Agriculture bretonne sur fond de crise (Octant n° 81)

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L'année 1999 a été marquée par une baisse des prix des produits agricoles bretons, notamment animaux. A la crise porcine s'est ajoutée la crise de la volaille et des oeufs, le prix du lait également, est en net recul. La production de viande est cependant restée soutenue. En raison de conditions climatiques favorables, les productions végétales gardent un bon niveau, proche de celui de la campagne passée.
Publié le : samedi 29 décembre 2012
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Agriculture bretonne
sur fond de crise
près une année 1998 plu l’exportation, à la fois vers-Atôt sombre, l’agriculture l’Union Européenne du fait du
bretonne connaît une année en développement de la produc- -
core difficile. tion allemande et anglaise et
vers les pays tiers en raison de la
concurrence brésilienne. Face à
cette érosion de la demande et àMarasme
cette concurrence accrue, ladans l’élevage hors sol
production devrait s’ajuster en
2000.
Les cours du porc
Le cours moyen desavaient subi une dégradation
forte en 1998 (- 28 % en œufs est en baisse de8%par
rapport à 1998, malgré un netmoyenne annuelle par rapport à
1997), celle-ci se poursuit en raffermissement en fin d’année
1999. Ce niveau très bas est dû1999. Malgré ces prix bas, la
demande reste inférieure à à une situation de surproducL’année 1999 a été -
tion qui n’a pu être endigué nil’offre. La concurrence étran-marquée par une baisse
gère, notamment espagnole est par les plans d’abattage de pou-
des prix des produits les pondeuses, ni par l’allongevive. Le cours moyen annuel -
sur le marché de Plérin est en ment des durées de vides saniagricoles bretons, -
taires dans les élevages.baisse de 7,2 % par rapport ànotamment animaux. A
1998. Les abattages continuent
la crise porcine s’est de progresser en Bretagne
(+ 1,2 %), signe d’une croisajoutée la crise de la - Année mitigée pour
sance de la production. Fin les productions bovinesvolaille et des œufs, le
1999, le cheptel porcin breton
prix du lait également, semble s’orienter vers une dimi-
nution qui entraînerait un Les prix des bovins sontest en net recul. La
baisse de la production au se restés orientés à la baisse, plus-production de viande
cond semestre 2000. A cette spécifiquement celui des va-
est cependant restée crise du porc s’ajoute la baisse ches de réforme - 2,9 %. En
des cours des produits avicoles. 1999, les importations d’Europesoutenue. En raison de
du nord et d’Irlande, où les prixconditions climatiques
La consommation de sont inférieurs, ont exercé une
favorables, les viande de volaille est en recul, pression à la baisse sur les prix
la volaille subit la concurrence nationaux. L’activité d’abattageproductions végétales
de la viande de porc et le en Bretagne a progressé légère-gardent un bon niveau,
contre-coup de l’affaire de la ment en 1999 (+ 1,3 %), malgré
proche de celui de dioxine. La viande de volaille la diminution des abattages de
connaît aussi des difficultés à vaches de réforme de 3,3 %.la campagne passée.
8 Octant n°81 - Mars 2000 Bilan économique 1999Agriculture
Alors que depuis l’instauration La production de colza a
des quotas laitiers, le troupeau pratiquement doublé sous l’ef-
de vaches laitières ne cessait de fet conjugué de l’augmentation
perdre des effectifs, il s’accroît des surfaces (+ 46 %) et des ren-
d’environ 1 % en 1999. La pro dements (+ 26 %). La progres- -
duction laitière croît elle aussi sion des superficies provient de
dans les mêmes proportions. l’extension du colza non ali-
mentaire qui constitue 40 % de
Le prix du lait au produc la sole. Les prix se sont forte- -
teur connaît une baisse relative ment dégradés - de plus de-
ment marquée après avoir pro 20 % - sous l’effet de l’abon- -
gressé en 1998 (- 3 %). En effet dance des disponibilités tant en
depuis l’accord interprofession France que dans les autres pays-
nel de novembre 1997, le prix producteurs.
du lait est en partie indexé sur le
prix des produits industriels lai La production de pom- -
tiers dont les cours se sont mes de terre, tant de primeurs
dégradés. que de conservation est stable
Source : Service régional de statistique agricole
en Bretagne, alors que la pro-
Enfin, l’accroissement duction européenne s’est forte-
de la production de veaux de ment accrue dans le même
boucherie semble se confirmer temps (+ 12 %). La campagne a
avec une progression sur la der été marquée par le retour à un-
nière année de plus de2%des prix beaucoup plus bas pour la
effectifs présents dans les ate pomme de terre de conserva- -
liers. Là aussi les cours dans tion après une année 1998 où
l’Ouest sont plus bas que ceux les prix avaient flambé. Les
de l’an passé de 1,5 %. conditions de commercialisa-
tion des pommes de terre pri-
meurs ont été assez mauvaises :
Une campagne au total la récolte a été tardive et les mi-
ses en marché se sont heurtéesassez favorable
alors à la concurrence des au-aux productions végétales
tres régions françaises ou euro-
péennes, notamment espagno-
les. Les prix sont restés faibles.Alors que la récolte na-
tionale de céréales est en net re-
La tomate poursuit sacul par rapport à 1998, l’année
1999 est une très bonne année progression. La production s’est
accrue de près de 16 %, grâceen Bretagne. Avec une récolte
de près de 4 millions de tonnes, au développement de la tomate
en grappe mieux valorisée surla production céréalière est du
même niveau que celle de 1998 le marché. Les apports en arti-
chauts ont été plus faibles enmalgré une réduction de la sole
de près de 6 000 hectares due à 1999 les rendements ayant été
moins bons. On note la pourl’augmentation du taux de gel -
des terres. Pour les céréales à suite de la diversification vers
l’artichaut « petit violet ». Onpaille, la moisson a été précoce
donnant des rendements très s’attend à une production équi-
valente à celle de l’an dernierproches de ceux de 1998. En ce
qui concerne le maïs, le retard en chou-fleur, les résultats de la
campagne restant liés auxdans les semis en raison d’une
météo très humide n’a pas af conditions climatiques du pre- -
mier semestre 2000. Les coursfecté les résultats de la récolte.
Les rendements ont été très se sont bien maintenus pendant
les campagnes d’été et d’aubons, voire excellents en maïs -
ensilage. Ainsi, même avec une tomne 1999, notamment en rai-
son d’un marché à l’export dybaisse de surface, la production -
de matière sèche avoisine les 4 namique. Les légumes de
conserve, petits pois et haricotsmillions de tonnes, niveau équi-
valent à celui, record, de 1997. verts, ont obtenu d’excellents
rendements grâce à des condiLe prix des céréales à paille, -
dont la majeure partie est des tions climatiques favorables.-
tinée à l’alimentation animale
est en baisse d’environ 4 %. A
l’inverse le maïs a bénéficié
d’une meilleure rémunération Véronique BOITARD
en raison d’une amélioration de Service régional de
Source : AGRESTE, Statistique agricole provisoirela qualité. statistique agricole
Bilan économique 1999 Octant n° 81 - Mars 2000 9

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