Vie des entreprises : Une timide reprise des créations en 1999

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La création d'entreprise en Haute-Normandie est toujours plus faible que dans le reste de la France. Depuis 1987 en effet, le nombre des créations a chuté de près de 25% (contre -9% en France). Mais en 1999, la création d'entreprise semble redémarrer dans la région comme au niveau national. Le taux des créations pures reste encore inférieur à la moyenne française. De ce point de vue, la région ne profite pas pleinement de la reprise. En revanche, les entreprises régionales semblent un peu moins fragiles. Le taux de défaillance a fortement diminué et devient conforme à la moyenne nationale. En 1999, les entreprises nouvelles ont créé ou préservé près de 5000 emplois. Il s'agit essentiellement d'emplois tertiaires.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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ACTIVITES ECONOMIQUES
Vie des entreprises
Une timide reprise
des créations en 1999
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u cours de l’année 1999, 5 290 et 23 reprises. La France enregistreLa création d’entreprise en
entreprises se sont créées en plus de créations pures avec 63% duHaute-Normandie est AHaute-Normandie. Ce chiffre total et seulement 16% de reprises.
toujours plus faible que dans traduit une progression de moins de
le reste de la France. Depuis 1% par rapport à 1998, progression
comparable à celle de la France. Le nombre des créations1987 en effet, le nombre des
Le secteur tertiaire enregistre près nouvelles stagnecréations a chuté de près
de 78% des créations. C’est légère-
de 25% (contre -9% en ment moins qu’au niveau national. La région a vu naître 2 950 entre-
France). Mais en 1999, la Plus d’une entreprise sur cinq s’est prises nouvelles en 1999, soit 22 de
créée dans le commerce de détail. plus qu’en 1998. Ce sont les secteurscréation d’entreprise
L’hôtellerie-restauration accueille du commerce de détail (18,2%), de lasemble redémarrer dans la
près de 12% des créations, le «conseil construction (15,6%) et du conseil et
région comme au niveau et assistance», un peu plus de 9%. assistance (13,4%) qui se sont révélés
national. Le taux des Dans le secteur secondaire (22% des les plus porteurs.
créations), c’est dans le bâtiment et Le taux de création pure en 1999créations pures reste encore
les travaux publics que la création pour la Haute-Normandie (nombreinférieur à la moyenne
d’entreprise est la plus forte (13%). de créations nouvelles rapporté au
française. De ce point de Dans l’industrie, elle reste faible. parc d’entreprises au 1er janvier
vue, la région ne profite pas Les nouvelles entités peuvent être 1999) est de 5,8% contre 7,2% dans
de trois origines différentes : les créa l’hexagone. Ce taux est plus impor- -pleinement de la reprise. En
tions nouvelles (appelées aussi “créa tant dans l’Eure (6,2%) qu’en-revanche, les entreprises
tions pures”), les réactivations (repri Seine-Maritime (5,5%).-
régionales semblent un peu ses d’entreprises mises De ce point de vue, la région ne
moins fragiles. Le taux de momentanément en sommeil) et les semble pas profiter pleinement de la
reprises d’entreprises, par une per bonne conjoncture nationale. En-défaillance a fortement
sonne physique ou morale, de 1998, en effet, l’écart entre le taux na-diminué et devient
moyens de production existants. En tional et le taux régional n’était que
conforme à la moyenne 1999, sur 100 créations d’entreprises de 0,5 point.
nationale. En 1999, les en Haute-Normandie, on compte 56 A cette catégorie d’entreprises to-
créations nouvelles, 21 réactivations talement nouvelles s’ajoutent 1 100entreprises nouvelles ont
créé ou préservé près de
5 000 emplois. Il s’agit LES CRÉATIONS D’ENTREPRISES EN 1999
Eure Seine-Maritime Haute-Normandie Franceessentiellement d’emplois
Nombre % Nombre % Nombre % Nombre %tertiaires.
Créations pures 1 051 59,1 1 897 54,0 2 948 55,7 169 674 63,1
Réactivations 367 20,6 729 20,8 1 096 20,7 56 085 20,9
Reprises 361 20,3 887 25,2 1 248 23,6 43 160 16,0
Ensemble 1 779 100,0 3 513 100,0 5 292 100,0 268 919 100,0
Unités : nombre, % Source : INSEE - Fichier DEMO/SIRENE
Champ : Industrie, commerce, services marchands hors agriculture et activités financières
AVAL 89 2e TRIMESTRE 2000ACTIVITES ECONOMIQUES
LES CRÉATIONS PURES EN 1999 PAR SECTEUR D’ACTIVITÉ
Eure Seine-Maritime Haute-Normandie France
Nombre % Nombre % Nombre % Nombre %
Industrie agro-alimentaire 19 1,8 25 1,3 44 1,5 1 950 1,2
Industrie (hors IAA) 81 7,7 117 6,2 198 6,7 10 527 6,2
Construction 196 18,7 251 13,2 447 15,2 23 377 13,8
Commerce 324 30,9 601 31,7 925 31,4 46 230 27,3
Hôtels, cafés, restaurants 34 3,2 61 3,2 95 3,2 7 814 4,6
Transports 33 3,1 70 3,7 103 3,5 6 442 3,8
Services aux entreprises 228 21,7 421 22,2 649 22,0 44 928 26,4
Autres services aux particuliers 136 12,9 351 18,5 487 16,5 28 406 16,7
Ensemble 1 051 100,0 1 897 100,0 2 948 100,0 169 674 100,0
Unités : nombre, % Source : INSEE - Fichier DEMO/SIRENE 33
Champ : industrie, commerce, services marchands hors agriculture et activités financières
réactivations dont une grande partie nent l’hôtellerie et la restauration. Des établissements
a pour activité le commerce de détail L’industrie a perdu 140 entreprises peu mobiles
(24,3%), l’hôtellerie-restauration dont le tiers pour le seul secteur de
(14,8%) ou la construction (13,3%). l’agro-alimentaire. Entre 1993 et 1999, 1 420 établisse-
Les reprises d’activité enfin sont La Haute-Normandie présente un ments ont déménagé en restant ce-
au nombre de 1 250. Le marché des taux de défaillance (nombre de dé pendant en Haute-Normandie. Un-
reprises semble un peu plus dyna faillances rapporté au parc d’entre peu plus de 3% des établissements- -
mique dans l’Eure qu’en Seine-Mari prises en début d’année) de 2%. De haut-normands ont changé de lieu- -
time. Les reprises concernent plus puis 1996, ce taux de défaillance tend d’activité au cours de l’année 1999.
particulièrement l’hôtellerie-restau à diminuer et devient conforme à la Le nombre de mouvements d’entre- -
ration (30,3%), le commerce de détail moyenne nationale. prises est constant d’une année sur
(27%) et l’agro-alimentaire (8,2%). Les secteurs les plus exposés sont, l’autre.
comme au niveau national, le bâti Ces changements de localisation-
ment, l’hôtellerie-restauration et le se sont effectués pour l’essentiel
commerce de gros. Mais cette der dans le même département (près deLe nombre de défaillances -
nière activité semble mieux résister 77% des cas). Ce sont souvent desdiminue nettement en 1998
qu’au niveau national. C’est le cas changements de proximité car 38,5%
Durant l’année 1998, la également des activités immobilières des établissements changent de lo-
Haute-Normandie a enregistré 980 et financières dont le taux de défail caux à l’intérieur de leur commune.-
dépôts de bilan, ce qui constitue une lance est inférieur de 0,5 point à la De plus, 20,6% des transferts d’éta-
baisse de 18,4% par rapport à l’exer moyenne nationale. Dans l’industrie, blissements s’effectuent entre la-
cice 1997. Une défaillance sur cinq en revanche, l’agro-alimentaire ac Haute-Normandie et le reste de la-
touche le secteur du commerce de cuse un taux de défaillance supérieur France ; le nombre de délocalisations
détail ou le bâtiment et 13% concer de 0,5 point à la moyenne française. hors de la région étant supérieur à-
celui des installations.
En 1999, la région a encore
TAUX DE DÉFAILLANCE DES ENTREPRISES EN 1998 PAR SECTEUR D’ACTIVITÉ
perdu 37 établissements, essen-
Nombre de Taux de défaillance en 1998 tiellement en Seine-Maritime. CeTauxdéfaillances (en %)
Principaux secteurs touchés d’évolution département se révèle globale-
Haute-1997-19981997 1998 France ment beaucoup moins attractifNormandie
que l’Eure qui affiche un soldeIndustrie IAA 37 47 27,0 2,3 1,7ie (hors IAA) 135 93 -31,1 2,2 2,4 positif de 84 établissements de-
Construction 232 185 -20,3 2,8 2,9 puis 1993. La Seine-Maritime a
Commerce et réparation automobile 53 40 -24,5 2,0 2,3
ainsi perdu 105 ence de gros 88 67 -23,9 2,4 3,0
six ans.
Commerce de détail 214 199 -7,0 2,1 1,8
Les transferts entre les deuxHôtels, cafés, restaurants 155 131 -15,5 2,6 2,5
Transports et communications 78 44 -43,6 1,8 1,9 départements haut-normands
Activités immobilières et financières 50 31 -38,0 1,2 1,7 sont rares. Ils concernent davan-
Services aux entreprises 107 109 1,9 1,7 1,5 tage les services aux entreprises
Autres services aux particuliers 54 36 -33,3 0,7 0,9
et aux particuliers, le com-Ensemble 1 203 982 -18,4 2,0 2,0
merce-réparation et la construc-
Unités : entreprise, évolution en % Sources : INSEE - Fichier DEMO/SIRENE et BODACC
tion.Champ : hors agriculture, administration publique, éducation, santé, action sociale,
activités associatives, services domestiques et activités extra-territoriales
AVAL 89 2e TRIMESTRE 2000ACTIVITES ECONOMIQUES
TYPOLOGIE DES TRANSFERTS ENTRE 1993 ET 1999 EN HAUTE-NORMANDIE
CRÉATION D’ENTREPRISE, CESSATION,
Nombre RépartitionDÉFAILLANCE, TRANSFERT
d’établissements (en %)
Une entreprise est une personne
79,4TRANSFERTS INTERNES À LA HAUTE-NORMANDIE 9 960juridique, physique ou morale, exerçant
Dont :pour son propre compte une activité non
Transferts intracommunaux 4 834 38,5
salariée. Une entreprise peut se
dans l’Eure 1 247 9,9
composer de plusieurs établissements. en Seine-Maritime 3 587 28,6
La création d’entreprise est enregistrée Transferts intercommunaux mais intradépartementaux 4 806 38,3
danslerépertoire SIRENE lors de la dans l’Eure 1 314 10,5
déclaration de son premier en Seine-Maritime 3 492 27,8
établissement par l’entrepreneur. Cette Transferts interdépartementaux 320 2,6
déclaration précise l’origine de la de l’Eure vers la Seine-Maritime 128 1,0
de la Seine-Maritime vers l’Eure 192 1,5création (nouvelle, achat ou prise en
location-gérance d’un fonds existant...)34 TRANSFERTS ENTRE LA HAUTE-NORMANDIE ET LE RESTE DE LA FRANCE 2 589 20,6
et la date du début d’activité.La de l’Eure vers le reste de la France 587 4,7
création est localisée à l’adresse du du reste de la France vers l’Eure 671 5,3
premier établissement immatriculé dans de la Seine-Maritime vers le reste de la France 718 5,7
du reste de la France vers la Seine-Maritime 613 4,9SIRENE.
CESSATION D’ACTIVITÉ ET DÉFAILLANCE ENSEMBLE DES TRANSFERTS CONCERNANT LA HAUTE-NORMANDIE 12 549 100,0
Une entreprise cesse son activité lorsque
Unités: établissement, % Source : INSEE - Fichier DEMO/SIRENE
son dernier établissement cesse son Champ : industrie, commerce, services marchands hors agriculture et activités financières
activité ou est transmis à un autre
exploitant.
l’industrie, par exemple, les secteursPrès de 5 000 emplois créésL’information sur les créations
d’entreprises est de bonne qualité, les de la fabrication des composantsou sauvegardés
créations étant enregistrées de façon électriques et électroniques ont été
exhaustive dans SIRENE.
Avec 4 900 emplois créés ou sau moins porteurs (346 emplois de-
En revanche, les cessations ne sont pas
vegardés en 1999, les entreprises moins). En revanche, les entreprisestoujours déclarées, hormis les
défaillances dont le jugement nouvelles de la région ont pourvu nouvelles ont davantage embauché
d’ouverturedelaprocédure de moins de postes qu’en 1998 (-13%). (+190 postes).
redressement judiciaire fait l’objet d’une L’essentiel de ces créations (62,1%) Globalement, la création d’em-
publication dans le BODACC (Bulletin
sont des emplois tertiaires : le com ploi dans les entreprises nouvelles-officiel d’annonces civiles et
merce a généré 1 330 postes, les servi reste assez modeste. Elle estcommerciales). -
ces aux entreprises 530 et l’hôtel concentrée dans les reprises qui ont-TRANSFERT
Le transfert d’établissement correspond lerie-restauration 470 emplois des chances de survie supérieures à
à la notion courante de déménagement. nouveaux. Dans le secteur secon celle des entreprises créées de toutes-
Il résulte de la création d’un daire, les créations industrielles sont pièces. Les trois quarts des créations
établissement par transfert
à l’origine de près d’un emploi nou démarrent sans aucun salarié, une-géographique d’activité total ou partiel
veau sur quatre. sur six avec seulement un ou deux(déplacement des salariésetdes
moyens physiques de production) en Les créations ex-nihilo ont permis salariés. Mais au-delà du volume
provenance d’un autre établissement d’embaucher 1 425 salariés au dé d’emplois créés au démarrage, c’est-
appartenant à la même entreprise. Dans
part, les reprises d’entités ont permis surtout la pérennité de l’entreprise et
ce bilan, seuls les transferts complets
la sauvegarde de 3 100 emplois, les son développement qui jouent sursont retenus, autrement dit ceux dont la
fermeture totale au lieu de départ est réactivations d’entreprises ont géné l’évolution de l’emploi à moyen-
suivie d’une création en un lieu d’arrivée ré 371 emplois. terme
différent. En 1999, la création d’emploi sala-
rié a baissé de 15,6%. Les reprisesDans cet article, les données concernent
André BOHL
le champ de l’industrie, du commerce et d’entreprises ont sauvegardé moins Christian CAMESELLA
des services marchands, hors agriculture d’emplois qu’en 1998 (-880). Dans
et activités financières.
LA CRÉATION D’ENTREPRISE PAR EFFECTIF SALARIÉ AU DÉMARRAGE EN 1999 EN HAUTE-NORMANDIE
Effectif salarié Créations Répartition Répartition Répartition Répartition
Reprises Réactivations Ensemble
au démarrage pures (en %) (en %) (en %) (en %)
Pas de salarié 2 441 82,8 618 49,5 920 83,9 3 979 75,2
Un à deux salariés 370 12,6 363 29,1 131 12,0 864 16,3
Trois à cinq salariés 94 3,2 147 11,8 35 3,2 276 5,2
Six à neuf salariés 26 0,9 65 5,2 8 0,7 99 1,9
Dix salariés et plus 17 0,6 55 4,4 2 0,2 74 1,4
Ensemble 2 948 100,0 1 248 100,0 1 096 100,0 5 292 100,0
Unités : entreprise, % Source : INSEE - Fichier DEMO/SIRENE
Champ : industrie, commerce, services marchands hors agriculture et activités financières
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