La santé des ménages pauvres en Provence-Alpes-Côte d'Azur

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En matière de santé, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur se distingue très peu de l'ensemble de la France. L'état de santé déclaré ne semble pas lié au niveau de revenu, en région comme en France, sauf pour quelques maladies spécifiques : les troubles mentaux et du comportement (notamment la dépression) et les maladies de l'appareil digestif. Cependant les personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté, quand elles sont malades, déclarent plus souvent souffrir de plusieurs maladies que les populations plus favorisées. Les personnes pauvres de Provence-Alpes-Côte d'Azur consultent en moyenne moins souvent les spécialistes, mais plus souvent les généralistes. Par ailleurs, les personnes ne bénéficiant pas d'une assurance complémentaire, recourent moins aux soins et ce chez les ménages pauvres comme dans le reste de la population.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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SUD INSEE
N° 97 - octobre 2006 l'essentiel
La santé des ménages pauvres en
Provence-Alpes-Côte d’Azur
En matière de santé, la région les personnes vivant dans un ménage
"pauvre" (cf. encadré "Définitions") enProvence-Alpes-Côte d’Azur se dis-
regard du reste de la population, ainsi
tinguetrèspeu de l’ensembledela queleurcomportementenmatièredere-
cours aux soins.France. L’état de santé déclaré ne
semble pas lié au niveau de revenu,
Une morbidité déclaréeen région comme en France, sauf
globalement équivalente
pour quelques maladies spécifi- chez les pauvres par rapport au
ques : les troubles mentaux et du reste de la population
comportement (notamment la dé-
Globalement,surl’ensembledesgrands
pression) et les maladies de l'appareil types de maladies, la région Provence-
Alpes-Côte d’Azur ne se distingue pasdigestif. Cependant les personnes vi-
de l’ensemble de la France (cf. tableau
vant en dessous du seuil de pauvre- "En Provence-Alpes-Côte d'Azur, les
té, quand elles sont malades, dé- pauvres déclarent souffrir..."). Les taux
(1)de morbidité déclarée pour la plupartclarent plus souvent souffrir de plu-
des pathologies n’apparaissent pas, non
sieurs maladies que les populations plus, très différents pour les ménages
disposant de revenus inférieurs au seuilplus favorisées. Les personnes pau-
de pauvreté, relativement aux ménages
vres de Provence-Alpes-Côte d’Azur vivant au-dessus de ce seuil, dans la ré-
consultent en moyenne moins sou- gion comme en France. Certes, il peut
exister une sous-déclaration par les mé-vent les spécialistes, mais plus sou-
nages pauvres de certains épisodes de
vent les généralistes. Par ailleurs, les maladie, car ces populations peuvent
avoir tendance à ne pas interpréter enpersonnes ne bénéficiant pas d’une
termes de maladie certains symptômes.
assurance complémentaire, recou- De plus, il peut exister chez les pauvres
rent moins aux soins et ce chez les un sous-diagnostic, ou des retards au
diagnostic,pourdespathologiescommeménages pauvres comme dans le
lescancersetcertainesmaladieschroni-
reste de la population. ques. Toutefois, le système de santé
français semble suffisamment perfor-
mantpouratténuercertainesdifférences
sociales en matière de santé.L’enquête décennale sur la santé et les
soins médicaux réalisée en 2003, et son
Seules deux catégories de maladies s’a-extension régionale en Provence-Alpes-
vèrent liées à la précarité sociale : lesCôted’Azur,permettentdedécrirel’état
(1) On définit dans cette étude la “morbidité” comme le fait,de santé des populations de la région.
soit de déclarer une ou plusieurs maladies chroniques, soit
d'avoir souffert d'un épisode aigu de maladie, au cours desCette publication analyse plus particu-
huit à dix semaines couvertes par l'enquête décennale
lièrement les pathologies déclarées par santé.
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la fois ("polypathologies").En Provence-Alpes-Côte d'Azur, les pauvres déclarent souffrir deux fois
Même si elles ne se déclarent pas plusplus souvent de troubles mentaux que le reste de la population en %
souvent malades, les personnes vivant(1)
Proportion de personnes souffrant d'une pathologie au moins pour chaque grand groupe de maladies
en dessous du seuil de pauvreté décla-(2)Groupe de maladies Provence- France
Alpes-Côte d'Azur rent, en moyenne, davantage de mala-
(2)dies que les populations plus favori-En Revenus En Revenus
dessous intermédiaires dessous intermédiaires sées: 2,1 maladies pour les personnes
du seuil de et hauts du seuil de et hauts
pauvreté revenus pauvreté revenus pauvres contre 1,9 pour les plus aisées,
1. Certaines maladies infectieuses et en Provence-Alpes-Côte d’Azur.
parasitaires 55 46
2. Tumeurs 33 23
4. Maladies endocriniennes, nutritionnelles Touteschoseségalesparailleurs,lapro-et métaboliques 11 13 11 13
babilité de déclarer deux maladies ou5. Troubles mentaux et du comportement 11 4 7 5
plus est majorée de près de 20 % chez6 Maladies du système nerveux 97 66
7. Maladies de l'oeil et de ses annexes 49 58 55 60 lespersonnespauvres.Demême,lapro-
8. de l'oreille et de l'apophyse portion de personnes démunies décla-
mastoïde 14 13 12 13
rant six maladies ou plus est de 25 %9. Maladies de l'appareil circulatoire 15 19 19 19
10. Maladies de l'appareil respiratoire 21 24 20 22 supérieureàcelledespersonnesplusfa-
11. de digestif 23 20 22 18 vorisées (cf. graphique "Les personnes
12. Maladies de la peau et du tissu cellulaire
sous-cutané 55 55 à bas revenus souffrent..."). A l'inverse
13. Maladies du système ostéo-articulaire, des effets de sous-déclaration décrits
des muscles et du tissu conjonctif 26 25 24 24 ci-dessus, on ne peut exclure que cer-
14. Maladies de l'appareil génito-urinaire
68 57 tains groupes particulièrement vulnéra-
18. Symptômes, signes et résultats anormaux bles économiquement et déjà caracté-d'examens cliniques et de laboratoire, non
classés ailleurs 15 13 13 12 risés comme malades, puissent avoir
(1) La gravité des maladies et leur répétition à l'intérieur d'un groupe ne sont pas ici prises en compte.
(2) Les pathologies sont regroupées en 18 groupes correspondant aux grands chapitres de la Classification Interna- tendance à surdéclarer un nombre im-
etionale des Maladies (10 révision).
portantdesymptômesetdepathologiesNe sont représentés que les groupes de proportion supérieureà2%
pourjustifierce"rôledemalade",tantàSource : Insee - Enquête décennale sur la santé en 2003, exploitation ORS PACA
leurspropresyeuxqu'àceuxdeleuren-
troubles mentaux et du comportement comportement contre 4 % des person- tourage. La composition du ménage a,
etlesmaladiesdigestives.Pourcespa- nesappartenantàunménageendessus elle aussi, un rôle significatif : chez les
thologies, la proportion de personnes du seuil de pauvreté. personnesvivantseulesou dansunefa-
maladesvivantdansunménagepauvre
mille monoparentale la probabilité de
est deux à quatre points supérieure à déclarer plusieurs maladies est plus im-Les personnes pauvrescelle des personnes vivant dans les au- portante que chez les couples avec en-déclarent davantage detres ménages. Cet écart est plus impor- fants.maladiestant en Provence-Alpes-Côte d’Azur
pour les troubles mentaux et du com-
portement. A âge et sexe identiques, En revanche, il existe des différences Les difficultés financières
11 % des habitants de la région appar- marquées entre les pauvres et le reste ou familiales favorisent le
tenant à un ménage pauvre déclarent delapopulation lorsqu’onconsidèrele développement d’une dépression
souffrir de troubles mentaux ou du fait de souffrir de plusieurs maladies à
Auseindugroupedes"troublesmentauxLes personnes à bas revenus souffrent plus souvent de plusieurs
maladies que les autres etducomportement",ladépressionestla
Distribution du nombre de maladies cumulées en France maladielaplussouventdéclarée.EnPro-
%
30 vence-Alpes-Côte d’Azur, les personnes
27,8
26,2 appartenantauxménageslesplusdému-25,2 Population à bas revenus24,525 nis ont un risque d’être dépressives près à hauts revenus
de trois fois supérieur à celles apparte-
19,320 18,6 nant aux autres ménages (8% contre
3%). Dans l’ensemble de la France le15
12,6 12,5 risque est également plus élevé chez les
10 plusdémunis,maisl’écartestplusfaible
7,8 7,4 (5% contre 3%).5,6
4,1 4,55 4,0 Uneanalyseéconométriquepermetde
préciser l’impact des différents fac-
0
12 3 4 5 6 ou plus0 (2) Ici, contrairement au paragraphe précédent (cf. ta-
bleau "En PACA, les pauvres déclarent..."), le fait de cu-Nombre de maladies
muler plusieurs pathologies dans un même groupe est
bien pris en compte.Source : Insee, enquête décennale sur la santé en 2003 - exploitation ORS PACA
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Des inégalités sociales face à la mort
Probabilité de déclarer être
Différents travaux, basés sur d’autres sources que les enquêtes déclaratives, démontrent l’existence dépressif par rapport à la situation
(1)d’une inégalité sociale devant la maladie. de référence
Taux comparatif de mortalité selon la catégorie socioprofessionnelle pour les
Femmes Hommes
hommes actifs âgés de 25 à 59 ans, Provence-Alpes-Côte d’Azur, 1998-1999
Age 1,15 1,07
Age à l'année n-1 1,00 1,00
Revenu par unité deCadres, professions intellectuelles
consommation
Professions intermédiaires
Supérieur au seuil de 1,00 1,00Artisans, commerçants pauvreté
50 En dessous du seuil deEmployés 1,31 NSpauvreté
Ouvriers
Catégorie
socioprofessionnelle
Cadre 1,00 1,00
Ouvrier 1,76 NS
Employé 1,88 NS
Artisanoucommerçant NS NS
0 Profession intermédiaire NS NS
Cancers des VADS Cancer du poumon Sida Cardiopathies Accident de la Occupation actuelle
ischémiques circulation Actif occupé 1,00 1,00
Chômeur 1,76 2,36
Source : CépiDC - INSERM, Insee, exploitation ORS PACA
Retraité 1,50 NS
En Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’étude des causes de décès par cancer du poumon et des voies Autre inactif 1,87 8,00
aéro-digestives supérieures (VADS) des hommes montre que la probabilité de mourir en raison de ce Compositionduménage
type de cancer est près de trois fois supérieure chez les ouvriers et les employés que chez les cadres. Couple avec deux enfants 1,00 1,00
Le cancer des VADS regroupe les tumeurs malignes des lèvres, de la cavité buccale, du pharynx, de Personne seule 2,36 2,68
l’œsophage et du larynx et touche principalement les hommes âgés de 40 ans ou plus. Ce type de can- Couple sans enfant NS NS
cer est nettement associé à la consommation de tabac et d’alcool. La catégorie “tumeurs” utilisée dans avec un enfant NS NS
l’enquête santé n’est donc pas assez fine pour tenir compte de la localisation des cancers, de leur gravi- Couple avec trois enfants ou NS 0,38plusté, ni de leur degré d’avancement. De même une tumeur peut être diagnostiquée avec retard chez les
Famille monoparentale 1,56 2,46personnes les plus démunies, qui pour certaines ne rencontrent qu’occasionnellement, et dans l’ur-
Autre NS NSgence, le système de soins.
(2)Comorbidité physique
Non 1,00 1,00
teurs associés à la dépression : sexe, Toutes choses égales par ailleurs, le Oui 2,01 1,73
âge,revenu,catégoriesocioprofession- risque est multiplié par 2,7 pour les Lieu de résidence
France hors région PACA 1,00 1,00nelle, statut, composition du ménage, hommes seuls (respectivement par 2,4
Région PACA 1,28 NSlieu de résidence, comorbidité phy- pour les femmes). Il est multiplié par
NS : non significatif
sique (présence d’une autre maladie). 1,6 pour les femmes à la tête d’une fa- (1) A âge identique, la situation de référence, en ita-
lique, correspond à un individu ayant des revenus supé-mille monoparentale. rieurs au seuil de pauvreté, actif occupé, cadre, sans
comorbidité physique, vivant en couple avec deux en-
Toutes choses égales par ailleurs, l’ef- fants, hors région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
(2) Comorbidité physique : le fait d'avoir déclaré souffrirfetdurevenuesttrèsimportantchezles Faute d’observer l’histoire des indivi- d'au moins une autre maladie qu'une maladie mentale
(sur la période des deux mois de l'enquête).femmes : les femmes pauvres ont une dus, on ne peut pas affirmer que ce
Lecture du tableau : chez les femmes, toutes choses
égales par ailleurs, relativement à une active occupée,probabilité d’être dépressives majorée sont les personnes d’abord pauvres
une femme au chômage a une probabilité de déclarer
de 31 % par rapport à celles qui sont qui déclarent une dépression, ou les être dépressive majorée de 76 % (un coefficient multi-
plicatif, dit ODDS ratio, de 1,76).
au-dessus du seuil de pauvreté (cf. ta- personnes préalablement déprimées
Source : Insee, enquête décennale sur la santé en
2003 - exploitation ORS PACAbleau "Probabilité de déclarer être dé- quiévoluentverslapauvreté.Laques-
pressif..."). Pour les hommes, un état tion reste ouverte. Mais le fait que la fréquemment que les personnes plus
dépressif semble essentiellement lié à dépressiondureenmoyennesixmois, aisées (entre 3 et moins de 4 %).
un statut professionnel précaire : les alors que les revenus ou la catégorie
(3)chômeurs ont un risque 2,4 fois plus socioprofessionnelle sont des caractè- Le diabète est une maladie métabo-
important d’être dépressifs que les ac- res relativement pérennes, tendrait à lique avec laquelle les niveaux de
tifs occupés et les inactifs un risque valider un effet direct de la vulnérabi- revenus semblent moins directement
huit fois supérieur. Ces résultats se vé- lité économique vers une plus grande corrélés. Mais il est lié à certaines au-
rifient au niveau national et tendent à vulnérabilité à la maladie. tres variables caractéristiques de la po-
être plus accentués dans la région. La sition sociale : le statut professionnel
dépression apparaît plus fréquente chez (probabilité plus forte pour les inactifs
Le diabète, une pathologieles femmes en Provence-Alpes-Côte etlesretraitésquepourlesactifsoccu-
organique moins sensibled’Azur avec un risque majoré de 28 % pés), la catégorie socioprofessionnelle
à la pauvretéparrapportàcellesquirésidentdansle (probabilitéplusfortepourlesouvriers
reste de la France. Enfin, par rapport et les employés que pour les cadres).
Aâgeetsexeidentiques,lespersonnesaux personnes vivant en couple et Ces indicateurs ne renvoient pas tant à
ayantdeuxenfants,lefaitdevivreseul pauvresenProvence-Alpes-Côted’Azur la précarité financière proprement dite
(3) Dans l’enquête, le diabète est essentiellement un dia-ou dans une famille monoparentale comme dans l’ensemble de la France
bète de type 2 non insulinodépendant (moins de 1 %
majore le risque de devenir dépressif. déclarent souffrir d’un diabète aussi sont des diabétiques insulinodépendants).
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qu’àunensembled’habitudesdevieet Dans la région comme en France un recours moins fréquent aux
d’hygiène alimentaire, lesquelles sont, médecins spécialistes pour les personnes pauvres
dans les milieux socioculturels moins (1)Nombre moyen annuel de recours à un médecin selon le niveau de revenus
favorisés, probablement plus propices
Nombre moyen Nombre moyen Total
au développement du diabète. annuel de recours annuel de recours
à un médecin à un médecin
généraliste spécialiste
Personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté
Les personnes pauvres
Provence-Alpes-Côte d'Azur 5,0 1,3 6,3
recourent moins souvent France 4,0 1,2 5,2
Personnes vivant au-dessus du seuil de pauvretéaux médecins spécialistes
Provence-Alpes-Côte d'Azur 3,5 2,4 5,8
France 3,7 2,0 5,6
Les Français ont plus souvent recours (1) Le nombre moyen annuel de recours à un médecin en Provence-Alpes-Côte d'Azur a été calculé en appliquant la
structure par âge et sexe des Français aux revenus supérieurs au seuil de pauvreté.aux médecins généralistes qu'aux spé-
Source : Insee, enquête décennale sur la santé en 2003 - exploitation ORS PACAcialistes (cf. tableau "Dans la région
comme en France un recours moins Etre pauvre en Provence-Alpes-Côte d'Azur ne diminue pas le nombre
fréquent..."), et le recours aux spécia- global de recours
listesestplutôtlefaitdesmilieuxaisés.
Facteurs expliquant le nombre de recours sur une période de deux mois (net de l'effet d'âge)
En Provence-Alpes-Côte d’Azur, les
France Provence-Alpes-Côte d'Azur
recours aux soins de généralistes ou
Nombre de recours en Nombre de recours
spécialistes sont globalement plus plus ou en moins en plus ou en moins
nombreux que dans l’ensemble du Effet par maladie supplémentaire 0,53 0,58
Etre une femme 0,36 0,31pays. A âge et sexe identiques, les mi-
Ne pas détenir d' assurance complémentaire -0,47 - 0,34
lieux aisésfont nettement plussouvent
Vivre en dessous du seuil de pauvreté -0,14 NS
appel aux spécialistes que les pauvres, NS : non significatif
Lecture du tableau : toutes choses égales par ailleurs, les populations sans assurance complémentaire ont un re-alors que ces derniers consultent plus
cours aux soins minoré de 0,47, soit presque un demi recours en moins sur une période de deux mois.
régulièrement les généralistes. Au to- Source : Insee, enquête décennale sur la santé en 2003 - exploitation ORS PACA
tal,danslarégion,lesménagespauvres
consultent plus souvent un médecin Côte d’Azur). Enfin, la pauvreté appa- régionestpeut-êtreenpartieàl’origine
que les autres, alors que c’est l’inverse raît aussi comme un facteur de re- de cette spécificité. Les médecins of-
au niveau national. noncement aux soins en France: com- frentpluslargementleursservices(hy-
parées aux populations au-dessus du pothèse dite de la demande induite), et
Pendant les deux mois de l’enquête, le seuildepauvreté,lespersonnesendes- lespersonneslesplusdémunies,relati-
nombre de recours à un médecin aug- sousconsultentmoinssouventdesmé- vementbiencouvertesdepuisledispo-
mente avec le nombre de maladies dé- decins.L’effetnetd’unbasrevenusest sitif de couverture maladie universelle
clarées : 0,53 recours en plus par cependant inférieur à celui de l’ab- (CMU)etsacomplémentaire(CMUC)
maladie supplémentaire au niveau na- sence d’assurance complémentaire. bénéficient plus largement de ce sup-
tional et 0,58 en Provence-Alpes-Côte plément d’offre et consultent plus sou-
d’Azur (cf. tableau "Etre pauvre en Toutefois, en Provence-Alpes-Côte vent les médecins.
Paca..."),cequin’estguèresurprenant. d’Azur,entantquetelle,lapauvreténe
Etre sans couverture complémentaire diminuepaslaprobabilitédeconsulter
Bérengère Saliba (ORS PACA - INSERM)
jouenégativementsurlenombredere- un médecin. La densité médicale
Bruno Ventelou (ORS PACA - CNRS)cours(0,47recoursenmoinsauniveau (nombre de médecins pour 1 000 habi-
national et 0,34 en Provence-Alpes- tants) particulièrement élevée dans la Pierre Verger (ORS PACA - INSERM)
Définitions
Personnepauvre : la pauvreté, dans sa dimension monétaire relative, est définie de façon assez consensuelle, au niveau international, de la façon sui-
vante : est considérée comme “pauvre” une personne qui appartient à un ménage dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté, qui est fixé à 50 %
de la médiane des niveaux de vie de son pays.
Pour tenir compte de la taille des ménages, le niveau de vie du ménage est apprécié en divisant son revenu disponible (après impôts, cotisations sociales
et prestations sociales) par le nombre d’unités de consommation (uc).
Troublesmentauxetducomportement : définie ici à partir de la dixième révision de Classification Internationale des Maladies, elle comprend les épiso-
des dépressifs, le trouble dépressif récurrent et les troubles de l’humeur persistants (Codes CIM10 : F32, F33, F34). Les dépressions post-schizo et
post-partum ne sont pas prises en compte.
Pour en savoir plus
"Des états de santé comparables avec la France, un recours aux soins plus fréquents". SUD INSEE l’essentiel n° 79, mars 2005.
"Les inégalités sociales de santé". Leclerc A., Fassin D., Grandjean H., Kaminski M., Lang T. (2000), Paris : La Découverte/INSERM.
Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques© Insee 2006
Provence-Alpes-Côte d'Azur
Dépôt légal : octobre 2006 17, rue Menpenti
Directeur de la publication : François ClanchéN° CPPAP : 0909B05336 13387 Marseille Cedex 10
Chef du service Etudes et Diffusion : Pascal OgerN° ISSN : 1287-292X Téléphone : 04 91 17 57 57Rédacteur en chef : Annie Mulard
Code Sage : SIE069732 Fax:0491175960
SUD INSEE l’essentiel figure dès sa parution sur le site Internet de l’Insee : www.insee.fr/paca (rubrique “Publications”)
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