Agriculture : une année agricole 2000 chahutée. Pêche : apports en baisse, cours à la hausse (Octant n° 85)

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L'agriculture bretonne a encore connu une conjoncture chahutée en 2000. Deux crises graves ont touché des secteurs clés de la production agricole bretonne, la volaille et la viande bovine. La plupart des prix des produits agricoles ont cependant augmenté en 2000. De mauvaises conditions climatiques ont affecté la plupart des productions végétales. Le bilan de la pêche des poissons et crustacés en Bretagne pour l'année 2000 témoigne d'une baisse des tonnages débarqués accompagnée d'une bonne progression des cours. Autres faits marquants : la hausse du prix du gazole et la modification des quotas de pêche.
Publié le : samedi 29 décembre 2012
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gricultur pêche
Une année agricole 2000 chahutée
L’agriculture bretonne a encore connu une conjoncture chahutée en 2000. Deux crises graves ont touché des secteurs clés de la production agricole bretonne, la volaille et la viande bovine. La plupart des prix des produits agricoles ont cependant augmenté en 2000. De mauvaises conditions climatiques ont affecté la plupart des productions végétales.
près les baisses enre A gistrées en 1999, la pro gression des prix a marqué l’année 2000, notamment pour les produits de l’élevage. Toute fois, l’agriculture bretonne a subi deux crises graves : la pre mière en début d’année a tou ché la filière avicole, la seconde en fin d’année, plonge la filière bovine dans une nouvelle dépression.
La filière « poulets » dans la tourmente
Les abattages bretons devolail lesont été en repli de près de 7 % en 2000 par rapport à 1999. Ce recul est dû essentiel lement à la filière poulets, qui a souffert de la réduction des dé bouchés vers le Proche et MoyenOrient. Le début de l’année a été marqué par le dé pôt de bilan de BSA Distribu tion, principale filiale du groupe Bourgoin. Avant d’être démantelé, ce groupe avait dé cidé d’abandonner la « grande exportation », de recentrer son activité sur le marché européen vers des produits à meilleure valeur ajoutée puis de se désen gager de l’intégration d’éleva ges. Toute la filière a alors connu des dépôts de bilan en cascade, de l’abatteur au trans porteur. Les abattages bretons de poulets de chair ont chuté de 18 % par rapport à l’année pré
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cédente. A l’inverse l’activité d’abattage de dindes a augmen té de 9 %, en raison d’une de mande italienne soutenue suite à l’épidémie de grippe aviaire qui sévit dans ce pays. Après la chute en 1999, les prix de l’en semble des volailles ont marqué une reprise de 4 à 5 % selon les espèces en 2000.
Après avoir subi une crise de surproduction, le marché de l’œufa connu une situation plus favorable. Les prix étaient en hausse de près de 24 %. Le marché a bénéficié du recul de la production au niveau euro péen en raison des nombreux abattages de poules pondeuses en Italie.
Une fin d’année difficile pour le marché bovin
L’année 2000 a bien débuté pour la conjoncture bovine, la consommation s’est raffermie et les cours se sont redressés. Sur les dix premiers mois de l’année, la cotation régionale desgros bovinss’est accrue de près de 2 % en moyenne par rapport à l’année précédente. Mais à partir d’octobre, l’affaire du bovin atteint d’ESB dont le troupeau a été commercialisé en boucherie, les annonces suc cessives de nouveaux cas d’ESB et les décisions de retrait de la consommation de certains mor
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ceaux des bovins (intestins…) ont provoqué une crise de confiance brutale chez les consommateurs. La consomma tion s’est effondrée entraînant alors en amont une réduction forte de l’activité d’abattage. La perte d’activité entre fin octobre et fin décembre est estimée à 30 % par rapport à la même pé riode de 1999. Globalement, en 2000 le tonnage abattu de gros bovins s’est réduit de 5 %. Les prix à la production ont chuté sur les deux derniers mois, no tamment ceux des vaches de ré forme (baisse de 15 %), avec un volume très limité de transac tions. Toutefois, la crise ayant démarré au début du dernier tri mestre alors que les cours étaient élevés, ses effets sur les cotations moyennes annuelles de 2000 ont été limités : le repli de la cotation régionale a atteint 0,2 % pour les vaches de ré forme et les jeunes bovins.
Pour les autres productions animales des prix en hausse
Lesveaux de boucherieont été épargnés par la crise du secteur bovin, les cours ont progressé (+ 4 % par rapport à 1999) grâce à une offre réduite.
Au cours de l’année 2000, le marché duporca retrouvé une certaine sérénité en raison d’un repli de l’offre tant en France que chez nos principaux concurrents européens. En Bre tagne, les abattages ont reculé de 2 % par rapport à 1999. De plus en fin d’année, les problè mes du secteur bovin ont entraî né un report de consommation de la viande bovine vers la viande de porc. Ce supplément de demande a dopé le marché porcin : les prix ont progressé de plus de 26 % en 2000, re trouvant le niveau de la fin 1997 qui avait précédé l’effon drement de 1998.
Laproduction laitièrebretonne a atteint 4 966 millions de litres, soit une augmentation de 1 % par rapport à l’an passé. Les cours des produits industriels, poudre de lait, lactosérum, beurre et des produits laitiers de
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grande consommation se sont bien redressés en 2000 en rai son d’une demande active no tamment à l’export vers les pays tiers. Le prix du lait payé au pro ducteur, dont une large part est indexée sur le prix de ces pro duits, se renchérit en consé quence de plus de 7 centimes par litre au cours de l’année ci vile 2000, ce qui correspond à une hausse des prix de 3,5 % par rapport à 1999.
Mauvaises conditions climatiques pour les cultures
Les surfaces encéréalesont progressé très légèrement en 2000. La production est cepen dant en recul de 6 %. Les mau vaises conditions climatiques du début juillet ont affecté la collecte de blé : les épisodes pluvieux ont provoqué la verse sur certaines parcelles, en parti culier dans le Finistère et dans les Côtesd’Armor. Les rende ments y sont inférieurs de 12 à 13 % à ceux de l’an passé. Les autres céréales à paille, orge, avoine, triticale ont été récol tées dans de meilleures condi tions. Bien que légèrement infé rieurs à ceux de la campagne précédente, les rendements sont globalement satisfaisants. Malgré une année particulière ment pluvieuse, les récoltes de maïs tant en fourrage qu’en grain sont correctes, hormis pour les récoltes tardives. Les rendements sont globalement bons. En maïs ensilage, ils avoi sinent les 12 à 13 tonnes à l’hectare, rendement supérieur de 9 % à la moyenne 19941998. Les cours sont orientés à la baisse pour la plu part des céréales.
La production de colza a chuté de près de 40 % sous l’effet conjugué de la réduction de la sole et de rendements très mé diocres, certaines parcelles ne pouvant être récoltées. La ré forme des aides dans le cadre de l’agenda 2000 entraîne une réduction des surfaces enoléo protéagineuxau profit des cé réales. En Bretagne la sole en colza se réduit de 12 %, celle en pois protéagineux se con
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La filière bovine bretonne face à la crise de l’ESB
Point de repère La Bretagne détient 12 % de l’effectif national de bovins dont 19 % des va ches laitières destinées au marché au moment de leur réforme, 12 % des jeu nes bovins et seulement 3 % des va ches allaitantes. Elle se place au se cond rang national derrière les Pays de la Loire avec 13 % de la production de gros bovins. Plus de la moitié des ex ploitants bretons (56 %) détiennent des bovins, mais seulement 9 % d’entre eux sont spécialisés en production de
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viande bovine et sont donc plus forte ment touchés par la crise.
La crise intervient dans un contexte relativement favorable à la filière bovine
En 1996, la crise de l’ESB se déclenche en période de forte production et de prix bas. La crise débouche alors sur un ajustement de la production, qui se replie jusqu’au début de l’année 2000. Pendant la même période, la consom
tracte de 15 %. La baisse no table des quantités produites en oléoprotéagineux tant en Bre tagne que dans le reste de la France s’accompagne d’une nette reprise des cours tant en colza qu’en pois de l’ordre de 15 %.
Les surfaces enpommes de terrese réduisent de 11 %, en raison essentiellement de la ré duction de la sole de primeurs (18 %). Les arrachages très dif ficiles en juillet se traduisent par de mauvais rendements. En dé but de campagne, la demande de pommes de terre primeurs se trouve concurrencée par les stocks importants de « vieilles pommes de terre ». Ensuite l’ar rêt des exportations vers la Russie accentue encore les diffi
mation amorce un lent mouvement de reprise. Cette reprise, conjuguée à la baisse de la production permet alors d’écouler les stocks constitués pour ju guler la crise. Les cours des gros bovins retrouvent ainsi un bon niveau.
Depuis le début de l’année 2000, l’ac tivité d’abattage avait repris un rythme de croissance. C’est dans ce contexte de sortie de crise, que la filière subit de façon brutale à partir de mioctobre une nouvelle crise de l’ESB.
cultés d’écoulement. Les cours stagnent alors à un niveau très bas. Faute de débouchés, cer tains tubercules restent en terre.
Les surfaces entomatesse sta bilisent. La production de près de 120 000 tonnes est en baisse de 3 %. Les cours ont été bien soutenus par rapport à la cam pagne 1999 et ce tout au long de la campagne. Les apports bretons enartichautssont en forte baisse, près du quart de la production en moins depuis 2 ans. De même les apports atten dus enchouxfleursd’automne et d’hiver se contractent, la plu viométrie excessive rendant certains produits impropres à la consommation. Si les prix se sont bien comportés au cours
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de l’été, à l’automne le marché a été moins bien orienté. Il souffre d’une part d’une de mande insuffisante, et d’autre part de la concurrence à l’ex portation de nos voisins euro péens, Espagne et Italie. Globa lement les prix sont tout de même supérieurs à ceux de la précédente campagne. De même la campagne d’arra chage descarottesetendivesa été très perturbée, en particulier dans les polders du Mont SaintMichel.
Véronique BOITARD Service régional de statistique agricole
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Pêche
Pêche, apports en baisse, cours à la hausse e bilan 2000 fait appa C raître une diminution des quantités débarquées (poissons et crustacés réunis) dans la qua si totalité des quartiers mariti mes de Bretagne. Cette baisse des apports qui atteint 8 % en moyenne, a été plus fortement ressentie à StMalo et Concarneau. Les prix de vente moyens des poissons et crustacés confondus (en criée et hors criée) ont pro gressé de plus de 6 % en 2000 1 par rapport à 1999 . La plupart des quartiers maritimes ont en registré des cours à la hausse. En 1999, l’augmentation des cours par rapport à l’année pré cédente avait été de l’ordre de 3 %. Au total, malgré une nette pro gression des cours durant l’année 2000, le chiffre d’affai res issu des captures de pois sons et crustacés s’inscrit en lé gère baisse par rapport à 1999. Il est en hausse à Auray, Le Guilvinec et Lorient mais di minue dans de nombreux quar tiers maritimes. Néanmoins, les criées breton pêche a été mis en place à nes demeurent bien placées l’automne. dans le classement national se lon le montant global des ven Des réductions importantes des tes, toutes espèces confondues, quantités pêchées, en particu malgré un chiffre d’affaires en lier sur le cabillaud, ont été dé retrait par rapport à 1999 pour cidées lors du Conseil Européen la plupart d’entre elles. Bou de la Pêche de la midécembre logne (NordPasdeCalais) fixant les quotas de pêche pour reste la première criée mais l’année 2001. Le bilan de la pêche descinq criées bretonnes occupent Par ailleurs, quinze autorisa les cinq places suivantes : Lo poissons et crustacés en tions de construire des petits ba rient, Le Guilvinec, Concar Bretagne pour l’annéeteaux de pêche inférieurs à neau, St Guénolé et Loctudy. seize mètres ont été accordées à 2000 témoigne d’une la Bretagne, soit 15 863 baisse des tonnages Les autres faits marquantskilowatts. débarqués Sur le terrain social, l’applica accompagnée d’uneL’année 2000 aura été tion de la Loi Aubry sur la ré marquée, comme l’année pré bonne progression desduction du temps de travail et la cédente, par une forte augmen garantie d’un salaire minimum cours. Autres faits tation du prix du carburant. Un ont donné lieu à la signature marquants : la haussepeu avant l’été, les cours du ga d’un accord national entre pa zole sont repartis à la hausse du prix du gazole et latrons et employés de la pêche(1) Statistiques encore pro contribuant ainsi à la réduction visoires communiquées artisanale. modification des quotas des marges chez les marinspêpar le Centre des Affaires de pêche.cheurs. Un plan d’aides à laDenise OLLIVIERMaritimes de Bretagne.
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