Agriculture : une année difficile pour les productions animales (Octant n° 93)

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L'agriculture bretonne a vécu une année 2002 de crise pour les productions animales. La quasi totalité ont connu d'importantes baisses de prix, liées pour les productions hors sol à la réduction des parts de marché. Côté productions végétales, les céréales ont bénéficié de conditions météorologiques plus clémentes qui ont permis un retour à la normale.
Publié le : samedi 29 décembre 2012
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gricultureApêche
Une année difficile
pour les productions animales
n 2002, l’ensemble des pro- moyenne sur l’année 2002, aEductions animales est en baissé de 24 % par rapport à
crise. Pour ces secteurs clés de l’année précédente. Toute
l’agriculture bretonne, en parti- l’année, le prix est resté bas, frô-
culier les productions hors sol - lant 1 /kg à plusieurs reprises,
porc et volaille de chair - les dif- notamment en fin d’année. Le
ficultés étaient déjà présentes nombre d’animaux abattus pro-
en fin d’année 2001. La réper- gresse de 3 %. L’écoulement de
cussion sur les prix payés aux cette production en hausse est
producteurs est souvent specta- difficile, car la consommation
culaire, surtout pour le porc. des ménages stagne et la
Pour la volaille de chair, la crise concurrence des producteurs
perdure depuis plus d’un an européens est forte. Malgré la
malgré les tentatives de maîtrise baisse du prix de l’alimentL’agriculture bretonne a
de la production. Les éleveurs (- 2 % entre 2001 et 2002), les
vécu une année 2002 de laitiers enregistrent également marges se réduisent fortement,
la baisse du prix du lait. Les ne couvrant souvent pas les prixcrise pour les
cours de la viande bovine sont de revient.productions animales.
restés très bas, malgré une re-
La quasi totalité ont prise de la consommation de Depuis le début de l’année
cette viande en France. 2002, la filière avicole est enconnu d’importantes
crise, avec une production quibaisses de prix, liées
manque de débouchés. Depuis
pour les productions plusieurs années, les parts deLes prix à la baisse pour
marché à l’exportation se rédui-hors sol à la réduction les productions hors sol
sent. Dans le même temps, lades parts de marché.
consommation française de
Côté productions En 2002, toute la filière porcine viande de volaille stagne après
a connu une baisse des prix : de le retour en grâce de la viandevégétales, les céréales
la production jusqu’à la vente bovine auprès des consomma-ont bénéficié de
au détail. Les chutes de prix les teurs. La Bretagne, avec 40 %
conditions plus spectaculaires sont du côté de la production française, est
de la production, faisant oublier en première ligne. Les intégra-météorologiques plus
les fortes hausses de l’année teurs ont revu leurs contrats à laclémentes qui ont
2001. Au marché au cadran de baisse en réduisant les mises en
permis un retour à la place de poussins (- 8 % en Gal-Plérin, le prix de base du porc
charcutier,à1,102 /kg en lus, - 13 % en dindonneaux surnormale.
8 Octant n° 93 - Avril 2003 Bilan économique 2002
e?Agriculture
Abattages de gros bovins en Bretagne :les neuf premiers mois de 2002 continué de progresser : + 11 %
par rapport à la même période par rapport à 2001. Cette re- tonnage en hausse de 6 %en 2002 tonne
26 000de 2001), les périodes de vides prise forte amorcée au dernier
sanitaires dans les poulaillers trimestre 2001 ramène la
24 000
ont été allongées. Le tonnage consommation à un volume
d’animaux abattus en 2002 s’en comparable à celui d’avant l’ef- 22 000
ressent, avec une réduction de fondrement de novembre 2000.
20 0004,5 % par rapport à 2001 : Cette demande plus soutenue
- 9,5 % pour la dinde, - 1,3 % n’a cependant pas profité à tou-
18 000
pour le poulet de chair. Les prix tes les catégories d’animaux. La
16 000payés aux producteurs sont à la demande de la grande distribu-
baisse : - 4,5 % pour le poulet tion s’est orientée vers les va-
14 000
standard, - 4 % pour le ches de réforme, au détriment
export et la dinde. Cette baisse de la viande de meilleure quali- 12 000 Moyenne mobile
Série bruteest en rapport avec la diminu- té. En Bretagne, la situation a sur 12 mois
10 000tion du coût de l’aliment dans été délicate tout au long de
1999 2000 2001 2002
les contrats avec les intégra- l’année pour les génisses. Avec Source : SCEES - Enquête auprès des abattoirs
teurs. peu de demande et une offre en
hausse ( + 24 % pour les abatta-
Cours des bovins : génisse et vache de réformeLa production bretonne de lait ges), le cours de la génisse est
au plus bas en fin d’année euro/Kgest stable à 4 940 millions de li- resté bas toute l’année, pour
4,00tres en 2002. La collecte s’établir à 2,55 /kg en dé-
marque un retrait au premier tri- cembre, niveau jamais atteint
génisses
mestre,-3%parrapport à celui depuis les dix dernières années. 3,50
de 2001, à la suite de l’annonce En moyenne annuelle, il a dimi-
du dépassement probable des nué de plus de 14 %. Pour la
3,00 Jeunes bovins
quotas sur la campagne vache de réforme, l’année a été
2001-2002. En mars 2002, à la plus contrastée. L’offre a été
2,50clôture de la campagne, la col- abondante tout au long de
lecte est inférieure de 5 % à l’année, avec des abattages en
celle de mars 2001. En avril et augmentation de 15 %, consé- 2,00
mai, début de la nouvelle cam- quence de la réduction des
vachespagne, le pic de collecte est net- cheptels laitiers. Toutefois, cela
1,50tement plus marqué qu’en n’a pesé sur les cours qu’en fin
1999 2000 2001 20022001. Des températures douces d’année. Le cours de la vache O
et peu de pluies ont donné une a connu une augmentation de Source : OFIVAL
herbe de qualité et facilité le pâ- plus de 4 % en 2002. Il a forte-
turage des animaux. À mi-cam- ment augmenté jusqu’en mai, et
Prix du porc au cadran de Plérin :pagne, fin septembre 2002, ce n’est qu’à partir d’août que la
1€/kg depuis octobre euro/kgl’Onilait annonce que la col- tendance s’inverse avec une fin
2,00lecte française doit impérative- d’année difficile. En décembre,
ment baisser afin de respecter le à1,83 /kg, le cours est le plus
1,75
quota laitier français de la cam- bas depuis la fin décembre
1,50pagne 2002-2003. Cela a peu 2000. Par contre pour les jeu-
d’incidence sur la collecte de nes bovins, avec une produc-
1,25
lait en Bretagne. Elle ne recule tion en net retrait (- 24 % pour
que légèrement au quatrième les abattages), le cours moyen 1,00
trimestre (- 1 %). Le prix payé augmente de 17 % par rapport à
0,75aux producteurs a diminué de 2001. Il progresse en fin
2,8 % en 2002, après deux an- d’année grâce à un marché sou- 0,50
nées d’augmentation. Avec une tenu à l’exportation. Pour les
0,25moyenne sur l’année de veaux de boucherie, le cours
0,316 /litre, c’est 9 centimes moyen sur l’année 2002 à
0,00
de moins qu’en 2001. C’est en 5,41 /kg (veau rosé clair R) est 1999 2000 2001 2002
partie dû à l’indexation du prix Source : Marché au cadran de Plérinégal à celui de l’année
du lait sur celui des produits lai- précédente.
tiers dont les prix ont diminué niveau de 2001. Sur l’ensemble
en 2002. Pour le secteur de l’œuf de de l’année, le prix des œufs di-
consommation, la fin d’année minue toutefois de 2 %.
2002 a été meilleure. Au pre-
Des cours mier semestre, la consomma-
tion française a été peu dyna-de la viande bovine Retour à une année
mique. Ce n’est qu’entrès bas en fin d’année céréalière normale
septembre que le marché
s’oriente à la hausse. Une de-
mande plus soutenue favoriseEn 2002, la consommation de Pour la campagne céréalière
les prix qui rattrapent alors leurviande bovine en France a 2002, les semis des cultures
Bilan économique 2002 Octant n° 93 - Avril 2003 9
????Agriculture
d’hiver se sont déroulésdansde prix ont été régulièrementPrix des produits animaux (moyennes annuelles)
bonnes conditions, contraire- au-dessus de ceux de l’année
variations annuelles en %
ment à l’annéeprécédente 2001. En début de campagne,
marquée par une forte pluvio- le prix dépasse de 50 centimesVaches de réforme
métrie. Le blé, avec 40 000 hec- celui de la même période en
Jeunes bovins 2001. Le prix le plus bas est àtares de plus qu’en 2001, re-
2002
trouve une surface identique à 0,79 /kg en août 2002, alorsLait 2001
que le minimum en 2001 était àcelle de l’année 2000 (300 0002000
Poulets standards
hectares). Sur l’ensemble des 0,67 /kg en juillet. La produc-
céréales, les rendements sur la tion d’artichauts,entrès forteVeaux de boucherie
région sont corrects : 73 q/ha augmentation en 2002
Oeufs
de consommation pour le blé, 62 q/ha pour l’orge, (+ 27 %), a pesé sur les prix qui
Porc charcutier 61 q/ha en triticale. Le Finistère sont restés bas tout au long de la
marché de Plérin
fait toutefois exception avec des campagne. Toutes catégories
-30 -20 -10 0 10 20 30
rendements nettement infé- confondues, sur les marchésdu
Source : Service régional de statistique agricole - OFIVAL - Marché du porc breton
rieurs, notamment pour le blé Nord-Finistère, le prix moyen
est à 0,40 /kg contre 0,54 /kg(64 q/ha). La surface en maïs
grain (126 000 hectares) re- en 2001. Face à une demande
Retour à une année normale en frais plutôt faible, les inven-trouve son niveau de l’année
2000. Les rendements à 75 q/ha dus ont été nombreux ainsi quepour les céréales
les quantités vendues à l’in-sur la région sont plus bas queBlé tendre indice 100 en 1990
les années précédentes. Pour le dustrie (le double de l’année
180
précédente). La production demaïs fourrage, les rendements
Quantités récoltées
choux-fleurs atteint prèsdesont également inférieurs
(123 q/ha contre 129 en 2001), 306 000 tonnes en 2002 (4 %
160
de plus qu’en 2001). Sur laavec une surface en léger recul
(- 3 %). La production de colza campagne, l’offre a été impor-
tante. Malgré cela les invendusaugmente de prèsde20%mal-
140
gré une réduction de 10 % des sont peu nombreux car les ven-
tes à l’industrie sont en nettesurfaces. Les rendements à
35 q/ha ont été très bons, large- augmentation par rapport à
120
2001. Le prix moyen est restément supérieurs à ceux des an-
nées précédentes autour de stable à 0,50 /kg (marché du
surface rendement
Nord-Finistère).25 q/ha.100
1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002
Nicole ALLAINLa surface en pommes de terre
Maïs grain indice 100 en 1990 Service régionalest en net recul (- 15 %) : pour
300 de statistique agricoleles primeurs surtout dans les
Quantités récoltées
Côtes-d’Armor, pour la conser-
vation dans le Finistère. En pri-
250
meurs, de meilleurs rende-
ments qu’en 2001 assurent la
stabilité de la production
200
(54 000 tonnes). Cependant,surface
tout au long de la campagne, les
cours sont restéstrèsbas
150
(0,12 /kg en juillet contre
rendement 0,19 à la même période en
2001) face à une demande inté-
100
1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 rieure peu soutenue. Pour les
pommes de terre de conserva-
Colza indice 100 en 1990 tion, l’offre abondante en début
160 de récolte provoque la chute
Quantités récoltées des cours (- 10 % sur le cours
moyen des trois campagnes
rendement
120 précédentes).
La surface en tomates aug-
80 mente de 8 % en 2002. La pro-
duction à 155 000 tonnes est en
progression de 14 %. Cette offresurface
40 importante n’apas pénalisé les
prix, grâce à un marché inté-
rieur préservé (moins d’impor-
0 tations d’Espagne et du Maroc
1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002
en début de campagne) et à une
Source : SCEES-statistique agricole annuelle
croissance des exportations. Les
10 Octant n° 93 - Avril 2003 Bilan économique 2002
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