Quelques aspects de la création d'entreprises

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Cette étude figure in extenso dans l'édition 2000-2001 de l'Économie française, publiée en juin 2000 par l'INSEE aux éditions « Le Livre de poche » - collection Références. Chaque année 250 000 à 300 000 entreprises nouvelles sont créées en France, soit un peu plus du dixième des entreprises existantes. Dans le même temps, des entreprises disparaissent dans des proportions équivalentes. On parle souvent de destruction créatrice pour désigner ce renouvellement structurel du tissu productif français. En 1999, avec 269 000 entreprises nouvelles, le nombre des créations augmente, pour la première fois depuis 1994, mais sa progression reste modeste au regard de la vigueur de la reprise. Les secteurs les plus dynamiques en matière de création d'entreprises sont les services aux ménages et aux entreprises. Le dynamisme de l'entrepreneuriat dans ces secteurs a bien compensé l'atonie constatée par ailleurs.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Quelques aspects de la création d’entreprises
Cette étude figure in extenso dans l’édition 2000-2001 de L’Économie française,
publiée en juin 2000 par l’INSEE aux éditions « Le Livre de poche » - collection
Références. Un résumé est proposé ci-après.
Les tendances passées de la création d’entreprises
Chaque année 250 000 à 300 000 entreprises nouvelles sont créées en France, soit
un peu plus du dixième des entreprises existantes. Dans le même temps, des
entreprises disparaissent dans des proportions équivalentes. On parle souvent de
destruction créatrice pour désigner ce renouvellement structurel du tissu productif
français.
En 1999, avec 269 000 entreprises nouvelles, le nombre des créations augmente,
pour la première fois depuis 1994, mais sa progression reste modeste au regard de
la vigueur de la reprise. Les secteurs les plus dynamiques en matière de création
d’entreprises sont les services aux ménages et aux entreprises. Le dynamisme de
l’entrepreneuriat dans ces secteurs a bien compensé l’atonie constatée par ailleurs.
Ainsi, entre 1993 et 1998, le nombre des créations progresse de 13,2 % dans les
services aux ménages et de 10,4 % dans les services aux entreprises, alors que le
total recule de 1,7 %.
Jusqu’en 1995, le comportement de création d’entreprises s’est révélé étroitement
lié aux fluctuations de l’activité économique, mais dépendant aussi des aides
accordées aux créateurs d’entreprises. Entre 1987 et 1989, les effets de la bonne
orientation de l’activité l’emportent sur ceux de l’ACCRE (Aide aux chômeurs
créateurs d’entreprises) dont les conditions d’octroi deviennent plus restrictives. En
1994, l’ACCRE est relancée et renforce les effets stimulants de la conjoncture sur la
création d’entreprises. Puis, les conditions d’octroi de l’ACCRE sont de nouveau
resserrées, mais le redressement de la croissance au cours du passé récent limite
l’impact de ces restrictions. Toutefois, contrairement aux précédentes, la reprise
récente de l’activité ne s’est pas accompagnée d’un redressement marqué du
nombre de créations d’entreprises.
La dimension locale et sectorielle de la création d’entreprises
Le comportement de création d’entreprises s’exerce de façon différenciée tant au
niveau sectoriel qu’au niveau géographique : il dépend d’un certain nombre de
facteurs structurels caractérisant chaque secteur et varie aussi en fonction de
l’environnement économique et industriel local. Mais les effets de la dimension
sectorielle et ceux de la dimension locale ne sont pas indépendants. Ainsi, la création
d’entreprises pourrait être plus dynamique dans les départements du Sud-Est de la
France qui possèdent plus de d’hôtels, cafés et restaurants que la moyenne. Il est
possible d’analyser séparément l’impact des différents facteurs expliquant le
comportement de création en utilisant des techniques de régression. Afin d’éliminer
les effets d’échelle, on explique le rapport du nombre de créations au nombre2
d’entreprises existantes en fonction de variables explicatives sectorielles et
géographiques.
Le rôle du tissu industriel existant apparaît déterminant : l’augmentation du nombre
départemental de créations est plus que proportionnelle à celle du nombre initial
d’entreprises du secteur dans le département considéré. A densité d’entreprises
identique, le taux de création est également influencé par les variables reflétant la
taille du marché, telles que la population initiale du département, sa richesse et le
pourcentage d’actifs.
La diversité des productions locales a un effet positif sur le taux de création, en
exerçant un effet d’entraînement sur les nouvelles entreprises.
Les facteurs individuels et la survie des entreprises nouvellement créées
Du fait de la « sélection naturelle » liée au processus de destruction créatrice, toutes
les entreprises qui se créent n’ont pas les mêmes chances de survie. La longévité
d’une entreprise nouvelle dépend en premier lieu du capital initial. La taille du projet
est en soi un facteur explicatif, indépendamment de l’activité qui, toutefois, joue
aussi. En revanche, les effets du capital initial, du financement bancaire et des aides
sont fortement corrélés. Les aides n’ont d’impact que dans certaines situations
particulières, liées au niveau de diplôme du créateur ou à sa situation d’ancien
chômeur.
L’expérience du créateur dans le domaine d’activité de son projet est un facteur de
survie essentiel. En revanche, sa qualification a moins d’influence. Le niveau de
diplôme intervient surtout indirectement, notamment en facilitant l’obtention d’un prêt
bancaire. La manière dont le projet à été préparé, en termes de démarches et
d’études préliminaires, ne suffit pas à assurer la pérennité des entreprises. Les
entreprises à vocation locale ou régionale semblent avoir de plus grandes chances de
survie. Les créateurs qui sortent d’une période de chômage ne sont pas toujours
défavorisés, surtout lorsqu’ils ont pu obtenir des aides.3
L ’ÉCONOMIE FRANÇAISE
ÉDITION 2000 – 2001
L’Économie française – Édition 2000 – 2001
Éditions « Le livre de poche » - Collection Références
Juin 2000 – 224 pages
Cet ouvrage fait le point sur l ’économie française, à travers l’analyse des faits
marquants de l’année 1999, deux dossiers et quatorze fiches thématiques
L’Économie française a été rédigée par un ensemble de spécialistes de l’économie
appartenant à l’INSEE, à la direction de la Prévision du ministère de l’Économie, des
Finances et de l’Industrie, et à la Banque de France. L’ouvrage est disponible dans
toutes les grandes librairies ainsi que dans les points de vente de l’INSEE, à Paris et en
région, au prix de 40 francs (éditeur : Le Livre de Poche, collection Références, 224
pages).

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