Recherche et développement en Haute-Normandie : Un secteur privé fortement présent, une recherche publique peu développée

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En 2003, la recherche et développement en Haute-Normandie emploie 6 200 personnes. Rapportées au PIB, les dépenses de recherche et développement placent la région en douzième position et au sixième rang pour la seule dépense privée. Trois emplois sur quatre proviennent des entreprises : les secteurs de haute et moyenne-haute technologie sont très présents grâce à l'aéronautique et à la chimie. La recherche publique, moins développée, est essentielement présente dans les universités : trois quarts des dépenses en sont issues. Dans les administrations, les chercheurs sont plus représentés qu'au plan national, comme les ingénieurs dans les entreprises. Huitième région pour son nombre de brevets par habitant, la Haute-Normandie est cependant moins active en publications scientifiques.
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N° 54 - Avril 2006
Lettre
statistique
et
économique
de Haute-Normandie
RECHERCHE ET COMPÉTITIVITÉ
RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT EN HAUTE-NORMANDIEINDUSTRIELLE :
UNE POLITIQUE DE PÔLES
Enjeu majeur, rappelé lors des derniers Un secteur privé fortement présent,
Conseils européens, le développement
de la recherche fait partie des priorités une recherche publique
des futurs contrats de projet Etat - Ré-
gions et a donné lieu à une loi de pro- peu développée
gramme pour la recherche adoptée par le
Parlement en avril. Michaël LÉVI-VALENSIN
Les débats qui ont eu lieu en 2004 dans
les régions à l’occasion des Etats géné-
raux de la Recherche ont notamment
DÉPENSES DE RECHERCHEEn 2003, la recherche etconduit à des réflexions sur la dimension
ET DÉVELOPPEMENT EN NIVEAUdéveloppement enterritoriale ou régionale de la recherche. ET EN PART DU PIB RÉGIONAL EN 2003
Haute-Normandie emploie 6200Une des caractéristiques françaises est la
personnes. Rapportées au PIB,forte concentration dans quatre régions :
les dépenses de recherche etl’Ile-de-France, Rhône-Alpes, Pro-
vence-Alpes-Côte d’Azur et Midi-Pyré- développement placent la
nées. La situation des autres régions de région en douzième position et
province doit être appréciée dans ce au sixième rang pour la seule
contexte. En %dépense privée. Trois emplois
La Haute-Normandie se caractérise par le 2,0sur quatre proviennent des
1,5faible poids de la recherche publique, entreprises : les secteurs de
1,0principalement universitaire. En effet, la haute et moyenne-haute
recherche haut-normande, très intégrée
technologie sont très présents
aux entreprises, s’appuie essentiellement
grâce à l’aéronautique et à la
sur ses structures industrielles. La création
chimie. La recherche publique,des « pôles de compétitivité » (qui combi-
moins développée, estnent les entreprises, les centres de forma-
essentiellement présente danstion et les unités de recherche) s’appuie
les universités : trois quarts des DENSITÉ DE RECHERCHE EN 2003sur certains de ses points forts : Logis-
(publique et privée)tique Seine Normandie le long de l’axe dépenses en sont issues. Dans
séquanien, Cosmetic Valley (en paraphar- les administrations, les
macie) dans le sud de l’Eure et très ré- chercheurs sont plus
cemment, Moveo (moteurs) à vocation représentés qu’au plan national,
mondiale. Ces pôles constituent une véri- comme les ingénieurs dans les
table opportunité pour concilier le déve- entreprises. Huitième région
loppement économique avec les activités pour son nombre de brevets par
de recherche et d’innovation dans la habitant, la Haute-Normandie
région.
est cependant moins active en
publications scientifiques.
Michaël LÉVI-VALENSIN
Division « Aménagement du territoire »
n Haute-Normandie, en 2003, la
Chercheurs + ITAEdépense intérieure de recherche
pour 1 000 habitantsNombre de chercheurs
et développement (DIRD) régionale + ITA en 2003
5,5
s’élève à 601 millions d’euros, soit 1,4 % 134 500
4,0
38 000du PIB régional. La Haute-Normandie est 2,5
la 12e région métropolitaine pour l’inten-S O MM A IRE -
sité de recherche en 2003. Classée 89e
sur 228, elle se situe dans le deuxièmeÉCONOMIE
-En équivalent temps plein, 6 200 perRECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT quart des régions européennes. Il appa-
EN HAUTE-NORMANDIE sonnes travaillent dans le secteur de laraît une certaine dualité entre recherche
Un secteur privé fortement présent, recherche et développement (hors dé-publique et privée. En intensité, la régionune recherche publique peu développée . . . . . 1
fense) : 2 700 chercheurs (y c. boursiers)se classe au 20e rang national pour les
CONJONCTURE et 3 500 ingénieurs d’études, techniciensdépenses des institutions publiques,
TABLEAU DE BORD et administratifs (ITA). Pourtant, selonmais est mieux placée (6e) pour cellesDE LA HAUTE-NORMANDIE AU 31 DÉCEMBRE 2005
certains indicateurs, les chercheurs sontLe chômage poursuit sa baisse. . . . . . . . . . . . . . 6 des entreprises.
ÉCONOMIEQUELQUES CHIFFRES-CLÉS trois quarts des effectifs haut-normands
Rang de la de la recherche et développement contre
Haute- Haute-
à peine plus de la moitié dans laNormandie Normandie France Province
moyenne des régions. Ainsi, laDIRD (en millions d’euros) 13 601 33 300 19 000
Part de dépense privée (%) 2 83,8 65,0 62,0 Haute-Normandie est classée 3e région
Part des universités dans la dépense publique (%) 5 76,3 35,8 41,6 après la Picardie et la Franche-Comté.
Part de la DIRD dans le PIB (intensité) (%) 12 1,43 2,13 1,81
Parmi ces emplois, les chercheurs sont
Emplois R&D (ETP) 15 6 170 337 300 202 700
proportionnellement moins nombreux,Nombre de chercheurs pour 1 000 habitants 14 1,5 3,1 2,3
Part des effectifs de recherche privée (%) 3 76,5 57,3 55,8 un tiers contre environ la moitié dans les
Proportion de chercheurs (%) 21 43 56 55 autres régions. Les personnels ITA sont de dans la recherche publique (%) 4 57,0 49,6 50,5
ainsi majoritairement présents dans lesProportion de chercheurs dans la recherche privée (%) 20 35,1 52,1 49,1
Part des emplois privés dans les entreprises entreprises.
de plus de 1 000 salariés (%) 6 57,1 57,8 50,3
Nombre moyen de brevets pour 10 000 habitants (2000-2003) 8 1,64 2,25 1,73
Source : MENESR - Année 2003 ; INPI UNE RECHERCHE PRIVÉE SURTOUT
ORIENTÉE VERS LA HAUTE-TECHNOLOGIE
relativement peu représentés dans la Haute-Normandie qu’ailleurs. La dé-
région : sur 1 000 actifs occupés, on ne pense intérieure des entreprises Les secteurs de haute et de
compte que 3,5 chercheurs et 1,5 cher- (DIRDE) représente 83 % de la DIRD moyenne-haute technologie représen-
cheurs pour 1 000 habitants, plaçant la tent une part très importante de la dé-globale. C’est même la deuxième région
Haute-Normandie respectivement aux après la Franche-Comté pour la part du pense privée (81 % du total en 2003)
15e et 14e place des régions françaises. secteur privé dans les dépenses de dans la région : en particulier, les indus-
tries pharmaceutiques et chimiques yrecherche.
En 10 ans, entre 1993 et 2003, l’in- sont plus développées qu’au niveau na-
TROIS QUARTS DES EMPLOIS tensité de la recherche privée a stagné tional. A l’opposé, seuls 2 % de cette dé-
DANS LA RECHERCHE PRIVÉE alors qu’elle a globalement progressé
dans les régions de province. Ainsi, PART DE LA DÉPENSE PRIVÉE
DE RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENTGrâce à de fortes spécificités indus- après une hausse entre 1993 et 1999,
DANS LE TOTAL EN 2003 ET RÉPARTITIONtrielles, la recherche privée est générale- l’effort de recherche s’est affaibli (- 10 %)
PAR TAILLE D’ENTREPRISES
ment plus développée en entre 2000 et 2001. Cette baisse est la
plus forte de toutes les
régions après la Bour-
DÉPENSES TOTALES DE RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT gogne. A la suite de la
EN % DU PIB EN 2002 cessation totale d’activi-
té de certaines grosses
entreprises, notamment
En %dans les secteurs de la
80chimie et des biens
65d’équipement, la
55
Haute-Normandie a
perdu du terrain face
aux autres régions. Ce-
pendant, depuis 2001,
elle se renforce, par une s : secret statistique
hausse des dépenses
privées supérieure à la
PART DES DÉPENSES PUBLIQUESmoyenne nationale.
DE RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT
En 2003, au plan
DANS LE PIB EN 2003
national, 53 % des dé-
penses de la recherche
sont consacrées au per-
sonnel. En dix ans,
dans la région, les ef-
fectifs ont suivi la même
évolution que ces dé-
penses. En particulier,
depuis 2001, ils ont pro-
gressé trois fois plus
qu’au plan national.
Fort de 4 700 em-
En % du PIBplois, le secteur privé
1,3prédomine également
0,6
0,3en termes de moyens
Source : Ministère de l’Education nationale
humains. Il rassemble Direction de la Programmation et du Développement 2003
2 AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 54 - Avril 2006
IGN - Insee 2006ZOOM SUR LA RÉGIONDÉFINITIONS
La notion de fonction métropoli-
La Recherche et le Développement expérimental NOMBRE D’EMPLOIS DE LA FONCTION RECHERCHEtaine supérieure (1) est une ap-
(R&D) englobent les travaux entrepris dans le but EN 1999 DANS LES AIRES URBAINESproche différente qui permet de
ET PART DANS L’EMPLOI TOTALd’accroître la somme des connaissances ainsi que
localiser en partie les emplois de
l’utilisation de ces travaux pour la fabrication de
recherche aux recensements de
nouveaux produits.
1990 et 1999. Il s’agit des ingé-
nieurs et cadres techniques de re-
La Dépense Intérieure de Recherche et Développe-
cherche, d’études ou de
ment (DIRD) mesure l’exécution de la recherche sur
développement dans les établisse-
le territoire national (masse salariale des person-
ments industriels, de chercheurs
nels de R&D, dépenses de fonctionnement dépen-
de la recherche publique et d’em-
ses en capital) quelle que soit l’origine des fonds.
plois supérieurs des établisse-
ments de recherche et
Effectifs de R&D
d’enseignement supérieur.
Pour mesurer les effectifs de R&D, l’étude s’appuie
En 1999, la seule aire urbaine de
sur les données du Ministère de l’Éducation natio-
Rouen totalise 40% des emplois
nale, de l’Enseignement supérieur et de la Re-
supérieurs de recherche et la com-
cherche. Les effectifs de R&D se décomposent en
mune de Mont-Saint-Aignan re-
deux populations : les chercheurs d’une part, les
groupe à elle seule un quart des
personnels de soutien technique ou administratif
effectifs de la région en raison du
d’autre part. Parmi les chercheurs sont inclus les
pôle universitaire et du CNRS.
enseignants-chercheurs, les ingénieurs de
L’Université de Rouen est répartie
recherche, les administratifs de haut niveau et les
sur 6 sites dont Mont-Saint-Aignan,
boursiers impliqués dans des activités de R&D.
Rouen et Saint-Etienne-du-Rou-
Pour le Ministère de l’Éducation nationale et de la
vray. Malgré la prédominance des
Recherche, les effectifs sont mesurés en équivalent
deux principales aires urbaines, les
temps plein.
activités de recherche sont très
Dans les données du recensement de la population,
concentrées à Vernon et à
les effectifs mesurés donnent un comptage des
Val-de-Reuil (notamment EADS De-
personnes indépendamment du temps de travail.
fence et le Bassin d’Essais des
Carènes).
ETP : équivalent temps plein. Afin de tenir compte
Quelques centres de recherche
de la pluralité des activités exercées, les effectifs
comptent plus de 300 emplois : à
sont pondérés en fonction du temps consacré aux
Vernon, le LRBA spécialisé en mis-
activités de R&D. Ils sont ainsi comptabilisés en
siles stratégiques et tactiques, le
“équivalent temps plein” (ETP), notion utilisée plus
centre international de toxicologie Enfin, avec une centaine d’emplois,spécialement dans les universités où les ensei- Mont-Saint-Aignan (recherches(CIT) situé à Miserey dans l’agglo-
gnants partagent leur temps de manière égale entre Gournay-en-Bray ettransdisciplinaires sur les pepti-
mération ébroïcienne, à Serquigny Notre-Dame-de-Gravenchon, se dis-enseignement et recherche. des). D’autres structures (entre 100
le CERDATO en plastiques et tinguent respectivement grâce àet 200 emplois) sont sous la tutellepolymères. des entreprises d’équipements au-Brevets selon l’origine : Sont comptabilisés les dé- du pôle universitaire rouennais par-
Parmi ces grands établissements, tomobiles et de chimie.pôts de brevets par voie nationale auprès de l’Insti- mi lesquelles l’INSERM, le CORIAon peut ajouter des centres privés
tut national de la propriété industrielle et par voie (combustion et plasmas) à
comme le CERT d’Harfleur intégré à
européenne auprès de l’Observatoire européen des Saint-Etienne-du-Rouvray et
l’usine Total (pétrole et raffinage)
brevets. L’origine géographique de l’invention est l’IRCOF (chimie organique fine) qui (1) Les emplois métropolitains supérieurs enou qui dépendent de l’Université de
repérée par l’adresse de résidence de l’inventeur. Haute-Normandie / Aval ; Insee Haute-Nor-dépend du CNRS.
Rouen comme l’IFRMP à mandie.- n°48 (2005, oct)
Les industries manufacturières sont classées par
l’OCDE en quatre ensembles :
Haute technologie : aérospatial, électronique, ma-
chines de bureau et ordinateurs, pharmacie, instru-
ments médicaux, de précision, d’optique et UN DÉFICIT DE CRÉATIONS D’ENTREPRISES
d’horlogerie
DANS LES SECTEURS INNOVANTSMoyenne-haute technologie : matériel profession-
nel, automobile, chimie, transport, machines électri-
ques (hors communication) et non électriques Le périmètre des secteurs innovants pharmacie industrielle. Il s’agit de représentent 75 % des salariés et
(hors bureau)
comprend les secteurs liés aux TIC secteurs caractérisables par un de- 98% des entreprises “ innovantes ”.
Moyenne-faible technologie : caoutchouc et plasti- (Technologies de l’information et de gré significatif d’innovation techno- En 2004, 1,6 % des entreprises relè-
ques, raffineries de pétrole, métaux non ferreux,
la communication) : secteurs pro- logique tel que mesuré par leurs vent des secteurs innovants, au 13eproduits minéraux non métalliques, sidérurgie, ou-
ducteurs de technologies de l’infor- dépôts de brevets répartis par do- rang national.vrages en métaux, construction navale, autres in-
mation, la fabrication d’ordinateurs maine technologique (au sens de A titre de comparaison, au plan na-dustries manufacturières
et de matériel informatique, les sec- l’étude “technologies clés pour l’in- tional, en 2004, le taux de créationFaible-technologie : papier, imprimerie et édition,
teurs distributeurs de technologies dustrie française à l’horizon 2000” - pure d’entreprises innovantes est detextiles, habillement et cuir, alimentation, boissons
et tabac, bois et meubles. de l’information, le commerce de Extrait du Tableau de bord de 15,5 % et de 12,5 % sur l’ensemble
gros de matériel informatique et les l’innovation-Sessi). des secteurs. En Haute-Normandie,
services de technologies de l’infor- il s’élève à 13,5 % contre 11,8 % sur
pense proviennent des secteurs de faible mation. Les autres secteurs regrou- Sur la période 2000-2005, les sec- l’ensemble des secteurs. Les pre-
pent quelques sous-ensembles de la teurs liés aux TIC rassemblent 84 % mières indications pour 2005 mon-technologie (contre environ 20 % en
chimie (gaz industriels, chimie orga- des salariés des entreprises “inno- treraient une poursuite de la
Basse-Normandie grâce à l’agroalimen- nique et inorganique de base, maté- vantes” françaises. En Haute-Nor- croissance de ces créations.
taire). Les dépenses sont également très riel plastique) ainsi que la mandie, ces mêmes secteurs
faibles dans les services, contrairement
à la Bretagne et à la Basse-Normandie. QUELQUES INDICATEURS SUR LES ENTREPRISES “INNOVANTES” EN 2004
En 2003, sur cinq secteurs, la Haute-
Normandie Rang ProvinceHaute-Normandie est la région la plus
Part des entreprises des secteurs innovants dans l’ensemble des entreprises 1,6 13 1,8
spécialisée en “Pharmacie-Chimie”
Part des créations pures d’entreprises des secteurs innovants dans le total 2,9 21 3,7
après l’Ile-de-France et Rhône-Alpes
Taux de création pure des entreprises des i 13,5 22 17,4
avec 40 % de ses dépenses privées,
Source : INSEE - SIRENE - Champ ICS Unités : nombre, %
deux fois plus qu’au plan national. La
AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 54 - Avril 2006 3branche “Aérospatial-Electronique” ractéristique de régions proches, du nordDES TECHNOLOGIES-CLÉS
occupe une place majeure (30 % des ef- et de l’est : Picardie, Nord - Pas-de-CalaisDANS DIFFÉRENTS DOMAINES
fectifs et des dépenses) mais tout et Champagne-Ardenne.DE COMPÉTENCES
comme au niveau national. Comparés à la moyenne nationale,Un rapport récent du Ministère des Finances et de
l’Observatoire des Sciences et Techniques dresse un Sur un champ plus large, en 25 bran- les chercheurs de la recherche publique
état des lieux en 1998 sur 119 technologies-clés identi- ches, les activités de recherche en entre- haut-normande sont davantage présents
fiées que les régions doivent maîtriser en 2005. Ces
prises sont assez bien réparties dans la avec six emplois sur dix, alors que les
technologies sont associées à certains des 24 champs
mesure où aucun secteur économiquede compétence scientifique (sur la base des publica- boursiers ne sont que 10 %. En 2003,
tions) et des 30 champs de compétence technologique ne semble prédominant : les trois bran- parmi les effectifs publics, la région est
(à partir des brevets européens).
ches les plus importantes regroupent à 4e pour sa proportion de chercheurs
La Haute-Normandie, par un profil proche de la Picardie
peine la moitié des moyens humains et fi- alors qu’elle n’est que 20e dans lesou du Centre, est moyennement active en technologie
et faiblement active en sciences malgré une progres- nanciers. La première d’entre elles, entreprises.
sion conséquente dans ces deux domaines depuis “Construction aéronautique et spatiale” Entre 1998 et 2003, la Haute-Nor-
1995. Mais, d’après ce rapport, elle n’a pas de base
constitue moins de 25 % des dépenses, mandie est la région dont les effectifs descientifique et technologique suffisante pour contrôler
en grand nombre les technologies clés. Ainsi, la derrière une douzaine de régions. recherche publique ont le plus augmenté.
Haute-Normandie possède toutes les compétences Enfin, deux tiers de la dépense privée En effet, les emplois ainsi que les dépen-
technologiques dans 12 technologies clés parmi 119,
provient des entreprises de plus de ses ont augmenté deux fois plus qu’auparmi lesquelles « Alliages de polymères » et « Moteurs
thermiques ». 1 000 salariés, ce qui représente 57 % plan national (respectivement + 24 % et
Dans aucune compétence scientifique, la région ne dé- des chercheurs, des chiffres identiques à + 44 %) notamment grâce aux autres ca-
passe 3 % de publications nationales. Néanmoins, elle
la moyenne nationale. Cette dépense est tégories (hors chercheurs et boursiers)est parmi les plus actives dans des champs aussi di-
issue pour plus de la moitié de groupesvers qu’Optique et imagerie (7e région), Génie chimique, parmi lesquelles les ingénieurs d’études
Chimie, Mécanique et construction, Neurosciences, français, à l’image de l’Ile-de-France et et les techniciens.
Informatique et Mathématiques.
des régions du sud. A la fin 2002, la Haute-NormandieSes domaines de compétence technologique (mesurés
par la part nationale de brevets européens) sont très ci- compte 1 145 enseignants-chercheurs.
blés. Ils dépassent 4 % en Moteurs (2e région et 16 % du L’âge moyen de ces chercheurs de l’en-
total national) grâce aux laboratoires du Technopôle
FAIBLE PRÉSENCE D’UNE RECHERCHE seignement supérieur, comme ceux du
énergétique-mécanique du Madrillet CORIA et CERTAM,
PUBLIQUE DOMINÉE PAR LES CNRS et de l’INSERM, est de 46 ans, unen Chimie macromoléculaire (3e et 10 %) particulière-
ment à l’URCOM du Havre, en Traitement de surfaces UNIVERSITÉS des plus faibles à l’instar d’autres régions
(4e et 8 %) et Textiles (5e et 6 %) : ces secteurs sont de du nord. Enfin, la parité est assez bien
surcroît en forte progression.
La Haute-Normandie se classe parmi respectée. En 2003-2004, 40 % des
les trois dernières régions pour la re- chercheurs de l’enseignement supérieur
cherche publique, faiblement présente et des EPST sont des femmes (6e place).LES COOPÉRATIONS
aussi bien en part de dépenses totales ré- La Haute-Normandie est dans laINTERRÉGIONALES
gionales qu’en intensité. Mais sa composi- moyenne des régions quant à la propor-Le programme Seine-Aval (8 régions du Bassin Pari-
sien) est un important programme de recherche ap- tion est singulière. Les EPST (1), tion de femmes aux postes de directeurs
pliquée dans le domaine de l’eau et de la protection de principalement le CNRS et l’INSERM, sont et professeurs d’université (soit une
l’estuaire de la Seine. peu présents (moins de 100 emplois) et ne femme sur cinq).Le réseau MPP s’oriente autour des domaines des ma-
regroupent que 10 % des chercheurs pu- Par grands domaines, la recherchetériaux, des polymères et de la plasturgie.
Le réseau LARC-neurosciences concerne les centres de blics (20e place). Quant aux EPIC (2), publique est un peu moins orientée vers
recherche de Rouen, Caen, Lille et Amiens ainsi que BRGM (3) et IFREMER (4), ils ont moins les sciences du vivant (22 %) et plus pré-
d’autres régions françaises.
de 10 chercheurs (hors boursiers) et leurs sente qu’au plan national en sciencesLe réseau Punch’Orga s’organise autour du pôle univer-
sitaire normand et de la chimie organique. dépenses intérieures sont quasi nulles humaines et sociales (37 %).
Le réseau Imagerie Métabolique et Fonctionnelle réunit depuis 1992. En conséquence, la re-
Rouen et Caen.
cherche universitaire occupe une place
prépondérante. Neuf emplois publics sur UN DÉPÔT DE BREVETS PLUS ACTIF QUE
dix et trois quarts de la dépense publique LA PRODUCTION SCIENTIFIQUELES MESURES DE SOUTIEN
(contre un tiers au plan national) sont le faitET DE FINANCEMENT
des universités. C’est également une ca- Le développement des entreprisesDepuis 1983, le Crédit d’Impôt Recherche est une incita-
tion fiscale destinée aux entreprises afin de stimuler est de plus en plus lié à leur
l’effort de recherche privée. En Haute-Normandie, en capacité à s’approprier l’in-
2002, il concerne 1,8 % des déclarants français (17e
novation technologique : leplace), 1,6 % des bénéficiaires (16e) et 1 % du montant RÉPARTITION DES DÉPENSES PUBLIQUES DE RECHERCHE
(11e). brevet permet de mesurerSELON LE TYPE D’ORGANISME EN 2003
L’intégration des jeunes diplômés dans les entrepri- cet effort d’innovation.
ses est facilitée par les conventions industrielles de for-
L’Office Européen desmation par la recherche (CIFRE) destinés aux jeunes Haute-Normandie
doctorants et les conventions de recherche pour les Brevets (OEB) établit des
techniciens supérieurs (Cortech) dans les PME-PMI. En statistiques par domaine des
2000, la Haute-Normandie bénéficie d’un nombre plus France entière
important de conventions CIFRE (14 sur 720 au plan na-
tional - 9e place) que de Cortechs (9 sur 360 - 17e (1) Etablissements publics à caractère
Provinceplace). Mais, entre 1981 et 2004, 165 entreprises et 132 scientifique et technologique (INSERM,
laboratoires haut-normands ont accepté des CIFRE, INRA, INED,CNRS...)
0 20 40 60 80 100respectivement 15e et 19e région. Enfin, entre 2001 et (2) Etablissements publics à caractère
industriel et commercial (CEA, CNES...)2002, la recherche publique civile correspond à seule-
Universités CNRS EPST (hors CNRS) EPIC Autres (3) Bureau de recherches géologiquesment 1 % du budget total de la région, soit 2,7 euros par
et minièreshabitant (contre 5,7 euros pour la France métropoli-
Source : Ministère de l’Education nationale Unité : % (4) Institut français de recherches pourtaine), ce qui la situe à la 21e place au niveau national.
Direction de la Programmation et du Développement 2003 l’exploitation de la mer
4 AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 54 - Avril 2006PROFIL DISCIPLINAIRE DE LA PRODUCTION SPÉCIALISATION DES DEMANDES DE BREVETS
EN HAUTE-NORMANDIE PAR DOMAINE EN 2001SCIENTIFIQUE HAUT-NORMANDE EN 2001
Sciences de l’univers Electronique-Electricité NOUS AVONS LU POUR VOUS0,5 2 NOUS A
Recherche Biologie appliquée- Procédésmédicale 0 1 InstrumentationEcologie industriels
-0,5 0 L’INSERTION DES JEUNES
HAUT-NORMANDS DANS LA VIE-1 -1PhysiqueChimie
ACTIVEChimie- Pharmacie-
Matériaux Biotechnologies
6 052 élèves sortis du système éducatif
académique au cours ou à la fin de l’annéeMathématiques Biologie fondamentale
scolaire 2002-2003 ont été interrogés en jan-
Consommation desMachines -Mécanique-Sciences pour vier 2004 dans le cadre de l’enquête « Inser-
ménages-BTPTransportsl’ingénieur
tion vie active » et 3 532 questionnaires ont
été collectés. Au moment de l’enquête, l’âge
Source : données OEB, traitements OSTSource : données ISI, traitements OST moyen de ces élèves répondants est 20 ans.
Quelle que soit la formation suivie, une majori-
Indice de spécialisation sectorielle : l’indice de spécialisation est le ratio du poids de la région dans un domaine par rapport au poids de la
région tous domaines confondus. Lorsque cet indice est positif, la région est spécialisée dans le domaine (comme la Recherche médicale) car il té des répondants possède une ou deux
a un poids supérieur à sa moyenne tous domaines confondus. années de retard dans leur scolarité. Plus d’un
Note : la recherche médicale est 34% plus présente dans l'ensemble des publications scientifiques qu'au plan national jeune sur quatre est en recherche active
d’emploi et près de deux sur cinq sont en
études ou en apprentissage.
Parmi les répondants, des différences entrescientifiques occupent une placebrevets déposés “par voie européenne ”.
les deux sexes apparaissent. Les filles sontmoindre que la production technolo-En 2001, 2,4 % des brevets comptabili-
31 % à rechercher un emploi contre 25 % pour
gique, au même niveau que la Bour-sés par cette voie sont issus d’équipes
les garçons. En revanche, 28 % des filles et
gogne ou la région Poitou-Charentes.domiciliées en Haute-Normandie, la si-
33 % des garçons poursuivent leurs études.
Malgré une des plus fortes progressionstuant à la 9e place des régions françai- Moins de 4 % des élèves déclarent être totale-
ses. Depuis 1996, la région profite d’une depuis 1996, on compte deux fois moins ment inactifs, c’est-à-dire ni en poursuite
de publications par habitant qu’au planhausse du nombre de ses brevets euro- d’études - formation initiale ou apprentissage -
national (20e région).péens de 15 points supérieure à la ni en emploi et/ou recherche active.
moyenne nationale juste derrière En termes de publications, la région
L’insertion professionnelle des jeunes dans la
est très spécialisée en “Recherche médi-l’Auvergne. vie active : enquête “insertion vie active” :
cale”, première place, puis en “Chimie” .Par ailleurs, d’après l’Institut national constats pour l’Académie de Rouen au 1er fé-
vrier 2004 / Service des Prévisions Statisti-Enfin, la “Biologie appliquée-Ecologie”de la propriété industrielle (INPI), en
ques et d’Études Rectorales. - In : Note(21e région) et les “Sciences de l’uni-2003, 280 demandes de brevets ont été
d’information. - N° 04/05 (2005, nov.) ; 12 p.
vers” sont plutôt sous-représentéesdéposées“par la voie nationale” dans la
région soit 1,6 % du total national et
2,3 % du total de province. Les brevets
LA SITUATION HYDROLOGIQUEseinomarins et eurois sont en nombre
EN HAUTE-NORMANDIEpresqu’égal en 2003. Sur la période POUR EN SAVOIR PLUS
2000-2003, on compte en moyenne 1,6
La pluviométrie, cumulée de septembre Les données d’effectifs et de dépenses sont
brevets nationaux pour 10 000 habitants,
2005 à février 2006, est globalement défici-issues des enquêtes annuelles du Ministère de
ce qui place la Haute-Normandie au 8e taire en Haute-Normandie, comparée à lal’Education nationale, de l’enseignement supé-
rang national. Ce positionnement relati- norme en période hivernale : - 7 % à Rouen,
rieur et de la recherche (MENESR) disponibles
vement favorable est à rapprocher du - 8 % à Evreux et - 22 % à Dieppe.
sur http://cisad.adc.education.fr/reperes
niveau et de la progression de la re- Pourtant, les nappes phréatiques ou aqui-
Note Recherche n°06.01 : Les configurations fères enregistrent une hausse de leurs ni-cherche privée.
régionales des activités de recherche et déve- veaux au mois de février, aussi bien dansLa production technologique
loppement en 2003 / Ministère de l’Education l’Eure qu’en Seine-Maritime. Cependant, leshaut-normande, mesurée par les bre-
nationale, de l’enseignement supérieur et de recharges enregistrées restent faibles, et la si-vets, est spécialisée dans quelques do-
la recherche .- In : Note recherche.- (2006, tuation de la nappe correspond à un état de
maines technologiques ciblés : 3e région
janv) .- 6 p. basses eaux marqué. Par conséquent, le défi-
en “Procédés industriels” et 4e en
cit annoncé de la recharge hivernale
La recherche scientifique française : les per-“Chimie-Matériaux”. Elle est très faible en 2005-2006 se confirme et les possibles préci-
sonnels enseignants-chercheurs et les cher-“Instrumentation” (dernier rang), “Elec- pitations « efficaces » des mois de mars et
cheurs des EPST / Rapport de l’Observatoiretronique-Electricité” et “Pharmacie-Bio- avril ne devraient pas permettre de le combler.
des sciences et des techniques.-Paris : OST, oc-technologies” avec 1 % des brevets
Bulletin de situation hydrologique / cellule hy-tobre 2003.- 29 p.nationaux, malgré la bonne présence de
drométrie ; DIREN Haute-Normandie. - ( 2006,
Indicateurs de sciences et de technologies /ce secteur en termes d’emplois. fév.) ; 3 p.
Observatoire des et des techniques.-En Haute-Normandie, le stock de
Paris : Economica, 2004.- 481 p.connaissances maîtrisées n’est pas véri-
Nelly LANNEFRANQUE
tablement au niveau de son développe- Régions et technologies-clés. Quelles straté-
Corinne MARISSIAUX
gies ? / rapport de la DIGITIP .- Paris : éd dement industriel. Avec 1,3 % des
l’industrie (2004, nov)publications nationales, les publications
AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 54 - Avril 2006 5

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