Agriculture : une légère embellie dans un climat incertain. Pêche : une bonne année 2001 (Octant n° 89)

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L'agriculture bretonne a vécu une année 2001en demi-teinte tant du côté des productions animales que des productions végétales. En début d'année, le marché bovin a connu une sérieuse embellie avec des cours en progression, mais la fin d'année a été plus difficile et les cours baissent. Les céréales d'hiver ont subi un hiver très pluvieux, en revanche pour le maïs les conditions ont été très bonnes. Les résultats de la pêche en 2001 révèlent une bonne progression du cours moyen des poissons et crustacés ainsi qu'une nette augmentation des apports de coquilles Saint-Jacques.
Publié le : samedi 29 décembre 2012
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Agriculture
pêche
Une légère embellie
dans un climat incertain
n 2001, l’agriculture bre- moins régulier de reprise pourEtonne demeure dans un cli- atteindre à l’automne 2001 un
mat incertain, après les crises niveau inférieur de 8%àcelui
graves qui, en 2000, avaient de 2000. L’activité d’abattage
touché des secteurs-clés de la de gros bovins est en progres-
production agricole, la volaille sionde+2%entonnage. Avec
puis la viande bovine. L’année 226 000 tonnes, elle reste
2001 a cependant été un bon en-dessous des années 1998 et
millésime pour le porc, la vo- 1999 qui dépassaient les
laille et le maïs. En revanche, 230 000 tonnes. L’activité
les cours des bovins restent bas. d’abattage de veaux de bou-
cherie, avec 88 000 tonnes, est
supérieure de 14 % à celle de
Situation difficile 2000. Les cours sont chahutés
au premier semestre, à leur ni-pour les producteurs
veau le plus fort en mai, et lede viande bovine
plus bas en juillet. Ils se stabili-L’agriculture bretonne a
sent à partir d’août, variant peuvécu une année 2001en
Après l’effondrement des cours autour de 5,40 €/kg en
demi-teinte tant du côté intervenu en fin d’année 2000, moyenne mensuelle.
la cotation des gros bovins ades productions
connu un mouvement de re- La production bretonne de laitanimales que des
prise à partir du mois de février, atteint 4 954 millions de litres
productions végétales. sans toutefois rattraper le ni- en 2001, soit un niveau compa-
veau de l’automne 2000, ce quiEn début d’année, le rable à 2000. La collecte baisse
maintient les éleveurs en situa- de 3,6 % sur les cinq premiersmarché bovin a connu
tion difficile. Les prix moyens mois de l’année, sans doute une
une sérieuse embellie sur l’année 2001 sont très conséquence indirecte des in-
en-dessous de ceux de 2000. Leavec des cours en tempéries. Des prairies souvent
recul est de 17 % à la fois pour inaccessibles à cause de la forteprogression, mais la fin
les vaches dont les cours ont de pluviométrie et parallèlement
d’année a été plus nouveau fléchi après l’été, et un stock de maïs s’épuisant ont
difficile et les cours également pour les jeunes bo- provoqué une moindre disponi-
bilité en alimentation. En re-vins, dont les cours remontentbaissent. Les céréales
toutefois en fin d’année 2001. vanche, la collecte s’est re-
d’hiver ont subi un dressée de 4 % en octobre –Pour les génisses, la baisse est
hiver très pluvieux, en de 7 % et pour le bœuf de novembre. Après un premier se-
mestre de stabilité, les prix des3,5 %. Après avoir brutalementrevanche pour le maïs
chuté fin 2000, la consomma- produits laitiers progressent au
les conditions ont été second trimestre (+ 4,7 % surtion de viande bovine française
très bonnes. a connu un mouvement plus ou leur niveau de 2000). Le prix du
8 Octant n° 89 - Avril 2002 Bilan économique 2001Agriculture
Abattages de gros bovins en Bretagne :lait à la production bénéficie de mation de viande de volailles a
cette augmentation. Il progresse reculé sur le marché français, moins de 230 000 tonnes en 2001 tonne
24 000de 3,8 % au cours de l’année au bénéfice de la viande de
2001, ce qui correspond à porc dont le prix baisse et de la
22 0000,012€ par litre. Cependant, les viande bovine dont la consom-
mation reprend doucement. Surrevenus des producteurs laitiers
20 000
sont obérés par des pertes im- l’année complète, les abattages
de volailles restent à un niveauportantes sur la vente des veaux
18 000
de 8 jours et des vaches de comparable à celui de 2000
(770 000 tonnes), mais au coursréforme. 16 000
du dernier trimestre les abatta-
ges de dindes plus particulière- 14 000
Un bon début d’année ment sont nettement inférieurs à
12 000leur niveau de 2000 (3 à 4 000pour les filières
tonnes de moins par mois).porc et volaille 10 000
1999 2000 2001
En 2001, le marché de l’œuf de Source : SCEES - Enquête auprès des abattoirs
Les abattages de porcs ont pro- consommation a connu une si-
gressé de 1,7 % à 1 060 000 tuation moins favorable que
Cours des bovins :tonnes en 2001 et de 1,9 % l’année précédente. Les expor-
des prix moyens en repli en 2001 euro/Kgpour les seuls porcs charcutiers. tations françaises sont en repli
4,00Au premier semestre, le marché sur un marché européen où la
du porc en Bretagne a connu hausse de la production est gé-
génisses
une embellie, tout comme les nérale. Presque toute l’année, 3,50
autres marchés européens, ce les cours de l’œuf sont restés lé-
Jeunes bovinsqui a fait de 2001 une bonne gèrement en-dessous de leur ni-
3,00
année. Le prix du porc sur le veau de 2000 avec un écart de
marché au cadran de Plérin a - 2,5 % en moyenne annuelle.
2,50été de 1,46 €/kg en moyenne
sur l’année contre 1,22 € en
2000. Au premier trimestre, il De bons rendements 2,00
n’a cessé de progresser, jusqu’à vachesen maïs, mais moins bons
1,80 €/kg en mars. La fièvre pour les cultures d’hiver 1,50
aphteuse en avril, en fermant
1998 1999 2000 2001
les marchés, a provoqué un
Source : OFIVALajustement du prix à la baisse, Pour les productions végétales,
mais jusqu’en septembre, il l’hiver 2000-2001 très pluvieux
reste élevé et supérieur à la va- a été préjudiciable aux cultures Prix du porc sur le marché breton :
d’hiver. C’est le cas notammentleur de 2000 : 1,43€/kg en juil- en net repli depuis le printemps euro/kglet 2001 pour le minimum. En pour le blé dont les semis ont
2,00
octobre, suite aux difficultés été fortement perturbés. Les em-
d’exportation, le prix est à blavements sont en diminution 1,75
1,20€/kg et continue de chuter, de 10 % par rapport à 2000. La
1,50surface non emblavée a été uti-1,17 €/kg en décembre, ni-
lisée pour le maïs grain, dont lesveaux inférieurs à ceux de 1,25
2000. surfaces ont progressé de plus
1,00de 20 %. La récolte s’est faite
Conséquence de la crise de dans de bonnes conditions et
0,75
les rendements ont été bons, 82l’ESB qui a favorisé la consom-
mation de viande de volailles, quintaux à l’hectare contre 75 0,50
en 2000. Pour le maïs fourrage,les cours se sont envolés au pre-
0,25mier semestre 2001, pour at- avec 10 % de surfaces en plus,
la production récoltée en 2001teindre leur maximum en sep- 0,00
tembre. En moyenne annuelle, est de 15 % supérieure à celle 1998 1999 2000 2001
Source : Marché du porc breton-Plérinils rattrapent leur niveau du dé- de 2000. La production de col-
but de l’année 1998. L’évolu- za augmente de près de 3 %
tion entre 2001 et 2000 est de malgré un recul de 20 % des particulier la surface en pri-
8 % pour le poulet et de 13 % surfaces conséquence de la ré- meurs qui recule de 20 %. Leur
pour la dinde. Après l’été, la si- duction des aides directes aux mise en place a été fortement
tuation est moins favorable aux oléagineux. L’amélioration des gênée par les mauvaises condi-
producteurs bretons. La concur- rendements a été très nette, tions météorologiques en jan-
rence extérieure plus vive a fa- avec en moyenne en Bretagne vier-février. Cela a aussi été le
vorisé les importations en pro- 26 quintaux à l’hectare contre plus cas plus tard en avril pour
venance de pays tiers (Brésil, 20 en 2000. les pommes de terre de conser-
Thaïlande) mais aussi des voi- vation. Les apports de primeurs
sins européens (Pays-Bas, Alle- Les surfaces en pommes de sur le marché sont en nette di-
magne). Par ailleurs la consom- minution en 2001 : 51 000 ton-terre se réduisent nettement, en
Bilan économique 2001 Octant n° 89 - Avril 2002 9Agriculture
nes contre 78 000 en 2000. production de choux-fleursPrix des produits animaux (moyennes annuelles) :
Dans l’ouest, les mauvaises d’hiver, 122 millions de têtes,une année difficile pour les bovins variations annuelles en %
conditions d’implantations se est en diminution de 4,3 % par
Vaches de réforme sont répercutées sur les rende- rapport à 2000. Les prix ont été
2001 ments qui sont inférieurs à ceux corrects tout au long de la cam-
Jeunes bovins 2000 de 2000. Les cours ont été très pagne, notamment grâce à une
1999
Veaux de boucherie supérieurs à ceux de la cam- forte demande à l’export qui a
pagne précédente, mais cela a à progressé de 1,8 %. La produc-
Lait
peine compensé le fort repli des tion de choux-fleurs d’au-
volumes mis en marché.Poulets standards tomne, 58 millions de têtes, dé-
passe largement celle de 2000
Oeufs
de consommation Les surfaces en tomates, dont la (seulement 46 millions de tê-
Porc charcutier presque totalité sont sous serre, tes), conséquence d’un temps
marché de Plérin
augmentent peu en 2001 par doux qui a provoqué l’avance
-30 -20 -10 0 10 20 30
rapport à 2000. La production de végétation. Les quantités
Source : Service régional de statistique agricole - OFIVAL - Marché du porc breton
de près de 150 000 tonnes est d’invendus sont importantes,
cependant en progression de avec prèsde8%des apports
19 %. Les prix ont été régulière- sur le marché. Les cours sont
ment en-dessous de ceux de restéstrès bas, en moyenneMoins de blé, plus de maïs
l’année 2000, mais le chiffre 0,33€ par tête sur la campagne
d’affaires global sur la cam-Blé tendre indice 100 en 1990 2001, contre 0,49€ en 2000, et
180 pagne ne reculerait que de 3 % cela malgré une progression de
Quantités récoltées en raison de la forte augmenta- la vente en frais (+ 15 % à l’ex-
tion des volumes mis en mar- port, + 11 % en France).160
ché. Pour la campagne 2001,
les apports d’artichauts camus
140 sur le marché sont en diminu-
tion de 5 %, et contrairement
120 aux deux campagnes précéden-
tes, les quantitésd’invendus Nicole ALLAIN
sont faibles (moins de 3 % des Service régional
100 rendementsurface apports contre 7 % en 2000). La de statistique agricole
80
1990 1992 1994 1996 1998 2000
Maïs grain indice 100 en 1990
300
Quantités récoltées
250
200
surface
150
rendement
100
1990 1992 1994 1996 1998 2000
Colza indice 100 en 1990
160
Quantités récoltées
rendement
120
80
surface
40
0
1990 1992 1994 1996 1998 2000
Source : SCEES-statistique agricole annuelle
10 Octant n° 89 - Avril 2002 Bilan économique 2001
nPêche
Pêche : une bonne année 2001
Valeur moyenne au Kg des arrivages de poissonse bilan 2001 de la pêche en
et crustacés en et hors criée dans les principaux portsLBretagne pour les princi-
de Bretagnepaux quartiers maritimes s'avère euro
1globalement positif .
3,0
2,9
En 2001 les prix de vente des
2,8
poissons et crustacés confon-
2,7
dus, pratiquésenethorscriée,
2,6
ont augmenté en moyenne de
2,5
7 % par rapport à l'année 2000.
2,4
Cette progression du cours
2,3moyen a généré un chiffre d'af-
2,2faires en hausse d'un peu plus
2,1de 2 %, les quantitésdébar-
2,0quées étant limitées par les me-
1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001
sures européennes de protec- Source : Centre administratif des Affaires Maritimes
tion de la ressource.
Néanmoins, en 2001 les ap-
ports de poissons et crustacés
ont diminué moins fortement
que l'annéeprécédente : la
baisse se chiffre à un peu plus 6 % par rapport à l'année 2000.
Celui de la coquille Saint-Jac-de 4 % contre 8 % en 2000.
ques est toujours très variable, il
est fonction de la grosseur de laCe bilan global relatif aux pois-
sons et crustacés est à nuancer noix, de sa richesse en corail et,
bien sûr, de l'abondance ouselon les quartiers maritimes :
certains progressent nettement, non de la pêche.
d'autres continuent de souffrir.
Ainsi les quartiers maritimes du Au total, si l'on classe les quar-
tiers maritimes de Bretagne se-Guilvinec et Saint-Brieuc ont
bénéficié d'une croissance du lon le montant des ventes en et
hors criée toutes espèceschiffre d'affaires. Par contre,
Douarnenez et Lorient ont enre- confondues (poissons et crusta-
cés, coquilles Saint-Jacques),gistré un chiffre d'affaires à la
baisse. Concarneau et Brest ap- Le Guilvinec arrive en pre-
mière position avec un chiffreparaissaient quasiment stables
en valeur par rapport à l'année d'affaires en augmentation de
plus de 10%:il regroupe lesprécédente.
criées du Guilvinec, Lesconil,
Loctudy, et Saint-Guénolé.Par ailleurs, 2001 constitue une
année record pour la pêche à la Viennent ensuite les criées de
Lorient dont le chiffre d'affairescoquille St Jacques. Les quanti-
tésdébarquées ont augmenté est en baisse et de Concarneau
qui est quasi stable puis lede plus de 30 % sur l'année. Les
quartiers maritimes de quartier de Saint-Brieuc (criées
d'Erquy, Saint-Cast-le-Guildo,Saint-Brieuc et Paimpol réunis
constituent la première zone Saint-Brieuc, Saint-Quay-Por-
trieux). Il faut noter la remar-coquillière de Bretagne. Les
quantités mises à terre ont pro- quable progression de ce der-Les résultats de la pêche
nier qui augmente d'environgressé de 46 % à Saint-Brieuc et
en 2001 révèlent une de 45 % à Paimpol. Cependant, 20 % en valeur principalement
en raison de la coquilleBrest n'a pas obtenu les résul-bonne progression du
tats escomptés en raison de for- Saint-Jacques mais aussi descours moyen des
crustacés.tes pluviosités qui ont retardé le
poissons et crustacés grossissement des coquilles.
ainsi qu'une nette
1 : statistiques encore pro-Le chiffre d'affaires issu de cesaugmentation des visoires communiquées
captures s'est accru d'environ par le Centre Administratifapports de coquilles 24 %. En 2001, le cours moyen des Affaires Maritimes de
Denise OLLIVIER Bretagne.est en baisse d'un peu plus deSaint-Jacques.
Bilan économique 2001 Octant n° 89 - Avril 2002 11
n

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