Une année 2003 sans tonus

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En France, la croissance en moyenne annuelle ne serait que de 0,2% en 2003. En Franche-Comté, l'activité s'est ralentie dans l'industrie alors qu'elle est restée bien orientée dans la construction. Le marché du travail est peu dynamique. L'emploi salarié stagne et le chômage poursuit sa progression.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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La conjoncture en Franche-ComtØ
vec une progression échanges extérieurs ont en-En France, la croissance
du PIB de +0,2%, suite pâti de la hausse de l’euro
en moyenne annuelle ne serait l’année 2003 a connu par rapport au dollar. Par
en France la plus fai- ailleurs, pour la deuxième an- que de 0,2% en 2003.
ble croissance enregistrée de- née consécutive, l’investisse-
En Franche-ComtØ, l activitØ s est puis la récession de 1993. La ment des entreprises a baissé
consommation des ménages, en 2003 tandis que le mouve-ralentie dans l industrie
en hausse de 1,6% sur l’an- ment de déstockage s’est pour-
née, est restée le seul soutien suivi.alors qu elle est restØe bien
à la croissance malgré la dé- Dans ce contexte, les effectifsorientØe dans la construction. célération du pouvoir d’achat. salariés ont diminué en France
Le taux d’épargne a légère- de 43 000 personnes en 2003Le marchØ du travail est peu
ment baissé pour atteindre contre une hausse de 110 000
dynamique. L emploi salariØ 16,3% mais il reste à un ni- l’année précédente. La hausse
veau encore élevé. du chômage s’est poursuivie.stagne et le ch mage poursuit
Les autres moteurs de la crois- Il pourrait atteindre 9,8% de
sa progression. sance sont restés en panne. En la population active à la fin de
particulier, la demande des en- l’année. Néanmoins, le point
treprises est demeurée dépri- bas de l'activité semble avoir
mée sous l’effet de la faible été atteint à la fin du premier
croissance mondiale de la pre- semestre 2003 et la croissance
mière moitié de l’année. Les s’est accélérée à partir de l’été.N” 69 - JANViER 2004
INSEE Franche-ComtØ - L’ESSENTiEL N” 69
ESS046918 Prix : 2,20€reprise de l’investissement des gère amélioration à partir du
entreprises et d’une consom- deuxième trimestre. La pro-
mation des ménages qui con- duction a été plutôt déprimée
tinuerait d’augmenter même dans le travail des métaux tan-
à un rythme modéré. Cette dis que la transformation des
reprise de la croissance, sous matières plastiques a gardé
réserve que l’euro ne s’appré- une activité satisfaisante.
cie pas trop fortement face au Dans les biens d’équipements,
dollar, devrait permettre de on observe une stabilisation
stabiliser le taux de chômage de l’activité. Celle-ci cache
à 9,8% à la fin juin 2004. une forte disparité entre les
En Franche-Comté, l’année secteurs. Elle est en nette
2003 se sera révélée sans to- baisse dans les équipements
nus. L’activité a tourné au ra- énergétiques (turbines,
lenti dès le début de l’année. turboalternateurs) alors
Après plusieurs années de qu’elle est restée soutenue
forte croissance, le secteur dans les équipements méca-
réponses obtenues ont doncENQUÊTES D’OPINION automobile a continué à jouer niques. Malgré le plan de
un caractère subjectif. son rôle d’entraînement de refinancement accepté par laL’INSEE interroge réguliè- Le plus souvent, trois moda-
l’activité régionale jusqu’à la Commission Européenne, lesrement les chefs d’entreprise lités sont prévues : par exem-
de l’industrie et du bâtiment ple, « hausse », « stabilité », fin du printemps. Mais, après incertitudes restent fortes sur
sur la marche de leurs affai- «baisse». Il faudrait donc, ce bon début d’année, le mo- le site Alstom de Belfort. Dans
res. L’objectif est d’obtenir en principe, suivre l’évolu- teur s’est à son tour les biens de consom-
rapidement des renseigne- tion de plusieurs pourcenta- Baisse
grippé dans ce sec- mation, l’activitéments sur les tendances ré- ges. Ce qui n’est pas aisé. de la demande
centes et les anticipations. D’où la construction d’un in- teur suite au fléchis- reste fragile malgréautomobileC’est pourquoi les questions dicateur résumé, appelé sement de la de- une reprise à l’été. La
sont surtout qualitatives : on solde d’opinions, qui est aprŁs l’ØtØmande et à la persis- situation est notam-
demande par exemple au constitué par la différence
tance de stocks importants. ment difficile dans la lunette-chef d’entreprise son avis sur entre les pourcentages de
l’évolution de sa production, réponses « en hausse » et Globalement, de janvier à no- rie et l’horlogerie régionale.
de ses effectifs ; sur le ni- « en baisse ». Il traduit assez vembre 2003, près de 403 000 En revanche, la reprise est
veau de ses stocks et de son bien les tendances. Il n’a de véhicules sont sortis des chaî- plus franche dans l’industrie
carnet de commandes. Les signification qu’en évolution.
nes du site Peugeot de So- agroalimentaire avec une
chaux, en baisse de 0,4% par bonne activité au troisième
Cette amélioration devrait se rapport à la même période de trimestre dans le secteur de la
poursuivre au premier semes- l’année précédente. transformation de la viande.
tre 2004, sous l’effet d'une Dans une année sans grand Le secteur agricole a souffert
hausse de la demande mon- relief, l’industrie des biens in- cette année de la sécheresse.
diale qui pourrait entraîner une termédiaires a connu une lé- Les récoltes céréalières sont
en net repli. C’est notamment
le cas des maïs dont la récolte
a été divisée par trois cette
année. Les mauvaises condi-
tions météorologiques ont
pesé sur les récoltes de four-
rage alors même que les agri-
culteurs ont dû puiser dans
leurs stocks dès l’été. Cette
hausse des coûts n’a pas pu
INSEE Franche-ComtØ - L’ESSENTiEL N” 69être répercutée sur les prix, et tion de locaux à usage non
ce malgré une activité intense résidentiel avec plus de 10%
des abattoirs de la région. La de surfaces commencées en
production laitière est en re- plus. Enfin, les travaux d’amé-
trait depuis le début de la cam- lioration et d’entretien de l’ha-
pagne (– 3,5%) et les quotas bitat ont été soutenus du fait
pourraient ne pas être atteints de l’incertitude sur le main-
cette année. tien du taux de TVA à 5,5%.
Dans le bâtiment, la crois- Cette conjoncture favorable
sance régionale a été soute- ne devrait pas se démentir dans
nue en 2003. Globalement, le les prochains mois. Les per-
nombre de mises en chantier mis de construire délivrés sont
augmente de 5,8% de janvier en hausse de près de 9% et la
à novembre 2003. La cons- reprise attendue de l’investis-
truction d’appartements a été sement des entreprises devrait
très dynamique (+35,9%). En soutenir la construction de lo-
revanche, la construction pa- caux à usage professionnel. ont perdu des parts de marché
villonnaire, qui avait été sou- Dans l’intérim, l’activité qui pour capter 77,0% du marché
tenue en 2002, s’est essouf- était repartie à la hausse en régional, en baisse de 1,1
flée (– 4,9%). début d’année 2003, a subi un point. La vente de véhicules à
La hausse du nombre d’ap- net ralentissement au troi- motorisation diesel résiste
partements mis en chantier sième trimestre. Cette ten- mieux (– 9,4% sur la période).
concerne exclusi- dance devrait se Dans ce contexte, à la finHausse
vement le Doubs poursuivre jusqu’à juin 2003, l’emploi salariéde la construction
(+280 logements) la fin d’année. Le privé (hors agriculture et
d’appartementset le Territoire de ralentissement de énergie) stagne au niveau
Belfort (+185 logements). La l’activité est également à régional. La contraction est
baisse observée dans le Jura l’œuvre dans le commerce particulièrement forte dans
vient après une année 2002 automobile. Le niveau des le secteur industriel (– 2,6%
particulièrement dynamique immatriculations de véhicu- sur un an). Cette baisse des
dans ce secteur. Le départe- les neufs est en forte baisse effectifs permanents des en-
ment de la Haute-Saône se de janvier à novembre 2003 treprises industrielles s’est
singularise par une hausse de (– 13,1% par rapport à la accompagnée d’une aug-
la construction pavillonnaire même période de l’année mentation de l’emploi inté-
(+3,4%) alors que celle-ci est précédente), marquant ainsi rimaire employé dans ce sec-
en baisse dans les autres dé- un repli plus prononcé qu’au teur en début d’année. En-
partements. Au total, les mi- niveau national (– 6,9%). De suite, à partir de l’été, cet
ses en chantier sont dynami- plus, les marques françaises emploi intérimaire s’est con-
ques dans le Territoire de Bel-
fort et le Doubs avec une
hausse de plus de 10% par
rapport aux onze premiers
mois de 2002. Elles sont sta-
bles en Haute-Saône et en
baisse dans le Jura (– 6,4%).
La bonne tenue de la conjonc-
ture dans le bâtiment s’ob-
serve aussi dans la construc-
INSEE Franche-ComtØ - L’ESSENTiEL N” 69LE CAMPING PLÉBISCITÉ, L’HÔTELLERIE DÉLAISSÉE
La saison été 2003 aura marqué un profond changement pour les
campings de la région. Habitués à une lente érosion de leur
activité, la canicule de cet été a entraîné un franc rebond de la
fréquentation avec une hausse de plus de 10% des nuitées ven-
dues pour atteindre 1 442 000 nuitées. Il s’agit du meilleur résultat
enregistré depuis 1995.
Ces bons résultats sont à mettre au compte d’une nouvelle pro-
gression de la clientèle étrangère mais aussi sur celui d’un retour
de la clientèle française en hausse de 20,4%. Celle-ci représente
37,3% des nuitées et repasse à la première place devant la
clientèle néerlandaise (36,1% des nuitées). Cette année, 27,8%
des emplacements ont été occupés, en hausse de 3,7 points sur
l’année précédente. Certains campings ont même fait le plein
durant la première quinzaine du mois d’août.
tracté, ce qui devrait peser rieure à celle observée au La durée moyenne de séjour a augmenté pour atteindre 4,5 jours
sur la tendance jusqu’à la niveau national (+6,3%). (4,3 jours en 2002). Par ailleurs, le nombre de touristes a égale-
ment augmenté. Les fortes chaleurs ont pu inciter ces derniers àfin de l’année. Globalement, Corollaire de la réduction
privilégier des campings de plus haute altitude pour rechercher lala hausse de l’emploi ter- de l’emploi dans le secteur
fraîcheur ou à préférer le camping à d’autres modes d’héberge-
tiaire est de 1,3% contre industriel, la dégradation du ment.
+2,1 % pour les quatre tri- marché du travail touche
La situation est différente dans l’hôtellerie. Depuis le point hautmestres précédents. En re- surtout les hommes. En re-
atteint lors de l’été 2000, la fréquentation de l’hôtellerie homolo-vanche, l’emploi dans la vanche, le travail des fem-
guée baisse régulièrement de 2% par an en moyenne. L’année
construction reste dynami- mes a mieux résisté. 49,9% 2003 n’aura pas fait exception. Cette baisse de la fréquentation est
que (+2,5%) en phase avec des demandeurs d’emploi plus forte pour la clientèle étrangère qui ne représente plus que
23,1% des nuitées, contre 25,5% lors de l’été 2002. La baisse de lala croissance élevée de l’ac- sont des femmes en novem-
fréquentation est particulièrement forte pour la clientèle alle-tivité. bre 2003. Elles étaient
mande (86 500 nuitées, en baisse de 14,2%). La mauvaise con-
Au niveau départemental, 50,9% un an plus tôt. joncture économique a pu inciter cette dernière à privilégier des
l’emploi baisse dans tous les La hausse du chômage n’a vacances à moindre coût. Toute la région est confrontée à cette
baisse d’activité à l’exception du massif du Jura où la fréquentationdépartements à l’ex- pas épargné les de-Progression de l’hôtellerie homologuée a augmenté de 3,1%. Là encore, laception de la Haute- mandeurs d’emploi
recherche de fraîcheur a pu jouer favorablement. En revanche,du ch mageSaône où il augmente exerçant une activité avec la faible croissance économique qui a influé négativement
de 2,1% grâce à une bonne réduite dont le nombre a aug- sur la clientèle d’affaires, l’hôtellerie en zone urbaine a été particu-
lièrement pénalisée avec une baisse de 4,4% de sa fréquentation.résistance des industries de menté de 6,6% sur un an. Le
ce département. La baisse chômage de longue durée
est comprise entre – 0,3% (plus d’un an) est à nouveau
dans le Doubs et – 1,6% dans orienté à la hausse pour re- mage de 10,3% pour la zone
le Territoire de Belfort. présenter 25,9% des deman- de Montbéliard en hausse
INSEE Franche-ComtØ
Par contrecoup, la situation des d’emploi (+2,9 points de 1,8 point sur un an, ou de « le Major » 83, rue de Dole
BP 1997 25020 BESAN˙ON Cedexsur le marché du travail a sur un an). 9,5% pour le Territoire de
TØl : 03 81 41 61 61 Fax : 03 81 41 61 99
poursuivi sa dégradation. La Le taux de chômage régio- Belfort (+1,0 point). Les www.insee.fr/fc
hausse du nombre de deman- nal a poursuivi sa progres- zones d’emploi de Morteau,
Directeur de la publication : Didier Blaizeau
deurs d’emploi s’est accélé- sion pour atteindre 8,4% fin Gray et Saint-Claude sont RØdacteur en chef : Lionel Espinasse
Mise en page : Maurice Boguetrée pour atteindre 40 107 septembre 2003 contre 9,7% également touchées par cette Imprimerie : blØ Besan on
chômeurs à la fin novembre au niveau national. Cette forte hausse du chômage.
N” de CPPAP : 3 021 AD
ISSN : 1248-25442003, en hausse de 13,6% hausse est particulièrement Rédaction achevée
' INSEE 2004
dØp t lØgal : Janvier 2004sur un an. Cette augmenta- forte dans le Nord-Est de la le 2 janvier 2004.
tion reste nettement supé- région avec un taux de chô- Patrice Perron
INSEE Franche-ComtØ - L’ESSENTiEL N” 69

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