L'agriculture en 2008 - Rapports présentés à la Commission des Comptes de la Nation le 1er juillet 2009

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En France, comme dans l'Union européenne à vingt-sept, l'année 2008 est marquée par l'abondance des récoltes de céréales et la chute de leurs prix. À l'inverse, les prix des productions animales augmentent fortement. Au total, la valeur de la production agricole augmente de 3,8 %. Les charges des agriculteurs sont alourdies par l'augmentation des prix des aliments pour le bétail, et par la flambée des prix des engrais et du fioul. En conséquence, le résultat agricole net par actif baisse fortement : - 11 % en termes réels en 2008, après deux années de croissance exceptionnelle. Le revenu net d'entreprise agricole par actif non salarié chute de 20 % en termes réels en 2008, alors qu'il avait augmenté de 17 % en 2007. Le solde des échanges extérieurs en produits agroalimentaires s'améliore pour la troisième année consécutive : il atteint 9,5 milliards d'euros en 2008.
Publié le : samedi 29 décembre 2012
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L'agriculture en 2008
Rapports présentés à la Commission
des comptes de l’agriculture de la Nation
erle 1 juillet 2009




Contributions

Ce rapport a été réalisé par la Division agriculture de l’Insee, le Bureau des statistiques sur
les productions et les comptabilités agricoles (Service de la statistique et de la prospective), le
Bureau de l’étude des concours publics à l’agriculture et le Bureau du financement de la protection
sociale agricole (Service des affaires financières, sociales et logistiques), du ministère de
erl’Agriculture et de la Pêche. Il a été présenté à la session du 1 juillet 2009 de la Commission des
comptes de l’agriculture de la Nation.

Sa rédaction a été assurée par Jean-Michel Annequin, Marie-Hélène Blonde, Claire
Lesdos, Maurice Desriers, Eliane Le Rey, Jean Sparhubert et Gilbert Terroux (SSP), Christian
Garcia, Jean-Claude Quaglia et Elisabeth Rignols (SAFSL), Alain L’Hedever (SAFSL).









Institut national
de la statistique L’agriculture en 2008
et des études
économiques

Direction générale
18, Boulevard Adolphe Pinard Rapports sur les comptes
75675 Paris cedex 14
Téléphone 01 41 17 50 50
www.insee.fr

Mars 2010
Sommaire


En synthèse....................................................................................... 5
Le compte national............................................................................. 9
Les comptes par catégorie d’exploitations......................................... 111
Les comptes régionaux de l’agriculture ............................................. 141
Les concours publics à l’agriculture................................................... 169
Le compte social de l’agriculture........................................................ 191


Compte rendu rapide des débats sur les rapports............................. 207







Directeur
de la publication
Jean-Philippe Cotis








© Insee 2010



L’agriculture en 2008




























































EN SYNTHÈSE...



Le contexte européen La valeur des consommations intermédiaires
augmente (+ 11,9 %), à cause des volumes mais
surtout des prix. Ceux des aliments pour animaux, D’après les comptes prévisionnels européens, le
résultat agricole net par actif baisse en 2008 : - qui constituent le premier poste de dépenses de
l’agriculture, augmentent tout particulièrement 3,5 % sur le champ de l’UE-27, après une hausse
de 9,7 % en 2007 ; ces évolutions sont exprimées (+ 14,0 %), ayant intégré avec retard la hausse en
2007 des prix des COP et des poudres de lait qui en termes réels, c’est-à-dire déflatées par l’indice de
prix du PIB de chaque pays. En 2008, la valeur de les composent. Les dépenses d’engrais et de
produits phytosanitaires progressent en volume, et la production agricole progresse (+ 4,0 % en termes
réels), grâce à la forte croissance de la production les premières encore plus en prix. La facture
énergétique s’alourdit avec la hausse des prix. de céréales et à l’augmentation des prix de la
production animale. Le renchérissement des Les subventions sur les produits et les subventions
d’exploitation s’élèvent globalement à 10 milliards consommations intermédiaires (+ 9 % en termes
réels) pèse sur l’évolution de la valeur ajoutée brute d’euros en 2008. Le montant est équivalent à ceux
des années 2006 et 2007, depuis la mise en place qui diminue de 4,5 %. Globalement, le résultat
agricole se dégrade donc (-5,7 %) et la réduction du nouveau dispositif d’aides à la branche
agriculture. continue de la main-d’oeuvre agricole (-2,5 %) limite
la baisse du résultat agricole net par actif en termes L’écart entre la croissance de valeur de la
production et celle des charges engendre une forte réels à -3,5 %.
baisse du résultat agricole net (-10,5 %). Compte
tenu de la baisse de l’emploi (-2,1 %) et de la Le compte provisoire de la France
hausse du prix du PIB (+ 2,5 %), le résultat
agricole net par actif en termes réels se réduit En ce qui concerne la France, le compte
de 10,8 % en 2008, après deux années de provisoire donne une forte baisse (-10,8 %) du
croissance exceptionnelle. résultat agricole net par actif en termes réels après
La rémunération des salariés, le fermage et le deux années de forte croissance (respectivement
remboursement des intérêts étant pris en compte, le + 11,9 % et + 10,9 % en 2006 et 2007).
revenu net d’entreprise de la branche agricole La valeur de la production agricole augmente
baisse encore davantage en valeur nominale (-(+ 3,8 % hors subventions), sous l’effet conjugué de
20,4 %). Comme l’emploi non salarié baisse de la croissance des volumes (+ 2,6 %) et des prix
façon tendancielle (-2,5 %), déflaté par l’indice de (+ 1,2 %) Les récoltes de céréales et d’oléagineux
prix du PIB (+ 2,5 %), le revenu net d’entreprise ont été particulièrement abondantes alors que les
agricole par actif non salarié en termes réels surfaces consacrées aux protéagineux et aux
connaît une baisse quasi-identique de 20,3 % en betteraves diminuaient et que pommes de terre et
2008, après une hausse de 17,4 % en 2007. Cet fruits pâtissaient de conditions climatiques
indicateur retrouve ainsi un niveau légèrement défavorables. La production animale est tirée par
inférieur à celui de 2006. l’augmentation de la collecte laitière. Contre-coup
En 2008, l’excédent du commerce extérieur en de l’année précédente, les prix des céréales chutent
produits agroalimentaires est de 9,5 milliards dans le sillage des cours mondiaux. Le prix des vins
d’euros : 3,5 milliards pour les produits agricoles et se raffermit encore, ceux des pommes de terre et
6 milliards pour les produits transformés. Il des fruits se redressent. Pour les autres productions
progresse (+ 0,2 milliard) pour la troisième année végétales, la tendance des prix est plutôt à la
consécutive et rejoint le niveau de l’année 2000, le baisse. Au contraire, les prix des productions
plus élevé de la décennie. animales augmentent fortement. Seul le prix du
Le solde gagne 1,4 milliard sur les produits veau fléchit en 2008. Les prix du lait s’accroissent
agricoles bruts, mais perd 1,2 milliard sur les sensiblement en moyenne sur l’année malgré le
produits transformés. L’excédent s’améliore avec retournement brutal à la baisse en fin d’année.
l’Union européenne et reste stable avec les pays
tiers.
5
L’AGRICULTURE EN 2008 Les comptes par catégorie d’exploitations ainsi en quasi-totalité la hausse des prix des
aliments.
En 2008, le revenu net d’entreprise agricole par actif
Dans l’ensemble, la situation des exploitations non salarié de l’ensemble de la branche agriculture
viticoles se dégrade. Excepté pour le champagne, diminue de 20,4 % en termes réels. Pour les
les vendanges sont inférieures à celles de 2007 exploitations agricoles professionnelles en France
déjà peu élevées et entraînent une réduction des métropolitaine la baisse serait de 16,1 %. L’année
stocks. Les prix, en nette hausse, ne compensent 2008 se caractérise par la forte croissance des
pas la baisse des volumes et les coûts de coûts de production, liée à l’envolée des cours des
production augmentent sensiblement. Dans ce matières premières et des produits pétroliers
contexte, le revenu des exploitations de viticulture intervenue en 2007 et au début de 2008. Cette
chute : - 34,6 % en viticulture courante et - 21,8 % hausse, parfois associée à un recul des prix ou des
en viticulture d’appellation. volumes de la production, pèse sur le revenu de
l’ensemble des exploitations.
Les comptes régionaux de l’agriculture
Le renchérissement du coût des consommations
intermédiaires (engrais, semences, énergie et En 2008, le revenu net d’entreprise agricole (RNEA)
produits de protection des cultures) a un impact par actif non salarié de la branche agriculture baisse
négatif sur le revenu des exploitations tournées vers de 20 % en termes réels pour l’ensemble des
les productions végétales. Dans les exploitations de régions y compris les DOM, après deux années de
grandes cultures cet effet est accentué par la baisse hausse. Toutes les régions affichent une baisse de
de la valeur de la production. En effet, la hausse leur revenu en 2008, à l’exception de la Basse-
des récoltes de céréales et d’oléagineux, Normandie. Le recul dépasse 30 % dans sept
consécutive à la suppression de la jachère régions dont l’activité dominante est axée sur la
obligatoire, ne compense pas la nette dépréciation viticulture, les grandes cultures ou l’élevage bovin
des prix. Dans ces conditions, le revenu des allaitant. Liée pour l’essentiel à l’envolée des prix
exploitations spécialisées en céréales, oléagineux et des engrais, des produits pétroliers et des aliments
protéagineux chute de 29,9 % par rapport à 2007. pour animaux, la hausse des consommations
Le recul est moins prononcé pour les autres intermédiaires (+ 4,7 milliards d’euros) est deux fois
exploitations de grandes cultures (- 16,5 %), plus élevée que celle de la production agricole hors
pourtant confrontées à la baisse des récoltes de subventions (+ 2,4 milliards d’euros). Dans ce
betteraves et de pommes de terre. Affectées par les contexte, les régions dont le revenu baisse le moins
aléas climatiques du printemps et de l’été qui ont sont celles dont l’activité principale s’est révélée
perturbé la campagne des fruits et légumes d’été, plus porteuse en 2008 (productions hors sol, lait et
les exploitations fruitières et horticoles voient leur produits laitiers). En Basse-Normandie, Bretagne,
revenu diminuer respectivement de – 37,3 % et de – Pays de la Loire, Franche-Comté et Lorraine, le
15,2 %. revenu se replie ainsi nettement moins qu’au niveau
national. Dans les régions à dominante grandes
Pour les exploitations d’élevage, la hausse accusée cultures, de bonnes récoltes n’ont pu compenser
du prix des aliments composés entraîne une forte que partiellement la baisse des cours de
augmentation des dépenses d’approvisionnement. nombreuses productions. Dans ces régions, le recul
A l’exception des veaux, les productions animales du revenu est compris entre 20 % et 30 %.
affichent des prix en hausse. Le volume de la Toutefois, le revenu recule peu en Haute-
production est en léger retrait dans les exploitations Normandie et Nord-Pas-de-Calais, la première
spécialisées en bovins viande et poursuit sa lente bénéficiant d’une activité laitière importante, la
érosion dans les exploitations ovines. Sous le poids seconde étant la principale région productrice de
des charges, le revenu des éleveurs de bovins pommes de terre dont les cours ont augmenté en
viande s’inscrit en net recul (- 24,1 %). Celui des 2008. Confrontées à des problèmes sanitaires qui
éleveurs d’ovins, très bas mais soutenu par ont perturbé la commercialisation des animaux, les
l’augmentation des aides, affiche une légère régions d’élevage herbivore (Limousin, Auvergne)
progression (+ 4,1 %). En revanche, la hausse de la enregistrent une nouvelle chute de leur revenu en
collecte laitière, dans un contexte favorable de 2008. A l’exception de la région Champagne-
hausse des prix en moyenne sur l’année, se traduit Ardenne, les régions développant une importante
par l’augmentation en valeur de la production. Cette activité viticole affichent une forte baisse de leur
augmentation compense largement celle des coûts revenu en 2008. De faibles récoltes et une hausse
de production. Le revenu des éleveurs laitiers mesurée des cours liée à la contraction de la
s’accroît donc de 20,8 % sur l’année 2008. demande entraînent un recul de la production en
Globalement le revenu des exploitations d’élevage valeur dans ces régions. La chute du revenu
hors sol enregistre une légère hausse (+ 1,9 %). La avoisine 60 % en Languedoc-Roussillon et en
production de porc et de volailles se stabilise en Aquitaine et tourne autour de 30 % en Poitou-
volume. Les cours du porc se redressent et les prix Charentes et en Alsace. Le repli est un peu moindre
des volailles augmentent sensiblement. La hausse en Bourgogne (- 22 %) et surtout en Champagne-
des prix des produits de l’élevage hors sol couvre Ardenne (- 9 %).
6 L’AGRICULTURE EN 2008 Les concours publics
En 2008, les concours publics à l’agriculture (hors
protection sociale) s’élèvent à 15,5 milliards d’euros,
dont 61 % financés par l’Union européenne. Ils sont
quasiment stables (- 0,4 %) par rapport à l’année
précédente. Les aides en faveur de l’agriculture et
des territoires ruraux, plus directement destinées au
secteur de l’agriculture, baissent de 0,9 %. Elles
représentent les trois quarts de l’ensemble des
concours publics mais quasiment la totalité des
aides européennes. Les soutiens aux marchés et
revenus agricoles ne varient pas tandis que ceux
tournés vers le développement rural diminuent ; en
revanche, les aides consacrées à la lutte contre les
maladies des animaux et des végétaux progressent
très nettement. L’année 2008 est marquée par une
forte mobilisation pour lutter contre la fièvre
catarrhale ovine et par la poursuite de la montée en
charge du nouveau règlement de développement
rural 2007-2013.
Le compte social
Le compte social provisoire des exploitants fait
apparaître en 2008 une progression de 1,5 % des
prestations sociales versées aux exploitants actifs et
inactifs. Parmi ces prestations, les dépenses
d’assurance vieillesse enregistrent une hausse
modérée de 0,3 %, les remboursements maladie
une progression de 2,7% et les prestations
familiales enregistrent, après un très fort recul en
2007, une hausse de 10,9%.
Les cotisations payées par les exploitants
augmentent de 5,1 %, suite à la hausse du revenu
des agriculteurs en 2006 et 2007.
Le total des dépenses s’élève à 17,234 Md€ en
hausse de 2,2 % par rapport à l’année précédente.
Quant aux recettes, elles représentent 15,156 Md€,
en hausse de 3,7 %. Le solde du compte social des
exploitants est donc de –2,078 Md€.
Dans le compte social des salariés agricoles, les
prestations augmentent à un rythme supérieur à
celui de l’année précédente (+3 % contre +2,7 %).
Les dépenses de santé enregistrent une croissance
de 3,1 %, les prestations vieillesse augmentent de
3,2 % et les prestations famille de 2,1 %.
L’ensemble des cotisations versées au régime des
salariés agricoles augmentent de 0,3 %. Les
cotisations à la charge des salariés baissent de
3,3 % tandis que celles à la charge des employeurs
croissent de + 2,1 %.




7
L’AGRICULTURE EN 2008 8 L’AGRICULTURE EN 2008

PREMIÈRE PARTIE


LE COMPTE NATIONAL
910 L’AGRICULTURE EN 2008

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