Maternités et naissances en 2001 - Naître en Basse-Normandie

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En 2001, 18300 accouchements ont été réalisés dans les 21 maternités bas-normandes,dont plus des trois quarts dans des structures publiques. Du fait de dispositions légales, des marternités de la région ont fermé leurs portes ou se sont regroupées ces dernières années. Parallèlement, des centres périnateaux de proximité, offrant des consultations, ont vu le jour. Six Bas-Normandes sur dix résident à moins d'un quart d'heure de la maternité la plus proche. En raison de la baisse du nombre de femmes en âge d'enfanter, le nombre de naissances devrait diminuer à l'avenir dans les trois départements de la région, tout particulièrement dans l'Orne.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Maternités et naissances en 2001
NAÎTRE EN BASSE-NORMANDIE
n 2001, la Basse-Normandie compte 21 maternités sur son enEfin d’année de la maternité de la Cli-territoire (jusqu’à la fermeture nique de la Miséricorde à Caen).Parmi celles-ci, 15 relèvent du secteur pu-blic : près de 14 500 accouchements y ont été réalisés en 2001 sur les 18 300 de la région, soit plus des trois quarts (79 %).
Il convient également de mentionner les établissements de Fougères et de Nogent-le-Rotrou qui, tout près des frontières régionales, peuvent pour une partie des Bas-Normands davantage
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assurer le service de proximité que leurs homologues de la région. En l’espace d’un peu plus d’une di-zaine d’années, la capacité d’accueil et de traitement des établissements bas-normands s’est à la fois réduite et concentrée sur un nombre plus restreint de sites.En introduisant une condition au maintien de l’autorisation d’obsté-trique (300 accouchements chaque année au minimum par établissement), des dispositions légales nationales ont en effet induit un redéploiement des moyens des services de maternité. Au-delà de la mesure purement admi-
n° 121 - mai 2003
% En 2001, 18 300 accouche-ments ont été réalisés dans les 21 maternités bas-normandes, dont plus des trois quarts dans des struc-tures publiques.
% Du fait dedispositions légales, des maternités de la région ont fer-mé leurs portes ou se sont regrou-p é e sc e sd e r n i è r e sa n n é e s . Parallèlement, des centres périna-tauxdeproximité,offrantdes consultations, ont vu le jour.
% Six Bas-Normandes sur dix ré-sident à moins d'un quart d'heure de la maternité la plus proche.
% En raison dela baissedu nombre de femmes en âge d'enfan-ter, le nombre de naissances de-vrait diminuer à l'avenir dans les trois départements de la région, tout particulièrement dans l'Orne.
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nistrative, la volonté du législateur est de favoriser le développement d’un service hiérarchisé selon la difficulté des cas à traiter. Le tissu bas-normand de services de maternité a été modifié par cette volon-té de rationalisation de l’offre, et ce d’autant que le nombre d’accouche-ments a baissé dans la région (de 19 400 accouchements en 1988 à 18 300 en 2001).Ainsi, au cours des an -nées quatre-vingt-dix, cinq fermetures de maternités sont intervenues : au sein de l’hôpital d’Aunay-sur-Odon dans le Calvados, du centre hospitalier de Saint-Hilaire-du-Harcouët, de la cli-nique Saint-Jean de Saint-Lô et celle de Carentan dans la Manche, ainsi qu’à Domfront dans l’Orne.Plus récem -ment, d’autres maternités ont égale-ment cessé leur activité : celles de la polyclinique de Lisieux, du centre hos-pitalier de Valognes en 2000, ainsi que Maternités : de nouvelles dispositions celles de la clinique de la Miséricorde àdans le Code de la santé publique Caen en fin 2001 et de la cliniqueLes fermetures de services d’obstétrique sont la conséquence d’Alençon en juillet 2002.Par ailleurs,des modifications du Code de la santé publique introduites par les décrets n° 98-899 et n° 98-900 du 9 octobre 1998 relatifs aux établis-les maternités du centre hospitalier et sements de santé publics et privés pratiquant l’obstétrique, la néonatologie de la clinique de Bayeux se sont re-ou la réanimation néonatale. Désormais, l’octroi à ces établissements d’une autorisa-groupées lors de la constitution d’un tion de fonctionnement est assujettie au respect de trois types de conditions : syndicat inter-hospitalier en juin 2000. - “[…] une activité minimale annuelle constatée de 300 accouchements. Toutefois, l’au-Dans le même temps, aucune nouvelle torisation peut exceptionnellement être accordée à titre dérogatoire lorsque l’éloigne-maternité n’est apparue dans la région.ment des établissements pratiquant l’obstétrique impose des temps de trajet excessifs à une partie significative de la population.” ; En parallèle avec ces fermetures de - des normes de capacité installée et de spécialisation des locaux en fonction de l’activi-maternités, cinq centres périnataux de té en nombre d’accouchements ; proximité ont été ouverts (à Au-- des normes de qualification et d’effectif de personnels en fonction de l’activité en nay-sur-Odon,Valognes, Saint-Hi-nombre d’accouchements. l a i r e - d u - H a r c o u ë t ,D o m f r o n te tPour les établissements ayant perdu leur autorisation d’obstétrique, les textes pré-Mortagne-au-Perche), de même qu’un voient la création de “centres périnataux de proximité” offrant des consultations pré et post-natales, avec présence de sages-femmes et d’au moins un gynécologue-obstétri-centre de consultation gynéco-obsté-cien. trique à Carentan. Par ailleurs, ces deux décrets de périnatalité visant à “améliorer la sécurité de la mère Six femmes sur dix à moinset de l’enfant et à assurer des soins de qualité aux nouveau-nés” définissent une nou-velle organisation des maternités en trois niveaux de soins : d’un quart d’heure de la maternité la plus- Leniveau 1concerne, au 31 décembre 2001, 13 maternités bas-normandes : elles disposent uniquement d’une unité d’obstétrique comportant au minimum quinze lits. proche Elles s’adressent aux nouveau-nés bien portants ayant seulement besoin de soins de L et e m p sm o y e nd ’ a c c è sd e spuériculture ; chefs-lieux des cantons bas-normands - Leniveau 2(5 maternités, à Avranches, Saint-Lô, Flers, Alençon et Lisieux) corres-au service d’obstétrique le plus proche-pond à l’association d’uneunité d’obstétriqueà uneunité denéonatalogiepour les nou veau-nés nécessitant des soins spécifiques ; (qu’il soit situé en Basse-Normandie - Leniveau 3(2 maternités, à Caen et à Cherbourg) est accordé aux maternités com-ou hors de la région) est de 15 à 16 mi-portant, outreuneunité d’obstétriqueet uneunité denéonatalogie, uneunité deréani-nutes en 2001.Rappelons que l’un des mation néonatale permettant d’assurer des actes spécialisés à des bébés présentant objectifs inscrits dans le Schéma régio-des détresses graves ou des risques vitaux nécessitant des soins de réanimation. nal d’organisation sanitaire pour la pé-. . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIEn° 121
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riode 1999-2004 est “d’éviter un délai d’accès de plus de 45 minutes d’un site d’accouchement et de viser moins de 30 minutes lorsque c’est possible”.
Plus de 60 % des femmes de la région en âge de procréer (de 15 à 49 ans) ha-bitent à moins d’un quart d’heure de la maternité la plus proche de leur domi-cile.En revanche, pour 6 %, soit 19 300 femmes, ce délai dépasse 30 minutes, c’est-à-dire le seuil jugé souhaitable dans le Schéma régional.Cependant, le délai limite de trois quarts d’heure n’est atteint dans aucun des 17 cantons concernés.Parmi ceux-ci, ceux de Pas -sais, Juvigny, Barenton, Le Teilleul et Gacé font partie des onze cantons bas-normands ayant vu leur nombre de femmes de 20 à 39 ans le plus baisser entre 1990 et 1999.
Quand les bébés bas-normands naissent-ils ? En 2001, 49 bébés sont nés chaque jour en moyenne dans la région.D’un mois sur l’autre les différences sont relative-ment modérées : de 44 bébés par jour en moyenne en février, à 51 en juillet et octobre.De ce point de vue, l’activité des maternités de la régionest donc as-sez bien répartie sur l’année.Pour au -tant, une légère saisonnalité des naissances se dessine : leur nombre augmente du début d’année jusqu’à
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l’été pour se stabiliser en automne, et b a i s s e rà l’ a p p r o c h ed el ’ h i v e r . L’année 2001 n’est d’ailleurs pas ex-ceptionnelle puisque cette chronique des naissances se retrouvait déjà en 1998 et 1999.En revanche, 2000 s’est démarquée, avec un début d’année très dynamique (février et mars, alors qu’on aurait pu s’attendre à un pic en janvier), et un été/automne plutôt en re-trait, de sorte que le nombre de naissan-ces quotidiennes n’a quasiment pas varié. Être le premier enfant Parmi les 17 500 naissances de 2001, plus de 50% sont des premiers enfants. Cette proportion est beaucoup plus forte dans les villes-centre que dans les périphéries.Elle atteint son maximum (66 % des naissances) à Caen, et reste forte en proche banlieue.On peut y voir la conséquence de la présence de nom-breux étudiants et jeunes actifs dans la capitale régionale.Les couples s’y for -ment, le premier enfant naît.Puis, avec les perspectives d’agrandissement de la famille, les couples sont amenés à déménager pour trouver un espace de vie plus spacieux, moins onéreux, et accéder à l’habitat individuel.Les nais -sances de deuxième, voire troisième enfant, sont en conséquence beaucoup moins nombreuses dans la capitale ré-gionale (930 premiers enfants à Caen
en 2001, pour 300 deuxièmes et 170 troisièmes ou plus).Dans les autres principales villes bas-normandes, le schéma est proche.Cependant, du fait de la moindre présence de jeunes adul-tes (d’étudiants notamment), la part des premiers enfants dans l’ensemble des naissances est sensiblement plus faible qu’à Caen (58 % à Alençon, 56 % à Cherbourg).
Baisse prévisible du nombre de naissances La vigueur de la natalité dépend à la fois du nombre de femmes en âge d’avoir des enfants, et du comporte-ment de fécondité.En Basse-Nor -mandie, comme dans les autres régions d’ailleurs, le nombre de femmes en âge de procréer va diminuer dans les pro-chaines années, conséquence directe de la baisse de la natalité des décennies précédentes.Sauf improbable retour -nement de tendance, ce recul pourrait même être accentué par le mouvement migratoire : au cours des deux derniè-res décennies, les jeunes femmes ont en effet étéplus nombreuses à quitter la région qu’à s’y installer.Si ces cons -tats se confirment, le nombre de fem-mes de 25 à 39 ans habitant en Basse-Normandie passerait ainsi de 144 000 en 2000 à 121 400 en 2020. Dans le même temps, si le nombre
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d’enfant par femme se stabilise à un peu plus de 1,8 (soit le niveau de 1999, et aussi la moyenne de ces vingt derniè-res années), la région enregistrerait 200 naissances de moins chaque année jusqu’en 2006.A partir de cette date, la baisse serait moins forte, environ une centaine de naissances en moins par an, portant le total de naissances en Basse-Normandie à 14 600 en 2020. Les trois départements de la région se-raient affectés par ce recul, même si l’ampleur en est très variable : avec une baisse des naissances de 28 % entre 2000 et 2020, l’Orne serait le plus tou-ché, alors que la Manche et surtout le Calvados résisteraient davantage (avec des baisses respectives de 18 % et 12 %).
Isabelle GRIMBERT Observatoire régional de la santé Jean-Benoît MASSIF Insee de Basse-Normandie
ISSN 1267-2769
Le calcul des temps d’accès Afin d’analyser l’accessibilité del’offredesoins detype obstétrique, le canton a été retenu comme échelon géogra-que, et le temps d’accès comme indicateur d’accessibilité. Pour chaquecanton, cetemps d’accès à unematernité a été calculé à partir du chef-lieu. Par ailleurs, en raison de la proximité géographique de certaines structures situées hors de la région, leur localisation a été prise en compte dans le calcul. Letemps d’accès entrechaquechef-lieu decanton et leserviceconsidéré leplus proche a été estimé par l’Observatoire régional de la santé de Basse-Normandie à l’aide du logiciel Route 66 au regard de la situation en 2001. La liste des maternités a été établiepar la Direction régionaledel’action sanitaireet sociale(DRASS). Lecalcul du temps de trajet s’appuie sur une estimation de la vitesse moyenne de déplacement en fonction du type de réseau routier (100 km/h sur autoroute, 80 km/h sur route natio-nale…) et du type d’environnement (en agglomération, une réduction de 60 % de la vi-tesse a été appliquée). Naissances et accouchements Il convient de distinguer les notions d’accouchement et de naissance. Lenombredenaissances donné dans letextecorrespond au nombred’actes denais-sance enregistrés à l’état civil. Depuis la loi n°93-22 du 8 janvier 1993, l’officier de l’état civil établit un actedenaissancepour chaqueenfant né vivant et viable, précisions éta-blies par un certificat médical. Cenombrediffèredecelui du nombred’accouchements, issu de l’enquête Statistiques annuelles des établissements de la DRASS. Est en effet considéré comme accouchement, tout acte d’accoucher pour une femme, quel qu’en soit l’aboutissement. Les enfants morts-nés sont donc comptabilisés comme autant d’accouchements, et à une naissance multiple (jumeaux, triplés,…) est associé un unique accouchement. Les projections de population En se basant sur les résultats du recensement de 1999, l’Insee a réalisé des projec-tions régionales depopulation à l’aidedu modèle« Omphale» rénové. Leprincipe consiste à calculer la population par sexe et âge d’une année en fonction des effectifs de l’année précédente, en les faisant vieillir, décéder ou migrer et en intégrant de nou-velles naissances. Les décès annuels résultent de l’application de quotients de mortalité par sexe et âge à la population susceptible de décéder au cours de l’année. Le solde migratoire de l’année s’obtient par application de quotients migratoires par sexe et âge à la popula-tion de la région, en tenant compte des décès pouvant survenir dans l’année. Enfin les naissances sont obtenues en appliquant des quotients de fécondité par âge aux effec-tifs de femmes de quinze à cinquante ans, susceptibles d’avoir des enfants au cours de l’année. Omphale calcule ainsi tout d’abord des quotients de référence à partir des données du recensement et de l’état civil. Ces quotients sont ensuite modifiés selon des hypothè-ses sur la fécondité, la mortalité et les migrations pour constituer un scénario. Le scénario appliqué à la Basse-Normandie est fondé sur la reconduction des tendan-ces passées : fécondité maintenue à son niveau de 1999, mortalité décroissant au même rythme que la Métropole et reconduction des comportements migratoires enre-gistrés de1990 à 1999, hormis pour lebassin deCherbourg, où leprolongement des tendances de 1982 à 1999 a été retenu pour tenir compte des mouvements résultant des grands travaux.
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