Premier bilan économique et social 2002 en Haute-Normandie : Une année tributaire de l'environnement international

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En France, l'année 2002 a débuté par un frémissement venu des Etats-Unis qui laissait espérer une reprise pour la fin du printemps. Malheureusement, la croissance américaine s'est infléchie et les chefs d'entreprises français se sont montrés prudents en remettant à plus tard restockage et investissement. En revanche, la consommation des ménages a constitué le facteur moteur de la croissance. Les ménages ont profité d'une part d'une augmentation sensible de revenus et de prestations sociales, d'autre part d'un reflux de l'inflation depuis mai 2002 et de baisses d'impôts au 2è semestre.
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N° 23 - Mars 2003
Lettre
statistique
et
économique
de Haute-Normandie
DE GRANDS BOULEVERSEMENTS ANALYSES CONJONCTURELLES
De la fin de la seconde guerre mondiale à la
fin du siècle, l’économie de la France et de ses
PREMIER BILAN ÉCONOMIQUE ET SOCIAL 2002 EN HAUTE-NORMANDIErégions a considérablement changé. Ainsi, en
Haute-Normandie, le secteur primaire a perdu
Une année tributaireenviron 145 000 emplois pendant ce
demi-siècle, tandis que le secteur tertiaire en
de l’environnement internationalgagnait 313 000. Quant au secteur secondaire,
qui en avait gagné 91 000 de 1946 à 1975, il
Francis COUVOUTen a reperdu 84 000 de 1975 à maintenant. La
baisse des effectifs dans l’agriculture est un
phénomène bien connu, dû pour l’essentiel à
de formidables gains de productivité.
En France, l’année 2002 a débuté par un frémissement venu des Etats-Unis qui laissait
La croissance du tertiaire ne saurait, non plus,
espérer une reprise pour la fin du printemps. Malheureusement, la croissance américainenous surprendre. En ce qui concerne l’évolu-
s’est infléchie et les chefs d’entreprises français se sont montrés prudents en remettant àtion des effectifs du secteur secondaire (1),
l’analyse est peut-être un peu plus complexe plus tard restockage et investissement. En revanche, la consommation des ménages a
car plusieurs phénomènes s’entrecroisent : constitué le facteur moteur de la croissance. Les ménages ont profité d’une part d’une aug-
développement de certaines activités indus- mentation sensible de revenus et de prestations sociales, d’autre part d’un reflux de l’infla-
trielles, régression voire disparition de quel- tion depuis mai 2002 et de baisses d’impôts au 2e semestre. Ils ont ainsi pu pallier
ques autres ; baisses d’effectifs dues aux pro-
l’inflexion de leurs revenus d’activité consécutive au ralentissement de l’emploi et à la re-
grès de la productivité - plus rapides dans cer-
montée du chômage. La consommation domestique dans l’hexagone devrait rester surtains secteurs que dans d’autres, dans les
l’année 2002 nettement plus dynamique que dans la zone euro (+1,8% contre +0,5%). Degrandes entreprises que dans les petites - ;
délocalisations, restructurations, externalisa- leur côté, les exportations ont bénéficié d’un environnement international plus porteur
tions, etc. qu’en 2001. Ces deux éléments ont donc entraîné le redressement des importations. En
Ainsi peut-on constater une rupture de ten- moyenne annuelle, le PIB devrait augmenter en volume de +1,2% après +1,8% en 2001.
dance dans les années 70-75, particulière-
ment en Seine-Maritime. A la régression
rapide de certaines activités (textile-habille- près avoir marqué une pause en 2001, les créations d’entreprises baissent à
ment, construction navale, bois-papier…) Anouveau en Haute-Normandie en 2002 et tombent en dessous des 4 700, le
viennent s’ajouter les progrès de la producti- chiffre le plus bas des dix dernières années, soit -8% par rapport à 2001. La baisse a
vité et les effets de la restructuration dans
été particulièrement sensible au 1er trimestre avec -18% sur un an puis a ralenti aux
d’autres secteurs, en particulier dans les plus
deux trimestres suivants avant de rebondir en fin d’année. Seuls les hôtels-restaurantsgrands établissements (automobile).
émergent (+1%) ; tous les autres secteurs déclinent. L’industrie hors IAA et la construc-Au final, la «rupture» des années soixante-dix
est ressentie beaucoup plus sévèrement par tion sont les plus pénalisées avec des diminutions de -15%. Le plus inquiétant
la Seine-Maritime que par l’Eure. C’est une concerne le recul des créations nouvelles (-6% après +6% en 2001) qui avaient permis
des raisons pour lesquelles la population de à l’ensemble des créations haut-normandes de se stabiliser en 2001. Reprises et réac-
la s’accroît moins vite que tivations diminuent chacune de 10%. Le phénomène semble plus spécifique à la région
celle de l’Eure pendant ces quarante années,
car, au niveau national, les créations totales sont quasi stables avec des créations nou-
et le solde migratoire de la Seine-Maritime est
velles en légère hausse (+1%). Les créations nouvelles représentent 66% des créa-nettement négatif alors que celui de l’Eure est
tions totales en France contre seulement 60% en Haute-Normandie. La part de lapositif.
région dans l’ensemble des créations nationales passe de 1,9% en 2001 à 1,7% en
Jean LEMATTRE 2002 ; en particulier, celle des nouvelles chute à moins de 1,6% et perd plus
Chef du service des études et de la diffusion d’un dixième de point. Les deux départements sont en recul mais la Seine-Maritime est
plus touchée que l’Eure (-9% contre -5%). Les évolutions sur un an, trimestre par tri-
(1) voir l’article de Martial MAILLARD p. 5
mestre, sont comparables. Cependant, les structures sont différentes : la Seine-Mari-
time attire davantage services et commerces tandis que construction et industrie sont
relativement plus nombreuses dans l’Eure. Dans l’ensemble, les services et commer-
ces totalisent plus de 78% des créations en Haute-Normandie comme en France.
Selon les statistiques (CVS) provisoires de l’UNEDIC, après une forte contraction
S O MM A IRE en 2001, la croissance de l’emploi salarié en Haute-Normandie dans les secteurs mar-
chands non agricoles a fini par se stabiliser sur un rythme légèrement positif en glisse-
ment annuel. La progression serait ainsi réduite à +0,7% en septembre 2002, au mêmeANALYSES CONJONCTURELLES
niveau qu’en fin 2001. Les pertes dans l’industrie (-1,8%) seraient compensées parPREMIER BILAN ÉCONOMIQUE ET SOCIAL 2002
EN HAUTE-NORMANDIE une hausse de +2% dans les services et, dans une moindre mesure, par la construc-
Une année tributaire de l’environnement
tion (+0,7%). Le mérite en reviendrait principalement à la Seine-Maritime qui enregistreinternational . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
une très faible accélération (+0,9%) en septembre 2002. Dans l’Eure (+0,5%), le dyna-
EMPLOI misme des services et de la construction compenseraient le recul assez net de
QUARANTE ANS D’EMPLOI INDUSTRIEL
l’industrie.EN HAUTE-NORMANDIE
Un recul marqué depuis 1974 . . . . . . . . . . . . . . . 5 Après être remonté début 2001, le chômage (au sens du BIT, données CVS) enANALYSES CONJONCTURELLES
ÉVOLUTION DE L’EMPLOI SALARIÉ EN HAUTE-NORMANDIE de production en général sont restées atones tout au long de
l’année.106
Dans les biens intermédiaires, secteur prépondérant de l’in-
France
dustrie haut-normande, l’activité décline sensiblement au 2eSeine-Maritime
semestre et le recul des effectifs s’accélère. Les carnets de
104
commandes sont dégarnis depuis l’été 2001 et la demande
étrangère fait défaut depuis longtemps déjà. La chimie, en parti-
Haute-Normandie
Eure culier, n’est pas épargnée et connaît un ralentissement en fin
102
d’année, toutefois moins sévère qu’au second semestre 2001.
L’automobile échappe en partie à la morosité ambiante.
L’activité a été soutenue en 2002, sauf peut-être au 3e tri-
100 mestre. La demande étrangère fait preuve de dynamisme, no-
mars juin sept. déc. mars juin sept. déc. mars juin sept.
2000 2001 2002 tamment en fin d’année. Néanmoins, la tendance des effectifs
est orientée à la baisse.Source : UNEDIC (hors agriculture et services non marchands) Unité : base 100 au 31 mars 2000
Haute-Normandie est resté à peu près stable (à 10%) entre dé-
cembre 2001 et décembre 2002 alors qu’il progressait de +0,3 TENDANCES PASSÉE ET PRÉVUE DE L’ACTIVITÉ DANS L’INDUSTRIE
EN HAUTE-NORMANDIEpoint pour s’établir à 9,1% pendant la même période au niveau
national. La Haute-Normandie se place ainsi dans la première 60
moitié des régions françaises en termes d’évolution et en 5e po-
sition en termes de taux. Au cours de la période précédente, les
40
Tendance passéeévolutions des deux départements sont sensiblement différen-
tes : à la hausse dans l’Eure (+0,5 point), stable en Seine-Mari-
20time. En revanche, le taux de chômage dans l’Eure reste
nettement inférieur à celui de la Seine-Maritime (8,9% contre
010,6%).
Tendance prévue
-20
Janv. Avr. Juil. Oct. Janv. Avr. Juil. Oct. Janv. Avr. Juil. Oct. Janv.
INDUSTRIE : RALENTISSEMENT AU SECOND SEMESTRE 2000 2001 2002 2003
Source : INSEE - Enquête trimestrielle dans l’industrie Unité : soldes d’opinions en %
En Haute-Normandie, au cours de l’année 2002, les ni-
veaux des carnets de commandes dans l’industrie sont restés
BÂTIMENT : UNE ACTIVITÉ EN PERTE DE VITESSEaussi bas qu’au 2e semestre 2001. L’activité n’a donc pas pu se
redresser et s’est contentée d’un rythme ralenti. Une légère
En 2002, l’activité dans le bâtiment haut-normand, aprèsamélioration a bien eu lieu au printemps mais un nouveau ra-
s’être ressaisie au 1er semestre, décline à nouveau depuislentissement s’est produit dès l’été. L’année se termine en perte
l’été. L’année se termine en perte de vitesse comme un an au-de vitesse. Confrontées à une demande sans vigueur, encore
paravant. Si, fin 2001, certaines branches du second œuvreplus amoindrie en provenance de l’étranger, les entreprises
étaient épargnées, ce n’est plus le cas fin 2002 : gros œuvre etsont prudentes ; elles réduisent leurs effectifs ou font appel à
second œuvre sont en perte de vitesse mais également lesleurs stocks si besoin est. Les capacités des moyens de pro-
trois composantes du second œuvre (charpente-couverture,duction sont nettement sous-utilisées par rapport à la fin 2000.
installation et finition). Cette situation provient de la faiblesse deLes perspectives générales de production sont réservées et pa-
la demande : neuf et entretien-amélioration manquent de vi-raissent liées à la conjoncture internationale.
gueur. Le logement neuf, en particulier, qui avait entraîné la re-Dans les IAA, l’activité a été en 2002 un peu plus dyna-
prise au printemps, fait défaut à nouveau. Les perspectives
mique que dans l’ensemble de l’industrie. Sans avoir échappé
d’activité sont réservées dans toutes les branches. Les effectifs,
au creux de l’été, l’année se termine sur un léger mieux bien
stables au cours des neuf premiers mois, reculent à nouveau lé-
que les carnets de commandes restent d’un niveau encore in-
suffisant. Les effectifs sont orientés à la baisse.
Dans les biens de consommation, le ralentissement au 2e TENDANCES PASSÉE ET PRÉVUE DE L’ACTIVITÉ DANS LE BÂTIMENT
semestre est presque aussi net qu’à l’hiver 2001/2002. Les car- EN HAUTE-NORMANDIE
nets de commandes sont restés dégarnis tout au long de 40
l’année, la demande étrangère atone n’apporte pas le soutien
qu’on pourrait en attendre. La tendance des effectifs est nette-
ment orientée à la baisse depuis fin 2001. En revanche, la phar- 20
Tendance passéemacie-parachimie fait preuve de dynamisme, entraînée par une
demande étrangère vigoureuse, et l’année se termine dans des
conditions satisfaisantes avec des prévisions d’embauches. 0
Dans les biens d’équipement, l’activité s’est un peu re-
Tendance prévue
dressée au printemps, comme dans l’ensemble de l’industrie,
-20mais elle a su conserver cet acquis au second semestre. Ce-
Janv. Avr. Juil. Oct. Janv. Avr. Juil. Oct. Janv. Avr. Juil. Oct. Janv. Avr. Juil. Oct. Janv.
pendant, face à une demande sans vigueur, les prévisions de 1999 2000 2001 2002 2003
production fléchissent en fin d’année. En outre, les perspectives
Source : INSEE - Enquête trimestrielle du bâtiment Unité : soldes d’opinions en %
2 AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 23 - Mars 2003ANALYSES CONJONCTURELLES
(-7%). De leur côté, les importations régressent encore davan-gèrement au 4e trimestre, mais les possibilités de futures em-
tage avec un recul de 18% et un total de 16,9 milliards d’euros.bauches restent ouvertes car les difficultés à recruter du
Tous les grands secteurs, sauf l’automobile, sont en baisse depersonnel qualifié subsistent dans tous les secteurs et n’ont
8 à 21% selon les. En revanche, la balance commer-cessé de s’accroître dans le gros œuvre en 2002.
ciale redevient excédentaire de 1,2 milliard d’euros et le taux deEn 2002, les mises en chantier de nouveaux logements di-
couverture s’élève à 1,07 (données brutes douanièresminuent de 6% et retombent à moins de 6 200, le plus mauvais
FAB/CAF).score depuis 1996. Les autorisations font de même avec une
Les principaux fournisseurs restent les producteurs de pé-baisse de 7% et un total de 7 020, chiffre le plus faible depuis
trole brut, à savoir l’Arabie Saoudite, le Royaume-Uni et la Nor-1996. La situation dans le non-résidentiel est plus inquiétante.
vège, qui totalisent avec ce seul produit un peu moins du tiersLes surfaces commencées reculent de 21% et retombent au
de l’ensemble des importations. Les produits importés qui vien-niveau de l’année 1998. Les autorisations résistent un peu
nent après sont les produits de la chimie organique, les automo-mieux avec une baisse de 10% mais se maintiennent en re-
2 biles et les produits chimiques en caoutchouc ou plastiques. Lesvanche à un niveau honorable de plus de 1,1 million de m .
principaux exportés sont, d’abord, des produits de l’in-
dustrie automobile puis les combustibles-carburants et les pro-
duits chimiques en caoutchouc et plastiques. La majorité desCOMMERCE DE GROS : ACTIVITÉ TRÈS MOYENNE
exportations sont destinées aux pays de l’Union européenne, le
Royaume-Uni restant le premier client de la région.En 2002, l’activité dans le commerce de gros haut-normand
est restée très calme et s’est maintenue à peu près au même
niveau qu’au 2e semestre 2001. Les exportations ont reculé
dans l’ensemble et les intentions de commandes venant de PORTS : LE HAVRE ACCROÎT ENCORE SA POSITION
l’étranger sont aussi limitées. La demande intérieure a manqué, DOMINANTE EN MATIÈRE DE CONTENEURS
elle aussi, de vitalité. Les commerçants ont cependant réduit
leurs marges par des efforts sur les prix de vente. Les anticipa- En 2002, les résultats du port du Havre sont mitigés. Après
deux années consécutives de croissance, le trafic global accusetions restent très réservées et une gestion prudente des stocks
permet de les réduire à un niveau des plus bas en fin d’année. une légère baisse (-2%) et retrouve un niveau comparable à
celui de l’année 2000 avec 67,6 millions de tonnes (MT) horsLes effectifs ont suivi une tendance légèrement positive qui ris-
querait néanmoins de s’inverser dans les prochains mois. avitaillement. Entrées et sorties suivent des évolutions équiva-
lentes à la baisse. L’évolution globale est fortement tributaire de
celle des entrées de pétrole brut qui totalisent encore 47% de
l’ensemble, elles-mêmes fortement assujetties à la conjoncture.COMMERCE DE DÉTAIL :
En 2002, elles sont en baisse de -11% après +6% en 2001. DeREBOND DANS LES GRANDES SURFACES
leur côté, les arrêts programmés de deux raffineries haut-nor-
mandes ont contribué à aggraver le fort recul des exportationsL’année 2002 n’a pas été reluisante pour le commerce de
de produits pétroliers raffinés (-28%). En revanche, les vracs so-détail en Haute-Normandie. Le rebond d’activité survenu dans
lides sont en forte progression (+28%), notamment les céréalesles grandes surfaces fin 2001 a été suivi par une brusque décé-
et les aliments pour animaux, mais plus encore les débarque-lération qui ne s’est interrompue qu’à l’automne. Le profil
ments de matériaux destinés au chantier de Port 2000. Le sujetannuel des ventes dans les «autres commerces» présente une
de satisfaction le plus tangible demeure cependant les mar-faible ressemblance avec celui des grandes surfaces mais calé
chandises diverses, en progression de +11%, qui dépassentsur un niveau moyen nettement plus bas. L’année 2002 se ter-
pour la première fois les 20 MT. Les conteneurs, en progression,mine sans éclat pour les deux secteurs avec des prévisions de
atteignent les 1,72 million d’EVP (équivalents vingt pieds) etventes moroses. Les stocks sont bien maîtrisés dans les gran-
presque les 17 MT, soit près de 60% du trafic national. Endes surfaces mais causent plus de soucis dans les «autres
termes d’évolution du trafic de conteneurs, le port du Havre,commerces». Par ailleurs, la tendance des effectifs est restée
avec +15%, se place nettement en tête des ports métropoli-continuellement positive, entraînée par le dynamisme des gran-
tains, notamment devant Marseille (+7%) et Dunkerque (+5%),des surfaces en matière d’emploi.
mais aussi devant ses concurrents de la mer du Nord, Zee-
brugge, Anvers et Rotterdam. Par ailleurs, le trafic passager
augmente de +6% avec 860 000 passagers entre Le Havre etLE COMMERCE EXTÉRIEUR AU RALENTI
Portsmouth.
Le port de Rouen, victime de la conjoncture internationale etPénalisés par un environnement international peu deman-
des mauvaises conditions climatiques en 2001, recule pour ladeur, les échanges extérieurs trimestriels de la Haute-Nor-
deuxième année consécutive (-6% après -9% en 2001) et passemandie ne cessent de régresser (sur un an) depuis la mi-2001.
en dessous du seuil des 20 MT. La baisse concerne tous lesUne certaine reprise est apparue début 2002, mais les chiffres
grands postes. Parmi les vracs liquides (-7%), les produits déri-des trois premiers trimestres 2002 restent inférieurs à ceux des
vés énergétiques ou non tombent à moins de 5,8 MT, soit unemêmes trimestres 2001. En année glissante, à la fin du 3e tri-
chute de 650 000 tonnes (T) par rapport à 2001. Du côté desmestre 2002, les exportations sont en diminution de 7% et tom-
vracs solides (-3%), la perte de 700 000 T de céréales est enbent à 18 milliards d’euros. Les biens de consommation sont
partie atténuée par un rebond des importations de charbon ali-quasi stables (+0,6%), seule l’automobile est en augmentation
mentant les centrales thermiques de la région parisienne et par(+4%). Parmi les autres grands secteurs, les produits agricoles,
le dynamisme de certains autres produits (granulats, …). Enfin,les biens d’équipement et l’énergie reculent de 10 à 20% selon
les produits divers, avec une baisse de 8%, sont les plus tou-les cas ; les biens intermédiaires sont un peu moins mal lotis
AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 23 - Mars 2003 3ANALYSES CONJONCTURELLES
chés et affichent un total de 3 MT. Les conteneurs sont quasi En revanche, les productions végétales ont bénéficié de
stables à 1,2 MT, mais produits ensachés et produits forestiers conditions climatiques plus favorables au cours des neuf pre-
enregistrent de fortes diminutions. En particulier, les exporta- miers mois qui ont permis de clore la campagne agricole
tions de sucre en sac, de bois et de papier/carton reculent de 2001/2002 dans de bonnes conditions. Les rendements se rap-
20%. Par ailleurs, en 2002, le port de Rouen a accueilli plu- prochent ou dépassent même ceux de l’année 1999 considérée
sieurs paquebots qui ont totalisé 34 escales sur toute l’étendue comme une année record. Première production végétale dans
de son périmètre dont quatre à Honfleur. Dans son ensemble, le la région, les blés retrouvent, avec 85 qx/ha, des rendements
trafic passager est en légère hausse avec 17 400 personnes comparables au record de 1999. L’Eure l’emporte sur la
contre 17 000 en 2001. Seine-Maritime avec des rendements qui s’élèvent jusqu’à 92
Le port de Dieppe poursuit sa remise à niveau avec un ton- qx/ha sur le plateau du Neubourg et dans le Roumois. De plus,
nage total de plus de 1,1 MT. Le trafic transmanche de la Gare les surfaces ensemencées augmentent dans les deux départe-
maritime remonte à 700 000 T. Avec 375 000 passagers entre ments. Les orges-escourgeons atteignent aussi des rende-
Dieppe et Newhaven, le transport passager augmente de records avec 76 qx/ha ainsi que les maïs en grain (86
15%. Le trafic fruitier, stable en 2001, recule à nouveau et n’at- qx/ha). Par contre, les surfaces d’orge-escourgeon reculent
teint plus que 170 000 T. La baisse est en partie liée aux évé- dans l’Eure comme en Seine-Maritime et celles des maïs en
nements survenus en Côte d’Ivoire, 1er fournisseur quasi grain n’occupent qu’une faible place parmi les céréales dans la
exclusif de bananes du port de Dieppe. Enfin, la baisse de ton- région. Globalement, les récoltes de céréales croissent de près
nage des graves de mer fait chuter les «autres marchandises» de 20% en Haute-Normandie. Les rendements de colza, après
à 260 000 T (-31%). un creux en 2000 et 2001, s’améliorent et retrouvent leur meil-
leur niveau des quatre dernières années avec 37 qx/ha et des
soles en moyenne à peu près stables (-1%). Les rendements
des pois protéagineux se redressent également (52 qx/ha) maisAÉROPORTS : LES RESTRUCTURATIONS CONTINUENT
restent encore modestes par rapport à ceux de 1999 (58 qx/ha)
d’autant plus que les soles ont été divisées par deux en troisEn 2002, l’aéroport du Havre-Octeville, toujours victime des
restructurations, enregistre une nouvelle chute de trafic (-16%) ans. Malgré la dégradation des conditions climatiques surve-
nues à nouveau au 4e trimestre qui ont nuit à l’arrachage, leset tombe à 50 000 passagers. Vers l’étranger, la seule ligne ré-
gulière, à destination de Londres, a été interrompue en cours betteraves industrielles réalisent de très bons scores avec 68
T/ha, ce qui représente près de 80 T/ha ramené en équivalentd’année. De nouvelles démarches sont en cours pour la rétablir
dès 2003. Au niveau intérieur, seule la ligne Le 16% de sucre. Le maïs fourrager connaît un très bon rendement
(140 qx/ha) bien que les soles déclinent. Quant aux jachèresHavre-Rouen-Lyon a été opérationnelle toute l’année. Avec
13 000 passagers, elle réalise à peu près autant que le cumul pures, elles sont en légère augmentation (+2%).
des deux anciennes lignes Nantes et Clermont-Ferrand en
2001. Globalement, le total des lignes régulières diminue de
23% et ne s‘élève plus qu’à 18 500 passagers. Le nombre de TOURISME : UNE ACTIVITÉ MODÉRÉE
passagers en transit chute également sévèrement (-37%). Par
contre, les charters et divers sont stables mais le fret aérien est Après un creux en 2001, l’activité dans l’hôtellerie haut-nor-
divisé par deux avec 100 T. De son côté, l’aéroport de mande est repartie à la hausse (+4%) avec près de 2 millions
Rouen-Boos connaît une reprise sensible de son trafic avec de nuitées en 2002. Cependant, la fréquentation des Français a
45 100 passagers commerciaux (+28%) et un fret avionné de continué à décliner (-2%) et tombe à son chiffre le plus bas
près de 11 T. Les incertitudes qui pèsent sur l’exploitation de depuis 1996. En revanche, la étrangère fait un
l’aéroport ont réduit l’activité à la seule ligne régulière Le bond de +17% et n’est pas loin d’égaler son record de 1999. Le
Havre-Rouen-Lyon pendant l’année et une seconde à destina- poids des étrangers est ainsi en net progrès et se situe à son
tion de Figari les week-end d’avril à septembre. Les efforts dé- meilleur niveau (36%) depuis 1996. Les durées de séjour sont
ployés localement devraient dynamiser l’activité en 2003 qui stables pour les deux catégories de clients : 1,5 jour/personne
commence par l’inauguration, en janvier, d’une nouvelle ligne (j/p) pour les Français et 1,7 j/p pour les étrangers. La
Rouen-Le Havre-Toulouse. Seine-Maritime fait mieux que l’Eure avec des nuitées en pro-
gression de 5% contre +2%. Dans les deux départements, le
recul des Français est compensé par une hausse des étran-
gers. En outre, les durées moyennes de séjour demeurent plusAGRICULTURE :
importantes en Seine-Maritime que dans l’Eure.DES RÉCOLTES VÉGÉTALES TRÈS SATISFAISANTES
En 2002, la fréquentation des campings haut-normands
recule à nouveau (-8%). La diminution provient des FrançaisL‘année 2002 a été contrastée pour les agriculteurs
(-17%) car les étrangers sont plus nombreux pour la deuxièmehaut-normands. Les éleveurs sont moins gâtés que les produc-
année consécutive (+6% après +3% en 2001). Contrairementteurs de végétaux. Les cours de la viande bovine sont restés
aux hôtels, les durées de séjour des Français sont supérieuresatones, se situant à des niveaux proches de ceux des deux
à celles des étrangers avec 4 j/p contre 2,3 j/p. Les évolutionsannées précédentes. Les quotas de lait plafonnent, les livrai-
sont tout à fait comparables dans les deux départements.sons de lait et les prix payés aux producteurs sont en baisse sur
D’autre part, les durées moyennes de séjour demeurent assezun an pour la campagne actuelle (démarrée en avril). Les cours
de la viande porcine sont à peu près stables mais restent en nettement supérieures en Seine-Maritime
deçà de ceux de 2001 qui avaient profité de l’effet de substitu-
tion généré par l’ESB.
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