Flambée des céréales et revalorisation des prix du lait

De
Publié par

Agriculture Flambée des céréales et revalorisation des prix du lait L’année 2010 est marquée par une forte hausse des cours des céréales et une revalorisation du prix du lait. Les cours des fruits, légumes et vins augmentent également. Pour les éleveurs bovins et porcins, les prix de la viande restent insuffisants face au renchérissement des coûts de production. n 2010, la moisson de céréales à paille est En 2010, les céréales couvrent en Rhône-Alpes uneEabondante et de qualité. Les rendements, d'une superficie de 329 000 hectares dont les deux tiers sont grande hétérogénéité, se révèlent très bons dans affectés à la culture du maïs et du blé. Sur une récolte l'ensemble, contrairement à la tendance nationale. La céréalière de 2,3 millions de tonnes, le département de récolte progresse de 18 % par rapport à celle de 2009 et l'Ain en produit plus du tiers. Avec l'Isère et la Drôme ils de 10 % par rapport à la moyenne 2005-2009. La moisson représentent plus des trois quarts du potentiel de la région de maïs se réduit ; la sole de maïs grain recule de 12 % qui se classe cinquième région française pour le maïs. en un an. Avec un rendement moyen régional de 90 q/ha, 2010 est marquée par une revalorisation du prix dusoit un quintal de moins que l'an passé, la production lait obtenue dans le cadre des accords entre producteursdiminue de 13 % par rapport à 2009 et de 8 % par rapport et industriels durant l'été, faisant suite à des négociationsà la moyenne quinquennale. difficiles.
Publié le : samedi 29 décembre 2012
Lecture(s) : 33
Nombre de pages : 2
Voir plus Voir moins

Agriculture
Flambée des céréales et revalorisation des prix du lait
L’année 2010 est marquée par une forte hausse des cours des céréales et une revalorisation du
prix du lait. Les cours des fruits, légumes et vins augmentent également. Pour les éleveurs bovins
et porcins, les prix de la viande restent insuffisants face au renchérissement des coûts de production.
n 2010, la moisson de céréales à paille est En 2010, les céréales couvrent en Rhône-Alpes uneEabondante et de qualité. Les rendements, d'une superficie de 329 000 hectares dont les deux tiers sont
grande hétérogénéité, se révèlent très bons dans affectés à la culture du maïs et du blé. Sur une récolte
l'ensemble, contrairement à la tendance nationale. La céréalière de 2,3 millions de tonnes, le département de
récolte progresse de 18 % par rapport à celle de 2009 et l'Ain en produit plus du tiers. Avec l'Isère et la Drôme ils
de 10 % par rapport à la moyenne 2005-2009. La moisson représentent plus des trois quarts du potentiel de la région
de maïs se réduit ; la sole de maïs grain recule de 12 % qui se classe cinquième région française pour le maïs.
en un an. Avec un rendement moyen régional de 90 q/ha,
2010 est marquée par une revalorisation du prix dusoit un quintal de moins que l'an passé, la production
lait obtenue dans le cadre des accords entre producteursdiminue de 13 % par rapport à 2009 et de 8 % par rapport
et industriels durant l'été, faisant suite à des négociationsà la moyenne quinquennale.
difficiles. Le prix moyen perçu par litre de lait livré estLes prix des grandes cultures sont à nouveau au
supérieur de 4 % à celui très bas de 2009, mais restesommet. Au cours de l'été, les cours des céréales
inférieur de 8,7 % à celui de 2008. À 312 euros pours'envolent profitant de la faible récolte mondiale. Le prix
1 000 litres, le prix moyen annuel régional hors Savoie etdu blé tendre franchit largement le seuil des
Haute-Savoie progresse de 6 % par rapport à 2009. Celui200 euros par tonne, + 75 % par rapport à août 2009. Pour
des "Savoie" atteint 425 euros grâce à ses zones AOPles oléoprotéagineux, les cours sont aussi élevés mais
fromages, affichant toutefois une baisse de 2 % sur 2009.leur hausse est plus modérée : 41 % pour le colza et
La hausse du prix dynamise la production laitière :20 % pour les pois. Depuis, ils restent à des niveaux élevés
14,2 millions d'hectolitres sont livrés à l'industrie laitière,sans atteindre les records de 2007. Les prix payés aux
+ 4 % par rapport à l'an passé, soit un meilleur résultatproducteurs en sont améliorés.
Envolée des prix du blé Remontée des prix du lait en 2010
Évolution de la production et des prix du lait en Rhône-AlpesCotation du blé rendu Rouen
Production Prix300
280 15,0 385
375260 14,5
2010240 365
14,0220 355
2008
200 13,5 345
180 335
13,0
160 325
12,5 315140
2009
12,0 305120
100 2005 2006 2007 2008 2009 2010
livraisons laitières prix du lait
Source : FranceAgriMer, La Dépêche Source : Agreste
30 L’année économique et sociale 2010 - Dossier n° 156
janvier
février
mars
avril
mai
juin
juillet
août
septembre
octobre
novembre
décembre
euros par tonne
en millions d'hectolitres
en euros pour 1 000 litresAgriculture
que la hausse nationale de 3 %. La Loire, l'Ain et la Haute- volumes commercialisés du millésime 2010, sont
Savoie concentrent 60 % de la production régionale. également au-dessus de ceux de la campagne précédente.
Le vignoble de la région, soit 52 000 hectares, fait la partLa production de fruits d'été est faible par rapport à
belle aux vins d'appellation (les trois quarts de lal'an dernier et à la moyenne quinquennale mais les prix
production). Le Beaujolais arrive très largement en têtesont meilleurs que ceux, très bas, de 2009. La récolte
des vins AOP de Rhône-Alpes suivi par les Côtes dud'abricots et de cerises chute de près de 30 % par rapport
Rhône.à l'année précédente, celle de pêches de 15 %. La
commercialisation des cerises est, cette saison encore, Les éleveurs réclament une revalorisation des prix
laborieuse en raison d'une qualité hétérogène et d'une de la viande. Les prix de la viande bovine et porcine
consommation peu soutenue. Dans un marché très payés aux producteurs sont très insuffisants face à la
porteur, en particulier à l'export, les cours de l'abricot hausse sévère des coûts de production. En automne, des
Bergeron sont élevés : ils dépassent de 50 % ceux de éleveurs bovins bloquent des abattoirs pour obtenir une
2009 sur la deuxième quinzaine de juillet. La hausse de 60 centimes par kg.
commercialisation des pêches, débutée fin juin à des prix Le conflit semble trouver une issue en novembre avec
corrects, devient vite difficile avec un net ralentissement l'annonce d'une revalorisation. Au vu de 2009, où les cours
de la demande. L'autorisation de ventes au déballage du étaient à la baisse, la cotation 2010 est en légère
31 juillet au 8 août permet de résorber les stocks mais le progression pour l'ensemble des gros bovins. Pour les
niveau de prix reste faible. Le retard dans le calendrier de broutards charolais, les cours sont stables mais la
production pénalise particulièrement la campagne. Le commercialisation reste difficile. Dans un marché équilibré,
produit est en crise (prix anormalement bas) pendant le cours du veau de boucherie gagne 2 % en 2010.
24 jours fin août. Pour les fruits d'automne, la récolte de La cotation annuelle du porc s'établit à 1,35 euro par kg,
poires accuse un net déficit, celle de pommes est correcte. proche de 2009 mais 7,4 % en dessous de 2008. Avec la
La production de noix, en forte chute, ne peut répondre à forte croissance de la production européenne, l'offre est
une demande très présente, maintenant les cours à un abondante et ne permet pas une évolution positive des
niveau très élevé. La région représente plus de la moitié prix. À l'opposé, la faiblesse de l'offre en viande ovine
de la production française d'abricots, près d'un tiers de maintient les prix à un niveau élevé (6,31 euros par kg).
celle de cerises, et plus de 20 % pour les pêches. Avec Malgré la hausse du coût des aliments en fin d'année, les
10 000 hectares en culture, elle est aussi la première prix des volailles françaises sont très proches de ceux de
noyeraie française. La Drôme est le principal département 2009. Le cours moyen annuel à la production des poulets
fruitier de la région. s'établit à 0,92 euro par kg vif, identique à celui de l'an
passé.La vendange 2010 est de qualité mais faible en
Pôle conjoncture Sersipvolume. Avec 2,4 millions d'hectolitres, elle est proche
Draaf Rhône-Alpesde celle de 2009 mais inférieure de 8 % à la moyenne des
cinq dernières années. En revanche, la qualité est
Rattrapage insuffisant du revenuexcellente grâce à une bonne maturité. La
commercialisation du millésime 2009 se poursuit en début
Le revenu 2010 des exploitations professionnelles françaises demeure infé-
d'année sous de bons auspices. Les cours, comme les rieur de 11 % à celui de 2007 même s'il affiche une hausse conséquente par
rapport aux deux mauvaises dernières années.
La hausse par rapport à 2009 est très variable selon les catégories d'exploi-Viandes : des prix toujours insuffisants
tations, de + 25 % pour les élevages bovins viandes, à + 153 % pour les
céréaliers.Cotations des viandes - entrée abattoir
Pour les élevages bovins ou ovins, l'augmentation du prix du lait et laeuro/kg net
redistribution des aides de la PAC expliquent la hausse.
Classe* 2007 2008 2009 2010
En moyenne annuelle depuis cinq ans, les tendances restent négatives pour
Porcs charcutiers E 1,31 1,46 1,36 1,35 les éleveurs bovins viande ou laitiers : respectivement - 14 % et - 6 % de
revenus. Elles le sont aussi pour l'ensemble des exploitations de grandes
Vaches R 3,14 3,22 3,08 3,19 cultures : - 7 % en moyenne sur trois ans.
Génisses R 3,39 3,42 3,26 3,31
Pour en savoir plus
Veaux rosé clair R 6,45 6,30 6,10 6,22
 Le site Internet du SSP :
Ovins R 5,54 5,85 6,18 6,31 www.agreste.agriculture.gouv.fr - accueil > conjoncture > panoramas (la
note) > bilan conjoncturel de l'année 2010
 Le site Internet de la DRAAF Rhône-Alpes :
*Classe de référence dans la classification Europa qui permet Source : FranceAgriMer
www.draaf.rhone-alpes.agriculture.gouv.fr - Publications > Statistiquesd'évaluer la qualité des carcasses
L’année économique et sociale 2010 - Dossier n° 156 31

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.