Agriculture : 2010 : une campagne de production agricole perturbée par les éléments naturels et climatiques

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éco la revue économiqantiue et socialeane des antilles guyane L’année économique et sociale 2010 en Guadeloupe : Premiers signes d’une reprise n° 74 - JUILLET 2011 2010, premiers signe d’une reprise N° 74 en Guadeloupe Synthèse Tourisme 2 2010, premiers signes d’une reprise en 16 Les signes d’une reprise Guadeloupe 18 Les retombées économiques et sociales de la Route du Rhum 2010Actualités 3 2010 en quelques dates Transport 20 2010, l’année du redémarrage Contexte national du trafic portuaire ?et international 4 L’économie mondiale redémarre en 2010 Emploi - chômage 22 Marché du travail : 3e année consécutive Commerce extérieur de hausse de la demande d’emploi 6 Reprise modérée des échanges extérieurs 24 Timide reprise du marché du travail guadeloupéenÉpargne-crédit 8 Redressement de l’activité de crédit en 2010 26 Les femmes plus souvent inactives et désireuses de travailler Prix 10 Forte poussée des prix en Guadeloupe 28 Hausse d’emplois dans les services en 2010 marchands guadeloupéens Créations d’entreprise Logement 12 Toujours plus de créations d’entreprise 30 Construction : retour à la normale ? en Guadeloupe Enseignement Agriculture 32 Les facteurs de réussite au BTS 14 2010 : une campagne de production agricole perturbée par les éléments naturels Démographieet climatiques 34 Bilan démographique 2010 N° 74 - Guadeloupe - Juillet 2011 Édito J’ai le plaisir de vous présenter une nouvelle édition de l’Année économique et sociale en Guadeloupe.
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éco
la revue économiqantiue et socialeane
des antilles guyane
L’année économique et sociale 2010
en Guadeloupe :

Premiers signes d’une reprise
n° 74 - JUILLET 20112010, premiers signe d’une reprise N° 74
en Guadeloupe
Synthèse Tourisme
2 2010, premiers signes d’une reprise en 16 Les signes d’une reprise
Guadeloupe
18 Les retombées économiques et sociales
de la Route du Rhum 2010Actualités
3 2010 en quelques dates
Transport
20 2010, l’année du redémarrage Contexte national
du trafic portuaire ?et international
4 L’économie mondiale redémarre en 2010
Emploi - chômage
22 Marché du travail : 3e année consécutive
Commerce extérieur de hausse de la demande d’emploi
6 Reprise modérée des échanges extérieurs
24 Timide reprise du marché du travail
guadeloupéenÉpargne-crédit
8 Redressement de l’activité de crédit en 2010
26 Les femmes plus souvent inactives
et désireuses de travailler
Prix
10 Forte poussée des prix en Guadeloupe 28 Hausse d’emplois dans les services
en 2010 marchands guadeloupéens
Créations d’entreprise Logement
12 Toujours plus de créations d’entreprise 30 Construction : retour à la normale ?
en Guadeloupe
Enseignement
Agriculture
32 Les facteurs de réussite au BTS
14 2010 : une campagne de production
agricole perturbée par les éléments naturels
Démographieet climatiques
34 Bilan démographique 2010
N° 74 - Guadeloupe - Juillet 2011Édito
J’ai le plaisir de vous présenter une nouvelle édition de l’Année économique et sociale
en Guadeloupe. Ce bilan de l’année écoulée, l’année 2010, se veut un regard synthéti-Lque et cohérent, mais non exhaustif, sur la réalité économique et sociale de la région.
Il s’appuie sur les données disponibles au moment de son élaboration et constitue le résul-
tat de la collaboration fructueuse entre l’Institut et ses partenaires régionaux.
Je tiens ici à remercier tous les auteurs de cette « Année économique et sociale 2010 en
Guadeloupe » :
- M. Bini de la Chambre de commerce et d’industrie des îles de la Guadeloupe ;
- M. Chaulet de la Direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt ;
- MM. Darmalingon et Janik de la Direction des entreprises, de la concurrence, de la
consommation, du travail et de l'emploi ;
- Mme Jiounandan du Rectorat de la Guadeloupe ;
- Mme Minatchy de l’Institut d’émission des départements d’Outre-mer ;
- M. Pierrot du Port autonome de la Guadeloupe ;
- M. Rafraf de la Direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement ;
- Mmes Camus, Christanval, Fanon, Nacitas, Philibert, Ragot et MM. Benhaddouche,
Horatius-Clovis, Le Grand, Forgeot, Mystille, Paraire et Valadou de l’INSEE.
Je vous souhaite à tous une bonne lecture et vous invite à consulter les éditions 2010 de
l’Année économique et sociale de la Guyane et de la Martinique respectivement sur :
www.insee.fr/guyane et www.insee.fr/martinique.
Patrick HERNANDEZ
1N° 74 - Guadeloupe - Juillet 2011Synthèse
2010, premiers signes d’une
reprise en Guadeloupe
le dynamisme des échanges exté- du brevet de technicien supérieur.En 2010, après deux
rieurs : le trafic de marchandises est Pour ce diplôme, conçu pour s’insé-années de crise en hausse de 5 %. En revanche, le tra- rer rapidement sur le marché du
économique, les premiers fic de passagers baisse de 1 %. Tirée travail, le taux de réussite s’établit à
par le renchérissement des produits 55 %, soit 1,7 point de plus que lasignes d’une reprise se
énergétiques, l’inflation est repartie à session 2009.font sentir en la hausse (+ 2,8 %). Cette hausse des En 2010, les créations d’entreprises
Guadeloupe. Échanges prix n’a pas entamé le moral des mé- progressent de 9 %, toujours portées
nages guadeloupéens dont la demande par le succès du régime de l’auto-commerciaux, trafic de
de financement se redresse : les cré- entreprise (+ 20 %). Dans la région, marchandises, crédits aux dits aux ménages progressent de 5 300 entreprises ont ainsi été créées,
ménages, logement, 8,9 %. En particulier, la hausse de dont deux sur cinq par des auto-
10,9 % des crédits à l’habitat est à entrepreneurs.fréquentation hôtelière,
mettre en parallèle avec le redresse-nombre d’emplois, ment progressif de l’activité dans le Le bilan touristique de l’année 2010
nombre de créations secteur de la construction dont le confirme l’amélioration de la fré-
principal moteur est le logement indi- quentation hôtelière par rapport àd’entreprise : la plupart
viduel. Cependant, avec 4 100 auto- l’année précédente. Malgré cettedes indicateurs sont à la risations de permis de construire, amélioration, qui a surtout profité à
hausse. Cependant, le l’année 2010 signe un retour à la nor- l’hôtellerie de luxe (3 étoiles ou
male après une année 2009 marquée plus), le niveau d’activité reste infé-chômage continue sa
erpar un conflit social au 1 trimestre. rieur aux années antérieures à 2009progression et des Les entreprises adoptent une position et requiert des professionnels du sec-
tensions inflationnistes se plus hésitante. teur une adaptation constante et sou-
La reprise timide du marché du travail ple à une demande fluctuante. Ainsi,font sentir.
guadeloupéen a permis à l’emploi de en novembre 2010, la course transat-
progresser de 1,2 % mais elle ne par- lantique de «la Route du rhum» a
vient pas à réduire le nombre des lancé la saison touristique plus tôt
’activité mondiale, dont la baisse demandeurs d’emplois qui progres- qu’habituellement.Ls’affichait dès 2008 et s’aggravait sent pour la troisième année consé- Perturbé par les éléments naturels et
en 2009, progresse de 5 % en 2010. cutive (+6 % en 2010 après +11 % en climatiques, la campagne agricole
Limitée à 1,5 % en France, la hausse 2009). 2010 est assez moyenne, malgré une
atteint 2,9 % aux États-Unis, 3,5 % en Au deuxième trimestre 2010, le taux amélioration par rapport à 2009 : la
Allemagne, 4 % au Japon et 10 % en de chômage des 15-64 ans est de production de sucre progresse de 8 %
Chine et en Inde. En France, l’infla- 24,1 %. 64 000 demandeurs d’em- mais les expéditions de bananes chu-
tion reste limitée et à 9,2 %, le taux ploi sont recensés en Guadeloupe ou tent de 21 %.
de chômage marque un léger recul. dans les Iles du Nord. Les seniors sont En 2010, 5 283 bébés sont nés en
plus touchés que les autres catégories Guadeloupe. Le nombre de naissan-
Dans ce contexte de reprise, les de demandeurs, + 18 % en un an ces diminue pour la cinquième
échanges de la Guadeloupe progres- contre + 0,4 % pour les jeunes de année consécutive en raison de la
sent en 2010. Les importations aug- moins de 25 ans. Si le diplôme reste baisse du nombre de femmes en âge
mentent de 12 % et les exportations un atout contre le chômage, l’accal- de procréer.
(hors énergie) de 7 %. Au port auto- mie sur le marché du travail des jeu-
nome de la Guadeloupe (PAG), le nes devrait offrir de meilleures pers-
Ali BENHADDOUCHEredémarrage de l’activité traduit bien pectives aux 720 nouveaux titulaires
2 N° 74 - Guadeloupe - Juillet 2011Actualités
2010 en quelques dates
• Janvier-octobre collèges et les lycées de la Cammas, skipper de Groupama 3,
44 000 personnes ont été, entre Guadeloupe ont été fermées, ainsi après neuf jours de course.
début décembre 2009 et fin octo- que l'aéroport international de
bre 2010, infectées par le virus de Pointe-à-Pitre (3 jours de ferme- • 17 novembre
la dengue. Cinq en sont mortes. ture). Le parlement adopte le projet de loi
L’épidémie aura duré 47 semaines, de réforme des collectivités territo-
avec jusqu'à 4 100 cas par semaine. • 14 mars riales qui institue, de fait, une
Victorin Lurel, président sortant, assemblée unique dans les Dom.
• Janvier-décembre remporte les élections régionales Cette réforme opère un rapproche-
Étude de faisabilité du projet de au premier tour avec 56,6 % des ment spectaculaire entre région et
construction d’un grand port auto- suffrages. département. Conseillers généraux
nome moderne pour doubler les et départementaux disparaissent au
possibilités du terminal de la Pointe • 14 avril profit des conseillers territoriaux.
erJarry. Le nuage de cendres, provoqué par Elle prendra effet le 1 janvier
l’irruption du volcan islandais 2014.
Un nouveau contrat d’objectifs a Eyjafjöll, paralyse le trafic aérien
été signé pour quatre ans avec mondial. Les vols annulés au • 14 décembre
l’UAG afin de développer de nou- départ de l’hexagone privent l’ar- Les représentants du LKP se présen-
velles filières et améliorer les chipel de centaines de touristes. tent devant la sous-préfecture pour
conditions de vie et d’études. Près être reçus et demander la tenue
de 2,6 millions d’euros seront • 7 octobre d’un comité de suivi des accords de
mobilisés pour promouvoir l’excel- La Chambre de Commerce et 2009. Mais ils trouvent les grilles
lence avec l’ambition de créer d’Industrie Territoriale des Iles de de la sous-préfecture cadenassées.
notamment la faculté de médecine Guadeloupe (CCI IG) succède aux
de plein exercice, une école d’in- deux chambres en place : Pointe-à-
génieurs, un institut d’études politi- Pitre et Basse-Terre. La liste emme-
Mélanie CHRISTANVALques et une école de langues. née par Colette Koury remporte
Nicolas SILVESTREl’élection : le siège de la CCI IG est
• 12 janvier situé à Pointe-à-Pitre.
Un séisme de forte magnitude
frappe Haïti. Les dégâts sont gigan- ? 29 octobre
tesques : près de 300 000 morts, un Saint-Barthélemy choisit de devenir
million de sans-abri. « Pays et Territoire d’Outre-mer »
(PTOM). Ce statut sera effectif à
er• 11 février compter du 1 janvier 2012.
Suite à l’explosion du volcan de la
Soufrière de l'île de Montserrat, et à • 9 novembre
la dissémination d’un imposant La neuvième édition de la Route du
panache de cendres, les écoles, les Rhum est remportée par Franck
3N° 74 - Guadeloupe - Juillet 2011Contexte national et international
L’économie mondiale
redémarre en 2010
de la crise de septembre 2008. plus restrictives et d’un ralentissementLe Produit Intérieur Brut
La croissance est restée très élevée dans des exportations.mondial a progressé de 5 %
les pays émergents. La Chine et l’Inde Les craintes liées au non rembourse-
en 2010. La reprise a été poursuivent leur marche en avant à un ment de la dette de certains états sont
dynamique aux États-Unis pas rapide avec une croissance de plus toujours présentes. La Grèce, l’Irlande,
de 10 %. L’inflation et la spéculation le Portugal et dans une moindre mesuremais plus hétérogène dans
immobilière menacent toutefois d’éro- l’Espagne ont subi une hausse des tauxla zone Euro. La plupart des
der les progrès enregistrés. souverains à dix ans. Ces hausses
pays avancés ont mis en La croissance a été très hétérogène remettent en cause un équilibre budgé-
place des plans de dans la zone Euro. taire déjà menacé par la crise. EnLa reprise est
L’économie alle- réponse, ces états mènent des politi-consolidation de leurs
hétérogène mande a été sou- ques radicales de consolidation dufinances publiques. En
tenue par des déficit public basées essentiellementdans la zoneFrance, la reprise est portée investissements sur une réduction des dépenses publi-Euroessentiellement par la élevés. L’Espagne ques. Le plan de soutien mené par
et l’Italie ont dû faire face à une l’Europe garantit à ces états des taux deconsommation. La reprise a
demande interne très faible. La Grèce, remboursement ne mettant pas en périlété très dynamique en
le Portugal et l’Irlande ont mis en place l’économie du pays. Les risques sur les
Amérique latine et dans la des plans drastiques de réduction des dettes souveraines peuvent de manière
Caraïbe, portée par le déficits publics. Après une reprise sou- indirecte pénaliser la reprise économi-
tenue au premier semestre 2010, l’acti- que en développant l’attentisme desBrésil, la République domini-
vité a décéléré au second semestre sous acteurs économiques, en particuliercaine et Panama. L’économie
l’effet conjugué de politiques publiques des ménages. Les politiques budgétai-
haïtienne a subi en 2010 les
La crise épargne les pays émergentsconséquences du tremble-
Croissance du PIB en 2009 et 2010, projections pour 2011 et 2012ment de terre de janvier.
unité : en %
Projections’économie mondiale a progressé de
2009 2010 2011 2012L5 % en 2010 après la récession de
Monde -0,5 5,0 4,4 4,5 (1) Costa Rica,2009 (- 0,5 %). Le commerce mondial
économies avancées -3,4 3,0 2,4 2,6 Salvador, Guatemala,a retrouvé son dynamisme, particuliè-
Etats Unis -2,6 2,8 2,8 2,9 Honduras, Nicaragua,rement au second semestre 2010. La
Zone Euro, dont : -4,1 1,7 1,6 1,8 Panama
reprise de la demande mondiale est - France -2,7* 1,5* 1,6 1,8 (2) Antigua-et-
forte. - Allemagne -4,7 3,5 2,5 2,1 Barbuda, Bahamas,
Japon -6,3 3,9 1,4 2,1 Barbade, Belize,Le prix du pétrole a fortement aug-
Pays émergents ou en développement 2,7 7,3 6,5 6,5 Dominique, Grenade,menté au dernier trimestre 2010 (voir
- Chine 9,2 10,3 9,6 9,5 Guyana, Haïti,encadré). La hausse du coût de l’éner-
- Inde 6,8 10,4 8,2 7,8 Jamaïque, République
gie laisse craindre des répercussions sur Amérique Latine - Caraïbes -1,7 6,1 4,7 4,2 dominicaine, Saint
les prix des produits alimentaires. Ces Brésil -0,6 7,5 4,5 4,1 Kitts-et-Nevis, Sainte
Venezuela -3,3 -1,9 1,8 1,6 Lucie, Saint-Vincent ethausses toucheront plus fortement les
1Amerique Centrale -0,6 3,6 4,0 4,3 les Grenadines,pays émergents et risquent, si elles se
- Panama 3,2 7,5 7,4 7,2 Suriname et Trinidad-poursuivent, de générer des tensions 2Caraïbes 0,4 3,4 4,2 4,5 et-Tobago.
sociales. - Haïti 2,9 -5,1 8,6 8,8
Les États-Unis ont retrouvé une crois- - République Dominicaine 3,5 7,8 5,5 5,5
- Antigua et Barbuda -8,9 -4,1 3,1 2,5sance dynamique (+ 2,8 %). Le recul
- Dominique -0,3 1,0 1,6 2,5des importations américaines au cours
- Sainte-Lucie -3,6 0,8 4,2 3,9du dernier trimestre est dû aux condi-
- Barbade -4,7 -0,5 2,0 2,5
tions climatiques et ne devrait être que - Trinidad et Tobago -3,5 0,0 2,2 2,4
conjoncturel. La politique budgétaire - Suriname 3,1 4,4 5,0 5,0
très expansionniste a permis de sortir Sources : FMI, World Economic Outlook, avril 2011 sauf (*) Insee, comptes nationaux, base 2005
4 N° 74 - Guadeloupe - Juillet 2011Contexte national et international
res comportent également un risque de que de faire repartir l’inflation et rogner Dans les petites Antilles (îles de
réduction du pouvoir d’achat des ainsi sur le pouvoir d’achat des ména- l’Organisation des états de la Caraïbe
ménages, en particulier lorsqu’elles ges. orientale), la dette publique s’est dégra-
s’appuient sur une hausse de la fisca- Depuis le dernier trimestre 2010, les dée pour approcher 100 % du PIB. Le
lité. entreprises ont reconstitué les stocks, tourisme a repris en 2010 mais de
L’inflation est repartie à la hausse en contribuant ainsi à la croissance. Ce fac- manière moins marquée que dans les
2010 dans la zone Euro. La Banque teur, associé à un report d’activité dans grandes Antilles. La croissance se pour-
centrale européenne (BCE) a relevé son le secteur de la construction a entraîné suit en République dominicaine
taux directeur à 1,25 % en avril 2011, une accélération de la croissance au (+ 7,8 % en 2010 après + 3,5 % en
dans le but de limiter ces tensions infla- premier trimestre 2011 (+ 1 %). 2009). L’économie est portée par des
tionnistes. Cette politique tranche avec investissements sur des grands travaux
L’Amérique latine et lescelle de la banque centrale des États- mais délaisse des politiques publiques
Unis, qui a maintenu durant toute l’an- d’éducation et de santé qui pourraientCaraïbes sont dynamiques
née 2010 ses taux directeurs à un contribuer à réduire les inégalités.
niveau plancher. Les économies d’Amérique latine et de L’économie haïtienne a subi les consé-
la Caraïbe ont enregistré une forte quences du tremblement de terre deLa croissance
En France, la fin des croissance en 2010 (+ 6,1 %). Cette janvier 2010. La crise économique arepart
effets du plan de croissance devrait rester soutenue en toutefois été limitée par l’aide interna-
en France relance s’est ajou- 2011 et 2012 avec des prévisions supé- tionale massive. La chute du PIB est
tée aux conditions climatiques défavo- rieures à 4 %. Cette croissance a été estimée à - 5,1 % en 2010. Un an après
rables au dernier trimestre qui ont pesé portée par la demande intérieure, géné- le séisme, l’aide versée ne représente
sur la reprise, en particulier dans le sec- rant des risques de surchauffe dans cer- qu’un quart du montant promis lors de
teur de la construction. L’investissement tains pays avec l’accroissement des la conférence des donateurs qui s’est
a stoppé sa chute mais a encore baissé déficits publics et des tensions inflation- réunie à New-York en mars 2010. Les
en 2010 (- 1,2 % en 2010 après - 9,0 % nistes. personnes les plus vulnérables sont
en 2009). Le Brésil, fort d’une croissance très vive confrontées à des conditions de vie très
L’inflation est restée très limitée en (+ 7 ,5 %) a mis en place en 2011 des précaires. Environ 1,5 millions de per-
France, qui est le pays de la zone Euro coupes budgétaires élevées à hauteur sonnes vivent dans des campements de
où l’inflation est restée la plus faible. Le de 1,25 % du PIB. La croissance est res- fortune et doivent faire face à la hausse
chômage sur le marché du travail y a tée soutenue au Suriname grâce à une des prix des produits de base.
contribué. L’augmentation des coûts de forte hausse en valeur des exportations
l’énergie et des matières premières ris- de pétrole et d’or. Hervé LE GRAND
Les prix du pétrole repartent à la hausse Les prix du pétrole augmentent fortement depuis le dernier trimestre 2010
Évolution du prix moyen du baril de Brent*Le prix du pétrole a fortement augmenté au premier trimestre 2011, soutenu par
la demande mondiale et par les incertitudes sur la situation au Moyen-Orient. Il Unité : $ / baril
140 devrait se stabiliser autour de 110 $ le baril au deuxième trimestre 2011 sous l’ef-
120
fet de la baisse saisonnière de la demande de pétrole dans les pays développés 100
à la fin de l’hiver. Des incertitudes subsistent en relation avec la situation géopo- 80
60 litique au Moyen-Orient et sur les conséquences du tremblement de terre au
40 Japon, troisième importateur mondial de pétrole. L’Insee estime qu’en France,
20
une augmentation de 20 € sur le prix du baril de Brent entraine une hausse de
0
0,7 point de l’inflation sur un an. La diffusion d’un choc sur le prix du pétrole
influe directement sur les prix à la consommation par le renchérissement de la
consommation énergétique, et indirectement par la hausse des salaires qui
*pétrole brut léger (Royaume Uni), moyen (Dubai) et
entraine une augmentation des prix à la production. lourd (Texas) (calcul à pondération égale)
Source : Conférence des Nations Unies sur le
Pour en savoir plus commerce et le développement (unctadstat.unctad.org)
Fonds Monétaire International
Worl d Economic Outlook (WEO), “Les tensions d’une reprise à deux vitesses », avril 2011,
http://www.imf.org/external/pubs/ft/weo/2011/01/index.htm
? Regional Economic Outlook, Western Hemisphere, “Watching out for overheating”, avril 2011,.imf.org/external/pubs/ft/reo/2011/whd/eng/wreo0411.htm
Insee
? Note de conjoncture, "Les chocs passent, l'activité résiste", mars 2011,
http://www.insee.fr/fr/themes/theme.asp?theme=17&sous_theme=3&page=note.htm
? Les comptes de la nation en 2010, « La croissance repart », Insee Première n°1349, mai 2011,.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=0&ref_id=ip1349
5N° 74 - Guadeloupe - Juillet 2011
janv.-07
avr.-07
juil.-07
oct.-07
janv.-08
avr.-08
juil.-08
oct.-08
janv.-09
avr.-09
juil.-09
oct.-09
janv.-10
avr .-10
juil.-10
oct.-10
janv.-11
avr .-11 Commerce extérieur
Reprise modérée des échanges
extérieurs
produits pharmaceutiques, les meu-près une année 2009 affichant unAprès la baisse de 2009,
bles et l’habillement.Anet repli, le commerce extérieurles échanges de la En 2010, le montant des exportationsde la Guadeloupe se redresse en
Guadeloupe repartent de progresse également (+ 5 %), mais2010. Il demeure malgré tout moins
moins rapidement que celui desdynamique qu’avant la crise. Le mon-l’avant en 2010. Les
importations. Il atteint 216 millionstant des importations est de 2,27 mil-importations augmentent d’euros. Les réexpéditions de produitsliards d’euros en hausse de 12 % par
de 12 % et les pétroliers raffinés vers la Guyane fran-rapport à 2009. Les importations pro-
çaise représentent 28 % de ces ven-gressent dans l’ensemble des princi-exportations de 5 %. Le
tes. Hors énergie, la valeur des expor-paux secteurs sauf dans celui dedéficit commercial atteint tations augmente de 7 %.l’énergie. La valeur des produits
deux milliards d’euros, en Comme pour les autres départementspétroliers raffinés chute de 20 %.
d’Outre-mer, les échanges de biens deNéanmoins, la hausse du prix duprogression lui aussi de
la Guadeloupe sont déséquilibrés. Lepétrole atténue la diminution.12 %. La part des montant des exportations est dix foisExprimé en dollar US, devise dans
importations de France moins élevé que celui des importa-laquelle s’effectuent les transactions
tions. Il en résulte un faible taux depétrolières, le cours annuel moyen dumétropolitaine gagne
1 couverture des échanges de biens. Ilpétrole progresse de 29 % en 2010 .quatre points. Suite aux est de 10 % comme en 2009. Mais leLa baisse de 32 % des quantités
dommages causés sur les déficit commercial est égalementimportées est donc plus forte. Hors
élevé. Il atteint 2 milliards d’euros enénergie, la hausse de la valeur desrécoltes par les cendres
2010 en hausse de 12 %.produits importés est de 16 %. Aprèsde la Soufrière de
une baisse de 26 % en 2009, le mon- Accroissement de la partMontserrat, les tant des importations de l’industrie
des importations automobile repart à la hausseexportations agricoles
(+12 %). Dans l’industrie alimentaire, provenant de Francechutent.
les importations progressent plus for- métropolitaine
tement en valeur qu’en volume en rai-
En 2010, les produits manufacturésson de la hausse des prix enregistrée
ou industriels dominent les importa-dans ce secteur. Le montant des
tions guadeloupéennes. Ils représen-achats d’équipements mécaniques et
tent 71 % des achats, constitués éga-électriques augmente de 17 %. Les
lement à 19 %, de biens agricoles ouachats d’autres produits industriels
alimentaires et à 10 % d’énergie. s’accroissent de 19 %, tirés par les
61 % des produits importés provien-
En 2010, la métropole renforce sa première place nent de France métropolitaine, soit
dans les échanges guadeloupéens quatre points de plus qu’en 2009. Les
Part de la zone partenaire dans les échanges de biens et solde commercial en 2010
approvisionnements métropolitains
Unité : million d'euros et % recouvrent de nombreux produits :
Importations % Exportations % Solde - 75 % des denrées alimentaires, bois-
France métropolitaine 1 378,6 60,8 72,2 33,4 -1 306,4 sons et produits à base de tabac ;
Union européenne hors France 295,6 13,0 13,6 6,3 -282,1 - 62 % des équipements mécaniques,
Etats-Unis 155,2 6,8 2,5 1,1 -152,7 matériel électrique, électronique et
Martinique 78,0 3,4 33,7 15,6 -44,3 informatique,
Caraïbe hors ACP 44,9 2,0 1,9 0,9 -43,0 - 91 % des produits pharmaceutiques.
Caraïbe ACP 26,2 1,2 2,1 1,0 -24,1
La France métropolitaine est le four-
Guyane 6,4 0,3 66,4 30,7 60,0
nisseur principal de véhicules (45 %).Autres 2 82,0 12,4 23,9 11,0 -2 58,2
____________
Total 2 266,9 100,0 216,2 100,0 -2 050,7 (1) Compte tenu de la réévaluation de l’euro
par rapport au dollar au cours de la mêmeSource : Douanes, calculs Insee
période, exprimé en euros, le cours moyen du
pétrole a diminué de 1,2%.6 N° 74 - Guadeloupe - Juillet 2011Commerce extérieur
En 2010 les importations repartent à la hausse
Montants et évolutions des importations et des exportations par activité
Unité : million d'euros et %
Importations Exportations
valeur évolution valeur évolution
en 2010 en 2010
AZ - Agriculture, sylviculture et pêche 48,4 23,5 23,8 -25,4
DE - Hydrocarbures naturels, autres produits des industries extractives,
éléctricité, déchets 20,9 1,4 9,3 176,9
C1 - Denrées alimentaires, boissons et produits à base de tabac 394,9 20,3 50,6 3,6
C2 - Produits pétroliers raffinés et coke 199,1 -20,0 60,8 0,3
C3 - Equipements mécaniques, matériel électrique, électronique
et informatique 431,4 17,4 19,9 -3,7
C4 - Matériels de transport 293,4 3,6 15,9 35,9
- dont industrie automobile 254,6 11,6 6,0 -5,8
C5 - Autres produits industriels 857,9 19,1 34,5 22,8
- dont pharmacie 148,0 5,8 1,5 360,3
Autres 21,0 -7,5 1,4 23,4
Total 2 266,9 11,7 216,2 4,8
Source : Douanes, calculs Insee
Ensuite, arrive l’Allemagne (22 %) La banane représente 2 % de la valeur. guadeloupéennes. Ces achats, dont le
puis le Japon, l’Espagne, l’Italie, la La Guyane envoie surtout du poisson montant se maintient au même
Grande Bretagne et la Roumanie. et du bois. niveau qu’en 2009, se composent
L’Allemagne procure principalement Les exportations principalement de sucre, de rhum, de
Chute desdes voitures mais aussi des produits de la Guadeloupe bananes et de melons. En 2010, les
industriels divers, des équipements sont peu diversi- réexpéditions de carburant vers laexportations
électriques et des produits alimentai- fiées. En dehors Guyane baissent en volume de 11 %.agricoles
res. L’Italie envoie également des car- des réexpéditions Néanmoins, le montant reste élevé,
reaux et dalles en céramique, des de pétrole raffiné, quatre produits au même niveau qu’en 2009 compte
appareils ménagers et des produits ali- représentent 40 % de leur valeur tenu de la hausse des prix des pro-
mentaires. Les Pays Bas fournissent de (sucre, rhum, bananes et melons). duits pétroliers.
la bière et de la viande de volailles. Cette part chute de 10 points en 2010 La valeur des exportations vers la
L’Espagne livre des produits industriels où les quantités de produits agricoles Martinique augmente de 27%, mais
divers et des produits alimentaires. exportés diminuent de 23%. Elles sont elle est largement inférieure au niveau
Les produits pétroliers raffinés consti- tirées vers le bas par la chute des d’avant 2009. Elles se composent
tuent l’essentiel de l’énergie importée. expéditions de bananes (-22 %) et de notamment de réexpéditions de télé-
Ils proviennent des États-Unis et de la melons (-45 %). En début d’année, les phones portables, de verres de lunet-
Martinique. Ils se composent de fuel, chutes de cendres qui ont suivi l'érup- terie et d’articles et appareils d'ortho-
de gazole et d’essence sans plomb. tion de la Soufrière de Montserrat ont pédie.
Les achats auprès des voisins caribéens rendu une partie de la production Plus de la moitié des exportations vers
restent peu développés. En 2010, l’es- annuelle de bananes et de melons l’Union européenne (hors France) se
pace Caraïbe (hors DFA) procure impropres à la consommation. compose de sucre de canne livré au
3,2 % des produits importés, la En revanche, le montant des exporta- Portugal. On y trouve également des
Martinique 3,4 % et la Guyane 0,3 %. tions de denrées alimentaires, de déchets et débris métalliques expé-
Les produits venant de l’espace boissons et de produits à base de diés en Espagne.
Caraïbe sont principalement du tabac augmente (+3,6%). En particu- L’espace Caraïbe ne reçoit que 2 % du
ciment, de la houille et des produits lier les quantités de sucre exportées montant des exportations, principale-
pétroliers, mais également du fil de fer, progressent de 7 % et celles de rhum ment du ciment et des aliments pour
des oranges et des racines. Les expédi- de 4,5 %. animaux.
tions en provenance de Martinique La France métropolitaine constitue la
sont constituées de carburant à 87 %. destination d’un tiers des exportations Emmanuel THIOUX
Définitions
L’espace Caraïbe comprend toutes les îles de la Caraïbe, ainsi que les pays d’Amérique Centrale et du sud qui
possèdent une ouverture maritime sur la Caraïbe. Les échanges avec Porto- Rico sont confondus avec ceux des
États-Unis faute de données les isolant. On y distingue un groupe de pays signataires de l’accord de libre
échange de Cotonou (pays ACP de la Caraïbe) et ceux qui n’en font pas partie (« Pays non-ACP de la Caraïbe »),
dans la mesure où ils ne bénéficient pas du même régime douanier dans leurs relations avec l’Union euro-
péenne et donc avec les départements français d’outre mer.
7N° 74 - Guadeloupe - Juillet 2011Épargne-crédit
Redressement de l’activité
de crédit en 2010
les premiers signes de reprise écono-u 31 décembre 2010, l’encoursAprès une année 2009
mique : l’encours sain s’établit ainsi àAdes actifs financiers en Guade-marquée par un 7,18 milliards d’euros au 31 décem-loupe s’établit à 6,61 milliards d’eu-
ralentissement historique bre 2010, en augmentation de 6,8 %ros. Si sa croissance s’accélère légè-
sur un an (+460,3 millions d’euros),rement par rapport à 2009 (+4,8 %de l’activité des banques
contre +1,1 % en 2009.contre +4,6 %), elle reste inférieureen Guadeloupe, les Les établissements installés locale-au taux de croissance annuel moyen
encours de crédits bruts ment connaissent un plus fort dyna-relevé au cours des quatre précéden-
misme, avec une hausse d’encours detes années (+5,9 %). s’inscrivent en forte
7,4 %, contre +2,1 % pour les éta-hausse en 2010 (+7,5 % blissements non installés localement.Bonne orientation
après +1,1 %). Cette Comme dans l’hexagone, les pre-des dépôts à vue
miers signes de reprise économiqueévolution traduit un
se reflètent davantage dans le com-Dans un contexte de retour progressifretour progressif de la portement financier des ménages quede la confiance, les acteurs économi-
demande de financement dans celui des entreprises. Sur un an,ques, en particulier les entreprises,
les ménages renforcent nettementont maintenu en 2010 un comporte-des ménages
leur recours aux crédits (+8,9 %, soitment de précaution qui a favorisé uneguadeloupéens, les +222,6 millions d’euros), contrastantforte croissance des dépôts à vue
entreprises affichant une avec une année 2009 relativement(+8,1 %, après +6,2 % en 2009).
mal orientée (+2,4 %). Composé àLe maintien à un niveau faible duposition plus hésitante. En
65,1 % de crédits à l’habitat, l’en-principal taux de refinancement de laparallèle, les actifs cours sain des crédits aux ménagesBanque Centrale Européenne en
financiers de la clientèle guadeloupéens s’élève à 2,73 mil-2010 (1 % depuis mai 2009) ne favo-
liards d’euros à fin décembre 2010.rise pas l’amélioration du rendementaugmentent à un rythme
Le dynamisme retrouvé de lades placements indexés sur les tauxrelativement modéré consommation des ménages a favo-de marché, entraînant le désintérêt
(+4,8 %), qui masque risé le développement des finance-des épargnants pour ce type de pla-
ments aux particuliers au secondcements : l’encours de l’épargne àcependant des évolutions
semestre.court terme se replie pour lehétérogènes selon le type Le financement de l’habitat est ledeuxième exercice consécutif (-2,2 %
de placement. principal contributeur à la reprise deen 2010, après -0,7 % en 2009).
l’activité de crédit aux ménages A l’inverse, l’épargne longue maintient
(7 points de croissance). Tandis queune bonne performance (+8,8 %,
l’encours ralentissait de manièrecontre +9,2 % en 2009), notamment
continue entre mi-2008 et fin 2009, ils’agissant d’assurance-vie.
retrouve un dynamisme dès le début
de l’année 2010 pour atteindre uneA partir du secondForte hausse des crédits
croissance annuelle de 10,9 % au 31semestre 2010,aux ménages
décembre (+174,5 millions d’euros),l’activité de crédit
soit plus du double de celle enregis-affiche un net redémarrage en
trée en 2009 (+5,1 %). Très proche deGuadeloupe. Au ralentissement histo-
la croissance observée au cours derique de l’activité de crédit enregistré
l’année 2008 mais encore inférieuredès la fin de l’année 2008, succède
à celle observée en 2006 et 2007,une croissance d’encours marquant
8 N° 74 - Guadeloupe - Juillet 2011

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