Bilan économique 2004 : La production agricole est en hausse, les coûts aussi

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L'année 2004 est une bonne année pour la canne et l'élevage laitier. En revanche la filière porcine a connu des difficultés face à la concurrence des importations. Au niveau financier le prix relativement bas de certaines productions s'est conjugué avec l'augmentation du prix des intrants pour réduire les résultats des exploitations.
Publié le : samedi 29 décembre 2012
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dossier Bilan économique 2004
La production agricole est
Photo : Richard FEUILLADE’année 2004 est une bonne année
pour la canne et l’élevage laitier.LEn revanche la filière porcine a
connu des difficultés face à la concur-
rence des importations. Au niveau
financier le prix relativement bas de
certaines productions s’est conjugué
avec l’augmentation du prix des
intrants pour réduire les résultats des
exploitations.Le marché du foncier agricole
Les bonnes conditions climatiques, le
La canne couvre 70 % des terresLe marché foncier a concerné, en développement de l’irrigation, l’amélio- arables.
2004, et selon la SAFER, 1 397 ration des techniques et le maintien de la
notifications pour 1 334 hectares. Le sole cannière ont permis d’enregistrer en
La Réunion a exporté 1 766 tonnes deprix moyen de vente par hectare est 2004 la meilleure campagne sucrière
en forte hausse par rapport à 2003 fruits, contre 1 670 tonnes en 2003 et
depuis 1992. En augmentation de 8,6 %(+ 40,5 %), et ce, pour la troisième 1 317 tonnes en 2002. Ces exportationspar rapport à la moyenne décennaleannée consécutive (+ 36 % en 2002, concernent principalement l’ananas vic-
1994-2003, la dernière campagne a per-+ 29,5 % en 2003). Le marché est toria (83 %), le letchi (12 %), le fruit demis la livraison en usine de 1 968 892toujours très spéculatif et la pression
la passion (3 %) et la mangue (2 %).urbaine se traduit par une tonnes de canne. La richesse saccharimé-
augmentation des ventes des segments trique moyenne a été de 14,14 %, supé- Les deux filières “fruits” et “légumes”
de moins de 1 ha. rieure à la moyenne décennale (13,94 %) représentent environ le tiers des recettes
permettant une production de plus deLa superficie en fermage se développe agricoles de l’île et permettent de couvrir
220 000 tonnes de sucre.et représente maintenant plus du tiers plus des trois quarts des besoins du
de la S.A.U. totale. Le faire-valoir département. Elles génèrent de nom-Le sucre est le premier produit d’expor-direct reste le mode le plus courant. breux emplois, équivalents à plus detation réunionnais, il a rapporté respecti-Le colonage est devenu rare alors
2 500 actifs occupés à plein temps toutevement 118 et 116 millions d’euros enqu’il concernait encore un exploitant
l’année (UTA).2003 et 2004. Depuis l’an 2000 il repré-sur quatre au début des années 80.
sente environ la moitié de la valeur des
5 (1)exportations réunionnaises , si l’on La filière porcine en
exclut 2002 qui suit la mauvaise récolte difficulté
de 2001. La très bonne récolte 2004 seraBibliographie
pour l’essentiel exportée en 2005. Les
Les productions animales représentent
autres produits des industries alimentai-
Agreste DOM, Statistique agricole un peu moins du tiers de la valeur de la
res, de la culture, de l’élevage et de laannuelle, Comptes départementaux production agricole. Les plus importan-
pêche contribuent pour plus de 20 % auxde l’agriculture 2003 ; tes en quantité et en valeur sont celles
exportations, portant à plus de 70 % la6 Mémento agricole 2004 - DAF ; des volailles et de la viande porcine.
part des exportations issues du secteur
Agreste Réunion n° 2 - Juillet 2004 primaire.
Conjoncture “Prix des productions
Produits exportés en valeur (M€)
fruitières et maraîchères” ;
Les fruits et légumes
Agreste Réunion n° 3 - Octobre
2004 - Conjoncture “Foncier sont “péi” à 70 %
agricole : évolution du prix des
terres entre 1987 et 2003” ; En 2004, la production légumière est en7
Agreste Réunion n° 7 - Novembre légère baisse par rapport à 2003 mais
2004 - “Agriculture territoire et au-dessus de la saison 2002 fortement
société” ; marquée par le cyclone Dina. En 2003,
les importations de légumes avaient cou- Site des statistiques du Ministère de
vert 27 % de la demande locale.l’Agriculture :
www.agreste.agriculture.gouv.fr ;
La production fruitière retrouve des
Site du Service des Nouvelles des niveaux proches des années précédant le8 Marchés (prix des produits
cyclone Dina. Elle couvre environ 80 %
agricoles)
de la demande locale. Au total, en 2004, Source : Direction nationale des statistiques duwww.snm.agriculture.gouv.fr .
commerce extérieur.
Le sucre représente la moitié des
(1) produits exportés non compris les services. exportations réunionnaises
18 économie 1er trimestre 2005
DE LAREUNIONdossierA LA RÉUNION
en hausse, les coûts aussi
La production de viande de volaille a
maintenu, en 2004, le bon niveau atteint L’agriculture se professionnalise
en 2003. Face à une demande en hausse,
elle doit faire face aux importations. La Depuis six ans, La Réunion a globalement On comptabilisait, lors du recensement
pu stabiliser sa Surface Agricole Utilisée agricole de 2000, près de 9 300 exploita-production locale a assuré la moitié de la
(SAU) aux alentours de 48 000 ha. En tions et seulement 7 600 en 2003 lors deconsommation réunionnaise en 2004.
2004, plus d’un exploitant agricole sur deux l’enquête “Structure”. La surface moyenne
La filière porcine est actuellement en sur- cultive la canne sur 70 % des terres ara- est passée de 4,7 ha en 2000 à 5,6 ha en
production. Celle-ci provient d’une légère bles. Parmi les 4 450 producteurs, les deux 2003. Bien que modeste, celle-ci est supé-
tiers sont spécialisés. Les exploitations can- rieure à celle des exploitations des DOMbaisse de la consommation, de l’augmen-
nières ont une surface agricole utile d’Amérique. Exprimé en UTA, le nombre detation de la productivité (environ 5 % par
moyenne de 5,8 ha, en augmentation rela- chefs d’exploitation était de 7 200 en 2000an), mais surtout, de l’augmentation de
tive de 35 % entre les deux derniers recen- et de 6 200 en 2003. Toujours en 2003,l’importation de viande fraîche ou
sements. Ce sont avant tout les petites l’agriculture employait 8 800 UTA familialescongelée à bas prix (essentiellement de
structures (< 1 ha) qui ont disparu au profit et 2 000 UTA salariés permanents et tem-
métropole). Pour éviter de saturer le mar-
de la consolidation des moyennes. Les peti- poraires ; la population active agricole
ché, les éleveurs sont contraints de garder
tes, qui représentent encore 1/7ème des totale approchait 20 000 personnes, soit
les bêtes vivantes plus longtemps, d’où
exploitations, ont un rôle social et écono- environ 6,5 % de la population active totale
un recul des abattages contrôlés de porcs mique important car elles fournissent des (contre2%en métropole).
en 2003 et sa faible augmentation en emplois et contribuent à la production totale
2004. Tout comme pour les volailles, de canne. Les plus grandes
l’import couvre environ la moitié de la structures (> 15 ha), même si Typologie des exploitations agricoles
elles ont réduit leur effectif, ontconsommation locale de porc.
augmenté leur surface agricole,
L’élevage bovin, structuré autour de la ce qui contribue à une augmenta-
Sica-Révia, a assuré environ 70 % des tion de la superficie en canne.
abattages contrôlés du département en
On note une croissance marquée2004. Depuis 1997, la production de
des effectifs de ruminants entreviande bovine a progressé de 33 %. En
1989 et 2003 (+ 67 %). Cette
2004, les abattages contrôlés de bovins se
augmentation s’est stabilisée ces
sont accrus de 4 % par rapport à 2003, dernières années suite à la satu-
(au total, plus de 1 700 tonnes de ration du marché et à la concur- 5
viande). La viande de bœuf “péi” couvre rence de l‘import. Au cours des
maintenant le tiers de la consommation années 90, les productions ani-
locale. males se sont professionnalisées
et l’élevage de ruminants est le
e
2 utilisateur de surfaces agrico-
Source : Recensements agricoles 1989 et 2000, enquêteUne bonne année pour
les. structure 2003, CIRAD.
l’élevage laitier
6
La production laitière est organisée par la tion repart à la hausse en 2004 avec maraîchères se sont légèrement rédui-
Sicalait qui assure l’essentiel de la pro- + 8,5 % et approche les 24 millions de tes. Par ailleurs le secteur de l’élevage a
duction. Après une année 2003 décevante litres. La production moyenne de lait par été affecté par la crise de surproduction
à cause du froid et de la pluie, la produc- élevage est ainsi passée de 114 400 litres porcine et des prix relativement bas
en 1999 à 176 646 litres en 2004. Depuis pour la viande bovine.
deux décennies, l’accroissement de laProduction laitière mensuelle 2000 à 2004
Le résultat agricole global 2004 a baisséproduction a été très rapide grâce aux
7de 4,9 % (chiffre provisoire) par rapportprogrès techniques et aux investisse-
à 2003. Cela est moins lié à la valeurments consentis par les éleveurs. Les
relativement faible des biens agricolesobjectifs restent ambitieux : 40 millions
produits qu’à la hausse sensible desde litres en 2010.
consommations intermédiaires et des
charges d’exploitation, elle-même liée
Résultats financiers en partie à la hausse du coût du fret se
en baisse répercutant sur le coût des intrants agri- 8
coles.
La valeur de la production agricole a
Richard FEUILLADElégèrement reculé en 2004, malgré uneSource : Sicalait
bonne campagne cannière. Le prix moyen
En 2003 le froid et la pluie ont gêné
des légumes a baissé et les surfacesla production laitière.
économie 191er trimestre 2005
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