Provence-Alpes-Côte d'Azur : concilier attractivité et maîtrise de la consommation d'espace

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Avec deux millions d'habitants supplémentaires depuis 1962, Provence-Alpes-Côte d'Azur est une des régions les plus attractives de France. Si les communes de banlieue ont bénéficié de la moitié du gain démographique, la dynamique la plus forte se situe plutôt depuis une trentaine d'années dans les espaces périphériques. Malgré un regain de croissance des villes-centres depuis quelques années, les territoires périurbains et ruraux restent très attractifs. Ils bénéficient de migrations résidentielles internes à la région en provenance des centres urbains. La distance à parcourir pour passer sous le seuil de densité moyenne du périurbain s'accroît de plus en plus. Combiné à une offre accrue de logements individuels, cet essor de population influe sur la morphologie du territoire, notamment dans l'espace périurbain, où la consommation d'espace par habitant supplémentaire est la plus importante. Sommaire Depuis 1962, la population a doublé dans les banlieues et triplé dans le périurbain Les mouvements internes à la région renforcent les espaces périurbains et ruraux L'attrait de la périphérie pour les catégories sociales les plus aisées Le périurbain deux fois plus loin du centre urbain qu'il y a quarante ans Un nouveau ménage consomme trois fois plus d'espace dans le périurbain que dans les villes-centres L'habitat individuel, consommateur d'espace, se développe dans le périurbain Depuis 1962, la population a doublé dans les banlieues et triplé dans le périurbain Les mouvements internes à la région renforcent les espaces périurbains et ruraux L'attrait de la périphérie pour les catégories sociales les plus aisées Le périurbain deux fois plus loin du centre urbain qu'il y a quarante ans Un nouveau ménage consomme trois fois plus d'espace dans le périurbain que dans les villes-centres L'habitat individuel, consommateur d'espace, se développe dans le périurbain
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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SUD INSEE
N° 136 - novembre 2009 l'essentiel
Provence-Alpes-Côte d’Azur :
concilier attractivité et maîtrise de la
consommation d’espace
La population française est en augmen-Avec deux millions d’habitants
tation continue depuis l’après-guerre.
supplémentaires depuis 1962, Chronologiquement, après la fin de
l’exode rural, les banlieues ont attiréProvence-Alpes-Côte d’Azur est
beaucoup de monde. Puis est apparu le
une des régions les plus attractives phénomènedepériurbanisation,caracté-
riséparunedensificationprogressivedesde France. Si les communes de
couronnes périurbaines, rendant plus
banlieue ont bénéficié de la moitié
flouelafrontièreentreurbainetrural.La
maîtrise de l’étalement urbain, granddu gain démographique, la dyna-
consommateur d’espace, est devenue un
mique la plus forte se situe plutôt enjeu majeur dans les politiques d’amé-
nagement du territoire, en lien avec lesdepuis une trentaine d’années
objectifsduGrenelledel’environnement
dans les espaces périphériques.
en termes de développement durable.
Malgré un regain de croissance
des villes-centres depuis quelques Depuis 1962, la population
a doublé dans les banlieuesannées, les territoires périurbains
et triplé dans le périurbain
et ruraux restent très attractifs. Ils
Provence-Alpes-Côted’Azurfaitpartie,bénéficient de migrations rési-
avec ses voisines Rhône-Alpes et
dentielles internes à la région en Languedoc-Roussillon, des régions
provenancedescentresurbains.La
distance à parcourir pour passer
sous le seuil de densité moyenne
du périurbain s’accroît de plus en
plus. Combiné à une offre accrue
de logements individuels, cet essor
de population influe sur la mor-
phologie du territoire, notamment
dans l’espace périurbain, où la
consommation d’espace par habi-
tant supplémentaire est la plus
importante.
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dont la population a le plus augmenté Au jeu des comparaisons avec les En revanche, au jeu des migrations
depuis les années soixante. Elle est régions voisines, dont la population a résidentielles internes à la région, l’es-
passée,entre1962et2006,de2,8à4,8 également fortement crû depuis 1962, pace urbain est déficitaire Dans ses
millions d’habitants. Ce sont les com- Provence-Alpes-Côte d’Azur se situe, échanges avec les autres territoires ré-
munes de banlieue qui ont le plus con- pour chaque type d’espace ou de pé- gionaux, il perd sur la période 17 400
tribué à cette croissance, absorbant la riode, dans une position intermédiaire habitants au profit des couronnes pé-
moitié des deux millions d’habitants entre Rhône-Alpes et Languedoc- riurbaines et 10 400 à destination de
supplémentaires de la région. De 1968 Roussillon, à l’exception notable des l’espace rural. Ce dernier gagne égale-
à 1990, elles ont participé pour plus de couronnes périurbaines. Pour ces der- ment 2 000 habitants en provenance
60 %àl’augmentationdepopulationet nières, le taux de croissance démogra- des zones périurbaines. La possibilité
restent sur la période récente les espa- phiquedeProvence-Alpes-Côted’Azur d’accession à la propriété, notamment
ces qui attirent le plus grand nombre est du même ordre que celui de la ré- en logement individuel et à un coût
d’habitants. gion la plus dynamique, le Languedoc- moindre, sans trop s’éloigner des pôles
Roussillon. d’emplois grâce au progrès des infras-
tructures de transport, incite un nombre
grandissantderésidentsrégionauxàga-
gner ces territoires périphériques.Les mouvements internes
à la région renforcent les
espaces périurbains et ruraux L’attrait de la périphérie
pour les catégories
En cinq ans, Provence-Alpes-Côte sociales les plus aisées
d’Azur a gagné 63 000 habitants ve-
nant d’autres régions françaises. Tous En Provence-Alpes-Côte d’Azur,
les types de territoires, urbains, périur- comme àl’échellenationale,lesquali-
bains et ruraux, sont excédentaires. fications professionnelles progressent.
Les nouveaux venus dans la région Entre1999et2006,lenombredecadres
s’installent très majoritairement dans et de professions intermédiaires a trois
les pôles urbains, où se concentre fois plus augmenté que celui des em-
l’emploi. ployésetdesouvriers.LapartdesdeuxDans la même période, on assiste à la
montée en puissance des couronnes
périurbaines, dont la contribution à la
croissance démographique régionale
passede8 %à33 %.Ellesrestenttrès
dynamiques depuis 1990, gagnant au
total près de 350 000 habitants en
44 ans. Les villes-centres, dont l’ap-
port dans cette croissance était le plus
importantentre1962et1968,progres-
sentmoinsviteensuite,jusqu’àperdre
de la population à partir de 1975. Il
faut attendre les années 1990 pour
qu’elles renouent avec la croissance
démographique, timidement d’abord,
defaçonplusimportantedepuis1999.
Depuis 1962, les villes-centres de la
région ont gagné 400 000 habitants.
La population de l’espace rural croît
de façon modeste mais régulière de-
puis 1975. Il compte 160 000 rési-
dents supplémentaires depuis 1962.
Au total, depuis cette date, la
population des villes-centres a pro-
gresséde25 %,celledururalde60 %,
pendant que dans les banlieues elle
était multipliée par deux et dans les
couronnes périurbaines par trois.
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premières catégories dans l’ensemble intermédiaires est toujours très impor-
des catégories socioprofessionnelles tant dans les villes-centres, un mouve-
progresseainsidedeuxpointsalorsque ment vers la périphérie est perceptible
celle des employés baisse de plus d’un pour ces catégories sociales. Celui-ci
point et celle des ouvriers de plus de s’opère plutôt au profit des communes
deux.Oncompteen2006danslarégion de banlieue autour de Toulon et Nice,
72 cadresou professionsintermédiaires et des couronnes périurbaines pour
pour100ouvriersouemployés.Ceratio Avignon et Marseille.
était de 61, sept ans auparavant. Dans
l’ensemble des régions de province, il
Le périurbain deux foisest passé de 52 à 62.
plus loin du centre urbain
qu’il y a quarante ansCe rapport est beaucoup plus faible en
zone rurale et il y progresse moins vite.
Danslesvilles-centres,ilestlégèrement La croissance démographique et les
plus bas que dans l’ensemble de la ré- mouvements qu’elle engendre ont des
gion mais évolue comme lui. En re- conséquences sur l’étalement des ag-
vanche, le nombre de résidents cadres glomérations. La distance à parcourir
ou professions intermédiaires est supé- depuis leur centre pour passer sous un
rieur à la moyenne en banlieue et cou- certain seuil de densité de population mité des pôles, mais dont les aspects
ronnes périurbaines et le différentiel en est une illustration. Si l’on fixe ce paysagers ont déjà souvent un carac-
2s’accroît dans le temps: en 2006, on y tère rural. Cette distance a fortementseuil à 68 habitants au km (moyenne
recenseprèsde80cadresouprofessions augmenté dans les grandes aggloméra-des couronnes périurbaines de la ré-
intermédiaires pour 100 ouvriers et gion en 2006), on appréhende la dis- tions de Provence-Alpes-Côte d’Azur
employés,soittreizedeplusenseptans. tance à parcourir pour atteindre des en quarante ans.
Si le nombre de cadres ou professions espaces certes influencés par la proxi-
Dans l’ensemble du pays, cette dis-
tance a crû de façon continue jusqu’en
1990 pour stagner depuis. Les métro-
poles voisines de Rhône-Alpes (Lyon,
Saint-Etienne, Grenoble) sont dans le
profil national.
Pour les grandes villes de la région, en
revanche,cettedistancecontinued’aug-
menter jusqu’en 1999, voire 2006 pour
Niceet Avignon, pour lesquellesl’éta-
lementurbainsepoursuit.Ellesserap-
prochent en cela du comportement de
leursvoisineslanguedociennes,Nîmes
et Montpellier.
Marseille est un cas particulier, sa su-
2perficie de 240 km influant fortement
sur la distance à parcourir depuis son
centre pour passer sous le seuil de
densitéprécité.Cettedistance,déjàim-
portante en 1962 (22 kilomètres), aug-
mente plus vite que pour les autres
grandes villes-centres de la région jus-
qu’en 1990, puis moins rapidement
ensuite, pour s’établir à 39 kilomètres
en 2006. Par comparaison, pour Paris,
ce palier de densité se situe à 46 kilo-
mètres du centre de la ville, mais n’a
progressé que de neuf kilomètres de-
puis 1962.
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Pour un aménagement durablelescouronnespériurbaines.Cettediffé-Un nouveau ménage
La promotion d’un urbanisme plus équitable etrence importante traduit la rechercheconsomme trois fois plus
plus économe en espace comme en énergie estde conditions de vie différentes (mai-d’espace dans le périurbain que l’un des enjeux forts du Grenelle de l’environne-
son individuelle, jardin, etc.), associée ment.dans les villes-centres
Dans un contexte démographique dynamiqueà l’installation de ménages de plus
en Provence-Alpes-Côte d’Azur, la lutte contregrande taille. Dans les couronnes pé-
l’étalement urbain est une action incontour-Pourappréhenderleseffetsdeladémo- riurbaines, on rencontre en effet plus nable pour tendre vers un développement du-graphiesurlaconsommationd’espace, fréquemment des familles avec en- rable du territoire.
on étudie les surfaces directement Cette ambition nécessite un partage de lafants. La taille moyenne d’un ménage
connaissance des phénomènes à l’œuvre dansinfluencées par l’installation de popu- s’établit en 2006 à 2,47 personnes,
les territoires urbains, périurbains et ruraux quilation, c’est-à-dire les surfaces artifi- contre2,17à2,28danslesautrestypes composent l’espace régional. La compréhen-
cialisées. Elles se décomposent en sion des liens entre dynamisme démogra-d’espace de la région. Alors que la dé-
zones urbanisées (147 000 hectares phique, migrations, consommation de l’espace,cohabitation, liée au vieillissement de
évolutions socio-économiques des territoiresd’espaces structurés par les bâtiments la population ou aux nouveaux modes
est en effet une des bases nécessaires à laet voiries dans notre région), en zones devie,induitunebaissedelatailledes mise en œuvre d’un aménagement durable
industrielles et commerciales (32 000 comme à l’évaluation continue des résultats desménages, celle-ci est moins marquée
politiques publiques conduites à cette fin.hectares) et en espaces verts artifi- dans l’espace périurbain de la région :
cialisés, chantiers, décharges, etc. elle n’est que de - 18 % depuis 1962,
(16 000 hectares). En 2006, ces surfa- contre - 25 à - 27 % dans les autres moins de maisons individuelles dans le
ces artificialisées couvrent 6 % de la territoires régionaux. parc des résidences principales (un peu
région comme en Rhône-Alpes (4 %
plus de 40 %). Mais cette part tend à
en Languedoc-Roussillon). Depuis
augmenter avec les constructions neu-L’habitat individuel,2000, elles ont progressé de 4 400
ves: sur les 25000 à 30000 logementsconsommateur d’espace,hectares, dont 870 hectares dans les
construits en moyenne chaque année
villes-centres, 1 600 dans les se développe dans le périurbain
danslarégiondepuisvingt-cinqans,un
communesdebanlieueet1 150hecta-
peu plus de la moitié sont des maisons.
res dans les couronnes périurbaines. L’évolution de la structure de l’habitat
Etc’estdansletypedeterritoiresoùles
détermine fortement la consommation
enjeux sont les plus forts en termes de
Dans ces trois espaces, les zones urba- des espaces. En particulier, celle de
consommation d’espace, que les nou-
nisées,principalementàvocationd’ha- l’habitatindividuel,dontlacontribution
veaux logements individuels sont les
bitat, ont augmenté de 2 000 hectares. à l’artificialisation des sols est impor-
plus nombreux: dans le rural bien sûr,
Elles ont accueilli 145 000 ménages tante. Alors qu’entre 1992 et 2003, la
avec des parts de l’ordre de 70 % à
supplémentaires, dans des conditions prise au sol des logements collectifs est
80 %,maisaussietsurtoutdanslescou-2diverses de densité selon les types constante (environ 90 km ), celle des
ronnespériurbainesoù,bienqu’enléger
d’espace.Danslesvilles-centres,l’ins- logements individuels est passée de
reculdepuis1999,cetauxdépasse80%.2 2tallation de cent ménages supplémen- 850km à 1150 km . Provence-Alpes-
taires engendre une consommation de Côted'Azur,dont91%delapopulation
0,8 hectare en moyenne, contre 1,4 vit dans l'espace urbain ou périurbain,
hectareenbanlieueet2,5hectaresdans est la région de province qui compte le Philippe Pailler
Typologie des territoires de l’étude
Afin d’étudier l’évolution démographique et ses conséquences sur le territoire régional, celui-ci a été partitionné suivant une typologie issue du zonage en aires
urbaines et aires d’emploi de l’espace rural (ZAUER 1999) de l’Insee. On distingue dans l’étude :
- 24 villes-centres et 167 villes de banlieue, constituant les pôles urbains et regroupant 3,85 millions d’habitants (80 % de la population régionale),
- 279 communes formant les couronnes périurbaines, peuplées de 540 000 habitants (11 % de la population régionale),
- 39 pôles d’emploi de l’espace rural et 493 communes rurales ; l’espace rural dans son ensemble comptant 420 000 résidents (9 % de la population régionale).
Pour en savoir plus :
"RP 2006 - Provence-Alpes-Côte d'Azur : arrivée de familles et d'actifs". SUD INSEE l'essentiel n° 133, juillet 2009.
"RP 2006 - Les migrations entre départements : le Sud et l’Ouest toujours très attractifs". Insee première n° 1248, juillet 2009.
"La croissance périurbaine depuis 45 ans - Extension et densification". Insee première n° 1240, juin 2009.
"RP 2006 - P d'Azur : une région très urbaine, une croissance équilibrée". SUD INSEE l'essentiel n° 128, janvier 2009.
"RP 2006 - La croissance retrouvée des espaces ruraux et des grandes villes". Insee première n° 1218, janvier 2009.
Institut National de la Statistique et des Études Économiques
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Dépôt légal : novembre 2009 17, rue MenpentiDirecteur de la publication : Renan Duthion
N° ISSN : 1287-292X 13387 Marseille Cedex 10Chef du service Etudes et Diffusion : Valérie Roux
Téléphone : 04 91 17 57 57Réf. : SIE913632 Rédacteur en chef : Claire Joutard
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SUD INSEE l’essentiel figure dès sa parution sur le site Internet de l’Insee : www.insee.fr onglet régions (rubrique “Les publications”)
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