance inégale des exportations pas la même entre les rémunérations
L’économie suisse
(+8,3 %) et des impor du travail (+2,6 %) et les revenus de
a maintenu, en 2007, (+5,7 %), entraînant une contribution l’entreprise et du capital (+7,2 %).
lerythmedecroissancesoutenu des échanges extérieurs en volume Les premières comptent désormais
de 1,4 % à la croissance. Cette contri- pour moins des deux tiers du revenuenregistré en 2006.
bution devient de nouveau plus im- national.
e produit intérieur brut (PIB) portante que celle de la demande
Les salaires et traitements brutsL allemand, corrigé des varia- intérieure (1,1 %). Certes, la hausse
de presque 5 % en un an des in- augmentent de 3,1 % en 2007. Iltions saisonnières et calendaires, af-
vestissements reste notable, surtout faut remonter à l'année 2000 pourfiche en 2007, une progression de
dans la partie "équipements" (8,4 %). retrouver plus forte hausse. En net,2,6 %. La croissance allemande a
Mais l’augmentation du taux de la c’est-à-dire après déduction de l’im-légèrement reculé par rapport à
er
TVA (de 16 à 19 %) au 1 janvier pôt sur le salaire et des contributionsl’année précédente. Si elle se situe
en-deçà de la moyenne de l’Union 2007 se reflète dans le recul de sociales, la progression est ramenée
européenne (UE), cinq autres pays 0,3 % de la consommation privée à 2,3 % et l’explication est fiscale :
de l’UE, dont la France et l’Italie, des ménages par rapport à 2006 et forte croissance des emplois affiliés
sont moins performants ; en dehors
de l’UE, et pour la deuxième année
Un rééquilibrage budgétaire atteint
consécutive, il en est de même pour
20
Milliards d'eurosles États-Unis et le Japon.
10
Tous les grands secteurs écono- 0
miques sans exception sont à la
-10
hausse, même si chacun d’eux ne
-20croît pas selon la même intensité
que l’année précédente. Le BTP, -30
qui avait enfin renoué fortement
-40
avec la croissance en 2006, voit
-50celle-ci s’amoindrir sensiblement
(+1,7 %), tandis que l’industrie, -60
2003 2004 2005 2006 2007avec +6,2 %, contribue le plus à la
croissance de la république fédérale. État fédéral Länder Communes Sécurité sociale
Note : Ce graphique détaille l'évolution des quatre composantes du budget de l'État allemand.
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Chiffres pour l'Alsace · dossier n° 14 · L'année économique et sociale 2007 · juin 2008
Source : Office statistique fédéral allemandÉCONOMIE
à la Sécurité sociale et suppression l’apport de chaque actif augmente télécommunications (+4,5 %), ainsi
ou limitation de forfaits liés aux migra- moins que le PIB. Ceci dit, l’impor- que les services à l’industrie
tions alternantes dans la législation tance croissante du travail à temps (+3,8 %) ont fortement contribué à
de l’impôt sur le revenu. partiel mérite d’être prise en la croissance ; dans les autres sec-
Le revenu disponible des ménages compte dans la productivité du teurs des services, celle-ci n’atteint
croît de 1,6 % en 2007, soit 0,2 % de travail : par heure ouvrée, la que rarement les 1 % de hausse : le
plus que les dépenses de consom- Rhénanie-Palatinat produit en valeur commerce de détail, les crédits et
mation en valeur nominale ; parallè- réelle 41 euros, soit 1,1 % de plus assurances, l’éducation et l’ensei-
lement, le taux d’épargne remonte qu’en 2006 ; ce chiffre grimpe à gnement marquent même un léger
à 10,8 %. 48,4 euros pour la seule industrie repli par rapport à 2006.
manufacturée.
Le solde des administrations pu- Un taux de chômage
bliques cesse, pour la première fois Bade-Wurtemberg : inférieur à 3 % en Suisse
depuis l’an 2000, d’être négatif. De- une poursuite quasi générale
puis 2006, le déficit respecte de nou- L’économie suisse a maintenu en
de la croissance
veau les critères dits de Maastricht. 2007 le rythme de croissance soutenu
Avec une hausse en valeur réelle enregistré en 2006 : 3,1 % après
de son PIB de 2,8 %, le Bade-Wur- 3,2 %, soit plus que la moyenne deÉcarts plus saillants
temberg affiche, avec Hambourg et l’Union européenne. Sous l’angleen Rhénanie-Palatinat
la Bavière, la meilleure progression de la production, les intermédiaires
La Rhénanie-Palatinat affiche pour au sein de la république fédérale. Il financiers, le commerce, l’industrie,
la deuxième année consécutive une ainsi que les transports et télécom-se classe d’ailleurs parmi les länder
croissance du PIB supérieureà2%. les plus performants pour la troi- munications ont contribué pour plus
Avec +2,6 %, soit le meilleur résul- sième année consécutive. Encore des deux tiers à la croissance. Côté
tat depuis 1996 à l’exception de l’an plus qu'en Rhénanie-Palatinat, utilisations, la consommation privée
2000, elle se situe légèrement cette croissance provient avant tout et les exportations nettes de services
au-dessus de la croissance observée du secteur industriel, qui enregistre expliquent à elles seules 2,5 points.
dans l’ensemble de la république une hausse de sa valeur ajoutée de
fédérale. Le secteur industriel, qui 5 %. La seule industrie manufacturée, Pour la quatrième fois consécu-
est ici à l’origine d’un quart de l’activité qui compte pour un tiers de la valeur tive, le nombre de chômeurs enre-
économique, a contribué pour 60 % ajoutée du land, est, comme en 2006, gistrés en fin d’année est inférieur à
à cette croissance. L’écart enregistré le moteur central de la croissance celui observé en début d’année. Le
au niveau fédéral entre les évolutions chômage connaît un recul sensiblebade-wurtembergeoise ; la construc-
de l’industrie manufacturière et du tion mécanique, la fabrication de depuis 2006 et qui s’est poursuivi
bâtiment est ici bien plus important : produits en métal, l’industrie chi- en 2007, le nombre de chômeurs
une hausse de 7,2 % pour la pre- mique, la fabrication d’appareils de passant même en dessous de la
mière, de 1 % pour le second. Le sec- production et de distribution d’électri- barre symbolique des 100 000 chô-
teur primaire affiche une croissance cité ont été les principaux contribu- meurs durant l’été, soit un taux de
de 3,5 %, tandis que le tertiaire se teurs, alors que la construction de chômage de 2,5 %. Fin 2007, celui-ci
situe en dessous de +1 % à l’ex- véhicules a crû plus modérément. se situe à 2,8 %, essentiellement en
ception des activités financières, raison de facteurs saisonniers.
de l’immobilier et des services à À l’inverse de l’ensemble de
l’entreprise (+2,9 %). l’Allemagne, le Bade-Wurtemberg
se distingue en 2007 par une crois- Sébastian CARLOTTI
Le nombre d’actifs croît de 27 500 sance soutenue du BTP (+3,8 %).
en 2007 (+1,5 %) et en conséquence Dans le tertiaire, les transports et
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