Le recensement agricole 2000, témoin d'une évolution rapide

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Sur la dernière décennie, l'agriculture régionale s'est profondément modifiée, suivant les évolutions nationales avec des aspects plus ou moins marqués. La disparition d'exploitations s'intensifie au bénéfice des plus grandes. Cette restructuration de l'agriculture se fait sentir sur le plan de l'emploi avec une diminution importante du nombre des chefs d'exploitation et des conjoints non exploitants. Les productions agricoles se transforment avec une régression de l'élevage mais les caractéristiques de l'agriculture régionale subsistent.
Publié le : samedi 29 décembre 2012
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NORD-PAS-DE-CALAIS
F N°7 - AOÛT 20022,29 € -15
Le recensement agricole 2000,
témoin d’une évolution rapide
Dans le Nord-Pas-de-Calais, l’agriculture
représente 2% de la valeur ajoutée produite
par l’économie régionale, soit 1 point de
moins qu’à l’échelon national. Malgré son
caractère urbain et le grignotage permanent
de la ville sur la campagne, la région
conserve en 2000, 68% de son territoire en
Sur la dernière décennie, l’agriculture régionale surfaces agricoles.
La baisse du nombre d’exploitations s’est
accélérée. Entre 1988 et 2000, ce sonts’est profondément modifiée, suivant les évolutions
presque deux exploitations sur cinq qui ont
disparu, soit un rythme annuel de baisse de
4,5% contre 3,5% France entière. Dans lanationales avec des aspects plus ou moins
période précédente, entre 1970 et 1988, la
perte d’exploitations dans le Nord-Pas-de-marqués. La disparition d’exploitations s’intensifie Calais était comparable à celle enregistrée
nationalement (-2,5% en rythme annuel).
La Thiérache, le Cambrésis et la région deau bénéfice des plus grandes. Cette restructuration
Lille sont les zones qui perdent le plus
d’exploitations. Globalement, le Pas-de-Calais
de l’agriculture se fait sentir sur le plan de l’emploi a été plus touché que le département du
Nord entre 1988 et 2000 (respectivement
-4,7% et -4,2% par an). avec une diminution importante du nombre des chefs
CONCENTRATION DES TERRES
d’exploitation et des conjoints non exploitants.
CULTIVÉES SUR LES GRANDES
EXPLOITATIONSLes productions agricoles se transforment avec une
Cette diminution du nombre d’exploita-
régression de l’élevage mais les caractéristiques de tions correspond en partie à leur restructu-
ration. Les petites et moyennes exploita-
tions ont disparu au profit de plus grandes.l’agriculture régionale subsistent.
En 2000, dans la région Nord-Pas-de-
Calais, la superficie moyenne d’une exploi-
tation atteignait 46 hectares contre 28Synthèse réalisée à partir du N°32 d’Agreste Nord-Pas-de-Calais
hectares en 1988.
INSEE NORD-PAS-DE-CALAIS - 130, AVENUE DU PRÉSIDENT J.F. KENNEDY - 59034 LILLE CÉDEX - TÉL. : 03 20 62 86 29 - TÉLÉCOPIE : 03 20 62 86 00N°7
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Cette transformation s’est accompagnée Pas-de-Calais) avec un écart du même d’exploitation et de coexploitants, la pratique
d’une concentration accrue des terres ordre par rapport à l’échelon national qui du temps partiel progresse entre 1988 et
cultivées dans les plus grandes des exploi- ne régresse que de -3,2%. Cette évolution 2000. Cette augmentation est essentiellement
tations : les unités de 100 hectares et plus touche autant le département du Nord constatée chez les conjoints des chefs
représentent 11% de l’ensemble mais que celui du Pas-de-Calais. La réduction la d’exploitation et les autres actifs familiaux,
cultivent 35% des terres. Cette concen- plus importante a été enregistrée pour les avec des proportions respectives de 36%
tration est encore plus élevée à l’échelon conjoints non coexploitants avec -6,7% et 66% qui pratiquent un temps partiel
national où la part des exploitations de 100 par an, alors que les chefs d’exploitation et inférieur au mi-temps.
hectares est comparable à celle observée coexploitants ne diminuaient que de 3,9%.
Depuis 1988, le rajeunissement de la popu-
dans la région alors qu’elles cultivent 50% Le nombre de salariés permanents reste
lation active agricole et le développement
de la surface agricole utilisée. La structure stable sur la période, en liaison avec l’agran-
de la formation ont permis de renforcer la
nationale des exploitations est fortement dissement de la taille des exploitations.
qualification des actifs. En 2000, c’est prèsinfluencée par la domination des grandes Malgré ces évolutions, l’activité dans les
d’un chef d’exploitation ou coexploitant
exploitations dans le Bassin parisien. exploitations agricoles reste familiale puisque,
sur deux qui a bénéficié d’une formation
Les formes d’exploitations ont également en 2000, 90% des emplois permanents sont
secondaire ou supérieure alors que cette
évolué : si les exploitations individuelles occupés par des membres de la famille qui
proportion n’atteignait qu’un peu plus
restent majoritaires, les sociétés progressent travaillent sur l’exploitation.
d’un sur cinq en 1988. Sur ce plan, lesfortement depuis 1988, notamment les Les départs en retraite et en préretraite situations sont assez contrastées entre les
exploitations agricoles à responsabilité assez massifs sur la période 1988-2000 se régions métropolitaines : la part des chefs
limitée. sont traduits par un rajeunissement des d’exploitation et des coexploitants qui ont
chefs d’exploitation et des coexploitants. suivi au moins une formation secondaire
En 2000, 29,1% d’entre eux avaient moinsL’EMPLOI AGRICOLE SE TRANSFORME est de 10 points plus élevée dans la région
de 40 ans contre 25,4% en 1988. Pour la qu’à l’échelon national. Cette différence
France métropolitaine, cette proportionCette transformation s’est accompagnée est en partie liée à la structure par âge de
reste inférieure (26,1%). L’écart est encored’une diminution importante de l’emploi cette population mais aussi à l’importance
plus significatif à l’autre extrémité de laagricole avec des évolutions fortes de sa du système de formation agricole dans la
pyramide des âges : la part des 60 ans etstructure quant au statut, à l’âge mais aussi région.
plus parmi les chefs d’exploitation et lesà la qualification.
coexploitants est de 13,2% pour la région DES PRODUCTIONS AGRICOLEScontre 20,4% pour l’échelon national. LesEn 2000, l’agriculture dans la région Nord-
problèmes de succession, qui subsistent, CARACTÉRISTIQUES DE LA RÉGIONPas-de-Calais employait 38 400 actifs
semblent moins accentués dans le Nord-permanents. La baisse du nombre des
Pas-de-Calais.actifs permanents entre 1988 et 2000 s’est La transformation de l’agriculture régionale a
faite à rythme comparable à celui des Si la pluriactivité concerne, à peu de également été constatée dans les productions.
exploitations (-4,2% par an pour le Nord- choses près, la même proportion de chefs Entre 1988 et 2000, la surface agricole
DIMINUTION GÉNÉRALISÉE MAIS CONTRASTÉE DU NOMBRE D’EXPLOITATIONS
Évolution du nombre d’exploitations agricoles, par petite région agricole, entre 1988 et 2000
Baisse en %
FLANDRE MARITIME
50 et plus
WATERINGUES
entre 45 et 50
entre 40 et 45COLLINES FLANDRE
moins de 40GUINOISES INTÉRIEURE
BOULONNAIS PLAINE RÉGION
DE PAYS D'AIRE DE LILLE
LA LYSHAUT-PAYS
D'ARTOIS BÉTHUNOIS PÉVÈLE
BAS-CHAMPS
PICARDS PAYS DE PLAINE DE LA SCARPE
MONTREUIL
TERNOIS
ARTOIS HAINAUT
CAMBRÉSIS
THIÉRACHE
Source : Agreste - Recensement agricole 2000N°7
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utilisée a baissé de 39 500 hectares, soit LES CÉRÉALES TOUJOURS EN TÊTE DES PRODUCTIONS
une diminution de 4,5%. La réforme de la Principales productions végétales en 2000
politique agricole commune a conduit à Unités : nombre, hectares
laisser des territoires en jachère pour réguler Nord-Pas-de-Calais France métropolitaine
les marchés. Ainsi, en 2000, c’est un peu Exploitations Superficie Exploitations Superficie
plus de 41 000 hectares qui ont été recensés Céréales 13 839 353 004 363 451 9 027 086
au titre du gel obligatoire des terres. Oléagineux 1 128 7 026 118 688 1 993 211
Cultures industrielles 8 462 77 031 48 110 574 304
Légumes secs et protéagineux 4 195 23 853 48 667 475 387En ce qui concerne les productions végé-
Fourrages 8 380 79 597 245 536 4 684 463tales, les céréales conservent la première
Superficie toujours en herbe 13 754 176 096 410 318 8 316 070
position avec 353 000 hectares soit 42%
Pommes de terre 4 839 43 811 30 501 157 819
de la surface agricole utilisée, en repli par
Légumes frais de plein air 4 147 34 584 42 036 240 807
rapport à la situation enregistrée en 1988. Légumes frais sous serre 435 85 10 753 6 966
L’agriculture nordiste conserve ses particu- Fleurs, plantes ornementales 393 402 9 296 8 915
larités et en développe d’autres. La région Vignes 0 0 143 737 883 660
Vergers 112 515 28 166 145 033reste toujours une région privilégiée pour
Autres cultures permanentes 190 659 38 778 92 218les cultures industrielles (13,4% de l’assole-
Jachères 8 970 41 153 211 590 1 226 698ment national) et pour la pomme de terre
Jardins et vergers familiaux 6 468 350 262 499 23 676(27,8%). La production de légumes frais de
Ensemble surface agricole utilisée 17 811 838 166 653 090 27 856 313plein air, avec 4 500 hectares supplémen-
Source : Agreste - Recensement agricole 2000taires, soit une progression de 15% sur la
période vient renforcer une caractéristique MOINS D’ÉLEVAGES MAIS DE PLUS GRANDE TAILLE
qui constitue d’ailleurs un des facteurs de Principales productions animales en 2000
développement des industries agricoles et Unité : nombre
alimentaires. Nord-Pas-de-Calais France métropolitaine
Exploitations Effectifs Exploitations Effectifs
La régression de l’élevage, dans la région Total bovins 9 977 717 569 282 009 20 258 924
Nord-Pas-de-Calais comme nationalement, dont : vaches laitières 6 537 216 038 128 336 4 193 266
explique la diminution importante des Total équidés 2 387 13 594 80 953 448 610
Total caprins 297 2 222 27 286 1 201 937surfaces toujours en herbe et des cultures
Total ovins 1 430 72 819 95 665 9 416 241fourragères. De manière générale, cette
Total porcins 1 742 525 426 59 549 14 869 720évolution se traduit par une baisse du
dont : truies mères 961 49 926 14 129 1 210 208
cheptel pour toutes les catégories de porcs à l’engraissement 1 594 272 343 56 913 8 027 028
production animale, baisse moins importante Poules pondeuses 5 380 2 025 986 229 073 55 742 180
que celle des exploitations. Poulets de chair et coqs 3 087 5 287 646 125 632 126 296 895
Source : Agreste - Recensement agricole 2000
STRUCTURE PAR ÂGE DES CHEFS D’EXPLOITATION ET DES COEXPLOITANTS
AnsFrance Nord-Pas-de-Calais
70
65
60
55
50
45
40
35
30
25
20
20 15 10 50 5 10 15 20
%
Au 31 décembre 2000 Au 31 décembre 1988
Source : Agreste - Recensement agricole 2000
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En conséquence, la taille des élevages moyen de l’étable atteint 33 vaches soit truies ont disparu sur la période 1988-2000
augmente sensiblement. le double de ce qui était constaté en mais l’effectif complet du cheptel porcin
Entre 1988 et 2000, pour la production 1979. À l’échelon infrarégional, ce sont n’a diminué que de 22%. En 2000, pour les
bovine, c’est près d’un élevage sur deux les zones traditionnelles d’élevage, comme porcs à l’engraissement, 15% des ateliers
qui a disparu. Parallèlement, la baisse du la Thiérache, le Hainaut, le Boulonnais et rassemblent 60% du cheptel.
cheptel n’était que de l’ordre de 10%. le Haut-Pays d’Artois qui ont le mieux Même si elle demeure encore marginale
Pour l’élevage laitier en particulier, le résisté. Elles concentrent près de 50% du dans la région, l’agriculture biologique
rythme de disparition des ateliers est troupeau régional. réalise une percée significative avec 105
toujours soutenu. Entre 1979 et 2000, exploitations qui la pratiquent. Cette tendance
environ sept élevages sur dix ont disparu. Pour la production porcine, environ sept devrait s’accélérer dans les prochaines
Cette diminution s’est effectuée au détriment élevages sur dix de porcs charcutiers et années avec l’accroissement constaté de la
des petites exploitations. En 2000, l’effectif près des trois quarts des troupeaux de demande sur ces produits.
POUR COMPRENDRE CES RÉSULTATS
Le recensement agricole a été prescrit par un décret du 24 janvier Une exploitation agricole est définie comme une unité éco-
2000. Cette enquête est réalisée par le Service central des nomique et de production répondant simultanément aux trois
enquêtes et des études statistiques du Ministère de l’Agriculture critères suivants :
et de la Pêche, auprès de l’ensemble des exploitations agricoles. • elle produit des denrées agricoles ;
La liste des exploitations est validée par des commissions • elle atteint une certaine dimension ;
communales, sur la base des informations fournies par les • elle est soumise à une gestion courante indépendante, elle
services du Ministère. mobilise des facteurs de production pour la conduite des
travaux et des opérations économiques courantes.
Les objectifs du recensement agricole sont les suivants :
L’exploitation est par ailleurs localisée à son siège qui détermine
• décrire le monde agricole dans toute sa diversité ;
son appartenance à une commune.
• porter un éclairage particulier sur des thèmes d’actualité ;
• prendre en compte les particularités locales au travers de La diffusion des résultats du recensement agricole se fait
questions spécifiques. sur plusieurs supports :
• sur Internet : www.agreste.agriculture.gouv.fr;
La collecte des informations a eu lieu à partir de l’automne • sur cédérom ;
2000 et s’est déroulée sur quatre mois. • dans les publications nationales ou régionales.
Pour tout renseignement ou devis : s’adresser à la direction régionale de l’Agriculture et de la Forêt de Picardie - service documentation
Téléphone : 03 22 33 55 79 ou par messagerie SRSA.DRAF-PICARDIE@agriculture.gouv.fr.
Pour en savoir plus
• Recensement agricole 2000 - Principaux résultats - Agreste Nord-Pas-de-Calais n° 32, novembre 2001.
• Recensement agricole 2000 - Agreste - Cahiers n° 3 et n° 4, décembre 2001.
Directeur de la publication : Jean-Claude HAUTCŒUR - Service Administration des Ressources : Marie-Françoise DUBOIS
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