Bilan 2011 - Agriculture

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L’utilisation des prairies temporairesSécheresse printanière Les prairies temporaires sont des prairies renouvelées, qui occupent une sole pendant une durée variable de 0 à 5 années,aux incidences limitées ensemencées en graminées fourragères : ray-grass, fétuque, dactyle... et pouvant être aussi composées d’espèces légumineuses. Elles entrent dans la rotation des autres cultures.Le printemps exceptionnellement chaud et sec de l’année 2011 a d’abord favorisé la En Basse-Normandie, près des trois quarts des surfaces en prairies temporaires sont pâturées. La proportion de surfaceprécocité des productions végétales mais avec un taux de chargement de plus de 1,4 unité de gros bétailsurtout hypothéqué le potentiel de rende- (UGB) par hectare y dépasse le tiers de la surface dans lament des grandes cultures et des prairies. région, comme en Bretagne et dans les Pays de la Loire. Le seuilContrairement à 1976, l’été qui a suivi a été de 1,4 UGB/ha correspond aux critères du paiement à pluvieux, modérant l’impact de la séche- l’extensification introduit à partir de l’Agenda 2000 et permet resse printanière. Les rendements sur gran- donc de caractériser les systèmes les plus extensifs. des cultures d’hiver sont finalement moins Les apports de fourrage en complément du pâturage sur faibles que prévus et plutôt favorables pour prairies temporaires varient selon les régions. Dans les les cultures d’été comme le maïs.
Publié le : samedi 29 décembre 2012
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L’utilisation des prairies temporairesSécheresse printanière
Les prairies temporaires sont des prairies renouvelées, qui
occupent une sole pendant une durée variable de 0 à 5 années,aux incidences limitées
ensemencées en graminées fourragères : ray-grass, fétuque,
dactyle... et pouvant être aussi composées d’espèces
légumineuses. Elles entrent dans la rotation des autres cultures.Le printemps exceptionnellement chaud et
sec de l’année 2011 a d’abord favorisé la En Basse-Normandie, près des trois quarts des surfaces en
prairies temporaires sont pâturées. La proportion de surfaceprécocité des productions végétales mais
avec un taux de chargement de plus de 1,4 unité de gros bétailsurtout hypothéqué le potentiel de rende-
(UGB) par hectare y dépasse le tiers de la surface dans lament des grandes cultures et des prairies.
région, comme en Bretagne et dans les Pays de la Loire. Le seuilContrairement à 1976, l’été qui a suivi a été
de 1,4 UGB/ha correspond aux critères du paiement à
pluvieux, modérant l’impact de la séche-
l’extensification introduit à partir de l’Agenda 2000 et permet
resse printanière. Les rendements sur gran- donc de caractériser les systèmes les plus extensifs.
des cultures d’hiver sont finalement moins
Les apports de fourrage en complément du pâturage sur
faibles que prévus et plutôt favorables pour prairies temporaires varient selon les régions. Dans les
les cultures d’été comme le maïs. A l’au- systèmes laitiers intensifs de Basse-Normandie, Bretagne et
tomne, la pousse de l’herbe a connu des rat- Pays de la Loire, la complémentation est faite avec du maïs
trapages. Dans les productions animales, les ensilage.
collectes de lait sont à un niveau record.
La récolte des protéagineux (pois, fèveroles...) recule de 25 %
es productions végétales de l’année 2011 ont été pertur- par rapport à 2010, conséquence de la baisse de la sole dansLbées par des séquences climatiques très contrastées, la dernière campagne. La récolte 2010 avait été particulière-
d’abord par la sécheresse exceptionnelle du printemps puis ment haute en raison des aides spécifiques mises en place
par les épisodes pluvieux et frais de l’été. pour les protéagineux qui avaient engendré une forte exten-
sion des superficies.
Forte production de colza
En 2011, les surfaces de betteraves sucrières s’inscrivent une
In fine, par rapport à 2010, les préjudices sont limités sur les
nouvelle fois en hausse. Près de 10 000 ha ont été plantés en
céréales d’hiver. Pour la céréale la plus répandue, le blé
2011, soit 10 % de plus qu’en 2010. Les rendements sont impor-
tendre, les rendements sont inférieurs de 2 à 4 quintaux par
tants avec 92 t/ha, au-dessus des moyens des
hectare selon les départements. Mais comme la sole de blé
cinq dernières campagnes.
croît de 4 % et atteint 210 000 ha, la production de 2011 est fi-
nalement supérieure à celle de la campagne précédente. La Dans les productions de poireaux et de carottes, l’exportation
récolte d’orge, deuxième céréale à paille en Basse-Normandie, a joué un rôle important en complétant les activités nationa-
diminue sensiblement par rapport à 2010, à la fois par une ré- les d’expédition.
duction de 10 % des surfaces et de 5 % des rendements. Dans l’en-
Enfin, la production de 2011 des fruits à cidre, pommes et poi-
semble, la production totale de céréales est comparable à 2010.
res, a été considérable. Les tonnages réceptionnés dans les
Parmi les oléagineux, la production de colza s’accroît de 14 % usines, en provenance des vergers en basse et haute tige,
par rapport à la dernière campagne, favorisée par une sont supérieurs de une fois et demi à ceux de 2010, sans pour
hausse des rendements, et surtout des superficies. autant entraîner une chute trop importante des prix.
La reprise de la pousse de l’herbe sur
la deuxième partie de l’année n’a pas
permis de compenser, en volume et en
qualité, les pertes du printemps au
cours duquel près des deux tiers de la
production annuelle sont habituelle-
ment récoltés. Les rendements sont fi-
nalement inférieurs à ceux de la
période quinquennale 2006-2010, de 3
à 5 quintaux par hectare selon les dé-
partements.
Nette hausse des surfaces
en prairies temporaires
Depuis 2010, les prairies font l’objet
d’une obligation de maintien global
de surface à travers une nouvelle
norme BCAE (Bonnes Conditions
22 Insee Basse-Normandie - Bilan 2011Agro-Environnementales). Si les surfaces en herbe conti-
2011, l’année des premières tendancesnuent de baisser, les superficies en prairies temporaires pro-
du recensement de l’agriculture
gressent particulièrement.
Le recensement agricole a permis de dénombrer 44 800 actifs
Dans les productions animales, les effectifs des bovins abat- permanents dans les 23 900 exploitations agricoles de
tus en Basse-Normandie sont plus importants qu’en 2010, Basse-Normandie en 2010. Il s’agit en grande majorité d’une
particulièrement ceux des jeunes bovins. Plusieurs facteurs main-d’œuvre familiale non salariée (84 %), mais le salariat,
ont pu favoriser l’approvisionnement des abattoirs au pre- presque exclusivement hors du cadre familial, se développe
pour atteindre 16 % des actifs.mier semestre : l’amélioration des prix à la production et l’ex-
tension des débouchés à l’exportation, la hausse du coût de Entre 2000 et 2010, le nombre d’actifs agricoles permanents
l’alimentation animale et, ponctuellement en mai, la crainte travaillant à temps plein ou à temps partiel sur les exploitations
a diminué de 19 400 personnes et 11 900 exploitations agricolesdu manque de fourrage à cause de la sécheresse. Le recours
ont disparu. La densité des est encoreà des achats de paille a été nécessaire. La production de
relativement élevée avec une moyenne de 1,4 exploitation aumaïs fourrager, avec de bons rendements, compense en
ekm2, plaçant la région au 2 rang national derrière l’Alsace.
partie le manque d’herbe.
La proportion des exploitations laitières a diminué avec
L’activité porcine est relativement importante dans la région l’expansion des spécialisées en céréales (+ 18 %
car, comme pour les bovins, la Basse-Normandie détient le en 10 ans). Les surfaces fourragères (prairies permanentes et
cultures fourragères dont le maïs) occupent cependant lestroisième cheptel de France. Le nombre de porcs augmente
e
deux tiers de la surface agricole. L’élevage laitier est le 3 deen 2011, avec une hausse significative des porcelets et des
France en nombre de vaches, derrière la Bretagne et les Paysjeunes porcs. Le poids moyen des porcs charcutiers abattus
de la Loire. La Basse-Normandie élève par ailleurs 13 % du(79,3 kg en 2011) diminue de 0,5 kg en un an. èrecheptel équin français, ce qui en fait la 1 région
métropolitaine pour le nombre de chevaux recensés dans lesRecord des livraisons de lait en 2011
exploitations agricoles.
En 2011, la conjoncture laitière est favorable, stimulée par la
reprise du prix du lait amorcée en avril 2010. La flambée du
coût de l’alimentation animale n’empêche pas les éleveurs industriels et dans une moindre mesure ceux de grande
de vaches laitières d’accroître leur production. Sur l’année
consommation, notamment grâce à des exportations en
civile 2011, les producteurs laitiers de Basse-Normandie ont
hausse.
livré aux industries laitières un peu plus de 2,7 milliards de li-
tres de lait (+ 6 % en un an). L’essor de la collecte stimule en Daisy de LARTIGUE, Pascal LOMBEZZI
général les fabrications de produits laitiers, principalement DRAAF de Basse-Normandie
(1)
RENDEMENTS DES CULTURES
Bonne année pour les maïs et le colza bas-normands
France Calvados Manche Orne
Rendement Rendement Rendement Rendement
moyenCultures 2011 moyen 2011 moyen 2011 moyen 2011
2006-2010 2006-2010 2006-2010 2006-2010
Blé tendre 71 68 77 77 68 72 71 72
Orge et escourgeon 64 57 69 63 57 59 68 67
Céréales Avoine 44 41 66 58 50 42 56 56
Maïs grain 83 102 69 101 72 95 68 85
Triticale 52 51 63 51 59 60 58 59
Colza et navette 32 35 34 34 31 34 34 39
Oléagineux
Tournesol 24 25 24 22 27 30pas ou peu de surfaces
Féveroles et fèves 43 38 48 43 40 31 36 30
Protéagineux
Pois protéagineux 44 36 47 40 39 45 43 41
Maïs fourrage et ensilage 122 133 135 160 133 148 130 136
Cultures
Prairies temporaires 74 58 93 86 99 93 79 69
fourragères
(2)
Ensemble des prairies y.c la STH 53 42 66 61 90 87 59 54
Cultures
Betteraves industrielles 854 952 846 931 pas ou peu de surfaces 779 849
industrielles
(1)
Rendements (100 kg/ha) et rendements en matière sèche (100 kg/ha) pour les cultures fourragères
(2)
STH : superficie toujours en herbe
Source : Agreste - statistiques agricoles annuelles (données 2011 semi-définitives)
Insee Basse-Normandie - Bilan 2011 23

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