Agriculture : la flambée du prix des céréales affecte les marchés (Octant n° 113)

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L’année 2007 est marquée par l’explosion du prix des céréales et l’envolée du prix du lait. Les filières hors sol sont, de ce fait, fortement handicapées par l’augmentation sans précédent du coût de l’aliment. Le secteur du porc entre en crise avec un cours affaibli. Pour la volaille et le veau de boucherie, la hausse des prix de vente permet de compenser celle des coûts. L’année est décevante pour la plupart des légumes.
Publié le : samedi 29 décembre 2012
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La flambée du prix des céréales
affecte les marchés
L’année 2007 est marquée par l’explosion du prix des cours commencent à se replier fin
septembre, mais repartent à lacéréales et l’envolée du prix du lait. Les filières hors sol
hausse en décembre. S’agissant des
sont, de ce fait, fortement handicapées par oléoprotéagineux, la hausse des prix
l’augmentation sans précédent du coût de l’aliment. Le est moins spectaculaire.
secteur du porc entre en crise avec un cours affaibli.
En Bretagne, après des évolutions
Pour la volaille et le veau de boucherie, la hausse des déjà très fortes en 2006, les augmen-
prix de vente permet de compenser celle des coûts. tations du prix de base des céréales,
taxes déduites, oscillent entre + 47 %L’année est décevante pour la plupart des légumes.
et + 84 % selon l’enquête de l’ONIGC
(Office National Interprofessionnel
n baisse pour la troisième année tion de maïs grain augmente légère- des Grandes Cultures) auprès des
collecteurs. La progression des coursEconsécutive, tout comme aux ment avec un rendement correct de
échelons national et européen, les 80 q/ha. est de 74 € par tonne pour le blé et le
triticale, 52 € pour le maïs et 80 € pourproductions céréalières bretonnes
chutent en 2007. Le printemps est Avec le développement des biocarbu- l’orge.
marqué par des conditions météoro- rants, les surfaces en colza conti-
logiques favorables à la mise en place nuent de progresser (+ 6 %). Elles
des grandes cultures. Mais l’été plu- s’étaient accrues de 70 % en 2006, Secteur porcin :
vieux retarde la fin des moissons et grâce à l’aide aux cultures énergéti- forte dégradation
pénalise des rendements très ques. En 2007, elles atteignent du prix de revient
prometteurs. 49 700 ha. La production baisse de
En France, après cinq années de9 % par rapport à 2006 en raison
baisse constante, la production por-Les surfaces en céréales diminuent d’une baisse importante des rende-
cine retrouve la croissance (+ 1,8 %)légèrement, exceptée celle du triti- ments qui passent de 28 à 24 q/ha.
1 grâce aux performances d’élevage.cale . Avec 290 000 ha cultivés, le blé
est toujours la céréale la plus ré-
En Bretagne, le volume de porcspandue en Bretagne, suivie du maïs Explosion charcutiers abattus s’élève à 1,11 mil-grain (117 500 ha), de l’orge (72 000
du prix des céréales lion de tonnes pour 13,9 millions deha) et du triticale (46 800 ha).
têtes. Il progresse de 1,7 % en poidsEn 2007, le niveau très bas des
et en têtes par rapport à 2006.L’été frais et pluvieux de 2007 pro- stocks mondiaux entraîne une forte
voque l’effondrement des rende- tension sur le marché international
Au marché au cadran de Plérin, le prixments des céréales à paille : - 22 % des céréales et une envolée des prix.
de base du porc charcutier s’établit àpour le blé et le triticale, - 16 % pour Les marchés céréaliers, dopés par le
l’orge. Ils s’établissent respective- blé tendre dont la demande ne faiblit
1- Hybride de blé et de seiglement à 56, 47 et 53 q/ha. La produc- pas, s’emballent à partir de juillet. Les
8 Octant n° 113 - Juin 2008 Bilan économique 2007Agriculture
1,12 €/kg en moyenne sur l’année En Bretagne, les abattages de pou- Prix des produits animaux (variations annuelles en %)
2007, soit un niveau inférieur de 8,4 % lets de chair augmentent de 15 % en
à celui de l’année précédente. Excep- poids sans retrouver tout à fait le ni-
Porc charcutier
té en décembre, la baisse des cours veau de 2005. Pour les dindes, l’acti-
par rapport à 2006 est constante et vité progresse en nombre de têtes 2007Poulet standard
2006particulièrement marquée aux pre- (+ 8 %). Mais, compte tenu de la dimi-
mier et troisième trimestres. En début nution du poids des carcasses liée à Lait
d’année, le marché connaît une forte un retour à la normale des durées d’é-
augmentation de la production et des levage, l’évolution en poids diminue Vache de réforme
difficultés d’exportation vers les pays de 2 % par rapport à 2006 et de 19 %
tiers. Le recul enregistré au troisième par rapport à la moyenne 2002-2006. Veau
trimestre est dû en partie à une Pour les deux types de volaille, les
Oeuf demoindre consommation estivale (effet stocks dans les abattoirs décroissent
consommationermétéo). Au 1 semestre 2006, les fortement, excepté au dernier tri-
-30 -20 -10 0 10 20 30cours du porc étaient stimulés par les mestre pour les poulets de chair.
difficultés du marché de la volaille. Ils Source : Agreste - Office de l'élevage - Marché au cadran de Plérin
avaient atteint un pic durant l’été du Dans un contexte de forte augmenta-
fait d’une production brésilienne vic- tion des prix des céréales, le coût des
time de fièvre aphteuse. aliments pour volailles s’est logique-
ment orienté à la hausse, se répercu-
La flambée du prix des matières pre- tant sur les prix. Ainsi, le prix du poulet
mières intervenue au cours du se- prêt à cuire à Rungis gagne 18 % sur
Cours des bovins (en € / kg)
cond semestre 2007 met en grande celui de l’an passé et près de 20 % sur
7,50difficulté les éleveurs de porcs bre- le prix moyen des cinq dernières an-
tons. En raison d’une offre abondante nées. Il s’établit à 2,04 €/kg en
6,50sur les marchés français et européen, moyenne annuelle et se stabilise à
Veau boucherie O*
la hausse des coûts de production ne 2,25 € en fin d’année. Le prix du filet
5,50peut être répercutée sur le prix du de dinde à Rungis grimpe de près de
porc. Estimé par l’IFIP (Institut de la 50 %, favorisé par la chute de l’offre
4,50FIlière Porcine), ce coût est supérieur dans le secteur.
de 30 % en moyenne à celui de 2006. Génisse R*
3,50Or, selon les résultats du RICA (Ré-
Jeune bovin R*seau d’Information Comptable Agri- Cours du veau de boucherie 2,50cole ), l’aliment représentait déjà plus
bien orienté au second Vache P*de 50 % du prix du porc en 2006.
1,50semestre
2004 2005 2006 2007
En fin d’année, la commission euro- En France, après plusieurs années de
* il s’agit de la catégorie selon la grille communautaire de classement des carcassespéenne accorde des aides au stoc- baisse, l’offre de viande bovine pro- de bovins (6 classes de conformation : S, E, U, O, R et P). La vache P est la vache
kage privé et des restitutions à l’ex- de réforme.gresse à nouveau en 2007. De
portation, afin de désengorger le Source : Office de l'élevagemême, la consommation dépasse
marché et de favoriser l’augmentation celle de 2006.
des prix. Ces mesures permettent
d’entretenir une excellente fluidité En Bretagne, les abattages de gros
sans parvenir à enclencher une re- bovins atteignent 229 000 tonnes et
prise des cours. sont supérieurs de 3 % à ceux de Prix du porc au cadran de Plérin (en € / kg)
2006. L’augmentation de l’activité 1,50
concerne les taurillons (+ 20 %). La
baisse des exportations de broutards 1,40Marché de la volaille
(bovins à engraisser) vers l’Italie, Série bruteplus équilibré 1,30consécutive à l’apparition de la fièvre
2Après avoir subi de plein fouet les ef- catarrhale ovine en France, a conduit
1,20
fets de la crise aviaire en 2006, no- à augmenter les engraissements sur
tamment dans l’export, la production place. En revanche, les abattages de 1,10 Moyenne
mobilefrançaise de poulets de chair retrouve vaches de réforme régressent (- 6 %).
sur 12 mois1,00son niveau d’avant la crise, dyna- La hausse du prix du lait à la produc-
misée par la croissance rapide de la tion et les allocations de quotas sup-
0,90
consommation de poulet en France. plémentaires pour la campagne lai-
Les mises en place de poussins se re- tière 2007-2008 expliquent cette forte 0,80
2004 2005 2006 2007dressent tout en restant modérées. diminution. En effet, certains éleveurs
En revanche, la consommation et la ont maintenu en exploitation des ani- Source : Marché au cadran de Plérin
production de dinde chutent, confir- maux pour augmenter leur production
mant la tendance des années pas- de lait. Avec un fort retard au
sées. Dans le secteur de l’œuf, la deuxième trimestre et une nette
hausse importante des coûts de pro- avancée au dernier trimestre, le prix
duction est largement compensée par de la vache catégorie P est, en
l’évolution des cours qui grimpent de moyenne annuelle, comparable à ce-
20 %. lui de 2006 (2,59 €/kg). Quant au 2- Maladie de la langue bleue
Bilan économique 2007 Octant n° 113 - Juin 2008 9Agriculture
envolée des cours, qui gagnent 20 % vernale favorisée par un report desProduction de céréales (indice 100 en 1995)
en Bretagne sur ceux de 2006. La variétés d’automne. Parallèlement, le
170
hausse prononcée du coût de l’ali- prix moyen annuel (0,58 €/tête) est in-
ment provoque un ralentissement des férieur à celui de l’année précédenteMaïs grain150
entrées de veaux dans les ateliers en raison d’une forte baisse en début
d’engraissement. d’année. La mauvaise campagne de
130
choux-fleurs d’hiver est liée à trois
En augmentation de 43 % entre 2006 éléments : un hiver trop doux, une
110
et 2007, le cours de la poudre de lait concurrence sensible des autres lé-
Blé tendre destinée à l’alimentation animale pro- gumes d’hiver et une concurrence
90
gresse de 75 % entre mai et août, par renforcée du chou-fleur italien. Con-
rapport à 2006, et baisse en cernant la campagne d’été-automne,70
décembre. les apports de choux-fleurs sont en
recul car l’été humide entraîne un dé-50
1995 2000 2005 2007 calage des plantations et le début
Source : Agreste - Statistique agricole annuelle d’automne sec et froid freine la pom-
Envolée du prix du lait
maison. En fin d’année, les prix sont
Le prix du lait, qui baissait depuis cinq réajustés à la baisse en raison d’une
ans en raison de la réforme de la poli- demande intérieure faible et d’un mar-
Évolution du prix des céréales (en €/tonne) tique agricole commune, entame une ché à l’export ne s’exprimant que tar-
200 envolée exceptionnelle à compter de divement. Le recours à la surgélation
180 juillet 2007. Stabilisé sur celui de permet de minimiser la baisse.
Blé tendre 2006 au premier semestre, le prix160
moyen payé au producteur excède de S’agissant de la tomate, la conjonc-
140
16 %, au second semestre, le prix de ture est défavorable aux premier et
120 2006 et de 8 % le prix moyen des cinq troisième trimestres. Le manque de
100 dernières années. Le cours moyen luminosité retarde la production
80 annuel atteint 300 €/1 000 litres l’hiver et perturbe la productivité des
Maïs grain (+ 8 %). Cette ascension est due aux60 tomates sous serres l’été. La météo
augmentations du prix du beurre et de maussade de cette saison freine par40
la poudre de lait, conséquences d’une ailleurs la demande. La fin de campa-
20
demande mondiale de lait accrue gne est sensiblement meilleure qu’en
0 (Asie et Extrême-Orient) et d’une offre 2006. Finalement, la production
2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007
réduite (sécheresse en Océanie et annuelle reste proche de celle de l’an
Source : ONIGC quotas sous-réalisés en Europe). passé. Avec un prix moyen de
Rappelons, par ailleurs, que l’aide di- 1,17 €/kg au stade expédition, les
recte laitière, intégrée aux droits à tomates en grappes perdent 5 % sur
paiement unique depuis 2006, vientjeune bovin, catégorie R, son cours le prix de 2006. Par ailleurs, la hausse
en complément du revenu.perd près de 9 % sur la moyenne an- du prix de l’énergie handicape
nuelle 2006, avec un retard deux fois fortement les serristes.
En France, dans un contexte d’offreplus élevé au second trimestre. Après
insuffisante, les producteurs ont étéune conjoncture favorable en 2006, Pour l’artichaut, la campagne est
autorisés à augmenter provisoire-ce retournement de situation s’ex- meilleure que celle de 2006 grâce à
ment leur production individuelle deplique par une offre plus abondante, un bon étalement sur l’année. La pro-
15 % (voire 20 % avec l’accord de lale retour de la volaille dans les assiet- duction augmente et les invendus en
laiterie) pour la campagnetes et le recours accru aux importa- artichauts Camus sont moins nom-
2007-2008. Combinée à la hausse dutions de viande sud-américaine. breux (4 %). Avec un prix moyen su-
prix du lait, cette décision a permis périeur à celui de 2006 (0,55 €/kg),
d’engager une forte reprise de la col-Dans le secteur du veau de bou- l’artichaut Camus s’est plutôt bien
lecte laitière en décembre 2007.cherie, les abattages sont inférieurs comporté à la vente.
de 6 %, en poids et en nombre, à ceux
En Bretagne, les livraisons de lait àde l’année précédente. Parallèle- Après une année 2006 positive en
l’industrie sur l’année sont globale-ment, le prix moyen annuel passe à terme de prix, la campagne 2007 de
ment comparables à celles de 20065,7 €/kg (+ 4 %). Les deux semestres pommes de terre primeurs est moins
(+ 0,5 %), malgré un deuxième tri-sont bien distincts. satisfaisante : les prix se réduisent de
mestre défavorable. Le volume an- 18 %. La production dépasse d’un
nuel atteint 4 710 millions de litres. LaLe premier est caractérisé par des dif- quart celle de l’année précédente,
conjoncture laitière plus favorableficultés d’écoulement des animaux et mais reste inférieure d’un quart à la
que celle des années passées permetun alourdissement du poids des car- production moyenne des cinq derniè-
d’atténuer la réduction du cheptel lai-casses. Le prix du veau de boucherie res années.
tier (- 0,2 %).perd 10 % sur celui de 2006.
La tendance s’inverse au second se-
Linda Deschampsmestre. L’activité d’abattage fléchit. La météo défavorable fait Service régional de l’InformationLes sorties sont plus précoces et les
baisser les prix des légumes statistique et économiquepoids moyens décroissent. La restric-
tion de l’offre en veaux de boucherie L’offre de choux-fleurs dépasse celle
sur le marché français provoque une de 2006, grâce à une production hi-
10 Octant n° 113 - Juin 2008 Bilan économique 2007

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