Premier bilan économique et social 2003 en Haute-Normandie : Une activité sans ressort

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L'année 2004 se présente pour la France dans un contexte international plus favorable qu'en début 2003. Le dynamisme de la reprise économique aux Etats-Unis au 3e trimestre devrait se transmettre à la zone euro et à la France au moins jusqu'à la mi-2004. Dans un premier temps, la reprise viendrait plus du commerce extérieur et de la confiance accordée par les chefs d'entreprises à la reprise qu'à la consommation des ménages. La surévaluation de l'euro face au dollar fait néanmoins planer des craintes sur la robustesse de la reprise dans la zone euro.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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N° 33 - Mars 2004
Lettre
statistique
et
économique
de Haute-Normandie
DE PLUS EN PLUS ACTIVES…
EN GÉNÉRAL
Les femmes sont de plus en plus actives, au
sens où l’entend l’INSEE, c’est-à-dire qu’elles ANALYSES CONJONCTURELLES
exercent de plus en plus souvent une activité
professionnelle. Par exemple, le taux d’activi-
PREMIER BILAN ÉCONOMIQUE ET SOCIAL 2003 EN HAUTE-NORMANDIEté des femmes de 35 à 39 ans a doublé de
1968 à 1999. Mais cette évolution globale ne
Une activité sans ressortconcerne pas toutes les femmes d’une ma-
nière uniforme. De nombreuses variables in-
terviennent, qui modulent ces évolutions et Francis COUVOUT
parfois les inversent. C’est ainsi que l’âge
constitue un facteur fondamental d’évolution
L’année 2004 se présente pour la France dans un contexte international plus fa-du taux d’activité car si celui-ci a doublé
vorable qu’en début 2003. Le dynamisme de la reprise économique auxentre 1968 et 1999 pour les femmes de 35 à
Etats-Unis au 3e trimestre devrait se transmettre à la zone euro et à la France au39 ans, il a été divisé par plus de 3 pour les
moins jusqu’à la mi-2004. Dans un premier temps, la reprise viendrait plus du
femmes de 15 à 19 ans. Alors qu’en 1968 les
commerce extérieur et de la confiance accordée par les chefs d’entreprises à la cessaient souvent de travailler à la
reprise qu’à la consommation des ménages. La surévaluation de l’euro face au
naissance du premier enfant, en 1999 elles
dollar fait néanmoins planer des craintes sur la robustesse de la reprise dans la
gardent plus fréquemment leur emploi. A
zone euro. La Haute-Normandie connaît une activité sans éclat qui semble re-
l’effet âge s’ajoute un effet génération : à
bondir un peu en fin d’année. Les créations d’emploi sont, elles aussi, peu dyna-
l’âge de 40 ans, le taux d’activité des femmes
miques, à l’image du ralentissement économique. La baisse de l’emploi
de la génération 1935 était de 55% ; au industriel ne sera pas compensée par les emplois créés dans le tertiaire et le
même âge, il était de 77% pour la génération commerce de détail en particulier.
1955. Au niveau national, en 2003, l’activité a nettement ralenti au 2e trimestre, la re-
Le nombre d’enfants est aussi fondamental. prise venue des Etats-Unis n’a eu d’effet positif dans les entreprises qu’à partir
Le taux d’activité passe de 85% à 58% quand de l’été. Le phénomène s’est ensuite propagé mais sans vigueur. L’activité glo-
le nombre d’enfants passe de1à3. bale ne devrait finalement enregistrer qu’une croissance annuelle de +0,2% en
On peut également citer, comme facteurs ex- volume après +1,3% en 2002. La remontée du chômage et la décélération du pou-
plicatifs du taux d’activité féminin, le type voir d’achat liée au ralentissement des revenus d’activité ont freiné la consom-
d’emploi exercé (secondaire ou tertiaire, mation des ménages qui a même stagné au 2e trimestre. La baisse de l’emploi
public ou privé…), le niveau de rémunéra- dans les secteurs concurrentiels incite les ménages à la prudence dans leurs
achats, aussi les dépenses de consommation des ménages ne devraient-ellestion, lui-même fonction du niveau de forma-
augmenter en moyenne que de +1,6% après +1,4% en 2002. Le rebond de l’activi-tion, le milieu de vie (urbain ou rural), etc.
té viendrait donc plus d’une reprise des exportations et d’une gestion plus dyna-Parmi toutes ces variables, il en est une plus
mique des entreprises tant en matière de stocks que d’investissement. Parrarement étudiée et que l’on pourrait quali-
ailleurs, l’augmentation des prix à la consommation (hors tabac) en fin d’annéefier d’exogène, à savoir la situation profes-
s’élève à +2,2% en glissement annuel.sionnelle du conjoint ; nous y consacrons un
article dans ce numéro d’Aval.
La difficulté reste, bien sûr, que toutes les va- près être tombées en 2002 à leur plus bas niveau depuis une dizaine d’années, les
riables agissent simultanément et s’entre- Acréations d’entreprises en Haute-Normandie enregistrent en 2003 un vigoureux
croisent, ce qui rend, comme toujours, l’inter- rebond (+19% contre +9% au niveau national) avec 5 540 créations, un chiffre qui
prétation délicate. n’avait pas été atteint depuis 1995. En termes d’évolution, la région était, en 2002, la
moins dynamique des régions métropolitaines. En 2003, elle arrive en tête. Les créa-
Jean LEMATTRE tions pures augmentent sur un rythme encore plus soutenu (+23% au lieu de +12% au
Chef du Service des Études et de la Diffusion niveau national). Les réactivations sont également en forte hausse (+21%) ; les repri-
ses ne progressent que de 5%. La croissance constatée est liée à un mouvement qui
n’a cessé de s’accélérer, passant de +10% au 1er trimestre à +30% au 4e trimestre. La
part des créations pures dans l’ensemble s’accroît encore de +2 points, mais la Métro-
pole conserve un avantage de 6 points sur la région (68% contre 62%). Les évolutionsS O MM A IRE
dans les deux départements sont proches tant pour les créations pures que pour les
créations totales. La Seine-Maritime se montre un peu plus dynamique que l’Eure en
2003. Les trois quarts des créations concernent des activités tertiaires qui sont légère-ANALYSES CONJONCTURELLES
PREMIER BILAN ÉCONOMIQUE ET SOCIAL 2003 ment mieux orientées que dans le secondaire. Notons néanmoins un rebond appré-
EN HAUTE-NORMANDIE ciable des créations dans l’industrie et le bâtiment (+15% après -15% en 2002).
Une activité sans ressort . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
Selon les statistiques provisoires CVS de l’UNEDIC, l’évolution de l’emploi salarié
dans les secteurs marchands non agricoles n’a cessé de se dégrader depuis sep-POPULATION
tembre 2002 en Haute-Normandie comme en France pour devenir négative dès leL’ACTIVITÉ DES FEMMES EN HAUTE-NORMANDIE
Forte baisse de l’activité féminine début 2003. La région accuserait cependant une pente plus négative. Fin septembre
dès l’arrivée du second enfant . . . . . . . . . . . . . . 6ANALYSES CONJONCTURELLES
2003, l’une et l’autre enregistrent un recul sur un an. La diminu- souffert au 4e trimestre.
tion proviendrait de pertes d’effectifs dans l’industrie que n’arri- Dans les biens intermédiaires, l’activité a tourné sur un
vent pas à combler les gains dans la construction et les rythme ralenti équivalent à celui de l’ensemble de l’industrie. La
services. demande, pénalisée par une demande étrangère quasi-ab-
En 2003, le chômage en Haute-Normandie a progressé et sente jusqu’à la rentrée de septembre, a été parcimonieuse.
atteint 10,5% de la population active fin décembre contre 9,7% Celle-ci est néanmoins réapparue timidement au 4e trimestre et
au niveau national. La région se situe ainsi en 18e position des devrait se confirmer au début 2004. Elle ne s’adresse néan-
22 régions mais encore assez loin des trois régions les plus tou- moins pas à toutes les branches. Les branches « composants
chées, Languedoc-Roussillon, Nord-Pas-de-Calais et PACA. électriques et électroniques » et « textile-habillement » sont les
En termes d’évolution, avec +0,3 point en un an, la région plus favorisées et ont connu en 2003 un niveau d’activité plus
occupe une position médiane parmi les régions et fait très légè- soutenu que le reste du secteur. Les effectifs sont orientés à la
rement mieux que la moyenne nationale (+0,4 point). L’Eure, qui baisse dans toutes les branches.
avait connu une reprise du chômage assez nette depuis la Les biens d’équipement connaissent une reprise sans vi-
mi-2001, voit son rythme ralentir et se caler sur celui de la gueur après un creux au 1er trimestre. La réapparition de la de-
Seine-Maritime en 2003. Il conserve ainsi un écart de 1,7 point mande étrangère dans les branches hors construction
en sa faveur vis-à-vis de la Seine-Maritime. aéronautique et navale se confirme au 4e trimestre et permet
d’espérer une prochaine amélioration de l’activité dans ces
branches. Les effectifs suivent la même pente que dans l’in-
dustrie et les prévisions sont à peine mieux orientées.INDUSTRIE : UN RETOUR TIMIDE DE LA DEMANDE
ÉTRANGÈRE EN FIN D’ANNÉE L’activité dans l’automobile ressemble à ce qui a eu lieu
dans les biens d’équipement. Elle a connu un net ralentisse-
L’activité dans l’industrie est restée atone tout au long de ment en début d’année, puis une reprise sans vigueur malgré
l’année 2003 et un rebond se fait encore attendre. La plupart une demande étrangère revenue dès le printemps. La demande
des secteurs ont été touchés. Les effectifs sont nettement étrangère qui avait soutenu l’activité en 2002 apparaît bien fluc-
orientés à la baisse et la tendance ne devrait pas s’inverser pro- tuante en 2003. Les effectifs ont été réduits et devraient l’être
chainement. Néanmoins, le climat de confiance des entreprises encore dans les prochains mois.
s’améliore en fin d’année et quelques signes apparus au 4e tri- En 2003, les immatriculations de voitures particulières
mestre laissent espérer une accalmie à défaut d’une prochaine neuves (hors entreprises) diminuent pour la deuxième année
reprise. Les perspectives générales de production sont positi- consécutive en Haute-Normandie comme au niveau national.
ves, la demande étrangère est réapparue, au moins dans cer- L’écart en évolution reste défavorable à la région (-11% contre
tains secteurs. -9,5%). Le total des immatriculations ne s’élève plus qu’à
35 900 et le poids de la Haute-Normandie n’est plus que de 3%
après s’être maintenu à 3,1% les années précédentes. La
TENDANCES PASSÉE ET PRÉVUE DE L’ACTIVITÉ DANS L’INDUSTRIE baisse est presque la même dans les deux départements. Les
EN HAUTE-NORMANDIE
immatriculations les plus importantes sont enregistrées en oc-
30 tobre, donc avant la sortie des nouveaux modèles. En 2002,
elles avaient eu lieu en mars-avril et en 2001, en juillet. Mars,
20
Production passée avril, juin et juillet sont devenus les mois les plus chargés en im-Production prévue
10 matriculations neuves tant en Haute-Normandie qu’au niveau
national.
0
Les diesels, qui suivaient jusqu’en 2002 une évolution posi-
tive, sont en recul en 2003 tant en Haute-Normandie qu’en-10
Demande étrangère prévue France, mais les baisses sont moins prononcées que pour l’en-
-20 semble des immatriculations dans les deux zones. Les parts
des diesels ne cessent donc de progresser et atteignent 68%-30
Janv. Avr. Juil. Oct. Janv. Avr. Juil. Oct. Janv. Avr. Juil. Oct. Janv. en région contre 63% au niveau national. Dans l’Eure, la part
2001 2002 2003 2004
des diesels dépasse de 6 points celle de la Seine-Maritime
(72% contre 66%). Par ailleurs, les immatriculations de mar-Source : INSEE - Enquêtes trimestrielles dans l’industrie Unité : soldes d’opinions en %
-ques étrangères diminuent également dans les deux départe
Dans les IAA, l’activité qui s’était maintenue à un niveau ap- ments, légèrement moins vite que l’ensemble des
préciable en 2002 a chuté plus lourdement que les autres sec- immatriculations neuves. C’est encore plus vrai au niveau natio-
teurs en 2003. En outre, tout au long de l’année, le nal. Les parts de marché des marques étrangères sont donc en
ralentissement a été nettement plus marqué dans le lait et la légère augmentation à tous les niveaux mais restent nettement
viande que dans le reste du secteur. En revanche, la tendance plus faibles dans la région qu’au niveau national (32% contre
des effectifs est restée bien orientée dans le lait et la viande 40%).
alors qu’elle est négative dans l’autre branche.
Dans les biens de consommation, l’activité est contrastée.
La pharmacie-parfumerie reste la branche la plus dynamique
avec des capacités de production bien utilisées. Elle est une BÂTIMENT : REBOND DU LOGEMENT NEUF EN FIN D’ANNÉE
des rares branches à avoir profité d’une demande étrangère
tout au long de l’année et à avoir créé des emplois. Les bran- En 2003, l’activité dans le bâtiment haut-normand est mi-
ches « habillement » et « édition-imprimerie » ont connu une tigée. L’entretien-restauration n’a pas permis de compenser
activité en dessous de la normale en 2003. L’équipement du complètement les carences dans le logement neuf aux 2e et 3e
foyer, qui avait su résister jusqu’à la rentrée, en a d’autant plus -trimestres. Le gros œuvre a connu d’avril à septembre une acti
2 AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 33 - Mars 2004ANALYSES CONJONCTURELLES
vité nettement dégradée avant de rebondir au 4e trimestre COMMERCE DE DÉTAIL :
grâce au retour dynamique du logement neuf. A l’inverse, l’acti- UNE ACTIVITÉ DYNAMIQUE EN FIN D’ANNÉE
vité dans le second œuvre, partant sur un creux en début
d’année dans les trois branches, s’est ensuite relevée mais En 2003, les ventes du commerce de détail haut-normand
sans éclat, suivant une pente légèrement ascendante. La sont contrastées. Les grandes surfaces à prédominance ali-
branche charpente-couverture se montre nettement plus dyna- mentaire réussissent nettement mieux que les autres commer-
mique dans la reprise entraînée par le logement neuf dès le ces qui font cependant des efforts pour limiter leurs prix de
printemps. Les deux autres branches « installation » et « fini- vente. En revanche, la fin d’année 2003 a été plus favorable aux
tion » profitent à peine du rebond du logement neuf en fin uns et aux autres qu’un an auparavant et les prévisions de
ventes sont mieux orientées. La tendance des effectifs est à la
hausse dans les grandes surfaces et stable ou baissière dans
ACTIVITÉ PASSÉE PAR SECTEUR DANS LE BÂTIMENT EN HAUTE-NORMANDIE
les autres commerces.
40
30
20
COMMERCE EXTÉRIEUR : UNE FAIBLE REPRISE
10
Second oeuvreEnsemble
0 En 2003, après deux années de recul, les échanges com-
merciaux entre la Haute-Normandie et l’étranger repartent lé-
-10
gèrement à la hausse tandis qu’ils reculent en France, fauteGros oeuvre
-20 d’un environnement international suffisamment porteur. Ainsi,
-30 les exportations régionales augmentent de +2,5% contre -2,8%
au niveau national et atteignent les 19 milliards d’euros (md€),-40
Janv. Avr. Juil. Oct. Janv. Avr. Juil. Oct. Janv. Avr. Juil. Oct. Janv. un seuil qui n’avait été franchi qu’en 2000. Les trois postes les
2001 2002 2003 2004
plus importants sont dans l’ordre l’automobile, la chimie et la
Source : INSEE - Enquêtes trimestrielles dans le bâtiment Unité : soldes d’opinions en % pharmacie-parachimie avec des parts de 15 à 20%. Parmi
celles-ci, c’est la pharmacie qui enregistre la plus forte augmen-
d’année. Les effectifs du secteur évoluent peu. En moyenne, la tation (+13%) devant l’automobile (+7%) tandis que la chimie
tendance légèrement déclinante en début d’année se renverse recule de -2%. En plus de ces trois groupes de produits, les plus
à la mi-2003. Elle devient alors stable dans le gros œuvre où les fortes contributions aux exportations proviennent de l’agroali-
difficultés à recruter du personnel qualifié subsistent. En re- mentaire et des produits énergétiques, chacun d’eux en hausse
vanche, la tendance est assez nettement positive dans la char- de l’ordre de +5%. De leur côté, les importations augmentent de
pente-couverture. Les statistiques de l’Equipement confirment +1,3% (contre -2,1% en France) et se situent en dessous des
le rebond du logement neuf au 4e trimestre 2003 avec 2 310 ou- 18 md€. Premier poste, et de loin, les produits énergétiques,
vertures de chantiers contre moins de 1 600 en moyenne pour dont le poids oscille autour de 40% selon les années, sont en
les cinq trimestres précédents. L’année 2003 se termine sur un partie tributaires des cours du pétrole. Depuis 1999, leur poids
total de près de 7 300 logements commencés, un chiffre qui ne cesse de décliner ; il est passé en quatre ans de 44 à 39%.
n’avait pas été atteint depuis 1999, soit une augmentation de Un cinquième des produits énergétiques importés est constitué
+18% en un an bien supérieure à celle enregistrée au niveau de produits pétroliers raffinés. La chimie arrive assez loin der-
national (+4%). Avec une progression annuelle de +4% en rière avec moins d’un cinquième des importations malgré une
2003, les autorisations suivent la même tendance qu’en 2002. hausse sensible (+17%). Aucun des autres postes ne repré-
Dans le non résidentiel, les surfaces commencées accu- sente plus d’un dixième des importations. Les plus importants
sent un creux en début d’année, mais remontent dès le prin- sont encore ceux qui figurent dans les exportations, à savoir
temps pour terminer l’année sur moins d’un million de mètres l’agroalimentaire, l’automobile et la pharmacie. Au final, la ba-
carrés, comme en 2002, tandis qu’elles reculent de -7% au lance commerciale dégage un excédent de plus d’un milliard
niveau national. En revanche, les autorisations sont nettement d’euros, le double de celui de 2002. Quant aux taux de couver-
mieux orientées en région (+6%). ture, ils sont à peu près stables : 1,06 pour la Haute-Normandie
et 0,99 pour la France.
La France réalise la majeure partie de son commerce exté-
rieur avec l’Union européenne ; c’est moins vrai pour la
COMMERCE DE GROS : UNE ACTIVITÉ AU RALENTI Haute-Normandie à cause des importations de pétrole brut
dont les trois principaux fournisseurs -l’Arabie Saoudite, le
En 2003, les ventes dans le commerce de gros haut-nor- Royaume-Uni et la Norvège- se partagent à parts à peu près
mand sont restées sans vigueur tout au long de l’année. Tous égales les quantités livrées. Mais le Royaume-Uni y ajoute une
les secteurs sont touchés malgré les efforts consentis sur la ré- part appréciable de produits industriels et agricoles, ce qui lui
duction des marges au printemps. Les ventes à l’étranger ne assure la première place parmi les fournisseurs de la
sont pas plus toniques. Les carnets de commandes sont dégar- Haute-Normandie avec 15% des entrées. Les deux autres et
nis et les prévisions de commandes réduites. Les stocks sont l’Allemagne font à peu près jeu égal avec 8 à 10% des entrées.
gérés avec prudence et demeurent ainsi à un niveau normal. Dix pays ont fourni 68% des importations de la région en 2002
Les difficultés de trésorerie s’atténuent en fin d’année. Les ef- et 2003. C’est un peu moins qu’au niveau national (69%). Du
fectifs sont presque stables : les gains dans les biens de côté exportations régionales, le Royaume-Uni arrive encore en
consommation équilibrent à peu près les pertes dans les deux tête avec 13% des sorties devant l’Allemagne et l’Espagne. A
autres branches, biens d’équipement et biens intermédiaires. l’ordre près, ces trois pays sont aussi les premiers clients de la
AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 33 - Mars 2004 3ANALYSES CONJONCTURELLES
France. Par contre, les dix premiers clients n’achètent que 63% à la reprise des exportations de céréales qui passent de 4,8 MT
des exportations régionales contre 69% au niveau national, à 6,5 MT, assez loin toutefois des 8,9 MT de 1999. Les autres
chiffres stables par rapport à 2002. vracs solides sont globalement en baisse de -15%, imputable
en partie au recul des importations de charbon et aux exporta-
tions de protéagineux et de sucre. Les conteneurs reculent net-
tement entrainant la baisse des marchandises diverses. Enfin,
PORTS : LE HAVRE REPART À LA HAUSSE l’année 2003 a été l’occasion de la troisième « Armada » qui a
permis à Rouen d’accueillir nombre de voiliers parmi les plus
En 2003, le trafic du port du Havre renoue avec la crois- beaux du monde.
sance (+5%) après un tassement (-2%) en 2002, et dépasse les En 2003, le port de Dieppe connaît des résultats mitigés. Le
71 millions de tonnes (MT) hors avitaillement, un niveau qu’il trafic total poursuit sa remise à niveau avec une augmentation
n’avait pas atteint depuis plus de vingt ans, c’est-à-dire avant le de +26% et se situe un peu en dessous des 1,5 MT. On dé-
choc pétrolier de 1979. Les sorties sont plus dynamiques que passe ainsi le niveau de 1998 mais on est encore loin de celui
les entrées (+10% contre +4%), mais elles ne représentent que de 1996. Le trafic passagers stagne à 380 000 passagers. Par
le quart du trafic. La progression des vracs liquides et des mar- rapport aux autres ports de passagers transmanche et Mer du
chandises diverses compensent la baisse des vracs solides. Nord, il s’agit d’une évolution moyenne, loin derrière Dunkerque
Les importations de pétrole brut augmentent de +9% et les ex- (+22%), mais aussi loin devant Calais (-8%). La liaison rapide
portations de produits pétroliers de +22%. Néanmoins, cette Dieppe-Newhaven, en service depuis 1996 et uniquement
hausse ne suffit pas à compenser la baisse des entrées de pro- d’avril à septembre, déçoit. Les effectifs transportés ont plafon-
duits pétroliers qui accusent globalement un recul de -5%. Les né en 1997 à 342 000 et ne cessent de décliner depuis. Ils tom-
évolutions des flux de charbon sont également contrastées : bent en 2003 à 260 000. En revanche, la liaison classique par
baisse des entrées destinées à l’approvisionnement des cen- ferry enregistre une belle augmentation de son trafic roulier
trales thermiques et augmentation des réexpéditions vers grâce aux véhicules commerciaux qui passent de 22 000 unités
l’Angleterre. Pétrole brut et produits raffinés sont deux des à 36 000. Plus inquiétante paraît être la baisse de trafic du port
postes les plus importants et totalisent respectivement 49% et de commerce (-15% après -24% en 2002) qui chute à 370 000
10% du trafic total. Les marchandises diverses maintiennent tonnes, soit presque la moitié du tonnage de 1997. La baisse
une progression soutenue (+9%) et se situent un peu en des- est davantage imputable aux fruits (-30%). En effet, les événe-
sous des 22 MT. Elles profitent à plein du dynamisme des ments politiques en Côte-d’Ivoire ne sont pas étrangers à la
conteneurs (+13% et 19 MT) qui permettent au Havre d’ac- chute des importations de bananes (-33%), mais celle des
croître son avance sur Marseille (+4% et 8 MT). Mais il reste un agrumes du Maroc ne devrait s’expliquer que par la concur-
fossé à franchir pour rejoindre les géants de la Mer du Nord, rence de l’Espagne. Les autres marchandises, essentiellement
Rotterdam et Anvers, qui conservent beaucoup de dynamisme des entrées de graves de mer, sont stables. Il y a cependant un
en matière de marchandises conténeurisées, +7% et 71 MT domaine dans lequel le port de Dieppe réussit : c’est la plai-
pour le premier et +15% et 61 MT pour le second. Enfin, le trafic sance, avec une capacité d’accueil de près de 400 places, bien
passager entre Le Havre et Portsmouth recule de -12%, à inférieure à la demande.
750 000 passagers.
TRAFIC DES PORTS DU HAVRE ET DE ROUEN
AÉROPORTS : REPRISE AU HAVRE
140
En 2003, l’aéroport du Havre-Octeville enregistre une nette130
amélioration de son trafic. Les passagers commerciaux sont en
120 augmentation de +29% après un recul de -16% en 2002. Le total
Le HavreRouen de 65 000 passagers est supérieur à ceux des deux années pré-
110
cédentes mais reste bien inférieur aux trafics de la fin des
années 90. Les progrès proviennent des lignes régulières inté-100
rieures qui ont doublé leurs effectifs passagers en un an. L’année
90 2003 a été marquée par l’ouverture de la ligne Le Havre-Tou-
louse avec un trafic annuel de 9 400 passagers. La ligne de Lyon
80
poursuit sa montée en puissance avec 17 600 passagers
1984 1986 1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002
(+36%). Les lignes de Nantes et de Caen connaissent un certain
Source : Ports Autonomes du Havre et de Rouen Unité : indice base 100 en 1984 rebond qui demande à être confirmé. Par contre, la liaison à des-
tination de Londres a été supprimée au profit d’Amsterdam et de
Le port de Rouen, après deux années de baisse en 2001 et Bruxelles. Le nombre de passagers en transit suit la tendance
2002, connaît en 2003 une augmentation de +12% et un ton- générale et progresse donc nettement. Le fret remonte à 133
nage de près de 22 MT qui le rapproche de son record de 1999. tonnes après une chute à 100 tonnes en 2002.
Les sorties sont nettement plus dynamiques que les entrées. Après avoir repris de la vigueur en 2002, le trafic de l’aéro-
Vracs liquides et vracs solides repartent vigoureusement avec port de Rouen-Boos faiblit à nouveau en 2003 (-14% et 40 000
des hausses de +13% et +16%. Les exportations de produits passagers). La baisse est essentiellement due à la suppression
pétroliers raffinés progressent de +30%, tandis que les gaz de la ligne de Londres. La ligne régulière de Lyon reste donc le
énergétiques liquéfiés reculent de -8%. Les autres vracs liqui- pilier de l’activité avec 31 200 passagers (-1%), auxquels
des augmentent dans leur ensemble de +17%, et en particulier s’ajoutent 3 000 passagers en transit. Quand les jours rallon-
la hausse des entrées d’engrais liquides compense la baisse gent, la ligne de Bonifacio-Figari assure un vol hebdomadaire le
des entrées d’acides. La progression des vracs solides est due samedi d’avril à septembre.
4 AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 33 - Mars 2004ANALYSES CONJONCTURELLES
NOUS AVONS LU POUR VOUSNOUS A
AGRICULTURE : DES PRODUCTIONS VÉGÉTALES
TRÈS SATISFAISANTES EN SEINE-MARITIME
LES BOURSES DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR :
UNE RÉPARTITION CONTRASTÉE
L‘année 2003 n’a pas été défavorable aux agriculteurs
Un peu plus de 497 700 étudiants bénéficient d’une aide financièrehaut-normands. L’été particulièrement ensoleillé et sec n’a pas
du Ministère de l’Education nationale pour la poursuite de leurs études
nui aux récoltes comme dans beaucoup d’autres régions. l’Eure
en 2002-2003, soit 29,7% de bénéficiaires. Ces aides se traduisent soit
a un peu souffert mais la Seine-Maritime a pu profiter de la cha-
par une simple exonération des droits d’inscription et de la sécurité so-
leur et enregistre de meilleurs rendements pour la plupart des ciale étudiante, soit, en plus, par une aide financière versée à l’étudiant
productions végétales. Ainsi, dans le sud de l’Eure, les rende- pouvant aller de 1 296 euros à 3 501 euros par an.
ments de blé tombent à 70 quintaux l’hectare (qx/ha), ce qui La répartition par académie est contrastée. Les DOM et la Corse
sont les académies où le nombre de boursiers est le plus importantn’empêche pas la moyenne régionale d’atteindre les 80 qx/ha
avec près d’un étudiant sur deux. A contrario, la part des étudiants(85 qx/ha en 2002). Avec une baisse de -1% des surfaces ense-
aidés en Ile-de-France, Académies de Paris, Versailles et Créteil, at-mencées, la récolte de blé est inférieure en quantité à celle de
teint respectivement 15, 16 et 23 %. L’Académie de Rouen estl’année 2002 mais la qualité est meilleure et une plus grosse
au-dessus de la moyenne nationale avec 31,5% de boursiers.
partie sera panifiable, ce qui est exceptionnel en Seine-Mari-
Les bourses de l’enseignement supérieur à la rentrée 2002 / Ministère
time. Avec des rendements en baisse de plus de 15% dans de la Jeunesse, de l’éducation et de la recherche. - In : Note d’informa-
l’Eure, l’orge-escourgeon a été plus pénalisé. La Seine-Mari- tion. - N° 04.02 (2004, janv.) ; 6 p.
time a mieux résisté et permet un rendement régional de 68
qx/ha. D’autre part, la chaleur de l’été a activé la maturité des
LA FACTURE DE L’EAU EST DE PLUS EN PLUS SALÉEmaïs et a incité beaucoup d’exploitants de Seine-Maritime à re-
convertir leurs surfaces de maïs fourrager en maïs grain (+70% En France, les tarifs de l’eau ont augmenté de 8% en moyenne entre
1998 et 2001, soit deux fois plus vite que l’indice des prix à la consom-en surfaces et +6% en rendements pour ce département). Le
mation. La progression la plus forte est celle des tarifs de l’assainisse-colza est en plein développement dans la région ; les surfaces
ment qui augmentent de 10%. Les prix de l’alimentation en eau s’ac-augmentent de +15% avec des rendements records de 39
croissent seulement de 5% sur la période.
qx/ha en Seine-Maritime contre 33 dans l’Eure. La majorité du
Lorsqu’il y a assainissement collectif, le prix du mètre cube d’eau
colza produit en Haute-Normandie est destiné à l’industrie.
peut varier du simple au double selon les départements. Les tarifs sont
L’année 2003 est décevante pour les pois protéagineux : faibles légèrement inférieurs à 2 euros le m3 en Haute-Saône et en Savoie
surfaces et rendements moyens de 50 qx/ha. La chaleur fait tandis qu’ils atteignent 3,8 euros dans le Morbihan. Les Haut-Nor-
baisser les des betteraves industrielles à 62 T/ha mands paient en moyenne 3 euros le mètre cube d’eau.
dans l’Eure, mais ils sont excellents en Seine-Maritime (80 De l’eau à tous prix/ Institut français de l’environnement.- In : les Don-
nées de l’environnement.- N° 90 (2004, janv.-fév.) ; 4 p.T/ha) ; par contre, les surfaces diminuent de -10% dans les
deux départements. Le lin, presque entièrement concentré en
Seine-Maritime, n’a pas déçu malgré l’absence d’humidité né-
BAISSE DU CHEPTEL BOVIN EN HAUTE-NORMANDIEcessaire au rouissage. Les surfaces, en nette augmentation,
Au niveau national, l’ensemble du cheptel bovin est en baisse. Enpassent de 3 000 à 4 000 ha avec des rendements en paille de
Haute-Normandie, il perd 2,9% entre les enquêtes bovines de no-6 à 8 T/ha et une qualité satisfaisante. Enfin, les jachères pures
vembre 2002 et de mai 2003. La régression du cheptel «vaches» est deont été réduites de -6%, ce qui est sans doute à mettre en paral-
0,7% tandis que celle des bœufs est plus marquée.lèle avec les autorisations de pâturage accordées suite à la
La production de viande bovine poursuit sa baisse entamée depuis
sécheresse.
1971 ; la Seine-Maritime, avec 470 000 têtes en 2003, retrouve son
L’année 2003 a été moyenne pour les éleveurs haut-nor- niveau de 1960, tandis que l’Eure, avec moins de 200 000 bovins, est
mands. La sécheresse a nui à la qualité des prairies, à la vitalité au niveau du cheptel de 1913.
du cheptel et à la production de lait elle-même, notamment par Par ailleurs, on constate une forte baisse du nombre d’éleveurs
une baisse du taux de matière grasse. Bien que de nombreuses entre 2000 et 2003 : -13,3%.
régions soient touchées, les prix du lait ont baissé en juillet et Forte baisse du cheptel bovin en Haute-Normandie / Jacques Caron ;
DRDAF Seine-Maritime.- In Agreste Seine-Maritime : la situation agri-août sur un an. En revanche, l’offre modérée a permis le main-
cole. - (2004, janv.) ; 4 p.
tien des cours de la viande bovine. De leur côté, les cours de la
Nelly LANNEFRANQUEviande porcine restent déprimés depuis novembre 2001 et la
Corinne MARISSIAUXreprise attendue pour l’automne n’a pas eu lieu.
TOURISME : UNE ANNÉE DÉCEVANTE
En revanche, la fréquentation des campings est en nette
Après une reprise en 2002, l’activité dans l’hôtellerie augmentation (+25% après -8% en 2002) et dépasse les
650 000 nuitées, un niveau encore relativement modeste parhaut-normande classée faiblit à nouveau en 2003 (-2%) et re-
rapport à celui de 1999. Français et étrangers participent égale-tombe à 1 940 000 nuitées soit 7% de moins qu’en 1999, année
ment à ce progrès. La présence des Hollandais a été particuliè-de la précédente Armada. En Seine-Maritime, la fréquentation
rement dynamique et a nettement surpassé celle de 1999 avecrecule (-3%) alors que dans l’Eure, elle progresse de 3%. Dans
les deux départements, les nuitées des étrangers sont en 22% de l’ensemble des nuitées. Les Britanniques ont égale-
ment manifesté un intérêt accru pour la région et y ont mêmebaisse sensible, mais ils séjournent un peu plus longtemps, 1,7
passé plus de nuits que les Allemands. Les durées de séjourjour/personne (j/p) contre 1,5 j/p. En moyenne, les durées de
des étrangers restent cependant inférieures à celles des Fran-séjour demeurent légèrement supérieures en Seine-Maritime
çais avec 2,5 j/p contre 4j/pque dans l’Eure.
AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 33 - Mars 2004 5

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