Agriculture : Près de 6 000 exploitants agricoles

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la revue économique et sociale des antilles guyane N° 75 L’année économique et sociale 2011 en Guyane Synthèse régionale Logement 16 Niveau élevé 2 Les signes de reprise sont encore là des autorisations de construire Actualités Spatial 3 2011 en quelques dates 18 2011 : une année de succès exceptionnels pour le CNES et l’activité spatiale Contexte national et international 4 Un regain de tension en 2011 Transport aérien 20 Une nouvelle progression du trafc en 2011 Commerce extérieur 6 En 2011, des échanges Automobile extérieurs dynamiques 22 Progression du marché de l’automobile Épargne-crédit Tourisme 8 Dynamisme de l’activité des établissements 23 L’hôtellerie guyanaise résiste bien en 2011 de crédit Emploi-chômage Prix de détail 24 L’emploi salarié augmente 10 Les prix repartent à la hausse 26 Stabilité du chômage 28 Marché du travail en demi-teinte Création d’entreprises 12 Créations d’entreprises Solidarité stables en Guyane 30 2011, année du RSA Agriculture Démographie 14 Près de 6 000 exploitants agricoles 32 Tassement de la fécondité N° 75 - Guyane - Juillet 2012 © INSEE 2012 Édito ’édition 2011, plus contractée que les années précédentes, retrace un panorama de l’Année Écono-Lmique et Sociale en Guyane. Malgré les aléas économiques mondiaux, la Guyane affche encore des signes de reprise économique.
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la revue économique et sociale
des antilles guyane
N° 75
L’année économique et sociale 2011 en Guyane
Synthèse régionale Logement
16 Niveau élevé 2 Les signes de reprise sont encore là
des autorisations de construire

Actualités
Spatial 3 2011 en quelques dates
18 2011 : une année de succès exceptionnels
pour le CNES et l’activité spatiale
Contexte national et international
4 Un regain de tension en 2011 Transport aérien
20 Une nouvelle progression du trafc en 2011
Commerce extérieur
6 En 2011, des échanges Automobile
extérieurs dynamiques
22 Progression du marché de l’automobile
Épargne-crédit
Tourisme
8 Dynamisme de l’activité des établissements 23 L’hôtellerie guyanaise résiste bien en 2011
de crédit
Emploi-chômage
Prix de détail
24 L’emploi salarié augmente
10 Les prix repartent à la hausse
26 Stabilité du chômage
28 Marché du travail en demi-teinte
Création d’entreprises
12 Créations d’entreprises Solidarité
stables en Guyane
30 2011, année du RSA
Agriculture
Démographie
14 Près de 6 000 exploitants agricoles 32 Tassement de la fécondité
N° 75 - Guyane - Juillet 2012 © INSEE 2012Édito
’édition 2011, plus contractée que les années précédentes, retrace un panorama de l’Année Écono-Lmique et Sociale en Guyane. Malgré les aléas économiques mondiaux, la Guyane affche encore
des signes de reprise économique.
Je remercie tous les contributeurs des administrations et organismes extérieurs et les agents de l’Insee
ayant œuvré pour cette réalisation 2011.
- Xavier Vant, Jean-Christophe Lambert, de la Direction de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt
Guyane,
- Corinne Ramon, Lucie Lebrun, de la Caisse d’Allocations Familiales,
- Léna Berton, Rémy Louis Budoc de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Région Guyane,
- Bertrand Panhuys, Jean-Philippe Zébus, Pierre Zammit du Centre National des Études Spatiales,
- Denis Gaschignard, de la Direction des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du
Travail et de l’Emploi,
- Rémy Charrier, de la Direction de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement de Guyane,
- Sandie Boyer, de l’agence de Guyane de l’Institut d’Emission des Départements d’Outre-mer.
Je vous souhaite à tous une bonne lecture et vous invite à consulter l’édition 2011 et celle de l’année
précédente sur www.insee.fr/guyane
Vous pouvez aussi consulter l’édition Guadeloupe sur insee.fr/guadeloupe et l’édition Martinique sur
insee.fr/martinique
N’Ouara YAHOU-DAUVIER

N° 75 - Guyane - Juillet 2012Synthèse
Les signes de reprise
sont encore là
teur de la croissance, l’activité spatia-Soutenue par une activité générale constatée sur le territoire
le devrait encore soutenir l’économie français. L’auto-entreprenariat attire spatiale exceptionnelle,
régionale. moins : il baisse de 5 % par rapport à
l’économie guyanaise, plus Autre moteur de l’économie, la l’an dernier, alors qu’en France hexa-
orientée vers sa demande construction : après une année uni- gonale, il chute de 19 %. Il représen-
que en 2010 avec plus de 4 000 te néanmoins la moitié des créations interne qu’externe, pour-
autorisations de logement, le nombre d’entreprises. Neuf entreprises créées suit son développement de logements autorisés retrouve son sur dix sont des unités sans salarié.
économique à l’abri des rythme de croissance annuel. Il atteint Elles génèrent un seul emploi, celui
2 320 logements autorisés en 2011, de l’entrepreneur.fuctuations nationales et
soit un niveau plus élevé qu’en 2009. Les signes de reprise sont encore là. internationales. Malgré la
Le fnancement de l’habitat demeure Néanmoins, un regain d’infation ris -
hausse des prix de l’énergie, le premier poste d’endettement des querait d’impacter la consommation
Guyanais avec 53 % de l’encours l’infation modérée inter - des ménages. Après deux années
sain. de stabilité exceptionnelle des prix, vient dans l’économie après
Comme l’an dernier, les échanges l’infation s’accélère pour rejoindre
deux années consécutives extérieurs continuent de progresser : le niveau de la France hexagonale
de quasi-stabilité. +17 % pour les importations et + 6% (+2,1 %). Elle résulte principalement
pour les exportations. Le défcit com - de la hausse des prix de l’énergie et Si ce dynamisme économi-
mercial passe la barre symbolique des services. que rime avec dynamisme d’un milliard d’euros (1,15 milliards
de l’emploi, il ne permet d’euros). En 2011, le Revenu de Solidarité
Le positionnement du secteur privé Active (RSA) remplace le RMI et pas encore de réduire les
dans l’économie guyanaise se renfor- l’APL ; plus de 17 700 foyers en ont inégalités.
ce car la demande d’investissements bénéfcié, en grande majorité du
en fn 2011 est davantage soutenue RSA socle. Deux tiers de ces alloca-
par les entreprises que par les collec- taires sont des familles monoparen-
tivités locales. tales, souvent sans ressource. Le RSA
activité procure un complément de
L’emploi salarié continue d’augmenter revenu pour les travailleurs modes-
dans tous les secteurs (+6 %). Les plus tes (200 € en moyenne). Il concerne
fortes progressions se situent dans le actuellement 1 300 foyers mais leur
secteur marchand : +16 % d’emplois nombre pourrait augmenter du fait
dans les activités de service, +11 % etite économie de 236 000 habi- de la suppression du RSTA annoncée
dans l’hébergement et la restauration Ptants avec un taux de croissance pour décembre 2012.
et +9 % dans la construction.démographique unique en France,
Malgré un marché du travail dyna-la Guyane est relativement épargnée Continuer à satisfaire la demande in-
mique, le taux de chômage demeure par le ralentissement de l’activité na- terne par un développement endogè-
depuis trois ans relativement stable tionale et internationale. ne, soutenir l’activité spatiale, pour-
autour de 21 %. Plus préoccupantes suivre la construction de logements
encore, sont les personnes qui se si-L’année 2011 est une année excep- et d’infrastructures, préparer la base
tuent dans le halo du chômage. Ce tionnelle pour l’activité spatiale avec « avancée » 2014-2016, développer
sont les femmes, les jeunes et surtout sept lancements réussis : le 200 ème la flière pétrolière et enfn déployer
les jeunes femmes qui se situent en lancement d’Ariane, le premier lan- le télé-enseignement et la téléméde-
marge du marché du travail.cement Soyouz suivi en fn d’année cine, tels sont les défs à relever.
Avec 1 940 créations d’entreprises d’un deuxième confrmant le premier
pratiquement autant que l’an dernier, succès et enfn la préparation du lan -
la Guyane échappe à la baisse quasi-cement Véga pour février 2012. Mo- N’ouara YAHOU-DAUVIER

N° 75 - Guyane - Juillet 2012Actualités
2011 en quelques dates
8 maier février
Mise en marche de la Réforme d’Administration Les travaux du pont de l’Oyapock se poursui-
Territoriale en Guyane (Réate). vent: les deux parties du pont de l’Oyapock se
rejoignent.
0 février
Le président de l’Autorité de la concurrence ex- 8 juin
plique le coût de la vie par les monopoles d’im- Une loi pour lutter contre « l’habitat indigne
portation. « Les marges des distributeurs ont pro- dans les départements et régions d’Outre-mer »,
gressé de 33 % en huit ans ». adoptée par le Parlement le 9 juin.
6 février 6 juillet
La coopérative des transporteurs de travaux pu-Le 200 ème lancement d’Ariane est réussi.
blics se mobilise afn de protester contre la mé -
thode d’attribution des marchés publics.0 mars
Le préfet accepte que des travaux de forage
octobrepétrolier soient entrepris à 150km au large de
En 2008, 29,6 millions d’euros ont été envoyés Cayenne.
depuis la Guyane vers l’étranger avec Western
Union. Dans le même temps, la Guyane rece-05 avril
vait 1,3 million d’euros. Une situation observée L’enquête Besoins de main-d’œuvre 2011 révèle
par Frédéric Piantoni, chercheur à l’IRD et pho-des opportunités dans BTP et les services, mais
tographe.un manque de formation des candidats guya-
nais.
octobre
Le premier lancement de Soyouz depuis la avril
Guyane est un succès.L’Agence régionale de la santé a élaboré son
plan d’action en matière de santé publique. Ces
6 décembresix axes prioritaires vont déterminer les schémas
Deuxième lancement Soyouz réussi.de prévention, d’action et d’organisation sani-
taire.
09 mai
La Guyane compte utiliser sa position de base
avancée et ses atouts pour développer le tou-
Émilie CHARLES-EUPHROSINErisme sportif.

N° 75 - Guyane - Juillet 2012Contexte national et international
Un regain de tension en 2011
Au Japon, le tsunami de mars 2011 a demande globale et surtout une rup-En 2011 le Produit Intérieur
fortement perturbé l’économie. Celle- ture dans la chaîne de production de Brut mondial a progressé
ci s’est remise en route très rapidement nombreux produits.
dans l’ensemble des régions minimisant l’impact de cette catastro- Tout au long de l’année 2011, le prix
phe sur l’activité qui n’a reculé que de à un rythme moindre qu’en du pétrole est resté élevé, laissant
0,7%. En Thaïlande, e tsunami et les craindre des répercussions sur les prix 2010, en raison de la pour-
inondations ont pénalisé l’économie des produits alimentaires et des ten-
suite des plans de consoli- mondiale, entraînant une baisse de la sions sociales.
dations budgétaires et d’un
La crise épargne les pays émergentsregain de tension autour des
Croissance du PIB en 2010 et 2011, projections pour 2012 et 2013dettes souveraines. Dans la
En %
zone Euro, la reprise a été
enrayée par la rechute de
l’été mais les situations des
différents pays membres res-
tent hétérogènes. Ces per-
turbations affectent moins
les pays d’Amérique latine et
de la Caraïbe dont la crois-
sance reste soutenue.
près la reprise de l’économie mon-Adiale en 2010, l’activité n’a pro-
gressé que de 3,9 % en 2011. Cette
croissance modérée est à relier :
à une moindre contribution de la ·consommation privée, en lien avec
des incertitudes sur le marché du tra-
vail et à la soutenabilité des dettes
souveraines ; Sources : FMI, World Economic Outlook, avril 2012 sauf (*) Insee, comptes nationaux,
à une consommation publique en base 2005
1 Costa Rica, Salvador, Guatemala, Honduras, Nicaragua, Panama· forte décélération, dans le cadre des 2 Antigua-et-Barbuda, Bahamas, Barbade, Belize, Dominique, Grenade, Guyana, Haïti, Jamaï-
consolidations budgétaires; que, République dominicaine, Saint Kitts-et-Nevis, Sainte Lucie, Saint-Vincent et les Grenadines,
à une contribution des stocks quasi nulle Suriname et Trinidad-et-Tobago.·après leur reconstitution l’année précé-
Les prix du pétrole reste élevédente, face à une prévision de demande
Évolution du prix moyen du baril de Brent, pétrole brut léger (Royaume stabilisée
Uni), moyen (Dubai) et lourd (/Texas) (calcul à pondération égale)
Aux États-Unis, après le ralentissement
Unité : $ / barilde l’activité à la fn de l’année 2010,
la croissance trimestrielle a accéléré
au long de l’année 2011, tirée par
la demande extérieure, notamment
asiatique, et intérieure (consomma-
tion privée et investissement), et avec
l’amélioration du marché du travail.
En Chine et en Inde, la croissance est
restée élevée (respectivement 9,2%
et 7,2%). Toutefois l’infation mena -
ce d’éroder les progrès: les prix à la
Source : Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement consommation ont augmenté de res-
(unctadstat.unctad.org)pectivement 5,4% et 8,6%.

N° 75 - Guyane - Juillet 2012Contexte national et international
en 2011 à 1,7%, mais les perspecti- coupes budgétaires au détriment de Dans la Zone Euro
ves restent moroses. l’investissement public. La politique
une reprise malgré Malgré un environnement peu favo- monétaire stricte et la moindre crois-
rable, les entreprises ont soutenu la sance mondiale ont permis de conte-la rechute de l’été
croissance, par des dépenses d’équi- nir l’infation protégeant les gains de
pement dynamiques et un cycle de pouvoir d’achat. Le programme gou-En 2011, l’activité dans la zone euro a
stock soutenu. L’évolution de la va- vernemental de réduction des inéga-faiblement progressé (+1,4%) sur fond
leur ajoutée, plus lente que celle de lités et de la pauvreté, a contribué de consolidation budgétaire et de crise
la masse salariale, a entrainé une di- positivement à la croissance en sou-de dettes souveraines, avec une rechute
minution de leur taux de marge qui tenant les revenus des plus pauvres au milieu de l’année 2011. Les états ont
a atteint son minimum depuis 1986 donc la demande intérieur, ce qui a réaffrmé leur engagement en matière
(28,6%). compensé une partie de la baisse de de discipline budgétaire, pour renfor-
L’accélération des prix l’a emporté la demande extérieure. cer leur crédibilité. La Banque Centrale
sur celle des revenus d’activité, en- Au Suriname, la croissance reste sou-Européenne a intensifé les recours à des
trainant un ralentissement des gains tenue grâce aux exportations de pé-opérations exceptionnelles pour apaiser
de pouvoir d’achat, et, avec des pers- trole et d’or toujours dynamiques. Les temporairement les tensions fnancières.
pectives médiocres, la hausse du taux matières premières représentent envi-Cependant cette détente n’a pas permis
d’épargne des ménages a pesé sur ron la moitié du PIB et près de 90% de desserrer les conditions de crédit,
leur consommation, réduisant encore des exportations. La forte hausse des limitant le redémarrage de l’investisse-
sa contribution à la croissance. prix à la consommation (+18%) pèse ment. De plus, les mesures budgétaires
Malgré la baisse de la demande mon- sur la demande intérieure dont la ont pesé sur le revenu des ménages, déjà
diale adressée à la France, le commer- contribution à la croissance est faible, très affectés par la dégradation du mar-
ce extérieur n’a plus contribué négati- la pauvreté touchant la moitié de la ché du travail et la hausse des prix.
vement à la croissance en 2011. population.Les situations des différents membres
Comparativement aux autres pays de Dans les petites Antilles de l’Organi-restent très hétérogènes. En Allemagne,
la zone euro, l’infation en France en sation des États de la Caraïbe Orienta-la croissance est restée soutenue. L’Espa-
2011 est restée limitée (+2,3%), aidé le l’activité est restée morose, la dette gne et l’Italie ont fait face à une demande
par le poids du chômage sur le mar- publique a continué de se dégrader interne très faible. La Grèce, le Portugal
ché du travail. en 2011. La reprise de l’activité tou-et l’Irlande ont mis en place des plans
ristique moindre que dans les grandes drastiques de réduction des défcits en -
Antilles est restée insuffsante pour En Amérique latine trainant parfois des troubles sociaux.
réduire le surendettement et offrir de Les craintes liées aux tensions sur la et dans les Caraïbes, meilleures perspectives. dette de certains états restent présentes. une activité soutenue Retour de la croissance en Haïti en En particulier en Grèce et au Portugal et
2011 à +5,6%, cette croissance est dans une moindre mesure en Espagne,
Les économies d’Amérique latine et soutenue par l’aide internationale qui subissent les humeurs des marchés
de la Caraïbe ont eu une croissance massive consécutive au séisme et par fnanciers.
soutenue en 2011 (+ 4,5 %), cepen- la reprise des transferts des migrants. En 2011 l’infation accélère égale -
dant moindre qu’en 2010 en raison Cette hausse vient compenser quasi ment dans la zone Euro (+2,7% après
des tensions en provenance des pays entièrement la chute du PIB de 2010. +1,6%).
développés. En dépit du ralentisse- Les personnes les plus vulnérables
ment des fux de capitaux extérieurs restent toujours confrontées à des Croissance stable et de la croissance mondiale, les pays conditions de vie très précaires.
en France exportateurs de matières premières
ont profté des prix élevés.
En France, le climat des affaires s’est Au Brésil, l’activité a fortement ra-
violemment retourné à l’été, le rythme lenti en 2011 (+2,7%), en lien avec la
de croissance s’est toutefois maintenu situation des pays développés et les Fabien BREUILH
Pour en savoir plus
World Economic Outlook (WEO), “ Growth Resuming, Dangers Remain», avril 2012, http://www.imf.org/external/pubs/ft/weo/2012/01/
pdf/text.pdf
Regional Economic Outlook, Western Hemisphere, “Shifting Winds, New Policy Challenges”, octobre 2011, http://www.imf.org/external/
pubs/ft/reo/2011/whd/eng/pdf/wreo1011.pdf
Note de conjoncture, « La fèvre tombe, le rétablissement sera lent», mars 2012, http://www.insee.fr/fr/indicateurs/analys_conj/archi -
ves/0312_ve.pdf
Les comptes de la nation en 2011, « La croissance du PIB se maintient à 1,7 %», Insee Première n°1401, mai 2012, http://www.insee.
fr/fr/ffc/ipweb/ip1401/ip1401.pdf.
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N° 75 - Guyane - Juillet 2012Commerce extérieur
En 2011, des échanges
extérieurs dynamiques
près leur hausse de 13 % en En 2011, le montant des expor-Après une année 2010 A 2010, les importations guya- tations augmente également, il marquée par une nette naises progressent de 17 % pour s’élève à 167 millions d’euros en
reprise des importations, atteindre 1,3 milliard d’euros. hausse de 6 %. Les exportations
Hormis les produits pétroliers raf- sont particulièrement poussées les échanges extérieurs de
fnés qui perdent 6 % de leur va - par les ventes d’or qui progressent la Guyane continuent de
leur, tous les grands secteurs sont de 52 %. En revanche, le mon-
progresser. En 2011, les en hausse. Mais les importations tant des expéditions d’instruments
sont particulièrement poussées par importations augmentent et d’appareils de mesure baisse
la progression des achats d’équi- de 35 %, ce qui freine la hausse de 17 % et les exporta-
pement électriques, électroniques, des exportations. Dans la pêche
tions de 6 %. Il en résulte informatiques et optiques et par et de l’aquaculture, le montant
un défcit commercial de celle des produits de l’industrie des exportations est faible, mais
chimique et de la métallurgie. la progression des ventes est forte 1,15 milliard d’euros en
Dans l’industrie alimentaire, les (+44 %).hausse de 19 %. Les échan- quantités achetées augmentent Comme pour les autres DOM,
ges avec la France hexago- de 4 %. Néanmoins avec la haus- la Guyane dépend fortement de
se des prix, la hausse en valeur l’extérieur. En 2011, le défcit nale restent vigoureux et
(13 %) est plus forte. Le montant commercial s’élève à 1,15 mil-les ventes d’or soutiennent
des importations de l’industrie liard d’euros en hausse de 19 %.
les exportations. automobile progresse de 7 % et Le taux de couverture des échan-
celui de l’agriculture, sylviculture ges de biens est faible, il est de
et pêche de 12 %. Hors énergie la 13 % et perd un point par rapport
valeur des importations augmente à l’année précédente. Ceci signife
de 21 %. que le montant des importations
est environ huit fois plus élevé que
En 0, les échanges extérieurs progressent celui des exportations.
Montants et évolutions des importations et des exportations par
En 2011, la France métropolitaine activité en Guyane
est toujours le principal fournisseur
Unités : millions d’euros et % de la Guyane. Avec 30 % de la va-
leur des produits importés, la part
diminue de quatre points par rap-
port à 2010. Cette part de marché
moyenne masque des différences
marquées selon les produits. Elle
est de 52 % pour les produits ali-
mentaires, de 24 % pour les pro-
duits pharmaceutiques, de 25 %
pour les équipements mécaniques,
matériel électrique et électronique,
et de 45 % pour les véhicules auto-
mobiles. L’autre partie des véhicu-
les importés provient essentielle-
ment d’Allemagne, d’Espagne, de
Corée du Sud et du Japon.
Comme les années précédentes,
les importations de produits pé-
Source : Douanes, calculs Insee troliers raffnés proviennent prin -
6
N° 75 - Guyane - Juillet 2012Commerce extérieur
portations de poissons et de bois. tinique fournit 5,6 % du montant cipalement de Trinidad et Tobago
En 2011 les valeurs de ces ventes total des produits et la Guadelou-(carburéacteur, gazole, foul), de la
baissent chacune de 6 %. Les ex-pe 2,6 %. Il s’agit essentiellement Martinique (gazole, essence sans
portations de crevettes se destinent de carburant, de barres en fer for-plomb) et des Antilles néerlandai-
essentiellement à la France métro-gées et d’eau pour la Martinique et ses (gazole).
politaine, à la Guadeloupe et à la de réexpéditions de pétrole raffné L’Union européenne hors France
Martinique. Elles se replient de pour la Guadeloupe.est le second partenaire commer-
3 % par rapport à 2010. En 2011, cial de la Guyane. Les importa-
le volume des exportations de riz tions en provenance de cette zone Les ventes d’or
chute de moitié. Comme l’année progressent de 39 % en valeur par soutiennent passée, Haïti bénéfcie de l’essen -rapport à 2010. En particulier, la
tiel de la production expédiée. La valeur des importations de véhi- les exportations
part des exportations vers la Fran-cules automobiles augmente de
ce métropolitaine continue d’aug-54 %, celle de la bière de 17 %
menter (+ 6 points). Ces envois se Les exportations guyanaises sont et le montant des importations de
composent surtout d’or et d’instru-peu variées. Outre les réexpédi-machines pour l’extraction ou la
ments de mesure. Les autres pays tions de marchandises, elles com-construction double.
de l’Union européenne sont desti-prennent essentiellement de l’or, La part des achats auprès des pays
nataires de 12 % des exportations du bois, du poisson, des crevettes de la Caraïbe (hors DFA) est stable.
(instruments de mesure et conte-et du riz.Elle représente 8 % du montant
neurs). La Martinique reçoit 4,6 % En 2011 la quantité d’or exporté total des importations, essentiel-
de la valeur des exportations et la augmente de 24 %. Néanmoins lement constituées du pétrole raf-
Guadeloupe 4 %. Il s’agit surtout avec la hausse des cours, la pro-fné venant de Trinidad et Tobago
de poissons et de bois. Les ventes gression des exportations en valeur et des Antilles néerlandaises. Ces
dans les pays de la Caraïbe (hors est beaucoup plus élevée (+ 52 %). achats comportent également du
DFA) sont constituées pour l’es-La France métropolitaine reçoit ciment acheté au Venezuela et en
sentiel de riz envoyé à Haïti.90 % du montant de ces ventes Colombie dont la valeur augmente
d’or et la Suisse 10 %. La Gua-de 36 % par rapport à 2010. Les
deloupe et la Martinique sont les approvisionnements auprès des
Emmanuel THIOUXprincipaux destinataires des ex-autres DFA restent faibles. La Mar-
La France hexagonale est le principal partenaire
Défnitions
de la Guyane
L’espace Caraïbe comprend
Part de la zone partenaire dans les échanges de biens toutes les îles de la Caraïbe,
et solde commercial en 2011 en Guyaneainsi que les pays d’Amérique
Centrale et du Sud qui possè-
Unités : millions d’euros et %dent une ouverture maritime
sur la Caraïbe. Les échanges
avec Porto Rico sont confondus
avec ceux des États-Unis faute
de données les isolant. Les pays
signataires de l’accord de libre
échange de Cotonou
(pays ACP de la Caraïbe) et
ceux qui n’en font pas partie
(« Pays non-ACP de la
Caraïbe »), ne bénéfcient pas
du même régime douanier dans
leurs relations avec l’Union
européenne et donc avec
les départements français
Source : Douanes, calculs Inseed’outre mer.

N° 75 - Guyane - Juillet 2012Épargne-crédit
Dynamisme de l’activité
des établissements de crédit
Accélération d’une part, de la croissance soute-
L’activité des établisse- nue des encours des ECIL (Etablis-de la demande
sements de crédit installés loca-ments de crédit a été
de fnancement lement) qui progressent de 5,3 % soutenue en 2011, béné-
sur un an après + 6,5 % un an plus
fciant d’un quatrième tôt et, d’autre part, de la reprise
e fnancement de l’économie trimestre plus favorable. des fnancements accordés par les Lguyanaise est principalement ECNIL (Etablissements de crédit L’activité de fnancement
assuré par les établissements non installés localement) dont
s’est nettement accélérée de crédit implantés localement. les encours sains progressent, sur
Les entreprises (notamment les fn 2011, portée par une un an de 14,4 % en 2011 après
bailleurs sociaux) concentrent près - 4,6 % en 2010.demande importante de
de 51 % de l’endettement global
crédits d’investissement, du département, contre 31 % pour
…soutenue et toujours, de crédits les ménages et plus de 16 % pour
les collectivités locales. par l’investissement à l’habitat. La collecte
et l’immobilierd’épargne, quoique par- L’activité de fnancement, en crois -
ticulièrement dynamique sance modérée depuis le début de Le fnancement de l’investisse -
l’année, s’est accélérée fn 2011, au cours du dernier tri- ment, dont la croissance annuelle
soutenue par l’évolution des cré- s’était effondrée entre 2008 et mestre, a un rythme de
dits à l’investissement et des cré- 2010, fait face à un niveau de de-
croissance annuelle en ra- dits à l’habitat. Au 31 décembre mande en nette hausse en 2011,
2011, l’encours sain s’établissait lentissement par rapport essentiellement concentrée en fn
à 2 366 M€, en augmentation de d’année. Davantage pour les en-aux années précédentes.
6,6 % sur un an (+ 146,3 M€), treprises que pour les collectivi-
après 4,7 % en 2010 et 8,3 % en tés locales, la reprise des crédits
moyenne annuelle au cours des d’investissement se traduit par une
trois années précédentes. Cette progression signifcative des en -
bonne orientation de l’activité de cours de 13,9 % en 2011 (0,4 %
crédit sur l’année 2011 résulte, en 2010).
Évolution des encours de crédits sains en Guyane
variations en glissement annuel à fn décembre
Par nature de créditPar type d’établissements
Unité: % Unité: %
Source : IEDOM
Source : IEDOM
8
N° 75 - Guyane - Juillet 2012Épargne-crédit
De même, les crédits d’exploi- de crédit implantés localement Un maillage
tation en 2011 augmentent s’élève à 1 439,1 M€. En recul au
encore faible (+ 10,2 %) après deux années de cours des neuf premiers mois de
forts reculs des encours, témoi- 2011, la collecte nette d’actifs f - du territoire
gnant d’un recours accru aux f - nanciers augmente en fn d’année.
Avec un ratio d’un guichet pour nancements bancaires à court ter- La progression des encours atteint
5 906 habitants en 2011, la Guya-me dans un contexte économique 4,5 % sur un an (+ 62,1 M€). Ce
ne a une densité bancaire plus de qui s’améliore. résultat, divisé par deux par rap-
deux fois inférieure à celle des Enfn, les crédits à l’habitat prof - port à 2010 (+ 9,3 %), se situe en
autres DFA (un guichet permanent tent toujours de la demande soute- deçà de la moyenne observée au
pour 2 622 habitants à la Martini-nue de fnancements immobiliers cours des trois années précédentes
que, un pour 2 576 habitants en dans le département. Mais leur (+ 6,6 % par an).
Guadeloupe). Il en est de même croissance annuelle (4,4 %) reste
pour le parc de distributeurs auto-en retrait par rapport à 2010. Ce
matiques de billets. L’étendue du marché est fortement porteur et
département et l’enclavement de Une collecte d’épargne concurrentiel, avec un encours
nombreuses zones d’habitation qui a pratiquement doublé en 5 moins dynamique freinent considérablement de nou-ans pour les particuliers.
velles implantations d’agences Le fnancement de l’habitat, oc -
bancaires compte tenu des coûts troyé principalement aux ménages En 2011, la structure des ressour-
de structure qui ne sauraient être et aux bailleurs sociaux, concentre ces des banques du département
rentabilisés. La croissance démo-au total 53 % de l’encours sain ; il est marquée par un léger recul de
graphique forte renforce en outre demeure le premier poste d’endet- la part des dépôts à vue (47%),
la dégradation comparative avec tement des guyanais comparé aux après une forte progression l’an
les autres géographies. crédits d’investissement (35 %), dernier. Le poids des placements
L’encours moyen des comptes aux crédits à la consommation liquides ou à court terme se renfor-
d’épargne à régime spécial bénéf -(7 %) et aux crédits d’exploitation ce légèrement (30 %), les niveaux
cie en 2011 de la forte collecte sur (3 % en 2011). de rémunération de l’épargne rè-
les livrets A, atteignant en moyen-Le dynamisme de l’activité de cré- glementée ont augmenté deux fois
ne 1 805 €. L’encours moyen des dit en 2011 touche l’ensemble de au cours de l’année. La part de
comptes ordinaires demeure relati-la clientèle. D’une part, la crois- l’épargne à long terme reste stable
vement stable sur un an à 5 819 € sance sur le marché des ménages, sur un an (23 %).
alors que celui des comptes à bien qu’en féchissement sur un La répartition des actifs fnanciers
terme profte pleinement de la re -an, reste soutenue (+ 7,9 % sur par agent économique évolue lé-
montée des taux d’intérêt à court un an), et d’autre part, on assiste à gèrement par rapport à 2010 au
terme avec une augmentation de une nette reprise des fnancements proft des entreprises (qui représen -
17 % à 26 826 €.accordés tant sur le marché des tent 25 % des encours d’épargne
entreprises (+ 7,5 % sur un an) que à fn 2011). Les ménages, malgré
sur celui des collectivités locales un certain tassement, demeurent
BOYER Sandie (+ 6,2 % sur un an). néanmoins les principaux déten-
MIORIN Cédric teurs d’actifs fnanciers du dépar -
IEDOMA fn 2011, le total des actifs fnan - tement (66 %).
ciers détenus par les établissements
Défnitions
Encours de crédit brut : total des crédits restant dusédit sain : encours de crédit brut – créances douteuses
Créances douteuses : édits pour lesquels il existe un risque avéré de non remboursement
ECIL et ECNIL
Depuis l’évolution en juin 2010 des obligations réglementaires déclaratives des établissements de crédit, les
critères de classifcation des établissements de crédit dans les statistiques monétaires de l’IEDOM ont été
révisés. Est considéré comme Etablissement de Crédit Installé Localement (ECIL) tout établissement disposant
d’une représentation locale effective, à savoir au moins un agent permanent localement. Par différence, les
Etablissements de Crédit Non Installés Localement (ECNIL) sont ceux intervenant sans représentation locale.
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N° 75 - Guyane - Juillet 2012

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