Premier trimestre 2009 L'activité économique en fort repli

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Premier trimestre 2009 : l'activité économique en fort repli CONTEXTE NATIONAL Au premier trimestre, le PIB français se contracte de - 1,2 %, eaprès - 1,5 % au 4 trimestre 2008, ce qui alourdit les prévisions pour l’année 2009 à - 2,5 %. La pour- suite de la baisse du produit inté- rieur brut français, moins forte que prévue il y a quelques mois, rend Pendant les trois premiers mois de l’année les principaux indicateurs éco-compte de la forte dégradation des nomiques régionaux ont continué de se dégrader. Même si certains sec-échanges mondiaux, réduisant les teurs de l’économie régionale semblent moins touchés par la crise, lesperspectives et les investissements des industriels. En effet, si la con- dernières données disponibles ne montrent aucune amélioration. sommation intérieure se maintient malgré la récession, (+ 0,2 %), l’in- La baisse de la production industrielle s’est poursuivie en ce début vestissement est en chute libre, d’année. À l’exception du secteur agroalimentaire, toute l’industrie régio- (- 2,3 %) et les exportations enre- nale tourne au ralenti. L’emploi industriel, après une réduction drastique gistrent une baisse de 6 % au pre- des effectifs intérimaires au quatrième trimestre 2008, se contracte forte- mier trimestre (- 13 % sur un an). ment dans sa composante permanente, de même que le tertiaire. La cons- truction, bien que moins touchée en région qu’au niveau national,L’emploi salarié des secteurs commence à perdre des effectifs permanents.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Premier trimestre 2009 :
l'activité économique
en fort repli
CONTEXTE
NATIONAL
Au premier trimestre, le PIB
français se contracte de - 1,2 %,
eaprès - 1,5 % au 4 trimestre 2008,
ce qui alourdit les prévisions pour
l’année 2009 à - 2,5 %. La pour-
suite de la baisse du produit inté-
rieur brut français, moins forte que
prévue il y a quelques mois, rend
Pendant les trois premiers mois de l’année les principaux indicateurs éco-compte de la forte dégradation des
nomiques régionaux ont continué de se dégrader. Même si certains sec-échanges mondiaux, réduisant les
teurs de l’économie régionale semblent moins touchés par la crise, lesperspectives et les investissements
des industriels. En effet, si la con- dernières données disponibles ne montrent aucune amélioration.
sommation intérieure se maintient
malgré la récession, (+ 0,2 %), l’in- La baisse de la production industrielle s’est poursuivie en ce début
vestissement est en chute libre, d’année. À l’exception du secteur agroalimentaire, toute l’industrie régio-
(- 2,3 %) et les exportations enre- nale tourne au ralenti. L’emploi industriel, après une réduction drastique
gistrent une baisse de 6 % au pre- des effectifs intérimaires au quatrième trimestre 2008, se contracte forte-
mier trimestre (- 13 % sur un an).
ment dans sa composante permanente, de même que le tertiaire. La cons-
truction, bien que moins touchée en région qu’au niveau national,L’emploi salarié des secteurs
commence à perdre des effectifs permanents. Au total, l’emploi permanentprincipalement marchands en-
des secteurs marchands diminue depuis fin 2008 d’environ 1 800 person-registre une nouvelle baisse au
premier trimestre (- 1,2 %). nes, tandis que l’intérim se contracte de plus de 20 % sur un trimestre. Le
192 000 emplois ont été détruits taux de chômage grimpe à 8,7 %, le nombre de chômeurs dépassant, au
en France métropolitaine sur les premier trimestre, les 55 000 personnes (catégorie A), en hausse de 8 %
premiers trois mois de l’année, depuis la fin de l’année dernière. Les créations d’entreprises bondissent au
dont 110 000 sont des postes premier trimestre (+ 76%), en réponse au nouveau statut d’auto-entre-
permanents. Deux tiers du nombre
preneur.
total d'emplois supprimés étaient
dans le tertiaire.
Le taux de chômage au sens du
BIT s’établit au premier tri-
mestre à 8,7 % en France métro-
politaine, avec 2 455 milliers de
chômeurs au sens du BIT, en
hausse de 310 000 personnes sur
un trimestre. Dragos IOANFranck YVERNOGEAU
InseeBanque de France
cent pour cent - BASSE-NORMANDIE n° 190La production industrielle au plus bas
Le recul de la production industrielle régionale s’est poursuivi au
premier trimestre et la reprise technique de l’activité tarde à se
faire sentir depuis.
Au vu du taux d’utilisation des capacités de production (66 %),
l’activité industrielle régionale a connu de nouveaux minima le
long des trois premiers mois de l’année, pour se stabiliser depuis
à des niveaux très bas.
Des carnets industriels encore plus dégarnis
À l’exception de l’imprimerie et de quelques entreprises de l’agroa-
limentaire, tous les autres secteurs industriels ont enregistré en-
core moins de commandes. Leurs carnets couvraient, en moyenne
à la fin du premier trimestre, à peine neuf semaines d’activité,
contre quinze un an plus tôt.
L’activité dans l’automobile est restée amorphe. Les commandes
reculent fortement dans le secteur des biens intermédiaires et des
biens d’équipement, seule une partie de l’agroalimentaire main-
tenant son niveau d’activité.
Les entreprises de la région ont continué de déstocker au premier
trimestre, et la tendance à la baisse des prix industriels s’est
accentuée.
L’agroalimentaire, en retrait à un an d’écart,
seul secteur épargné, bien qu’en repli à un an comme à un trimestre
d’écart, apparaît comme le secteur relativement épargné par la
crise. En effet, après un début d’année difficile, le secteur affiche
une production en légère hausse, avec des carnets de comman-
des jugés confortables. Si la demande se maintient, les prix des
produits finis sont en baisse, de même que ceux des matières pre-
mières. Globalement, l’indice de chiffre d’affaires du secteur est
en repli sur les trois premiers mois de l’année, à un trimestre
comme à un an d’écart, pour le lait (- 12 %) beaucoup plus que
pour la viande (- 4 %). Les entreprises artisanales du secteur de
l’alimentaire accusent une baisse d’activité sur les premiers mois
de l’année, mais de moindre ampleur que dans l'ensemble de l'ar-
tisanat. Les effectifs permanents se maintiennent, mais l’appel à
l’intérim recule de 20%àunand’écart.
cent pour cent - BASSE-NORMANDIE n° 190Conjoncture régionale
juin 2009
Repli modéré de la construction
Le repli du bâtiment en Basse-Normandie se poursuit au premier
trimestre, surtout pour le gros œuvre, mais, au vu de l’évolution
des effectifs et du chiffre d’affaires, on constate un ralentissement
de moindre ampleur qu'au niveau national.
L’enquête de la Fédération Française du Bâtiment Basse-Normandie
confirme au premier trimestre la tendance à la baisse constatée
au quatrième trimestre, surtout dans la Manche et dans l’Orne. La
situation est contrastée, selon la taille des entreprises, mais, sur
l’ensemble, le second oeuvre résiste à la crise. Malgré le recul cer-
tain du marché du neuf, les carnets de commandes apparaissent,
pour l'ensemble du secteur, en très légère hausse par rapport au
trimestre précédent, passant de 4,3 mois en décembre 2008 à 4,5
mois actuellement
Le repli du commerce et des services se poursuit
Le repli du et des services se poursuit au premier tri-
mestre. Les ventes des grandes surfaces à prédominance alimen-
taire reculent de 5 % sur les trois premiers mois, contre seulement
- 3 % au niveau national. La situation est semblable dans le com-
merce de gros, avec des chiffres d’affaires orientés de nouveau à la
baisse en trimestre glissant comme à un an d’écart.
Exception notable, le commerce de voitures particulières rebondit,
les immatriculations neuves sont de 6% supérieures à celles du
premier trimestre 2008. La baisse des prix et la prime à la casse
jouent sans doute un rôle dans cette évolution positive, plus visible
en région qu'au niveau France entière. Les immatriculations neu-
ves de véhicules utilitaires s'inscrivent, quant à elles, dans une ten-
dance à la baisse pour le troisième trimestre consécutif, (- 22 % à
un an d’écart), ce qui est à relier à la forte contraction de l’investis-
sement des entreprises.
Les services marchands, à quelques exceptions près, subissent
toujours les conséquences d’une demande toujours orientée à la
baisse. L’activité dans le transport de marchandises recule
fortement. Du côté des services aux particuliers, la situation appa-
raît aussi très dégradée, à l’image de la fréquentation touristique,
en fort repli (- 13%àunand’écart).
La contraction de l’emploi salarié s’accentue
L’emploi salarié permanent des secteurs marchands se contracte
de - 0,6%, soit environ 1 800 emplois détruits. L’industrie enre-
gistre un repli de - 0,9%, la plus forte de tous les secteurs. L’em-
ploi salarié des services recule de - 0,5%, tandis que le repli est
moins fort dans le commerce. La construction perd aussi quelques
deux cents emplois salariés.
L’intérim subit une nouvelle baisse au premier trimestre, près de
trois mille équivalents temps complets en moins par rapport au tri-
mestre précédent, soit -40% à un an d’écart. L’emploi intérimaire
dans l’industrie s’effondre, près de 2 000 équivalents temps com-
plet en moins sur un trimestre, soit - 52%àunand’écart.
cent pour cent - BASSE-NORMANDIE N° 190Les créations d’entreprises en très forte hausse
Les créations enregistrent un bond au premier
trimestre de + 76 %, contre + 52% France entière, en ré-
ponse au nouveau statut d’auto-entrepreneur. Cette hausse
concerne surtout les créations dans le commerce et les servi-
ces, notamment les services à la personne. Les défaillances
d’entreprises (en données publiées) accélèrent aussi sur les
trois premiers mois de l’année, atteignant au premier tri-
mestre près de la moitié du nombre de défaillances de 2008.
Forte hausse du chômage
Après une fin d’année 2008 synonyme d’arrêt de contrat pour plus
de trois mille personnes embauchées en intérim, les licenciements
touchent depuis quelques mois les salariés permanents.
Le taux de chômage régional (au sens du BIT) bondit fin mars à
8,7 % de la population active, en hausse de 1 point par rapport à
décembre 2008. La région atteint ainsi le taux de chômage métro-
politain, la Manche subit la plus forte hausse au cours du premier
trimestre.
Le nombre de demandeurs d’emplois de catégorie A s’établissait
fin avril, en données corrigées de variations saisonnières, à 55 110
personnes.
Fin avril le nombre des moins de 25 ans inscrits au Pôle Emploi
était en hausse de 75 % par rapport à la même période 2008. Les
offres d’emploi enregistrées sont en baisse de 23% à un d’écart,
l’Orne étant plus durement touché, là où la hausse du chômage
est, depuis deux mois, la plus marquée.
Rédaction achevée le 29 juin 2009
de quoi parle-t-on?
Le taux d’utilisation des capacités de production, le niveau des carnets
DIRECTION
de commandes et des stocks sont calculés à partir de l’enquête conjoncture
REGIONALE DE L'INSEE réalisée tous les mois par la Banque de France. Le premier indicateur est une
DE BASSE-NORMANDIE moyenne d’une variable numérique, les deux autres sont des soldes d’opinions
(une valeur proche de 0 indique une relative égalité des réponses à la hausse
93, rue de Geôle
par rapport aux réponses à la baisse). L’agrégation des est faite selon
14052 CAEN CEDEX 4
le poids de chaque unité répondante au sein de la branche (en termes d’ef-Tél. : 02.31.15.11.00
fectifs et de chiffre d’affaires), ensuite par le poids respectif du secteur dans leFax : 02.31.15.11.80
total. Cette enquête de conjoncture est réalisée chaque mois auprès de 150 en-
www.insee.fr/basse-normandie treprises représentatives de l'industrie régionale.
Les indices de chiffre d’affaires sont calculés à partir des déclarations fisca-Directeur de la publication :
les mensuelles (source CA3) des entreprises dont le siège ou une partie im-Michel GUILLEMET
portante de leur activité sont situées dans la région. Les courbes représentent la
Service études et diffusion : tendance après desaisonalisation des valeurs brutes.
Julien BECHTEL
L’évolution des effectifs salariés est calculée à partir des données trimestriel-
les Urssaf. Les indices de variation sont exprimés en données désaisonalisées.Rédacteur en Chef :
Didier BERTHELOT Le taux de chômage, calculé en moyenne trimestrielle, est estimé au sens du
Bureau International du Travail (BIT) à partir de la nouvelle enquête emploi en
Secrétaire de Rédaction :
continu et en adoptant les critères européens plus restrictifs. Est définie commeCharles DESFOREST
chômeur toute personne qui déclare ne pas avoir travaillé au cours d’une se-
maine déterminée, être à la recherche active d’emploi et être disponible dans lesComposition PAO :
Marie-Isabelle LARDET, Françoise LEROND 15 jours qui suivent pour prendre un travail.
Crédit photos :
Comité régional du tourisme ; Chambre régio-
nale d'agriculture ; Comité départemental du
tourisme de la Manche ; Les membres du Pôle de Gestion Publique et de Développement Économique,regroupant
sous la responsabilité du Trésorier-Payeur Général, les services économiques de l’État en région,
Attaché de presse : ainsi que des institutions telles que la Caisse des Dépôts et Consignations et la Banque de France,
Philippe LEMARCHAND ont décidé en 2007 de s’associer pour réaliser conjointement une note de conjoncture trimes-
02.31.15.11.14 trielle.
La conduite de cette action a été plus particulièrement confiée à la Banque de France et à l’INSEE,
© INSEE 2009 à partir de données collectées auprès des différents partenaires.

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