Quinze années de grandes cultures : baisse des prix et réduction des coûts

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Dans un contexte où les prix agricoles n'ont cessé de diminuer en termes réels, la maîtrise des coûts de production s'est imposée aux agriculteurs, désireux de sauvegarder leurs revenus. La baisse sensible des coûts unitaires de production du blé, du maïs et du tournesol, depuis le début des années quatre-vingt, provient principalement de la diminution des coûts variables. Celle-ci a été favorisée par la baisse du prix des principaux intrants - carburant et engrais notamment - et par les innovations agronomiques et l'amélioration des techniques culturales. Cette réduction des coûts n'a pas empêché la baisse tendancielle des revenus par quintal hors subventions.
Publié le : samedi 29 décembre 2012
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N°473 - JUILLET 1996 Prix : 14F
QUINZEANNÉESDEGRANDESCULTURES: Baissedesprixetréductiondescoûts
ans un contexte où les prix agrico-les n’ont cessé de diminuer en ter-prodDuction s’est imposée aux agricul-mes réels, la maîtrise des coûts de teurs, désireux de sauvegarder leurs revenus. La baisse sensible des coûts unitaires de production du blé, du maïs et du tournesol, depuis le début des années 80, provient principalement de la diminu-tion des coûts variables. Celle-ci a été favorisée par la baisse du prix des princi-paux intrants - carburant et engrais notam-ment - et par lesinnovations agronomiques et l’amélioration des techniques cultura-les. Cette réduction des coûts n’a pas empêché la baisse tendancielle des reve-nus par quintal hors subventions.
Les prix réels (Cf. Pour comprendre ces ré-sultats) de la production agricole n’ont ces-sé de décroître depuis la fin de la guerre. En particulier, les prix réels du blé tendre et du maïs ont été divisés par plus de deux depuis 1980. Pour le tournesol, les prix réels ont même été divisés par quatre. Dès la fin des années soixante-dix, donc bien avant la mise en place de la réforme de la PAC, les agriculteurs ont entrepris de rationaliser leur mode de production afin de préserver leurs revenus face à la baisse des prix agricoles. Les coûts unitaires(Cf. Pour comprendre ces résultats)réels de production du blé ten-dre et du maïs ont suivi des évolutions voi-sines : d’environ 125 francs le quintal de blé entre 1981 et 1985, le coût réel s’est établi à environ 84 francs le quintal entre 1991 et 1994, soit une baisse d’un tiers(graphi-que 1); le coût réel du maïs a un peu moins diminué puisqu’il est passé d’environ 132 francs entre 1981 et 1985 à 94 francs entre 1991 et 1994. Pour le tournesol, la di-minution a été du même ordre de grandeur mais avec des fluctuations plus amples d’une année à l’autre. D’environ 300 francs le quintal au début des années quatre vingt,
Pascale Pollet, Division agriculture, Insee
Coût et produit par quintal À (1) en termes réels
Lecture : En 1990, la production d’un quintal de blé a nécessité 105 francs et a rapporté 110 francs. Le revenu (Cf. pour comprendre ces résultats) s’est ainsi établi à 5 francs par quintal. En 1993, le coût réel et le produit brut réel par quintal s’élevaient à 80 francs. Le revenu par quintal hors subventions est alors nul.
Sources :RICA et modèle sur les coûts de production
Á Ë Évolution du prix et des coûtsContribution des composantes du coût total (1) unitaires des engraispar quintal à une baisse de 10 francs En francs Blé tendreMaïs Tournesol de 81-85 à 86-90de 86-90 à 91-94de 81-85 à 86-90de 86-90 à 91-94de 81-85 à 86-90de 86-90 à 91-94 Semences 1,800,30 0,40 0,70 0,60 1,40 Engrais 4,502,90 5,40 3,40 1,80 7,60 Phytosanitaires -0,501,10 -0,500,00 -0,800,80 Carburants 2,400,20 2,50 0,70 0,70 1,00 Coût variable8,20 4,50 7,80 4,80 2,4010,80 Coût fixe1,80 5,50 2,20 5,20 7,60-0,80 Coût total10,00 10,00 10,00 10,00 10,00 10,00 Lecture : Entre les périodes 81-85 et 86-90, le coût unitaire total moyen du maïs a baissé de 17 francs (graphique 1). Dix francs de baisse recouvrent une baisse de 5,4 francs du coût unitaire des engrais, 2,5 francs des carburants et 40 centimes des semences, mais aussi une hausse de 50 centimes des phytosanitaires. La contribution de l’ensemble des coûts unitaires variables est donc de 7,8 francs ; le complément - 2,2 francs - est la contribution des coûts fixes. (1) Cf. Pour comprendre ces résultats. Sources : Indices des prix des produits industriels nécessai-res aux exploitations agricoles, Insee; RICA et modèle sur les coûts de productionSources : RICA et modèle sur les coûts de production
le coût réel a avoisiné les 220 francs en fin de période.
Une baisse des coûts largement imputable aux coûts variables
Les coûts de production peuvent être décomposés en coûts fixes, notam-ment foncierset matériels, et en coûts va-riables : semences, engrais et amendements, produits de protection des cultures (phytosanitaires) et car-burants. Les rendements et la surface cultivée par exploitation ont augmenté. L’ex-tension des terres cultivées par exploi-tation s’est, certes, accompagnée d’une augmentation simultanée de certains coûts fixes, tels les coûts fonciers, mais cette augmentation est restée inférieure à celle de la production par exploitation. Le coût fixe par unité produite a donc baissé : les coûts unitaires fixes en ter-mes réels se sont réduits, entre les pé-
riodes 1981-85 et 1991-94 d’environ 18% pour le maïs, de 20% pour le tournesol et d’environ 25% pour le blé(tableau 1). Pour chacune des trois cultures, les coûts variables par unité produite ont baissé beaucoup plus fortement. Pour le blé et pour le maïs, la part du coût variable dans le coût total unitaire a commencé à se réduire dès le début des années quatre-vingt ; pour le tour-nesol, elle a surtout baissé au début des années quatre-vingt-dix. Sur l’en-semble de la période, la baisse du coût unitaire variable a contribué(Cf. Pour comprendre ces résultats)deux pour tiers à la diminution du coût unitaire total pour le blé et le maïs et pour moi-tié à celle enregistrée pour le tournesol.
Moindre utilisation et baisse des prix des engrais...
Les dépenses en engrais avaient une part importante dans les charges va-
riables au début des années 80; elles représentaient plus de 20% du coût unitaire total pour le blé et le maïs. Cette part n’a cessé de se réduire de 1981 à 1994. Pour le tournesol, le poids de ce poste dans l’ensemble des dépenses a commencé à diminuer plus tardivement, à partir de 1991. C’est la diminution massive de ces dé-penses qui a le plus contribué à la baisse du coût unitaire variable des trois cultures(tableau 2). Ce mouvement reflète à la fois la baisse tendancielle du prix réel des engrais, marquée par un effondrement en 1986 et 1987 d’environ 25%, et l’uti-lisation plus raisonnée de cet intrant. En effet, à partir de 1990, les charges réelles en engrais par unité produite ont diminué plus rapidement que le prix réel, pour les trois cultures (gra-phique 2). Ce phénomène s’est ampli-fié au moment de la mise en oeuvre de la réforme de la PAC en 1992 pour le
Structure et évolution des coûts unitaires de production Ê En % Blé tendreMaïs Tournesol Part Évolution Part Évolution PartPart Évolution Part ÉvolutionPart PartÉvolution Part Évolution Part 81-85 86-90/81-85 86-90 91-94/86-90 91-9481-85 86-90/81-85 86-90 91-94/86-90 91-9481-85 86-90/81-85 86-90 91-94/86-90 91-94 Semences 5,4-42,0 3,3-20,0 3,5 8,4-6,5 9,1-13,1 9,611,6 -8,412,7 -13,312,4 Engrais 21,0-27,7 17,6-38,8 14,0 21,9-33,0 16,9-36,3 13,1 18,0-16,5 18,0-50,2 10,2 Phytosanitaires 12,84,5 14,7-17,9 16,54,1 16,95,5 -1,46,6 8,016,8 11,2-7,8 11,7 Carburants 5,8-53,1 3,1-15,8 3,5 7,1-48,5 4,2-28, 83,6 5,2-23,7 4,7-24,8 4,0 Coût variable45,0 -25,038,7 -25,637,5 41,5-25,2 35,7-24,4 32,9 42,8-8,9 46,6-27,5 38,3 Coût fixe55,0 -3,261,3 -21,862,5 58,5-4,6 64,3-14,1 67,1 57,2-21,8 53,41,8 61,7 Coût total100,0 -13,0100,0 -23,3100,0 100,0-13,4 100,0-17,8 100,0 100,0-16,3 100,0-11,8 100,0 Lecture : Les dépenses en engrais représentaient 21% du coût pour produire un quintal de blé tendre, en moyenne sur les années 81 à 85. Ces dépenses ont diminué de 27,7% en termes réels, entre les périodes 81-85 et 86-90.
Sources : RICA et modèle sur les coûts de production
tournesol et en 1993 pour le blé et le Phytosanitaires : baisse maïs. La nécessité d’enrichir les ter-Ì Dispersiondesexploitations des coûts unitaires plus faible selonleurcoûtdeproductionauquintal res de qualité médiocre est alors et plus tardive passée au second plan puisqu’une Rapport interquartiles partie de ces terres a été mise en ja-Contrairement aux intrants précé-Blé MaïsTournesol chère dans le cadre de la réforme dedents, l’évolution du niveau des dé-1981-1985 1,301,36 1,45 la PAC. Enfin, l’utilisation plus faible depenses en produits phytosanitaires 1986-1990 1,291,32 1,36 certains types d’engrais semble avoirpar unité produite n’est pas nette. Le peu d’influence sur les rendements àprix réel de ces produits a baissé tout1991-1994 1,331,40 1,32 court terme et, de ce fait, ne pénaliseau long de la période (environ 19% en-Lecture : Lerapport interquartilespour le blé sur la période pas les niveaux de production souhai-tre 1982 et 1994), mais moins que 1981-1985 s’élève à 1,30. Cela signifie que si on exclut le tés. Mais, pour le tournesol, les dépen-ceux des engrais et du carburant. De quart des exploitations dont les coûts unitaires par exploi-ses réelles en engrais par quintalplus, l’utilisation de ces produits n’atation sont les plus élevés et le quart des exploitations dont produit ont de nouveau augmenté enpas connu de repli sensible. En parti-les coûts unitaires par exploitation sont les plus faibles, l’amplitude des coûts est de 30 % pour les exploitations 1993, en restant toutefois très infé-culier, il ne semble pas que la réforme restantes. rieures à leur niveau de 1990.de la PAC ait eu une incidence percep-tible à court terme sur leur consomma-Sources : RICA et modèle sur les coûts de production tion. À la différence de certains ... et des carburants engrais, un moindre recours à ces pro-Pour les trois cultures, les dépensesduits peut entraîner à court terme unetal (en termes réels) à un niveau supé-en carburant par unité produite ont for-baisse non négligeable des productions.rieur à celui de la fin des années 80. Il tement diminué entre les périodesAinsi, la part des dépenses en produitsest resté toutefois inférieur à celui du 1981-85 et 1991-94 (de plus de 60%de protection des cultures (phytosani-début de cette décennie. Pour le tour-pour le blé et le maïs et de plus de 40%taires) a eu tendance à augmenternesol, le revenu par quintal hors sub-pour le tournesol, en termes réels), enpour les trois cultures, et, a même dé-ventions est très fortement négatif raison de la forte baissedes prix, liéepassé, pour le blé et le tournesol, ladepuis 1992, mais les aides compen-au contre-choc pétrolier. En outre,part des engrais à partir de 1991. Poursatrices ont permis de dégager à nou-les producteurs de blé et de maïsle maïs, les engrais restent le premierveau un revenu au quintal nettement s’étaient efforcés dès le début des an-poste de charges variables, loin de-positif. nées quatre-vingt de réduire leursvant les produits phytosanitaires. Ces La dispersion des coûts dépenses en limitant leur consomma-produits n’ont pas contribué à la tion. Ce mouvement s’est poursuivi en-baisse des coûts unitaires du maïs sur unitaires entre exploitations tre 1985 et 1988. Depuis, le niveautoute la période, mais un peu à celle varie peu d’une année à l’autre des dépenses en carburant par unitédu blé et du tournesol en fin de période. produite a suivi exactement l’évolution Pour les trois cultures, la baisse glo-du prix de cet intrant. Par contre, pour Au total, les revenus bale des coûts unitaires de production le tournesol, ce coût a quasiment évo-en termes réels n’a pas beaucoup ac-par quintal hors subventions lué comme le prix du carburantentre centué l’écart entre les coûts unitaires ont baissé 1982 et 1994, enfléchissant davantage par exploitation les plus faibles et les en 1983, 1987 et 1991-1992.Le mouvement de baisse, en termesplus élevés (tableau 3). Du même or-Ainsi, les dépenses en carburant ontréels, des coûts par unité produite n’adre de grandeur, l’écart était légère-contribué pour près du quart à lapas compensé la diminution encorement moins élevé pour le blé que pour baisse des coûts totaux par unité pro-plus forte des prix du blé, du maïs etle maïs et le tournesol au début des duite de blé et de maïs sur les annéesdu tournesol au cours des années 80.années quatre-vingt. L’écart s’est ac-1980. Le revenu dégagé par quintal produitcentué à partir de 1990 pour le blé et s’est ainsi nettement contracté pourpour le maïs. La culture du tournesol Les semences ont égalementfait apparaître des évolutions un peules trois cultures. La modification du système de soutien aux grandes cultu-différentes : les disparités, relative-contribué à la baisse res au début des années 90, s’est tra-ment fortes durant la première moitié des coûts duite par une baisse accentuée desdes années quatre-vingt, ont eu ten-La part des semences dans le coût unitaireprix et la mise en place d’aides com-dance à s’atténuer par la suite. est nettement moins importante pour le blépensatrices. En 1993, le produit brutSur toute la période d’étude, l’éventail (environ 5 % au début des années 80) queagricole par quintal(Cf. Pour com-de la moyenne régionale des coûts pour le maïs (8 %) et le tournesol (12 %).prendre ces résultats)unitaires réels par exploitation esttiré du blé a ain-De plus, elle a eu tendance à diminuersi avoisiné le niveau de son coûtd’environ 10% pour le blé et de 20% contrairement à celle des deux autresunitaire, tandis que le revenu horspour le maïs et le tournesol. Pour les cultures qui a légèrement crû. En effet,subventions du maïs devenait légère-trois produits considérés, les coûts alors que les semences de maïs et de tour-ment négatif. Pour ces deux céréales,sont en moyenne plus faibles en Ile-nesol doivent être achetées, car il s’agitles aides compensatrices, mises ende-France, Champagne-Ardenne et d’hybrides, les semences de blé ont été deplace dans le cadre de la réforme dePicardie et plutôt élevés dans le Cen-plus en plus produites à la ferme.la PAC, ont ramené le revenu au quin-tre et en Midi-Pyrénées.
La Politique Agricole Commune
Dans le cadre de la Politique Agricole Commune (PAC), un système fondé sur l’application d’une taxe de coresponsabi-lité fut mis en place dans le courant des années quatre-vingt, pour contenir les ex-cédents céréaliers de production. Les prix à la production restaient alors garantis et soutenus. A la fin de cette décennie, ce système fut modifié par la création d’une taxe de coresponsabilité supplémentaire applicable en cas de dépassement des "Quantités Maximales Garanties". A partir de 1992 pour les oléagineux, puis de 1993 pour les céréales, le mécanisme de sou-tien des prix a été largement remplacé par un système d’aides directes à la produc-tion conditionné par la mise en jachère d’un certain pourcentage de terres cultiva-bles (Surfaces en céréales et oléoprotéa-gineux), mesures liées à laréforme de la PAC. Les prix d’achat à l’intervention des er céréales ont été réduits de 25 % le 1 er juillet 1993, puis de 6,7 % le 1 juillet 1994. Le prix des oléagineux se fixe sur le marché mondial depuis juillet 1992.
Pour en savoir plus
"Les grandes cultures dans les années quatre-vingt",Insee Premièren° 361, fé-vrier 1995.
"1992 et 1993, les premiers effets de la réforme en grande culture", INRA, Éco-nomie et Sociologie Rurales, Études économiques n° 2, juillet 1995.
"Céréales : raisonner les techniques pour économiser", Agreste-données, n° 83, octo-bre 1995.
"L’efficacité comparée des agricultures européennes", INRA, Sciences Socia-les, Recherches en Économie et Socio-logie Rurale, n° 4, juillet 1988.
Pour comprendre ces résultats
1) Lesindices de prix,lesniveaux de coûts, de produit brut agricole et de revenu unitaires sont toujours indiquésen termes réelsc’est-à-dire déflatés par l’évolution du prix du Produit intérieur brut (PIB) base 100 en 1990. Par exemple, le coûtréeldu quintal de blé s’élevait en 1981 à 146 francs ; pour obtenir ce montant, on a multiplié sa valeur courante (97 francs) par 1,5 car le prix du PIB a augmenté de 50% entre 1981 et 1990. 2) Lescoûts unitaires de productiondu blé, du maïs et du tournesol recouvrent l’ensemble des coûts variables et fixes nécessaires pour produire un quintal respectivement de blé, de maïs ou de tournesol. Ils sont analysés globalement sur l’ensemble des exploitations "grandes cultures", sur des sous-ensembles ou par exploitation. Lecoût variablecomprend les dépenses en semences, engrais et amendements, produits de protection des cultures (phytosanitaires), et produits pétroliers composés des carbu-rants, lubrifiants et combustibles. Lecoût fixecomprend : - lecoût fonciercomposé des fermages payés, des impôts fonciers et des intérêts des terres ; - le poste"matériel"qui correspond à l’amortissement du matériel sur bilan réévalué ; - le poste"autres dépenses" quicomprend tous les impôts, taxes et intérêts payés hors foncier, les amortissements des terres agricoles et des bâtiments, les réparations du matériel et des bâtiments, les frais d’assurances, et tout un ensemble de biens et services divers tels que les travaux par tiers, les frais de voiture, l’électricité, l’eau, les autres frais spécifiques aux cultures, les autres frais généraux et les frais spécifiques des forêts. 3) Lerevenu au quintalla différence entre le produit brut agricole augmenté de la est subvention et le coût total au quintal. Ce revenu unitaire comprend donc la rémunération du travail salarié et familial. 4)Contributions de ses diverses composantes à une baisse (ou à une hausse) du coût unitaire total: Lacontribution(en %) de sacomposante variableest égale au produit de la part de cette composante dans le coût total (un nombre compris entre 0 et 1) par son taux de variation (en %). On calcule de la même façon la contribution du coût fixe. La somme des contributions est égale au taux de variation du coût unitaire total. On exprime également les contributions correspondant à un montant donné de la baisse du coût unitaire total (par exemple 10 francs dans le tableau 2). 5) Les données sont issues duRéseau d’Information Comptable Agricole (RICA). Le RICA a pour objectif de fournir des informations sur le fonctionnement technico-écono-mique des exploitations agricoles. Mis en place en 1968, il est actuellement réalisé à partir d’un échantillon d’environ 7500 exploitations agricoles d’une dimension économique supé-rieure à 12 équivalents hectares de blé et occupant plus de l’équivalent d’une personne à 3/4 de temps ; le champ couvert représente ainsi près de 90% de la production de la branche agriculture. L’étude ne porte ici que sur les exploitations d’orientation technico-économique "Céréales spécialisées" et "Céréales et grandes cultures". Le RICA fournit des données sur les charges globales de chaque exploitation, selon leur nature. Mais, elles ne sont pas affectées aux différentes productions. Ainsi, l’information est insuffisante pour connaître les coûts entraînés par laproduction d’un bien déterminé et pour être en mesure d’expliciter le revenu généré par la productionde celui-ci. Un modèle sur les coûts de production, développé par l’INRA, l’INSEE et le SCEES, permet d’estimer les coûts par produit à l’aidede techniques économétriques. L’étude menée ici est fondée sur les données estimées à l’aide de ce modèle et conforte des analyses antérieures menées à partir d’enquêtes ponctuelles.
Direction Générale : 18, Bd Adolphe-Pinard 75675 Paris cedex 14 Directeur de la publication : Paul Champsaur Rédacteur en chef : Baudouin Seys Rédacteurs : F. Magnien, V. Guihard,C. Dulon Maquette : Mireille Brunet ISSN 0997 - 3192 © INSEE 1996
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