Agriculture : une situation plus sereine en 2005 (Octant n°105)

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En 2005, le prix du lait continue de baisser mais cette baisse est compensée par l'augmentation de l'aide directe laitière. La conjoncture est plus favorable pour les productions légumières. On observe également une embellie sur les cotations porcines et bovines. En revanche, l'avenir de la filière avicole s'assombrit encore un peu plus avec la baisse de la consommation de volaille amorcée en fin d'année.
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Agriculture
Une situation plus sereine en 2005
En 2005, le prix du lait continue de baisser mais reste au niveau très bas vers le-
quel la surproduction de l’an-cette baisse est compensée par l’augmentation
née 2004 l’avait entraîné. Ce
de l’aide directe laitière. La conjoncture est plus n’est qu’à partir de juillet que la
favorable pour les productions légumières. situation s’améliore sur un mar-
ché plus équilibré. La produc-On observe également une embellie sur les
tion est en baisse en raison de la
cotations porcines et bovines. En revanche, maîtrise du cheptel de poules
l’avenir de la filière avicole s’assombrit encore pondeuses engagée fin 2004
(les périodes de vides sanitairesun peu plus avec la baisse de la consommation
dans les poulaillers ont été
de volaille amorcée en fin d’année. allongées).
a filière avicole fait face de- La filière avicole
La baisse du prix du laitLpuis plusieurs années à des face à la crainte
difficultés persistantes malgré la se poursuitde la grippe aviaire
réduction de la production.
Lorsqu’on annonce la présence
Du côté de la production, les Les livraisons de lait à l’in-de la grippe aviaire dans plu-
poussins étant en place dans les dustrie progressent de 2 % ensieurs pays d’Europe à l’au-
élevages et les prix payés aux 2005. Le volume annuel atteinttomne 2005, la consommation
producteurs déjà contractuali- 4 720 millions de litres aprèsde viande de volaille chute bru-
sés, les effets de la baisse de deux années basses. En 2003, latalement. En octobre, les achats
consommation ne sont pas per- canicule avait limité le rende-des ménages en viande de vo-
ceptibles. Ils se feront sentir au ment laitier des vaches. Puis,laille, mesurés par le panel Se-
1 cours de 2006. Néanmoins, en l’année suivante, la forte réduc-codip , sont en baisse marquée
2005, l’activité d’abattage de tion du cheptel de vaches laitiè-(- 9 % par rapport à septembre),
volailles de chair continue de se res (- 3 %) avait pesé sur le vo-mais se stabilisent ensuite.
réduire. Le tonnage de volailles lume produit. L’année 2005
de chair diminue de 7 % par marque un retour à la normale,
rapport à l’année 2004. La ré- avec une collecte de lait plutôt
duction est forte pour les dindes élevée sur les cinq premiers
(- 20 %). En revanche, le nom- mois de l’année et un nombre
1 - La société Secodip suit des panels
bre de poulets abattus progresse de vaches laitières qui diminuede consommateurs constitués par des
de 5 %. L’augmentation est de légèrement (- 1 %). La baisseéchantillons représentatifs de l'en-
semble des ménages vivant en 4 % pour les poules pondeuses des prix d’intervention pour le
France, à l'exception des hommes de réforme sans doute en lien beurre et la poudre de lait écré-
seuls, des personnes vivant dans les
avec les difficultés dans le sec- mé, décidée dans le cadre de la
collectivités et des personnes vivant
teur de l’œuf de consommation. politique agricole européenne,en Corse. Pour chaque panel, elle col-
Pour ce secteur, le début d’an- se répercute sur le prix du laitlecte des données sur environ 4 500
ménages par voie postale. née 2005 est difficile : le prix qui diminue à nouveau en
8 Octant n° 105 - Avril 2006 Bilan économique 2005Agriculture
Prix des produits animaux - moyennes annuelles2005. Le prix payé au produc- tion. Au premier semestre,
(variations annuelles en %)
teur intègre cette réduction, l’offre en forte progression désé-
mais aussi celle induite, en quilibre le marché car parallèle-
Vache de réforme
2005, par une baisse de la qua- ment la demande augmente
2
2005lité du lait collecté. Au total, le beaucoup plus faiblement. Les
Lait 2004
prix moyen payé au producteur prix ne cessent alors de des-
s’établit à 291 € pour 1 000 li- cendre. La fin d’année est bien
Poulet standardmeilleure avec un prix plutôttres en 2005 contre 301 € en
élevé en décembre. Sur l’année,2004. Cependant, l’augmenta-
le prix du veau de boucherie Oeuftion de l’aide directe laitière,
de consommation
(catégorie rosé clair O) est infé-qui passe de 12€ pour 1 000 li-
Porc charcutierrieur de 11 % à son niveau detres à 24€, compense la baisse
2004 (4,83€/kg contre 5,44).de prix.
-40 -30 -20 -10 0 10 20 30 40
Source : Agreste - Ofival - Marché au cadran de Plérin
Le prix du porc en hausse Lecture : entre 2003 et 2004, le prix moyen de l’œuf de consommation a baissé de 30%,Chute du cours
il est resté stable entre 2004 et 2005.
de la vache de réforme
En 2005, la filière porcine bre-en fin d’année
tonne connaît une année
calme, avec un prix à la produc-
En 2005, l’offre de viande bo-
tion en hausse. Au marché au
vine est en baisse sensible en cadran de Plérin, le prix de base
France. En Bretagne, les abatta-
du porc charcutier s’établit à
ges de gros bovins se stabilisent
1,159 €/kg en moyenne sur
à 225 000 tonnes, niveau com-
l’année 2005. Il est supérieur de Cours des bovins : chute du coursparable à celui de l’année pré-
2,7 % à celui de l’année précé- de la vache de réforme fin 2005 (en euro / kg)cédente. En vaches de réforme,
dente, essentiellement grâce
4,00qui représentent 57 % des ani-
aux prix plus élevés observés en
maux abattus, l’offre se réduit
début d’année. L’écoulement
de 3 %. Ceci résulte principale- 3,50de la production a été facilité
ment de la diminution du chep-
par la demande soutenue, tant Génisse R*tel laitier breton. En revanche,
3,00sur le marché français qu’à l’ex-
l’augmentation est de 10 %
portation (les exportations fran-
pour les jeunes bovins qui re-
çaises de viande de porc pro- 2,50présentent 18 % des animaux Jeune bovin R*gressent de + 3 %). Les élevages
abattus. Le prix du jeune bovin
Vache P*3 bretons voient aussi leur situa-
de catégorie R progresse de 11 % 2,00
tion économique s’améliorer
en 2005 et se situe autour de
grâce à la diminution de 12 %
3€/kg toute l’année (3,04€/kg en 1,50du prix de l’aliment. Cette esti-
2002 2003 2004 2005moyenne annuelle). Le prix de la
mation réalisée par l’ITP (Insti-
vache de catégorie P est en haus- * il s’agit de la catégorie selon la grille communautaire de classement des carcassestut Technique du Porc) s’ex-
de bovins (6 classes de conformation : S, E, U, O, R et P). La vache P est la vachese de 9 % avec une moyenne de
plique en grande partie par de réforme.2,52 €/kg. Il faut remonter à
l’abondance des disponibilités Source : Ofival
l’année 1998 pour retrouver un européennes en céréales. L’ac-
niveau comparable. Cependant
tivité d’abattage de porc est
le prix de la vache s’oriente à la stable en 2005 avec un volume
baisse en fin d’année face à
abattu en Bretagne comparable
l’augmentation des abattages. à celui de l’année 2004 : 13,6
Cette reprise s’explique par la
millions de porcs charcutiers.
perspective de diminution des
primes à l’abattage dans le
cadre de l’application de la Des rendements
nouvelle politique agricole eu- Prix du porc au cadran de Plérin en hausse (en euro / kg)en céréales
ropéenne. 1,40dans la moyenne
Dans le secteur du veau de bou- 1,30
cherie, le nombre de veaux La moisson commencée en
avance est fortement perturbéeabattus en Bretagne est stable 1,20
(686 300 veaux) pour un ton- par l’arrivée de la pluie fin juil-
let. Les précipitations n’ontnage en augmentation de 3 % 1,10
(88 000 tonnes). guère de conséquences sur la
1,00
2 - Cette baisse correspond à une di-La reprise de la production se
minution des teneurs en protéines etconfirme après la baisse de la 0,90
matières grasses du lait.
fin d’année 2003 et du début
3 - Il s'agit de la catégorie selon la
2004. La mise aux normes des 0,80grille communautaire de classement
2002 2003 2004 2005bâtiments d’élevage avait en- des carcasses de bovins (6 classes de
Source : Marché au cadran de Plérintraîné un recul de la produc- conformation : S, E, U, R, O, et P).
Bilan économique 2005 Octant n° 105 - Avril 2006 9Agriculture
Abattages de gros bovins en Bretagne : stabilité (en tonne) récolte presque terminéede nérateurs pour les principales
26 000 l’orge. En revanche, elles for- productions bretonnes.
cent à suspendre la récolte de
24 000
blé moins avancée, surtout dans Le chou-fleur connaît une an-
l’ouest des Côtes-d’Armor et née de fortes fluctuations, alter-22 000
dans le Finistère. Néanmoins nant des périodes de prix très
20 000 les rendements sur la région hauts face à la pénurie de l’offre
sont dans la moyenne pour le et des périodes de prix corrects,
18 000
blé avec 71 q/ha, aussi élevés avec un bilan positif. Pour la
16 000 qu’en 2004 pour l’orge avec campagne d’hiver, de janvier à
65 q/ha, et plutôt bons pour le juin, le bilan est nettement
14 000
Série brute triticale avec 66 q/ha et pour le meilleur qu’en 2004. L’offre re-
12 000 maïs grain avec 82 q/ha. Sur cule de 16 % (108 millions de
Moyenne mobile
une surface supérieure à celle têtes contre 129 ensur 12 mois
10 000 de 2004, la production de cé- 2004) avec un creux en février
2002 2003 2004 2005
réales, avec 4,1 millions de ton- et mars à cause de la vague de
nes récoltées en 2005 n’est que froid sur l’Ouest de la France.Source : Agreste - Enquête auprès des abattoirs
trèslégèrement en dessous de la Cette contraction est cependant
récolte record de 2004. La sur- largement compenséepar unDes rendements dans la moyenne en 2005
face en blé augmente de 2 %, niveau de prix élevé. Les inven-
ce qui limite la baisse de pro- dus sont rares (moins de 2 % deBlé tendre (indice 100 en 1995)
duction. En 2005, 2,1 millions l’offre). Sur la campagne d’au-
140
de tonnes de blé sont produits tomne, la demande peu sou-
Quantités récoltées (- 3 % par rapport à 2004). La tenue maintient des prix bas en
surface en orge retrouve un ni- septembre et octobre. Ensuite,
veau habituel (+ 12 % par rap- l’offre devient plus rare et les
120
port à 2004) et la production de prix grimpent.
415 000 tonnes est la plus
élevéedes dernières années. Pour l’artichaut, la campagne
Les surfaces en triticale se ré- est meilleure que celle de 2004100
duisent fortement (- 12 %) ainsi où les invendus avaient étérendement
que la production (- 8 %) avec nombreux. Au printemps, la si-
surface
339 000 tonnes récoltées. Les tuation du marché est plus se-
débouchés vers la fabrication reine, avec une offre plus ré-80
1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 d’aliments du bétail sont limi- duite et des prix plus élevés.
tés:l’absorption d’une produc-
Maïs grain (indice 100 en 1995) tion en augmentation régulière La campagne 2005 de tomates
160 depuis quelques années semble est satisfaisante, après celle de
plus difficile. La production de 2004 qui avait été très difficile.Quantités récoltées
maïs grain atteint 1,1 million de Sur un marché plus favorable
140 tonnes, comme en 2004 sur une les prix sont plus élevés. Au plus
surface qui progresse de prèsde fort de la production bretonne,
2 %. en juin et juillet, la concurrence
120 n’est pas trop vive. La produc-
Les prix sont moins élevés tion, dont les deux tiers en to-
qu’en 2004. Selon l’enquête de mates grappes, augmente pour
100 l’office national interprofession- atteindre 184 000 tonnes (contre
surface
nel des céréales auprès des col- 180 000 tonnes en 2004).
rendement
lecteurs, le prix de base taxes
80 non déduites recule d’environ La production de pommes de
1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005
4€ par tonne pour le blé, le triti- terre primeurs est à nouveau en
forte baisse : avec 27 900 ton-cale et l’avoine. Pour l’orge, laMaïs fourrage (indice 100 en 1995)
nes produites en 2005, c’estdiminution n’est que de 1€ par140
20 % de moins qu’en 2004. Latonne. Seul le prix du maïs grain
succession de campagnes diffi-progresse largement de 12€ parrendement
ciles conduit à la réduction destonne.Quantités récoltées
surfaces d’annéeenannée.
120
Elles sont passées de 4 900 hec-
tares en 2000 à 1 800 hectaresDe meilleurs prix
en 2005, réduisant ainsi lespour les légumes
parts de marché de la produc-100
tion bretonne.
Pour la production légumière,
l’année 2005 est globalement Nicole ALLAINsurface
80 Service régionalmeilleure que l’annéeprécé-
1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005
dente, avec des prix plus rému- de statistique agricole
Source : Agreste - Statistique agricole annuelle
10 Octant n° 105 - Avril 2006 Bilan économique 2005
n

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