La production céréalière picarde explose

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Les prix du marché céréalier de la campagne précédente ont incité les agriculteurs à préférer ces cultures. Ce choix s'est confirmé avec la réduction des surfaces de colza, de jachère et de betterave à sucre. Dans le même temps les exploitants se sont désengagés de la production de biocarburant. Le développement de la sole céréalière a conduit à une offre plus abondante et a fait refluer nettement les cours. L'application du règlement sucre s'est traduite en 2008 par une forte diminution de la sole betteravière. La production du sucre s'est néanmoins maintenue grâce à un rendement historique. Conséquence d'un déficit de production et de la hausse du prix des céréales, le prix du lait s'est accru. Malgré un effectif stable de vaches laitières, la collecte de lait à légèrement progressé.
Publié le : samedi 29 décembre 2012
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AGRICULTURE
La production céréalière
picarde explose
Les prix du marché céréalier de la campagne précédente ont
incité les agriculteurs à préférer ces cultures. Ce choix s’est
confirmé avec la réduction des surfaces de colza, de jachère
et de betterave à sucre. Dans le même temps les exploitants
se sont désengagés de la production de biocarburant.
Le développement de la sole céréalière a conduit à une offre
plus abondante et a fait refluer nettement les cours.
L’application du règlement sucre s’est traduite en 2008
par une forte diminution de la sole betteravière. La production
de sucre s’est néanmoins maintenue grâce à un rendement
historique. Conséquence d’un déficit de production
et de la hausse du prix des céréales, le prix du lait s’est accru.
Malgré un effectif stable de vaches laitières, la collecte de lait
a légèrement progressé.
année 2008 se caractérise par un * 4338 ! #L' chamboulement de l’assolement régio-

nal. Elle se distingue aussi par un renverse-
ment de tendance sur les marchés céréaliers.
En Europe, en France et en Picardie,
l’augmentation de la production céréalière ré-
sulte d’une progression simultanée des
emblavements et des rendements. Le déve-
loppement des surfaces céréalières s’est réa-
lisé au détriment de la sole du colza et de la
betterave à sucre. Il a été accentué par la re-
mise en culture de la majeure partie des ja-

chères. 5 "( "$ 8( "# ) !! : "# 1 # ! K" 39 2 1
A " ( ( ) ( Épargnée par la sécheresse, la production
( # ! @ " "# ) " " (
mondiale de céréales s’est avérée plus abon- $" 3 " * $)- 4
dante qu’en 2007 et a entraîné un net repli des
cours. Dans un contexte moins tendu, le cours
1du blé tendre d’hiver rendu Rouen dévisse au
second semestre 2008. Établi à 234 euros/t de
moyenne sur le second trimestre 2007, il fran-
chit péniblement la barre des 161 euros/t sur
La Politique Agricole Commune en 2008la même période en 2008. Les cours de l’orge
et du maïs suivent la même tendance. La Commission européenne a décidé que le taux de jachère obligatoire pour l’année 2008
serait nul. Plusieurs États membres, dont la France, avaient demandé la possibilité de cultiver les
Une moisson abondante terres en jachère pour faire face aux tensions sur le marché des céréales. Cette décision ne
et de qualité remettait en cause ni la conditionnalité, ni les engagements pris au titre du programme de déve-
loppement rural (mesures agro-environnementales…). Ainsi pour la campagne 2008 il fallait res-
En Picardie, la surface emblavée en cultu- pecter l’obligation de détenir une surface en couvert environnemental équivalente à 3 % de la
res céréalières gagne plus de 59 000 hectares surface emblavée en céréales, oléagineux et protéagineux (SCOP), implantée prioritairement sous
entre les campagnes 2007 et 2008. Au total, forme de bandes enherbées le long des cours d’eau. D’autre part, les agriculteurs ayant souscrit
elle atteint plus de 739 000 hectares, soit près un engagement agro-environnemental portant sur des surfaces en gel et prévoyant des modalités
spécifiques d’entretien ont dû également maintenir les surfaces concernées en jachère. En 2008,
1 les surfaces en jachères occupent plus de 33 700 ha contre 54 200 en 2007. Ce montant repré-Référence de cotation qui intègre un prix de marché auquel
sente 3,7 % de la SCOP.s’ajoutent les frais de transport à Rouen (FOB)
Insee Picardie - Bilan économique et social 2008 17
AGRICULTURE
des deux tiers des terres arables. La hausse$
4339 4338 des surfaces et des rendements conduit à l’ex-
8( "# ) plosion de la production céréalière qui s’élève
à 6,5 millions de tonnes en Picardie contre 5,1
K" 39
en 2007. La part picarde représente plus de
"$ A 9 % du total national.
1 # ! "# ) En blé tendre, la sole picarde décolle de
26 000 ha par rapport à 2007 pour s’établir à
1 ) (
541 milliers d’hectares. Avec un rendement
2 ( " " (
moyen de 90 q/ha, la production s’affiche à près
!! ( # ! @ " de 4,9 millions de tonnes soit une hausse de
24 % par rapport à l’année précédente. La con-5 "(
tribution picarde au total national s’élève à

13 %. $" 3 " * $)- 4
La qualité des blés picards retrouve son
niveau de 2006. Selon l’ONIGC (Office Natio-
nal Interprofessionnel des Grandes Cultures),
98 % des blés picards de la moisson 2008 sont
panifiables (91 % en France) contre 77 % en
2007. Le taux moyen de protéines du blé ten-



dre d’hiver s’élève à 11,6 %, c’est le taux le
plus bas enregistré depuis 2005. Il reste néan-F (
moins légèrement supérieur à la moyenne na-F (
tionale. Le poids spécifique dépasse la valeur
nationale de 2 points et atteint près de 80 kg/hl
contre 75 en 2007.
Un million de tonnes d’orges
produites

Comme durant les deux années précéden-
tes, la surface implantée en orge augmente.
/ E
Avec une progression de 12 300 ha, elle s’affi-
5& 6 ’ # !" )
che cette année à plus de 130 000 ha. La pro-
D 1 ( " . " (" / ( 9
duction régionale, toutes orges confondues, " ) @ (" #9 H"# # B 1 ("
/ # ( ; ) (( . "( B 1" (" @ ( dépasse le million de tonnes contre moins de
( L " @ " ( MB 5 " $" " @ " ( 0,8 en 2007. Les rendements moyens gagnent
" ? A ( " (" #9 " ( @ "
14 q/ha par rapport à 2007 et culminent à " (( $" " ( $" ( " 3 B
80 q/ha de moyenne en 2008. Comme pour le
blé tendre, la région représente près de 13 %
de la production nationale.
Les protéagineux reculent toujours
La sole des protéagineux régresse de 13 %: ,
4339 4338 " entre 2007 et 2008. Elle accuse un recul de
près de 5 600 ha et se fixe à 36 600 ha. Le pois "
protéagineux perd plus de 11 000 ha. En re- !! !!"
vanche, la culture de féveroles regagne du ter-G"N # "
rain avec une progression de plus de 5 500 ha. "$ A
Le rendement des féveroles s’affiche à
G"N @ "#
62 q/ha (54 q/ha en 2007), tandis que celui du
: $ (
pois protéagineux progresse de 9 q/ha pour fi-
5 (I" >3 $ nir à 50 q/ha. La production dépasse les
8 # >3 $ 124 000 tonnes pour la féverole (contre 78 000
( >3 $ tonnes en 2007). Elle atteint les 83 000 tonnes
"# ) en pois protéagineux (contre 115
8 # ! en 2007). La Picardie fournit près de 40 % de
1 ) ( la production nationale de féveroles et 19 %
de celle de pois. Les féveroles constituent dé-
$" 3 " * $)- 4 sormais la majeure partie de la production pi-
carde de protéagineux.
Insee Picardie - Bilan économique et social 200818

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