Près d'un créateur sur dix est un jeune diplômé

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Il a obtenu son dernier diplôme dans la filière "économie, gestion, et droit" ou dans celles des "sciences et technique". Il a déjà travaillé avant de céder à son goût d'entreprendre.Tel est le profil le plus courant du jeune créateur d'entreprise. Malgré son niveau d'études il ne vient pas à bout aisément de la lourdeur et de la complexité des démarches. Une fois sur trois il choisit les services aux entreprises, et notamment les services informatiques, pour exercer son activité.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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économie Création d’entreprise en métropole Près d’un créateur sur
Il a obtenu son dernier diplôme dans la filière “économie, gestion Sourceet droit” ou dans celle des “sciences et techniques”. Il a déjà travaillé avant de céder à son goût d’entreprendre. Tel est le profil Les résultats présentés ici sont tirés de le plus courant du jeune diplômé créateur d’entreprise. Malgré deux enquêtes : SINE98 (Système d’information sur les nouvelles son niveau d’études il ne vient pas à bout aisément de la lourdeur entreprises) et EJD (enquête sur les et de la complexité des démarches. Une fois sur trois il choisit les jeunes diplômé). services aux entreprises, et notamment les services SINE apour objectif de suivre informatiques, pour exercer son activité. pendant cinq ans des générations d’entreprises nouvellement créées, qu’il s’agisse de créations pures ou de reprises. Pour SINE 98, c’est lan 1998, 286 000 jeunes achèvent Arts (arts plastiques, dessins, etc.), et a génération des entreprises créées enleur formationinitiale avec un L’enquête EJD est complémentaire àrieEdes créateurs), les Sciences de l’inforur. Beaucoup y voient un énorme ensuite créé dans le domaine artistique. 1998 qui est suivie. diplôme de l’enseignementsupé Dans la filière Sciences humaines (7 % l’opération SINE98. Elle vise à cerner vivier d’où pourraient émerger de futurs mation et de la communication ont forplus précisément le profil des jeunes créateurs d’entreprise. Sur les 160 000 mé le plus grand nombre de créateurs, diplômés créateurs d’entreprise et à créateurs d’entreprise recensés en 1998, qui choisissent le plus souvent le Con appréhender leurs conditions et on compte 8 % de jeunes diplômés de modes d’accès à la créationseil aux entreprises. l’enseignement supérieur. d’entreprise de manière plus fine. Au quatrième trimestre 2000, ont été Un tiers des jeunes diplômés créateursLa grande majorité a une réinterrogés tous les chefs d’entreprise sont des femmes, alors qu’elles repré expérience professionnelle ayant créé ou repris une entreprise en sentent 56 % des effectifs du supérieur. 1998 et qui : Les diplômes les plus fréquents sont les gEntre la fin de leurs études et la création ont répondus à l’enquête SINE98, BTS (28 % des créateurs d’entreprise) sont diplômés de l’enseignementde leur entreprise en 1998, la grande suivis des maîtrises, des DESS, des supérieur,majorité des jeunes diplômés ont occupé diplômes d’école d’ingénieur et des au moins un emploi. Leur situation ont au 1er janvier 1998, 31 ans g diplômes d’école de commerce et de durant cette période intermédiaire appa révolus maximum pour les créateurs gestion, qui rassemblent chacun entre raît comme un facteur important dans la diplômés du 1er cycle, et 34 ans 6 % et 7 % des créateurs. révolus maximum pour les créateurmise en place du projet. diplômés du 2è ou 3è cycle. Parmi les filières de formation condui Les cadres (24 % des créateurs) sont les gn’exercent pas l’une des activitéssant à la création d’entreprise, deux se plus diplômés ; 26 % d’entre eux ont un suivantes : médicales,détachent, “Economie, gestion et droit” diplôme BAC + 5 et 20 % un diplôme paramédicales, vétérinaires, deet “Sciences et techniques”, dont sont d’ingénieur. Ce sont eux qui créent le commerce de détail de produits originaires 40 % et 23 % des créateurs. plus souvent leur entreprise en associa pharmaceutiques,juridiques, tion avec un membre de celle où ils tracomptables, d’architecture.Dans la filière Littérature (10 % des vaillaient précédemment. Ils se conten créateurs), une minorité significative a L’enquête jeu nes diplô més est le fruit tent généralement d’une prospection de d’un partenariat entre la directionsuivi un cursus dans les domaines des régionale de Lorraine de l’Insee et unclientèle avant la mise en place de leur consortium universitaire comprenantprojet. Niveau de diplôme des jeunescréa teurs outre l’Université Henri Poincaré de d’entreprises Nancy 1, initiatrice de l’opé ra tion,Les indépendants (5 % des créateurs) l’Université Joseph Fourier –ont un niveau d’études qui dépasse rare Grenoble 1, l’Université Paris ment BAC + 3. En 1998, plus de la moi SudParis XI Orsay et l’Université tié d’entre eux n’en sont pas à leur preLouis Pasteur – Strasbourg 1. mière créationd’entreprise. Ils sont nombreux à avoir un associé, qui est souvent leur conjoint ou un membre de leur famille. C’est dans ce groupe que Les auteurs l’on trouve les projets mobilisant le plus de moyens financiers. gRolland TABOURIN appartient à Source : INSEE, enquête jeu nes di plô més l’Université Henri Poincaré Nany 1 Les membres des professions intermé gPhilippe DEBARD etdiaires (43 % des créateurs) constituent Le tiers des diplômés qui créent MarieFrançoise PARENT le groupe le plus nombreux. Près de une entreprise ont au moins le appartiennent à la Direction niveau bac + 5. Cependant 43 %60 % d’entre eux ont un niveau de régionale de Lorraine de l’INSEE.ont seulement bac +2. diplôme qui ne dépasse pas BAC + 2. Ils
économie dix est un jeune diplômé
Principales motivations ayant poussé les jeu nes diplîô més à la créa tion
Source : INSEE, SINE98, enquêtesJeunesdiplômés
Le goût d’entreprendre est la première motivation des jeunes diplômés.
s’appuient sur des organismes d’aide et de soutien à la création. Ils s’adressent souvent à des conseillers et ils suivent des formations spécifiques.
Les ouvriers (4 % des créateurs) sont essentiellement des hommes et ils ont le plus souvent un diplôme qui ne dépasse pas BAC + 2. Ce sont tous des créateurs novices. Ils débutent seuls ou avec un autre membre de leur famille, après avoir été les plus nombreux à suivre la formation obligatoiredispensée aux futurs artisans par les Chambres de Métiers. L’activité vers laquelle ils s’orientent en priorité est la construction.
Les personnes sans activité profession nelle (militaires du contingent, femmes au foyer … : 6 % des créateurs) font souvent appel à des compétences extérieures qu’elles proviennent d’organis mes d’aide et de soutien à la création ou de conseillers. C’est dans ce groupe que l’on rencontre le plus de petits projets, d’un montant inférieur à 10 000 francs, et orientés vers les nouveaux services.
Les “exétudiants” se lancent rarement sans préparation
Les créateurs qui se déclarent “étu diants” avant la création ne sont que 18 %. Ils se répartissent en trois groupes selon le niveau de diplôme.
Les exétudiants d’un BAC + 2 (5 %) ont souvent repris plutôt que créé une entreprise. Dans la phase de préparation
du projet, ils se tournent volontiers vers un autremembre de leur famille, vers un organisme d’aide et de soutien à la création, des conseillers ou des forma teurs. Par ailleurs, ce sont eux qui obtiennent le plus souvent des subven tions. Certains d’entre eux, au chômage, sont également bien placés pour l’obtention d’exonérationsliées à l’aide aux chômeurs pour la création et la reprise d’entreprise.
Les exétudiants ayant un diplôme de niveau BAC + 3 ou plus (11 % des créa teurs) sont ceux qui prennent le plus de précautions avant de démarrer leur entreprise. Ils ont une forte propension à réaliser des études financières, de marché et de prospection de clientèle.
Les anciens étudiants d’écoles d’ingé nieurs ou de commerce sont très peu nombreux (2 % des créateurs). Ils se démarquent des autres exétudiants par le niveau financier élevé de leur projet, souvent financé par emprunt. Un sur quatre a participé, avant son installation, à un concours sur la création d’entre prise ou d’activité alors que ce type de concours ne mobilise en moyenne qu’un jeune diplôme créateur sur vingt.
Les démarches source de difficulté
Moins de 1 % des jeunes diplômés créateurs d’entreprisedéclarent n’avoir rencontré aucune difficulté lors de la création de leur entreprise. La plupart des jeunes diplômés évoquent, comme source de difficulté première, la lourdeur et la complexité des démarches auprès des banques, des organismes de sécurité sociale, des centres de formalité des entreprises… Malgré leur niveau d’études, ils n’en viennent pas à bout aisé ment. La recherche de clientèle est aussi un problème pour la majoritédes créateurs. Les problèmes liés au montage financier sont surtout soulignés par les exétudiants BAC + 2, les anciens indépendants et les anciens ouvriers. La comptabilitégestion est une préoccupa tion pour les exétudiants de niveau BAC + 3 ou plus et pour les anciens cadres. En revanche, cette préoccupation est peu mentionnée par les anciens étu
diants d’écoles d’ingénieurs ou de com merce et par les anciens ouvriers. Figurent également parmi les difficultés, mais dans une moindre mesure, la recherche d’aides publiques, le montage juridique et la recherche de locaux adap tés.
Secteurs d’activité des créations
Source : INSEE, SINE98, en quê tes Jeu nesdiplomés
Les jeunes diplômés privilégient les services aux entreprises dans leur choix d’activité.
C’est surtout par l’activité choisie que les jeunes diplômés se distinguent des autres créateurs. Ainsi, les services aux entreprises constituent la première activité dans laquelle ils investissent. Les créations dans ce secteur y sont beau coup plus fréquentes que pourles autres créateurs (33 % contre 14 %). En parti culier, les jeunes diplôméscréateurs d’entreprise sont attirés par les activités innovantes, et notamment les services informatiques. Ils sont 15 % à se diriger vers ces activités, contre seulement 4 % pour l’ensemble des créateurs. C’est sur tout le cas des anciens étudiants d’écoles d’ingénieurs ou de commerce et des anciens cadres.
L’activité commerciale attire 25 % des jeunes diplômés et elle est la plus prisée chez les anciens étudiants d’écoles d’ingénieurs ou de commerce.
Rolland TABOURIN Pi lippe DEBARD et MarieFrançoise PARENT
(Extrait de INSEEPREMIÈRE n° 814  décembre 2001)
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