Année économique et sociale 2006 en Martinique

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Agriculture La banane, toujours en baisse ’année 2006 a été la première an- d’Afrique (45 % pour l’Afrique, 46 %2006 marque un recul Lnée d’application de la réforme pour les Antilles et 9 % pour l’Améri-des surfaces plantées en du système d’importation commu- que du Sud). La réorganisation de la banane et une récolte ré- nautaire de la banane, basée sur la fi lière de production française accom- disparition des quotas d’importations pagnée d’une campagne de publicitéduite de canne à sucre qui pour les pays tiers et la mise en place intensive ont permis de reconquérira eu des conséquences sur en contre-partie de droits de douane quelques parts du marché intérieur. la production de rhum et (176 €/tonne). Il est diffi cile de juger Au niveau européen, les bananes pro- de sucre. Les productions son application sur une année seu- duites dans l’Union ne représentent lement. 2006 est plutôt marquée par que 16 % de l’approvisionnementanimales locales affi chent une baisse de toutes productions due communautaire total. des résultats contrastés : aux intempéries. Certains pays de L’année 2006 se caractérise en Mar- le porc souffre des im- la zone ACP (Côte d’Ivoire, Ghana, tinique encore par une diminution République Dominicaine des surfaces plantéesportations qui ne cessent Nouvelles règles et Jamaïque) ont augmenté en bananes.
Publié le : samedi 29 décembre 2012
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Agriculture
La banane,
toujours en baisse
’année 2006 a été la première an- d’Afrique (45 % pour l’Afrique, 46 %2006 marque un recul Lnée d’application de la réforme pour les Antilles et 9 % pour l’Améri-des surfaces plantées en
du système d’importation commu- que du Sud). La réorganisation de la
banane et une récolte ré- nautaire de la banane, basée sur la fi lière de production française accom-
disparition des quotas d’importations pagnée d’une campagne de publicitéduite de canne à sucre qui
pour les pays tiers et la mise en place intensive ont permis de reconquérira eu des conséquences sur
en contre-partie de droits de douane quelques parts du marché intérieur.
la production de rhum et (176 €/tonne). Il est diffi cile de juger Au niveau européen, les bananes pro-
de sucre. Les productions son application sur une année seu- duites dans l’Union ne représentent
lement. 2006 est plutôt marquée par que 16 % de l’approvisionnementanimales locales affi chent
une baisse de toutes productions due communautaire total.
des résultats contrastés : aux intempéries. Certains pays de L’année 2006 se caractérise en Mar-
le porc souffre des im- la zone ACP (Côte d’Ivoire, Ghana, tinique encore par une diminution
République Dominicaine des surfaces plantéesportations qui ne cessent Nouvelles règles et Jamaïque) ont augmenté en bananes. On passede grignoter des parts
très sensiblement leurs ex- de 7 350 ha récoltés encommunautaires
de marché alors que la portations (+24 % pour la 2005 à 6 980 ha récol-
Côte d’Ivoire avec un tonnage très voi- tés en 2006 soit une baisse de 5 %. Levolaille locale se défend
sin de celui de la Martinique et +22 % rendement à l’hectare varie peu avecmieux .
pour la République Dominicaine une légère baisse inférieure à 1 %.
avec 177 000 tonnes exportées en Les quantités exportées sont en baisse
2006). D’autres pays apparaissent sur de 5 % et les prix moyens payés aux
le marché comme le Costa Rica, le producteurs (prix sortie hangar) le sont
Guatemala ou le Suriname. Avec cette de 39 % à 264,80 € / tonne en 2006
offre diversifi ée, la menace est grandis- au lieu de 432,70 €/ tonne en 2005.
sante pour la production des Antilles Pour compenser cette très forte baisse
françaises. En 2006 , les importations du prix, l’aide compensatoire a été
de banane de l’Union Européenne à fi xée à 185,60 €/ tonne et le complé-
25, ont augmenté de 12 % par rapport ment d’aide à 139,50 € / tonne pour
à 2005 (+ 446 000 tonnes). En no- un total de 325,10 €/ tonne (en aug-
vembre 2006 et pour la première fois mentation de + 89,3 % par rapport à
depuis 2003, les parts de marché de 2005). Malgré cela, ce montant total
la production française de bananes dé- est cette année encore en dessous de
passent celles des bananes importées la valeur du prix forfaitaire de référen-
ce fi xé à 640 € / tonne. La valeur glo-
Baisse des prix à l’exportation bale de la production, aides compri-
ses, chuterait de 145 millions d’eurosExportations de bananes de Martinique
à 136 millions d’euros (- 6,2 %).En tonne, euro et %
Ces diffi cultés se répercutent sur le
nombre d’exploitations passant de
577 inscrites auprès de l’une des deux
organisations professionnelles de l’île
en début 2006 à 528, soit une dimi-
Sources : Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes/ nution de 8,5 % en un an.
Direction de l’Agriculture et de la Forêt
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Fin de l’embellie livrées en 2006 contre 82 680 ton-
nes en 2005 soit une baisse de
Évolution 2006/2005
28%. Ce tonnage est insuffi sant
En tonne, euro, HAP et %
pour maintenir l’équilibre fi nan-
cier de l’usine.
La production de rhum agricole à
55° est de 62 505 HAP (hectolitres
d’alcool pur). Ces résultats sont en
diminution de 7% sur un an. Com-
me les exportations ne fl échissent
que de 4%, c’est la consomma-
tion locale qui diminue de plus de
10%. La demande locale de sucre
reste très stable avec seulement
une infi me variation de +0,4 %.
La production d’ananas est au
Sources : Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes/ plus bas. Les exploitations sont
Direction de l’Agriculture et de la Forêt
concentrées au nord de l’île et
sont réparties sur 4 communes
En 2006 les tonnages de canne à entre 300 et 400 ha n’ont pas été (Morne-Rouge, Basse-Pointe, Ma-
sucre sont les plus faibles depuis récoltés en 2006. couba et Ajoupa-Bouillon) pour
24 ans malgré des surfaces plan- Le tonnage récolté chute de 23 % une superfi cie plantée totale de
tées qui se maintiennent au même avec seulement 165 100 tonnes en 176 ha en 2006 contre 235 ha en
niveau qu’en 2006. La productivité et le rendement 2005 (- 25 %).Une fi lière sucre 2005 à 3 800 à l’hectare sont donc en baisse sensi-
ha. Sur un total ble puisque l’on passe de 57 tonnesen La superfi cie réellement en pro-
de 266 plan- / ha en moyenne en 2005 à 49 en duction est de seulement 93 ha en grand danger
teurs recensés, 2006 soit près de 15 % en moins. 2006 alors qu’elle était de 170 ha
157 ont livré des cannes aux dif- Une faible production remet en en 2005 (- 45 %).
férentes distilleries de l’île et 109 cause l’équilibre entre distilleries La production est en baisse depuis
à l’usine sucrière du Galion. Le et usine sucrière. Une richesse plus de 10 ans. En 2006, elle n’est
secteur paye encore cette année en sucre excellente (CP à 9,03 que de 2 700 tonnes dont près de
le passif des deux années anté- pour un standard de 8) a permis la moitié (1 270 tonnes) ont été
rieures où les fortes pluies avaient une meilleure rémunération des perdues faute de débouchés et de
endommagé la qualité des plants cannes livrées à l’usine. Pourtant mévente. Le redressement judiciai-
et retardé les plantations. Au total seulement 59 620 tonnes y ont été re de la principale usine de trans-
La réforme de l’O.C.M sucre
Avec une production mondiale d’environ 146 millions de tonnes par an et une consommation en hausse de 2% par an, le marché mondial du sucre
est dominé par le Brésil qui représente 36% des exportations (15% pour l’Union Européenne). Suite à une plainte pour « subventions croisées sur le
régime sucrier européen » déposée par les trois principaux exportateurs sur le marché mondial, l’Union Européenne est contrainte d’augmenter ses
importations et de diminuer ses exportations, donc diminuer sa production et ses quotas. Pour cela, cette réforme prévoit un système de cotisations
sur les quotas produits afi n de fi nancer un fond destiné à subventionner les entreprises qui cesseront leur activité à hauteur de 730 € par tonne de
quota abandonnée. Un tel montant peut effectivement être incitatif.
Sur les 4 prochaines campagnes, la dernière étant celle de 2009-2010, le prix du sucre blanc va passer de 632 €/tonne à 404 €/tonne soit
une baisse de 36%. Le prix du sucre brut de canne (sucre roux) passera de 497 €/tonne à 335 €/tonne soit une baisse de 33%.
La spécifi cité des départements d’outre mer a été prise en compte dans la réforme. Les sociétés sucrières des DOM échappent à la restructuration et
donc au paiement de la taxe. L’O.C.M sucre prévoit des aides communautaires versées via le POSEI et les aides nationales seront elles aussi revues et
adaptées. Les deux aides réunies représentent (pour l’ensemble des DOM), 102 millions d’euros pour 2007, 109 millions pour 2008, 116 millions
pour 2009 et enfi n 149 millions pour 2010. Elles serviront de soutien forfaitaire aux entreprises de sucre des DOM en contrepartie du maintien du prix
industriel de la canne. L’usine du Galion en Martinique touchera 486 000 € en 2007, 605 000 € en 2008, 720 000 € en 2009 et à partir de 2010 ( et
jusqu’en 2015) 1 066 000 € par an d’aides communautaires.
Quant aux producteurs de canne à sucre, ils toucheront 1 120 000 € par an d’aides nationales à partir de 2007.
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formation de l’ananas de l’île a été La culture de «tubercules, racines et production locale représente 43 %
prononcé, toutefois, une nouvelle bulbes » est passée de 807 hectares de l’offre totale de viande bovine
organisation de producteurs « ana- en 2005 à 715 en 2006, soit une fraîche contre 44 % en 2005 et
nas Martinique » s’est créée à la fi n baisse de 11 % qui se cumule avec 45 % en 2004.
de l’année. Elle compte déjà une celles de 2004 et 2005. Les importations de viandes fraî-
trentaine de membres bien décidés En 2006, la culture de légumes frais ches porcines ont plus que doublé
à sauver la fi lière . a augmenté de 7 % avec 1 540 ha en tonnages en deux ans : + 55 %
de superfi cie brute. entre 2005 et 2004, + 39 % entre
En 2006, 220 ha de melons sont 2006 et 2005. L’offre locale s’effon-
Les importations de viandes fraîchesrécoltés (soit une baisse de 12 %) dre, elle représentait 94 % du mar-
bovines augmentent en tonnages deet les rendements sont en hausse ché de la viande fraîche porcine
5,8 % par an en moyenne depuispar rapport à 2005 de + 13 % à en 2004 et ne représente plus que
4 ans malgré un prix au kilo à la15,4 tonnes par ha en moyenne 89 % en 2005 et 86 % en 2006.
hausse chaque année (plus 2,9 %sur l’année. La récolte 2006 est de
en moyenne annuelle). En 2006, la3 380 tonnes. L’abattage des poulets est toujours
en progression depuis 3 ans avec
une augmentation moyenne de +
Abattage de porcs en hausse 12,7 % par an sur la période. Mal-
gré ces bons résultats, l’offre de
viande fraîche locale avec ses 81 % Production et importation de viande bovine, porcine, ovine,
de parts du marché du frais ne re- caprine et de poulets
présente que 8% de l’ensemble de
la viande de poulet et coq consom-
En tonne, millier d’euros et %
mée sur l’île.
Les abattages contrôlés restent aux
alentours des 70 tonnes par an. Par
contre, les importations de viandes
fraîches augmentent entre 2005 et
2006 de 23 %. Le prix au kilo a
baissé de 6,2 % alors que celui des
viandes congelées n’a baissé que de
4 %). La production locale d’ovins
caprins en 2006 ne représente plus
que 40 % de la viande fraîche.
Bernard AUMAND
Direction de l’Agriculture
et de la Forêt de la Martinique
Sources : Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes/
Direction de l’Agriculture et de la Forêt
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