Agriculture

De
Publié par

Approches sectorielles AGRICULTURE Des spécificités régionales : une opportunité dans un contexte difficile En 2009, la relative pénurie en matières premières agricoles n’est plus d’actualité. La crise économique affecte la demande. Les cours poursuivent donc leur chute entamée l’année précédente. Le revenu agricole moyen français chute de 32% en un an, il est au-dessous de son niveau du début des années 90. Presque tous les secteurs de production sont touchés, mais les filières AOC constituent un filet de sécurité en Franche-Comté. En 2009, l’agriculture franc-comtoise ne L’agriculture franc-comtoise en bref subit aucun accident climatique ni pro- Évolution Part du niveau blème sanitaire majeur. La vaccination 2009 2008 sur un an national (en %) (en %)permet de contenir la circulation de la Surface agricole utilisée (ha) 730 050 730 600 – 0,1 2,5fièvre catarrhale ovine, maladie virale affectant les bovins et les ovins. Dans Terres arables (ha) 298 900 300 900 – 0,7 1,6 la région, un seul foyer a été détecté dont céréales 144 380 148 740 – 2,9 1,5 au cours de l’année, contre plus d’un dont prairies artificielles et temporaires 86 400 87 880 – 1,7 2,7 millier à la fin 2008. En revanche, en dont jachères 5 550 6 220 – 10,8 0,8 2009, l’agriculture française doit faire Surface toujours en herbe (ha) 422 150 421 050 +0,3 4,3 face à un retournement de conjoncture Vaches laitières (têtes) 198 000 203 000 – 2,5 5,3 amorcé en 2008.
Publié le : samedi 29 décembre 2012
Lecture(s) : 29
Nombre de pages : 4
Voir plus Voir moins
Approches sectorielles
AGRICULTURE Des spécificités régionales : une opportunité dans un contexte difficile
En 2009, la relative pénurie en matières premières agricoles nest plus dactualité. La crise économique affecte la demande. Les cours poursuivent donc leur chute entamée lannée précédente. Le revenu agricole moyen français chute de 32% en un an, il est au-dessous de son niveau du début des années 90. Presque tous les secteurs de production sont touchés, mais les filières AOC constituent un filet de sécurité en Franche-Comté.
En 2009, lagriculture franc-comtoise ne subit aucun accident climatique ni pro-blème sanitaire majeur. La vaccination permet de contenir la circulation de la fièvre catarrhale ovine, maladie virale affectant les bovins et les ovins. Dans la région, un seul foyer a été détecté au cours de lannée, contre plus dun millier à la fin 2008. En revanche, en 2009, lagriculture française doit faire face à un retournement de conjoncture amorcé en 2008. Les cours mondiaux des matières premières agricoles, élevés en 2007 et début 2008, dynamisent loffre. Ce qui provoque un afflux de produits laitiers sur des marchés touchés par la crise économique. Les cours mon-diaux, effondrés en 2008, poursuivent leur tendance à la baisse. Les cours des céréales fléchissent également, dans un contexte mondial dabondance. La situation est telle que la France met en place un plan de soutien exceptionnel à lagriculture. À ce dernier, sajou-tent des mesures spécifiques au lait, à lélevage et aux fruits et légumes.
Lagriculture franc-comtoise en bref
2009
2008
Surface agricole utilisée (ha) 730 050 730 600 Terres arables (ha) 298 900 300 900 dont céréales 144 380 148 740 dont prairies artificielles et temporaires 86 400 87 880 dont jachères 5 550 6 220 Surface toujours en herbe (ha) 422 150 421 050 Vaches laitières (têtes) 198 000 203 000 Production de lait de vache (hl) 11 016 000 10 800 000 Sources : Agreste (SAA 2008, SAA semi-définitive 2009)
Une récolte très satisfaisante Surface 2008 Surface 2009 Rendement 2009 (en ha) (en ha) (en quintaux/ha) Blé tendre dhiver 67 300 63 250 70 Orge 33 750 34 360 62 Maïs 34 100 32 450 94 Avoine 1 900 2 900 46 Triticale 7 700 7 970 56 Colza dhiver 25 720 27 150 39 Tournesol 7 250 8 000 27 Source : Agreste (SAA 2008, SAA semi-définitive 2009)
Évolution sur un an (en %)
 0,1  0,7  2,9  1,7  10,8 +0,3  2,5
+1,5
Part du niveau national (en %)
2,5 1,6 1,5
2,7 0,8 4,3 5,3 4,8
Rendement moyen 1998-2008 (en quintaux/ha) 65 56 83 41 52 31 26
13
LUnion européenne, de son côté, assouplit les règles de fonctionnement des instruments de gestion des marchés, et déclenche une aide à la filière laitière. La Franche-Comté néchappe pas à cette crise, mais son impact est variable selon les productions.
Oléagineux : la meilleure production depuis dix ans
Dans la région, les surfaces mises en culture sont stables. Les superficies déclarées en jachère se réduisent de 10%. Suite à la suppression de lobligation de jachère, elles avaient déjà diminué de moitié entre 2007 et 2008. Les cultures résistent bien à lhiver, pourtant long et froid. Avril et mai sont propices au semis des cultures de printemps et à la croissance des plantes. Les céréales obtiennent de très bons rendements, la récolte saccroît de 7% en un an. La récolte doléagineux est supérieure à celle observée au cours des dix dernières années. Elle dépasse de plus de 20% celle de 2008. Ce résultat est la conséquence de surfaces mises en culture plus élevées, combinées à un rendement record en colza. Les cours des grandes cultures, qui sétaient envolés fin 2007, reviennent progressivement à des niveaux plus habituels à partir du printemps 2008. Le prix moyen dapport du blé(1)perd 30% de sa valeur en un an, la baisse se faisant surtout ressentir au second semestre. Les conditions météorologiques sont plutôt favorables au développement de la vigne. Elles sont même excellentes au moment des vendanges ; août et septembre sont secs et ensoleillés. La récolte savère de très bonne qualité. Mais le rendement est affecté par la grêle de juillet, par la sécheresse du mois daoût, et par lépaisseur excessive des peaux des raisins. De plus, certains cépages ont souffert de coulures. Au final, les volumes globaux sont en baisse de 10%. La production régionale de vins sélèverait à 89 000 hl dont 76 000 hl en AOC.
La Franche-Comté moins fortement touchée par la crise laitière
Dans la filière laitière française, la situation est très ten-due (cf. encadré). La mauvaise conjoncture entraîne une réduction des livraisons. Pour la campagne 2009/2010, la France devrait encore un peu plus séloigner de son objectif de production déterminé par son quota. En Franche-Comté, la situation est dans lensemble moins difficile. Sur lannée civile 2009, les livraisons augmen-tent de 2% par rapport à 2008. Cette hausse est effective, malgré une productivité irrégulière des vaches observée par le contrôle laitier. En fonction de la pluviométrie, les croissances dherbe sont en effet très inégales dune zone à lautre. Certaines exploitations peinent à combler leur déficit dherbe et entament la ration dhiver dès le début du mois daoût.
Agriculture
La Franche-Comté est plutôt préservée par son orienta-tion fromagère et le positionnement commercial de ses produits, plutôt haut de gamme. La production française, quant à elle, subit la concurrence de fromages ingré-dients, de râpés, et de fromages premier prix importés dAllemagne, des Pays-Bas et de Belgique. La production régionale de comté est dynamique tout au long de lan-née. Les fabrications correspondantes atteignent un poids de près de 53 200 tonnes, soit une progression de 7% en un an. Mais les ventes annuelles, dont le volume sélève à 46 736 tonnes, sont en retrait de 3% par rapport à 2008. Concernant le prix du comté, la moyenne pondérée nationale est élevée, supérieure à 6 000/t dès le mois de janvier 2009 et en progression régulière tout au long de lannée. Les stocks de comté, plutôt faibles en 2008, se reconstituent à partir davril. Au 31 décembre, ceux-ci sétablissent à 26 750 tonnes, un niveau comparable à celui de 2007. La production régionale de gruyère se replie de près dun cinquième, après avoir bondi de 50% entre 2007 et 2008. En revanche, les fabrications dem-mental, dont le volume est de 26 300 tonnes, retrouvent un volume proche de celui de 2006, établi à 27 000 tonnes. Ces fabrications avaient nettement faibli en 2007 et surtout en 2008. Pour ces deux années, les quantités correspondantes étaient respectivement de 25 300 et 23 800 tonnes. Les disparités sont toutefois fortes entre départements. Les livraisons laitières sont particulièrement dynamiques dans le Jura. Dans ce département, le lait à comté, qui bénéficie dun prix plus attractif, représente environ les deux tiers de la collecte. À linverse, en Haute-Saône et dans le Terri-toire de Belfort, les livraisons sont freinées par un prix du lait plus bas. Le prix du lait destiné aux AOC continue sa progression. Par contre, le prix du lait conventionnel chute en 2009, malgré une envolée fin 2007 et le maintien dun niveau relativement élevé en 2008. Sa traditionnelle baisse du mois davril est particulièrement marquée cette année. Elle correspond à  5,55 /hl. En moyenne annuelle 2009, le prix du lait conventionnel, estimé à 30,7/hl, est nette-
Lannée économique et sociale 2009 en Franche-Comté
14
ment inférieur à celui de 2008 (36,2/hl). Il reste inférieur à celui de 2007 (31,3/hl), mais il est supérieur à celui de 2006 (29,3/hl).
Le cours de la vache de réforme laitière : vers un retour à son niveau de 2005
Les éleveurs laitiers accentuent la mise à la réforme dune partie de leur troupeau. Ainsi, en fin dannée 2009, leffectif de vaches laitières, présentes dans les exploitations franc-comtoises, est de 198 000 têtes, soit 2,5% de moins en un an. Dans la région, les abattages de vaches, laitières et nourrices,
Le prix du lait : une chronique des évènements
En 2008, la direction de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes avait interdit les recommandations de linterprofession laitière nationale sur le prix du lait. Cette pratique pouvait être jugée comme apparentée à une entente illicite, interdite par la réglementation communautaire. Cette décision avait provoqué dimportantes tensions entre éleveurs et transformateurs. Un accord fragile temporaire était intervenu le 1er 2008, sappliquant décembre jusquau 31 mars 2009, dans lattente dun accord définitif. Au premier trimestre 2009, les négociations patinent, et quelques transformateurs font des accrocs à laccord interprofessionnel du 1erdécembre 2008. Le deuxième trimestre démarre sans indicateur national de prix. Ce qui donne lieu à des manifestations spontanées dagriculteurs, suivies dactions syndicales. Les discussions aboutissent le 3 juin, mais laccord nest pas jugé satisfaisant par bien des éleveurs. Il fixe un prix de base moyen annuel du lait selon la part de produits industriels dans les fabrications du transformateur. Les éleveurs laitiers maintiennent la pression par des actions ciblant les transformateurs et les grandes surfaces. La plate-forme de distribution Casino à Besançon est bloquée près de deux jours. Dans le Territoire de Belfort, les éleveurs bloquent des supermarchés et déversent du lisier devant la Direction Départementale des Territoires (DDT). Une grève nationale des livraisons est menée du 10 au 24 septembre. Elle divise la profession et elle est peu suivie en Franche-Comté. Selon la presse locale, la manifestation nationale du 16 octobre mobilise, à Besançon, 1 200 agriculteurs équipés de 390 tracteurs. Par ailleurs, les éleveurs adhérents de la Centrale laitière de Franche-Comté, sont entrés en conflit avec la SAS Le Francomtois à Belfort, à laquelle ils livrent leur lait. Le litige porte dabord sur le prix du lait, puis sur le maintien du ramassage de leur lait, non garanti au-delà du mois de juin. Ils trouvent finalement un nouveau débouché auprès de la fromagerie de Clerval, appartenant au groupe Ermitage, à compter du 1erseptembre. Enfin, le groupe Entremont, en mauvaise posture financière, est à la recherche dun repreneur. Lenjeu est dimportance en Franche-Comté car Entremont est un acteur majeur de la filière comté. La proposition de reprise par Lactalis est rejetée en fin dannée. Sodiaal reste en course, mais aucune décision nest encore prise à ce jour.
Agriculture
sont particulièrement élevés en mars 2009 (+30% en 1 an). Cette période correspondant à la fin de la campagne laitière 2008/2009. Les abattages sont également plus importants après les vêlages, en novembre 2009 (+17% par rapport à novembre 2008). En août 2008, le cours de la vache de réforme laitière, attei-gnait son cours le plus élevé depuis le début de la décennie (3,05/kg). La réforme massive des vaches laitières pèse alors sur les cours des gros bovins qui chutent dès lautomne 2008, pour se redresser en 2009, et revenir à un niveau comparable à ceux de 2005 (2,67/kg en moyenne annuelle contre 2,72/kg). La situation est difficile pour les éleveurs porcins, malgré la baisse du coût de lalimentation. Les cours(2)restent à des niveaux modestes. En moyenne annuelle, la cotation du porc E franc-comtois sétablit à 1,36/kg, soit 10 centimes de moins quen 2008. La production ovine française reste très faible en 2009, doù un soutien du cours de lagneau. En Franche-Comté, le cours de lagneau R sétablit à 4,81/kg (moyenne annuelle). Il faut remonter à 2001 pour trouver un cours supérieur (5,09Le volume régional dovins abattus en 2009 est/kg). de 600 tonnes. Il est en recul de plus dun tiers par rapport à lannée précédente. Les abattages francs-comtois correspondent à une masse totale de 33 900 tonnes et ils sont quasiment stables par rapport à 2008 (+0,7%).
Le revenu national agricole fortement amputé
En 2009, pour lensemble des exploitations professionnelles françaises, et selon les estimations du compte prévisionnel de lagriculture, le revenu net dentreprise agricole par actif non salarié se réduirait, en un an, de 32%. Ce qui le ramène au-dessous de son niveau du début des années 90. Les plus pénalisés sont les éleveurs laitiers, pour lesquels le revenu chute de 54%. Cette forte diminution est due à une impor-
Lannée économique et sociale 2009 en Franche-Comté
15
tante baisse du prix du lait et à une réduction de la collecte. Derrière les arboriculteurs, les agriculteurs spécialisés dans la culture de céréales et oléoprotéagineux, se placent au 3erang des exploitants ayant subi les plus grosses baisses de revenu. Pour cette spécialité, la perte de revenu estimée au niveau national est de lordre de 51%. La baisse des coûts de production nest pas parvenue à compenser la forte chute des prix. Cette diminution de revenu intervient après une réduction dun tiers de celui-ci déjà réalisée en 2008. Il faut noter que ces chutes successives interviennent après un quasi doublement du revenu en 2007, lié alors à la flambée des
Agriculture
cours des grandes cultures. Lévolution de revenu est plus favorable pour les éleveurs de bovins « viande » (+17%). Toutefois cette progression observée en 2009 succède à deux années de forte baisse ( 30% chaque année). Le revenu des éleveurs porcins saméliore en 2009 mais reste à un niveau bas. Lactivité laitière, très exposée à la crise, représente plus de 40% du chiffre daffaires de la ferme franc-comtoise. Pour-tant, lorientation fromagère et limportance des filières AOC devraient assurer à la Franche-Comté une moindre perte de son revenu(3)agricole.„
Kristina FRÉTIÈRE (DRAAF)
(1) Établi trimestriellement par lenquête de FranceAgriMer auprès des collecteurs. (2) Les animaux abattus sont classés selon une grille européenne indiquant leur conformation (grille E U R O P : de E excellente à P médiocre). (3) Revenu agricole régional 2009 : donnée non encore disponible.
Lannée économique et sociale 2009 en Franche-Comté
16
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.