Recomposition du tissu productif de la région Nord-Pas-de-Calais - Impact des transferts

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Entre 1996 et 2001, les mouvements avec les autres régions françaises ont un très faible impact sur le stock d'établissements et d'emplois du Nord-Pas-de-Calais. En revanche, la région se distingue par une forte mobilité à l'intérieur de ses frontières : 300 établissements déménagent en moyenne chaque année entre 1996 et 2001 pour 10 000 présents dans le stock. Ces transferts sont le fait d'établissements plutôt récents, appartenant le plus souvent au secteur des services aux entreprises ou au commerce de gros. Dans les trois quarts des cas, ils concernent la banlieue des unités urbaines. Ils participent par ailleurs au desserrement urbain en augmentant le nombre d'établissements et d'emplois des zones périurbaines au détriment des villes-centres. Les mouvements sont particulièrement nombreux au sein de l'aire urbaine de Lille.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Entre 1996 et 2001, les mouvements avec les autres régions françaises ont un très faible impact sur
le stock d’établissements et d’emplois du Nord-Pas-de-Calais. En revanche, la région se distingue
par une forte mobilité à l’intérieur de ses frontières : 300 établissements déménagent en moyenne
chaque année entre 1996 et 2001 pour 10 000 présents dans le stock. Ces transferts sont le fait
d’établissements plutôt récents, appartenant le plus souvent au secteur des services aux entreprises
ou au commerce de gros. Dans les trois quarts des cas, ils concernent la banlieue des unités
urbaines. Ils participent par ailleurs au desserrement urbain en augmentant le nombre
d’établissements et d’emplois des zones périurbaines au détriment des villes-centres.
Les mouvements sont particulièrement nombreux au sein de l’aire urbaine de Lille.
Les transferts d’établissements constituent un des aspects les plus visibles de la stratégie
des entreprises. Dans cette étude, un transfert correspond au déplacement géogra-
phique à l’intérieur du territoire français métropolitain de la totalité des moyens de
production d’un établissement. Il se concrétise par la fermeture complète de l’établis-
sement de départ, suivie de la création ex-nihilo d’un nouvel établissement au lieu
d’arrivée. Le déplacement peut avoir lieu entre deux communes différentes, ou au sein
de la même commune. Cette définition ne prend pas en compte certains types de
mouvements comme les transferts partiels de production (cf. Définitions). Elle exclut
également les déplacements vers l’étranger d’une production initialement implantée
en France, c’est-à-dire les délocalisations [1]. De même, les arrivées de l’étranger dans
le Nord-Pas-de-Calais ne sont pas abordées dans ce chapitre, sauf si elles transitent
par un siège parisien par exemple. Mais cet aspect est appréhendé dans le deuxième
chapitre par le biais des prises de participation et de la nationalité du centre de décision.
Les facteurs qui peuvent inciter un établissement à déménager sont nombreux : évolution
de l’activité, réorganisation de l’entreprise, modification de la surface occupée, coût des
locaux, de la taxe professionnelle ou des salaires, qualifications disponibles, ou encore
proximité des clients ou des fournisseurs (cf. encadré « Les raisons des transferts »).
La compréhension de ces mouvements d’établissements constitue un enjeu impor-
tant, car en faisant ressortir les différences d’attrait entre zones géographiques, les
déplacements d’activité transforment et recomposent le tissu économique régional.
La grande majorité des Trois types de transferts concernant la région peuvent être distingués : il s’agit soit
transferts se fait à d’un établissement implanté dans une autre région venu s’installer dans le Nord-
l’intérieur de la région Pas-de-Calais (transfert en entrée dans la région), soit d’un établissement ayant quitté le
Nord-Pas-de-Calais (transfert en sortie de la région), soit d’un établissement qui a
déménagé à l’intérieur de la région. Un tel type de transfert est dit « interne », ou
« intrarégional ».
En moyenne, chaque année entre 1996 et 2001, ces trois mouvements ont concerné
3 940 établissements du champ privé marchand et 16 720 emplois (cf. tableau 1).
Ceux-ci se décomposent en 14 850 emplois salariés et 1 870 non salariés estimés
(cf. Méthodologie). La majeure partie de ces transferts (89%, soit 3 519 établissements
en moyenne chaque année) a eu lieu à l’intérieur de la région. 5% ont été effectués en
entrée dans la région (194 établissements) et 6% en sortie (227 établissements). La
région se distingue des autres de ce point de vue. En effet, après l’Alsace, c’est dans
le Nord-Pas-de-Calais que les transferts en entrée et en sortie pèsent le moins par
rapport au total des déménagements.
Insee Nord-Pas-de-Calais 25 Dossiers de ProfilsN° 80 - Mars 2006Tableau 1 : Transferts d’établissements concernant le Nord-Pas-de-Calais : à l’intérieur de la région
et avec les autres régions entre début 1996 et fin 2001
(1)Nombre d’emplois estimés
Nombre d’établissements
concernés par les transferts
transférés entre début 1996 et entre début 1996 et fin 2001 en
fin 2001 en moyenne annuelle
moyenne annuelle
(2) 15 5103 519Transferts à l’intérieur de la région
421 1 210 avec les autres régions :
- En provenance d’ r (entrées) 194 560
- Depuis le Nord-Pas-de-Calais (sorties) 227 650
3 940 16 720Ensemble des transferts
Champ : établissements du secteur marchand non agricole.
Précaution de lecture : Le nombre d'emplois estimés est fondé sur l'effectif des établissements avant le transfert. Compte tenu de la variabilité des
effectifs au cours de ces mouvements, les emplois estimés sont à utiliser uniquement comme ordre de grandeur.
(1) Y compris non-salariés (cf. méthodologie).
(2) Réalisés entre deux communes différentes ou à l'intérieur de la même commune.
Source : Insee - Sirene
Faible volume des Le volume des transferts d’établissements entre le Nord-Pas-de-Calais et les autres
mouvements régions est faible. En effet, les 194 établissements entrant dans le Nord-Pas-de-Calais
d’établissements avec en moyenne chaque année entre 1996 et 2001, représentent moins du tiers des entrées
les autres régions que connaissent les régions Île-de-France, Provence-Alpes-Côte d’Azur et
Rhône-Alpes. Ces dernières dépassent les 600 établissements en entrée(cf.carte2et
tableau 2). Les établissements qui déplacent leur activité dans le Nord-Pas-de-Calais
viennent principalement de deux régions : l’Île-de-France et la Picardie, qui représentent
respectivement 45% et 13% des entrées d’établissements dans la région (cf. carte 1).
Tableau 2 : Transferts d'établissements en entrée et en sortie des différentes régions
en moyenne annuelle entre début 1996 et fin 2001
Nombre d’établissements Nombre d’établissements
Solde d’établissements
entrant dans la région sortant de la région
1 305 2 245 -939Île-de-France
795 546 +249Provence-Alpes-Côte d’Azur
611 550 +62Rhônes-Alpes
432 288 +144Languedoc-Roussillon
378 311 +66Centre
367 252 +116Aquitaine
365 271 +95Pays de la Loire
323 232 +92Midi-Pyrénées
279 189 +90Bretagne
276 267 +9Picardie
212 171 +41Bourgogne
195 204 -9Haute-Normandie
194 227 -34Nord-Pas-de-Calais
192 155 +36Poitou-Charentes
164 143 +20Basse-Normandie
128 103 +25Auvergne
119 131 -12Champagne-Ardenne
109 148 -39Lorraine
107 140 -33Alsace
78 85 -7Franche-Comté
70 58 +12Limousin
38 21 +17Corse
Champ : établissements du secteur marchand non agricole.
Source : Insee - Sirene
Dossiers de ProfilsN° 80 - Mars 2006 26 Insee Nord-Pas-de-CalaisLe constat est similaire pour les sorties d’établissements du Nord-Pas-de-Calais. La
région, avec 227 départs d’établissements en moyenne chaque année, retient davantage
ses établissements que l’Île-de-France, Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte
d’Azur, qui perdent plus de 550 établissements (cf. carte 3 et tableau 2). Ces départs du
Nord-Pas-de-Calais sont dirigés pour 34% vers l’Île-de-France et 12% vers la Picardie
ainsi que Provence-Alpes-Côte d’Azur (cf. carte 1).
Un impact limité des Ces échanges, peu importants en entrée comme en sortie, sont équilibrés. Ainsi, au
transferts avec les final, en moyenne chaque année de début 1996 à fin 2001, le solde des transferts
autres régions sur la (cf. Méthodologie) est pour la région de 34 établissements et de l’ordre d’une centaine
période d’emplois estimés (cf. Méthodologie) en moins. La perte est limitée par rapport à
l’Île-de-France qui perd 939 établissements (cf. tableau 2), toutefois le
Nord-Pas-de-Calais ne profite pas des transferts comme Provence-Alpes-Côte
d’Azur, région de France métropolitaine qui gagne le plus d’établissements grâce aux
transferts (249 en moyenne chaque année).
Pour 10 000 établissements présents dans le stock, 16 établissements en moyenne
chaque année viennent s’implanter dans la région (cf. carte 2). Ce rapport est appelé
taux d’entrée (cf. Méthodologie). Seule la Lorraine a un taux d’entrée plus faible que la
région Nord-Pas-de-Calais. De la même façon, pour 10 000 établissements présents,
le nombre de sorties s’élève à 19, ce qui situe la région parmi celles ayant le plus faible
taux de sortie (cf. Méthodologie) avec la Bretagne et les régions du Sud-Ouest. Il est
frappant de constater un parallèle entre ce constat sur les transferts d’établissements
et celui des échanges migratoires : la région perd des habitants certes mais surtout en
gagne très peu [2]. Les deux logiques pourraient d’ailleurs se recouper partiellement,
tant il est vrai qu’un déménagement d’établissement peut engendrer des mobilités
résidentielles et qu’une stratégie personnelle peut à l’inverse entraîner des transferts
d’établissements, dans le cas des professions libérales ou indépendantes par
exemple. Malgré un impact très faible au regard des stocks d’établissements et d’emplois
régionaux présents, les transferts jouent en revanche un rôle dans la recomposition
territoriale du tissu économique du Nord-Pas-de-Calais par des changements de
répartition des activités au sein de la région.
Tableau 3 : Transferts d'établissements à l'intérieur de chaque région
en moyenne annuelle entre début 1996 et fin 2001
Nombre d’établissements transférés à
(1)l’intérieur de chaque région
Île-de-France 28 589
Provence-Alpes-Côte d’Azur 9 732
Rhônes-Alpes 9 271
Aquitaine 4 187
Languedoc-Roussillon 4 158
Pays de la Loire 3 717
Midi-Pyrénées 3 645
Nord-Pas-de-Calais 3 519
Bretagne 3 038
Centre 2 367
Alsace 2 088
Lorraine 1 994
Poitou-Charentes 1 696
Bourgogne 1 486
Haute-Normandie 1 462
Picardie 1 377
Auvergne 1 328
Basse-Normandie 1 247
Champagne-Ardenne 1 133
Franche-Comté 1 009
Limousin 612
Corse 295
(1) Transferts entre deux communes différentes ou à l'intérieur de la même commune.
Champ : établissements du secteur marchand non agricole.
Source : Insee - Sirene
Insee Nord-Pas-de-Calais 27 Dossiers de ProfilsN° 80 - Mars 2006Dossiers de ProfilsN° 80 - Mars 2006 28 Insee Nord-Pas-de-CalaisUne propension à la Le volume des transferts à l’intérieur du Nord-Pas-de-Calais s’élève à 3 519 établisse-
mobilité à l’intérieur de ments, qui représentent 15 510 emplois, en moyenne chaque année entre 1996 et
la région assez forte 2001. Hormis le cas particulier de l’Île-de-France, deux régions se détachent nettement,
Provence-Alpes-Côte-d’Azur et Rhône-Alpes, avec plus de 9 200 transferts intra-
régionaux en moyenne chaque année entre 1996 et 2001 (cf. tableau 3). Ensuite vient
l’Aquitaine, avec près de 4 200 déménagements, soit environ 700 de plus qu’en
Nord-Pas-de-Calais.
Par rapport au stock, la mobilité des établissements dans la région est forte : pour
10 000 établissements présents, 300 déménagent à l’intérieur de la région en moyenne
chaque année (cf. carte 4). Ce ratio traduit une propension à déménager relativement
forte dans le Nord-Pas-de-Calais par rapport aux autres régions de France métropolitaine.
Seules l’Île-de-France et Rhône-Alpes connaissent une mobilité plus élevée, avec
respectivement 460 et 380 établissements qui déménagent en moyenne chaque
année pour 10 000 présents dans le stock. Ces régions à forte mobilité interne sont
souvent des régions densément peuplées où il existe de nombreux bassins de
consommation et donc de nombreux marchés.
Les déplacements d’activité à l’intérieur d’une même commune ayant moins
d‘influence sur la redistribution des établissements sur le territoire régional,
l’analyse portera désormais uniquement sur les établissements qui, au sein de la
région, ont changé de commune, c’est-à-dire 50% du nombre total de transferts.
Les services aux Indépendamment d’autres variables susceptibles d’influencer le transfert comme
entreprises et le l’effectif salarié, le statut, l’ancienneté et la catégorie d’espace (cf. carte dans la partie
commerce de gros plus Définitions), les transferts intrarégionaux sont plus fréquents pour les activités de services
mobiles aux entreprises (conseils et assistance, services opérationnels), le commerce de gros,
intermédiaires ainsi que les transports (cf. tableau 4).
Certains secteurs, comme les activités de conseils et assistance, ne sont pas liés à un
marché local de consommation, et peuvent donc gérer leur activité indépendamment de la
distance les séparant des personnes pour lesquelles ils travaillent. Par ailleurs, les activités
les plus mobiles sont souvent parmi les secteurs les plus créateurs d’entreprises, ce
qui est le cas pour le secteur conseils et assistance [3].
Parmi les activités les moins mobiles se trouvent les hôtels et restaurants ainsi que le
commerce de détail, réparations, secteurs pour lesquels les reprises sont particulière-
ment fréquentes. Ce sont des activités qui s’implantent au cœur de la demande car
elles produisent des biens ou services directement consommés par la population rési-
dente. D’autres secteurs d’activité peu enclins à déménager correspondent à des
ressources liées au territoire, comme dans le secteur eau, gaz, électricité et les
industries agricoles et alimentaires.
Les établissements de La différence de comportement est également très marquée selon l’ancienneté : les
moins d’un an ont une établissements récents bougent plus souvent à l’intérieur de la région que les autres.
plus forte probabilité En effet, à secteur d’activité, effectif salarié, statut de l’établissement et catégorie
d’être transférés d’espace d’implantation donnés, un établissement de moins d’un an a une probabilité
5,3 points supérieure d’être transféré que s’il avait entre cinq et dix ans (cf. tableau 4).
Effectivement, un établissement récent a des besoins particuliers car il est en période de
croissance. Il cherche souvent des locaux plus adaptés à son activité, plus grands pour
prendre en compte une augmentation du nombre de salariés, ainsi qu’une meilleure
implantation, en termes d’accessibilité du site ou de proximité des fournisseurs par
exemple.
Insee Nord-Pas-de-Calais 29 Dossiers de ProfilsN° 80 - Mars 2006Tableau 4 : Influence des caractéristiques des établissements pour les transferts
à l'intérieur du Nord-Pas-de-Calais entre deux communes différentes
Écart de la
probabilité Nombre de Part dans les
estimée à la transferts transferts
Modalité
situation de entre 1996 et entre 1996 et
(1)référence en 2001 2001 en %
points de %
+5,6 36 0,3Industrie des composants électriques et électroniques
+1,7 2 084 17,8Conseils et assistance
+0,8 670 5,7Services opérationnels
+0,8 1 428 12,2Commerce de gros, intermédiaires
+0,7 288 2,5Industries des équipements mécaniques
+0,5 152 1,3Édition, imprimerie, reproduction
+0,5 793 6,8Transports
(2)réf. 1 760 15,0Construction
-0,3 90 0,8Industries des équipements du foyer
Industrie textile -0,4 87 0,7
Activités immobilières -0,4 273 2,3
Chimie, caoutchouc, plastiques -0,5 50 0,4
Métallurgie et transformation des métaux -0,8 159 1,4
Habillement, cuir -1,0 66 0,6
Industries du bois et du papier -1,2 45 0,4 des produits minéraux -1,5 38 0,3Secteur
Postes et télécommunications -1,5 23 0,2d’activité
Activités récréatives, culturelles et sportives -1,6 214 1,8
Éducation -1,8 166 1,4
Santé, action sociale -2,0 1 150 9,8
Commerce et réparation automobile -2,2 279 2,4
-2,7 1 153 9,8 de détail, réparations
-2,7 303 2,6Services personnels et domestiques
-3,0 166 1,4Industries agricoles et alimentaires
-3,4 2 0,0Eau, gaz, électricité
-4,0 98 0,8Hôtels et restaurants
(3) n.s. 15 0,1Pharmacie, parfumerie et entretien
n.s. 15 0,1Industrie automobile
n.s. 5 0,0Construction navale, aéronautique et ferroviaire
n.s. 89 0,8Industries des équipements électriques et électroniques
n.s. 2 0,0Production de combustibles et de carburants
n.s. 11 0,1Recherche et développement
+0,4 5 454 46,60 salariéEffectif
1 à 9 salariés réf. 5 197 44,4
salarié
10 à 49 n.s. 929 7,9
50 à 199 salariés n.s. 119 1,0
Plus de 200 salariés -3,0 11 0,1
0 à moins d’1 an +5,3 2 353 20,1
1 à moins de 3 ans +3,6 3 935 33,6
3 à moins de 5 ans +2,1 1 978 16,9Ancienneté
5 à moins de 10 ans réf. 2 160 18,4
10 ans et plus -3,1 1 284 11,0
Guide de lecture : La décision de transférer un établissement est soumise à l'influence de multiples facteurs qui peuvent interagir. Ce modèle
économétrique permet de mesurer l'influence propre des caractéristiques des établissements sur la probabilité de déménager. Ainsi, à secteur
d'activité, effectif salarié, statut de l'établissement et catégorie d'espace d'implantation donnés, un établissement de moins d'un an a une
probabilité de 5,3 points supérieure d'être transféré que s'il avait entre 5 et 10 ans.
Le choix de la référence peut être pris de manière arbitraire. Pour le secteur d'activité par exemple, nous avons choisi la construction, secteur
assez mobile.
Champ : établissements du secteur marchand non agricole.
(1) Entre deux communes différentes.
(2) Modalité de référence.
(3) Non significatif : Cette situation peut apparaître quand l'effectif est particulièrement faible (pharmacie, parfumerie et entretien par exemple), ou
lorsque l'écart avec la référence n'est pas assez important, auquel cas le signe est non interprétable (comme pour l'industrie des équipements
électriques et électroniques).
Source : Insee - Sirene
Dossiers de ProfilsN° 80 - Mars 2006 30 Insee Nord-Pas-de-CalaisLes grands Lorsque le type d’activité, l’ancienneté, le statut et la catégorie d’espace d’implantation de
établissements se l’établissement sont pris en compte, l’effectif salarié n’a pas une grande influence sur la
déplacent moins probabilité de bouger, sauf dans le cas des grands établissements (plus de 200 salariés).
Ceux-ci ont une probabilité de déménager à l’intérieur de la région inférieure de trois
points aux établissements composés de 1 à 9 salariés (cf. tableau 4). Les grands éta-
blissements bougent peu en raison de l’importance de leurs infrastructures. Il est pour
eux plus facile d’effectuer des transferts partiels de production, non pris en compte
dans cette étude, qui se concrétisent par la création d’un nouvel établissement, dans
lequel une partie seulement des moyens de production de l’établissement d’origine est
déplacée. De plus, les grands établissements déménagent moins loin que les autres :
parmi les établissements de plus de 50 salariés qui se sont déplacés au sein de la région,
76% ont déménagé à moins de 10 km et 92% à moins de 20 km.
Une forte proportion de Les banlieues des pôles urbains, telles que définies dans le zonage des aires urbaines,
transferts tant en jouent un rôle pivot dans les transferts d’établissements en raison de leur situation
arrivées qu’en départs géographique, comme espace de transition entre les villes-centres et les couronnes
concerne les banlieues périurbaines (cf. carte des catégories d’espace dans la partie Définitions). En volume, les
des pôles urbains banlieues ont un poids important dans les transferts d’établissements. En effet, les
trois quarts des transferts effectués à l’intérieur de la région concernent cette catégorie
d’espace : un quart des déménagements intrarégionaux a lieu à l’intérieur même des
banlieues, un quart en sortie de ces territoires et un quart en entrée (cf. tableau 5). Par
ailleurs, ces mouvements représentent 81% des emplois concernés par un transfert à
l’intérieur de la région.
Les échanges sont ainsi particulièrement nombreux entre les banlieues et les villes-
centres : 79% des arrivées en banlieues proviennent de ces zones et 74% des départs
de banlieues sont effectués vers des villes-centres. De manière plus générale, les
transferts se font essentiellement à l’intérieur des aires urbaines, qui comprennent les
villes-centres, les banlieues et les couronnes périurbaines. Ces déménagements
représentent 88% des transferts à l’intérieur de la région et 93% des emplois concernés
par un déménagement à l’intérieur du Nord-Pas-de-Calais. Ce phénomène s’explique
par la forte densité urbaine du
Tableau 5 : Transferts d'établissements à l'intérieur du Nord-Pas-de-Calais par catégorie d'espace
en moyenne annuelle entre début 1996 et fin 2001
Arrivée
Communes
Villes-centres BanlieuesDépart Couronnes Communes de l’espace
des pôles des pôles Total
périurbaines multipolarisées à dominante
urbains urbains
rurale
Villes-centres des pôles urbains 161 381 61 24 12 639
Banlieues des pôles urbains 359 491 92 26 10 978
195Couronnes périurbaines 46 75 55 15 4
Communes multipolarisées 25 20 9 24 8 86 de l’espace à dominante rurale 12 7 4 7 24 54
Total 603 974 221 96 58 1 952
Champ : établissements du secteur marchand non agricole.
Source : Insee - Sirene
Insee Nord-Pas-de-Calais 31 Dossiers de ProfilsN° 80 - Mars 2006Une recomposition des Selon le secteur d’activité concerné, les mouvements d’établissements ne concernent
activités sur le territoire pas les mêmes territoires et participent à un phénomène de recomposition des activités.
Les couronnes périurbaines gagnent ainsi des établissements en industries agricoles
et alimentaires (IAA), industries des équipements mécaniques, commerce de gros,
intermédiaires ainsi qu’en transports. Pour ces activités, les établissements supplé-
mentaires renforcent la spécialisation des couronnes périurbaines dans ces secteurs.
Le périurbain gagne également des établissements supplémentaires dans des activités
peu présentes au départ en termes de salariés, c’est le cas dans l’industrie des équipe-
ments électriques et électroniques, ainsi que dans le commerce et la réparation
automobile.
Par contre, en habillement, cuir, les établissements quittent la périphérie et s’installent
davantage dans les villes-centres. Les activités immobilières se distinguent également en
banlieue où de nombreux établissements viennent s’implanter tandis qu’ils partent des
villes-centres et des couronnes périurbaines. Pour l’habillement, cuir, les établissements
s’installent où l’activité était déjà fortement représentée en termes de salariés, tandis
que c’est le contraire pour les activités immobilières.
Encadré : Un impact souvent marginal des transferts sur la recomposition des territoires :
l’exemple du secteur conseils et assistance
Les transferts contribuent au renouvellement du tissu productif régional. S’ils renforcent le regroupement d’établissements
d’une même activité, les déménagements d’établissements participent à la spécialisation des territoires. Au contraire,
lorsque les transferts implantent d’autres secteurs d’activité, le tissu productif s’en trouve diversifié.
Dans certains cas, les transferts contribuent à augmenter la part d’un secteur d’activité dans le même sens que les créations
et les cessations. Ainsi, en conseils et assistance, secteur où les transferts sont particulièrement nombreux, la zone d’emploi
de Roubaix-Tourcoing gagne, sur l’ensemble de la période entre début 1996 et fin 2001, 125 établissements par transferts,
ainsi que 520 par le jeu des créations et cessations.
Renouvellement du stock d'établissements de la zone d'emploi
de Roubaix-Tourcoing en conseils et assistance entre 1996 et 2001
Champ : établissements du secteur marchand non agricole.
Source : Insee-Sirene
Dans d’autres cas, les déménagements ont un effet contraire aux créations et cessations. La zone d’emploi de Lille en
conseils et assistance en est un parfait exemple : les transferts font perdre à la zone 154 établissements sur l’ensemble de la
période début 1996 fin 2001, tandis que par le jeu des créations et des cessations, il résulte un gain de 922 établissements.
Il est donc difficile de conclure à un impact significatif des transferts sur la spécialisation des territoires, la dynamique relevant
davantage des créations et cessations, qui concernent des volumes plus importants d’établissements.
Dossiers de ProfilsN° 80 -Mars 2006 32 Insee Nord-Pas-de-CalaisUn bilan global faible En regard des autres mouvements tels que les créations et les cessations (cf. exemple
mais au bénéfice du du secteur conseils et assistance en encadré), ces transferts ont un impact marginal sur
périurbain le stock d’établissements et d’emplois des différents espaces. Ce faible impact contribue
néanmoins au desserrement urbain par un mouvement d’étalement des établissements
du centre vers la périphérie des aires urbaines. En effet, le périurbain gagne quelques
établissements et emplois par les transferts : en moyenne chaque année entre 1996 et
2001, 23 établissements pour 10 000 présents dans leur stock, tandis que les banlieues
n’en gagnent qu’un seul et les villes-centres en perdent 8. En périphérie, ces établis-
sements peuvent trouver des avantages concurrentiels en termes d’espace et de coût
pour leurs locaux, sans que cela nuise aux relations avec leurs clients et fournisseurs.
Une mobilité plus À l’intérieur du Nord-Pas-de-Calais, les échanges sont particulièrement nombreux
forte dans l’aire au sein d’un polygone central (cf. carte 5) constitué de la métropole lilloise, des aires
urbaine de Lille urbaines de l’ex-bassin minier (Béthune, Douai-Lens et Valenciennes), complétées
par celles d’Arras, Armentières et Merville. Au sein de cet espace, les déménagements
s’effectuent entre agglomérations juxtaposées ou reliées par d’importantes infras-
tructures de transport. Ils ressemblent en cela aux nombreux déplacements
journaliers qui caractérisent une zone de fort peuplement. Ainsi, un zonage quasi-
ment identique avait été identifié dans l’étude des flux domicile - travail [4], où les aires
urbaines de Bailleul et d’Hazebrouck faisaient également partie de la zone. Avec un peu
plus de 1 380 transferts en moyenne chaque année entre 1996 et 2001, le territoire de ce
« polygone » concentre 71% des déménagements entre communes différentes du
Nord-Pas-de-Calais. Un autre système particulier, beaucoup moins important que le
précédent, se dessine le long de la zone littorale entre les aires urbaines de Dunkerque,
Calais, Boulogne-sur-Mer et Étaples. L’aire urbaine de Dunkerque joue le rôle de
charnière entre le polygone et la zone littorale.
Carte 5 : Principaux mouvements d'établissements concernant les aires urbaines
du Nord-Pas-de-Calais entre 1996 et 2001 en moyenne annuelle
Insee Nord-Pas-de-Calais 33 Dossiers de ProfilsN° 80 - Mars 2006Le territoire du polygone central est de plus en plus sujet aux transferts sous l’effet de la
plus forte mobilité dans l’aire urbaine de Lille : entre 1996 et 2001, 210 établissements
déménagent à l’intérieur de l’aire urbaine de Lille en moyenne chaque année pour
10 000 présents ; ils étaient déjà 180 à déménager en entre
1990 et 1995. L’aire urbaine de Lille est la quatrième aire urbaine de France la plus
mobile en termes de transferts effectués à l’intérieur de la zone entre 1996 et 2001,
après Annecy, Paris et Lyon. Par ailleurs, les déplacements d’activité au sein de l’aire
urbaine de Lille représentent 51% du total des emplois concernés par un transfert à
l’intérieur du Nord-Pas-de-Calais, alors que cette zone contient 36% du stock régional
d’emplois.
Intensité des échanges Au sein de l’aire urbaine de Lille, beaucoup de transferts concernent la commune de
entre les communes de Roubaix, et dans une moindre mesure celle de Lille : Roubaix compte 330 entrées et
Lille et Roubaix 190 sorties en moyenne chaque année pour 10 000 établissements dans le stock de la
commune (120 entrées et 170 sorties en moyenne chaque année pour Lille, pour
10 000 établissements dans le stock). Le flux le plus important a lieu de Lille vers Roubaix
(cf. carte 6) : en moyenne chaque année entre 1996 et 2001, 27 établissements ont
déménagé de Lille vers Roubaix contre la moitié seulement (13) dans l’autre sens.
Cependant, au final, le bénéfice de Roubaix dans ses échanges avec Lille est faible,
en établissements mais surtout en emplois : 35 établissements et 14 emplois supplé-
mentaires en moyenne chaque année pour Roubaix pour 10 000 présents. Le gain
d’établissements de Roubaix dans ses échanges avec la commune de Lille est princi-
palement dû au secteur conseils et assistance qui représente à lui seul plus de la
moitié du bénéfice.
De nombreux transferts sont également effectués entre Lille et les communes limitro-
phes (Villeneuve-d’Ascq, Marcq-en-Baroeul, La Madeleine, etc.) ainsi qu’entre
Roubaix et les communes alentour, notamment Tourcoing. Roubaix gagne des éta-
blissements dans tous ses échanges, exactement à l’inverse de Lille.
Carte 6 : Principaux mouvements d'établissements entre les communes
des zones d'emploi de Lille et de Roubaix-Tourcoing
entre 1996 et 2001 en moyenne annuelle
Dossiers de ProfilsN° 80 - Mars 2006 34 Insee Nord-Pas-de-Calais

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