Une année 2009 marquée par la tempête Klaus, des productions en repli et des prix en baisse

De
Publié par

L'année 2009 est marquée par la tempête Klaus en janvier qui anéantit une partie du massif forestier. La vendange 2009 est bonne quantitativement et qualitativement, mais le marché du vin reste sur une tendance baissière. Les surfaces et la production de céréales sont en retrait. La baisse du coût des consommations intermédiaires et de moindres utilisations d'intrants n'améliorent pas la situation financière des agriculteurs qui voient les prix payés aux producteurs diminuer encore en 2009. Klaus : dégâts sur le massif forestier Une année difficile pour la conchyliculture Vendange 2009 : quantité et qualité Baisse de la surface céréalière Productions animales : la consommation en recul Le lait en crise Baisse de la production de volailles de chair Foie gras : adapter l'offre Encadré Une nouvelle “réglementation” pour la filière “fruits et légumes”
Publié le : samedi 29 décembre 2012
Lecture(s) : 30
Nombre de pages : 2
Voir plus Voir moins
AGRICULTURE  FORÊT
Une année 2009 marquée par la tempête Klaus, des productions en repli et des prix en baisse
L’année 2009 est marquée par la tempête Klaus en janvier qui anéantit une partie du massif forestier. La vendange 2009 est bonne quantitativement et qualitativement, mais le marché du vin reste sur une tendance baissière. Les sur faces et la production de céréales sont en retrait. La baisse du coût des consommations intermédiaires et de moindres utilisations d’intrants n’améliorent pas la situa tion financière des agriculteurs qui voient les prix payés aux producteurs diminuer encore en 2009.
Froide en janvier et février, l’année 2009 en Aquitaine a connu de mars à décembre des températures supérieures aux norma les. Une tempête exceptionnelle touchant la région le 24 jan vier a détruit à des degrés divers la forêt ainsi que des parcs ostréicoles. De violents orages de grêle sur la Gironde entre le 11 et 13 mai et de fortes chaleurs du 15 au 20 août impactent l’état des cultures.
Klaus : dégâts sur le massif forestier La tempête Klaus a des conséquences catastrophiques pour le massif forestier régional: près de 600000 hectarestouchés 3 dont 223 000 à plus de 40 % et 40 millions de mde bois à terre, soit cinq ans d’approvisionnement. Il a fallu dégager les pistes, exploiter les bois sinistrés dans les délais les plus rapides, organiser des aires de stockage et prévenir les incendies de forêt en nettoyant les parcelles. L’afflux de bois a rapidement dépas sé les capacités de transformation des industriels. Des mesures de soutien de l’État ont été mises en place pour stocker le bois de qualité, par des aides à la création ou à la rénovation d’aires de stockage, par des aides au transport. L’exploitation des bois s’est faite à un rythme supérieur aux prévisions des profession nels. Pour la prévention des incendies, la première urgence a été de dégager 28 000 km de pistes de DFCI pour faciliter l’ac cès aux parcelles. Le stockage des bois se fait par voie humide 3 sur 47 sites. Fin 2009, 14 millions de msont exploités, 4 mil lions stockés et 12 000 ha de forêt nettoyés. L’État finance aussi 44 emplois pour renforcer les moyens des établissements et des organisations qui gèrent la filière boisfo rêt. Il met aussi en place des mesures de lutte préventive contre les scolytes, insectes dont les attaques sont de plus en plus nom breuses depuis le mois d’août. Le nettoyage et la reconstitution des parcelles sinistrées sont engagés. Afin de suivre l’avance ment de ces chantiers, l’État crée un observatoire des travaux de nettoyage et de reconstitution du massif forestier. Plus de 50 000ha ont déjà fait l’objet d’une demande d’aide au net toyage. Une enveloppe de 52 Mest réservée pour ces opéra tions. Les travaux de reboisement vont être engagés dès 2010.
Une année difficile pour la conchyliculture
La filière conchylicole représente quelque 250entreprises et 750 emplois directs. Elle produit entre 8 000 et 10 000 tonnes chaque année à laquelle s’ajoute une production de naissain d’huîtres naturel. Une succession d’événements en 2009 per turbe la production. La tempête Klaus en janvier génère d’impor tants dégâts sur les parcs ; les mortalités estivales ont frappé entre mimai et août. De plus les interdictions de commercialisation
INSEEAQUITAINE
suite à la détection de phytoplanctons toxiques se sont succédé avec une fréquence jusqu’ici inconnue : onze entre début mai et fin septembre. L’année se termine toutefois mieux avec une com mercialisation normale pendant les fêtes de fin d’année.
Vendange 2009 : quantité et qualité De fortes chutes de grêle en mai endommagent fortement 15 à 20 000 hectares du vignoble girondin. Les autres départements sont plutôt épargnés. La vendange 2009 se place sous le signe de la qualité et elle est satisfaisante en volume. Le temps enso leillé, chaud et sec de début juin à mioctobre, a favorisé un dé veloppement physiologique idéal de la vigne. Les vendanges étalées ont permis d’obtenir une maturation optimale des rai sins. La vendange 2009 en Aquitaine est d’environ 7,5 millions d’hl contre 6 millions en 2008.
Fin juillet 2009, sur douze mois, la baisse de l’activité à l’export se poursuit, en volume et en valeur ( 18 %).
Baisse de la surface céréalière Avec 470 000 ha, les surfaces de céréales baissent en 2009 de 5 %. Les surfaces en maïs restent stables. Le sorgho revient en force avec 6700 hacontre 4200 en 2008. Le colza gagne 1 000 hectares (7 %), le tournesol 8 300 hectares (17 %), es sentiellement dans le LotetGaronne. Le soja, après des années de déclin, double sa surface, il passe de 4400 à 8400 hectares. La production de blé chute de près de 30 %. Pour les orges, une légère augmentation des surfaces permet d’accroître la produc tion de 11 %. Les conditions météorologiques du printemps, de l’été et de l’automne entraînent des semis et des récoltes plus précoces pour le maïs. Le maïs irrigué atteint un niveau de 105 q/ha.En maïs non irrigué, les rendements devraient par contre être bien inférieurs à l’an passé. L’été très sec et quelques jours de très fortes chaleurs ne sont pas sans conséquence sur le
34 L’ANNÉEÉCONOMIQUE ET SOCIALE 2009 EN AQUITAINE
développement végétatif. En tournesol, les rendements sont en retrait de 4 à 5 q/ha par rapport à 2008, avec de très fortes dispa rités entre sols profonds et sols superficiels.
Des cours du blé et du maïs au plus bas Euros/quintal 30 28 26 24 22Blé 20 18 16 Maïs 14 12 10 8 juil. 2005juil. 2006juil. 2007juil. 2008juil. 2009 Source : Dépêche agricole et commerciale  cotations de juil. 2005 à déc. 2009
La campagne 2009/2010 démarre avec des stocks de céréales conséquents de la fin de campagne 2008/2009, sur fond de vive concurrence avec les blés en provenance de l’Europe de l’Est. Malgré un léger raffermissement en fin d’année, les cours des céréales restent au plus bas en 2009, à un niveau non atteint de puis la campagne 2005/2006. La saison estivale est particulièrement rude pour les acteurs de la filière “fruits et légumes”. Ils subissent des difficultés d’ordre réglementaire et des crises conjoncturelles à répétition. Le mar ché des fruits et légumes est resté en crise tout l’été, avec une offre abondante confrontée à la baisse du pouvoir d’achat et des pics de production bien supérieurs à la demande.
Une nouvelle “réglementation” pour la filière “fruits et légumes” er Dès le 1juillet, il a fallu appliquer les nouvelles règles européennes de commercialisation qui comportent une norme générale définissant la no tion de qualité saine, loyale et marchande... mais seulement dix normes spécifiques pour une série de produits représentant 75 % de la produc tion européenne à savoir la pomme, les agrumes, le kiwi, les laitues et chicorées, les pêches et nectarines, la poire, la fraise, le poivron doux, le raisin de table et la tomate. Parmi les 26 produits qui ont perdu leurs nor mes, figurent plusieurs fruits et légumes importants en Aquitaine dont la carotte, le melon, l’asperge, la courgette, la noix mais aussi le poireau, le concombre et l’aubergine. Ces produits pourront se trouver sur les étals sans exigence d’homogénéité de lots. Cette nouvelle réglementation risque d’induire une pression supplémen taire sur le marché en favorisant l’entrée de produits de moins bonne quali té. Les producteurs craignent que cet élargissement de l’offre ne tire les prix vers le bas. Les principales autres craintes sont une moindre quantité d’écart de tri pour l’industrie, l’émergence de nouvelles spécificités de commerciali sation imposées par un pays producteur majoritaire et enfin la multiplication des normes privées émanant notamment de la grande distribution.
Productions animales : la consommation en recul La chute des prix des céréales en 2009 s’accompagne d’une baisse des cours des aliments pour animaux qui peuvent repré senter jusqu’à 70 % des coûts de revient des productions ani males. Et dans le même temps, les prix payés aux producteurs régressent encore plus fortement. En cette période de crise, la consommation recule. Les volumes produits sont en repli pour toutes les filières. Seule la consommation de volailles maigres se maintient. Les filières porcine, bovin viande et laitière sont les plus affectées.
L’ANNÉE ÉCONOMIQUE ET SOCIALE 2009 EN AQUITAINE35
AGRICULTURE  FORÊT
Le lait en crise La collecte de lait de vache recule en 2009. Le nombre de li vreurs est aussi en retrait de près de 5 %, de même que le trou peau de vaches laitières de 4 %, conséquence de nombreuses cessations d’activité. Cette baisse de la densité laitière en Aqui taine entraîne une hausse des coûts de collecte, et à terme, la fermeture de quelques usines. L’année 2009 connaît une crise sans précédent. En juin, producteurs de lait et industriels laitiers s’entendent sur le prix du lait. Cet accord prévoit trois prix moyens pour l’année 2009, modulés en fonction de l’activité de l’entreprise qui achète le lait. Le mois de septembre est mar qué par une forte baisse de la collecte suite au mouvement de grève d’une partie des producteurs. La collecte de lait de chèvre poursuit sa hausse (+ 12 % par rap port à 2008) et celle du lait de brebis reste stable en 2009.
Baisse de la production de volailles de chair La tempête Klaus provoque la mort de 400 000 volailles et en gendre de lourdes pertes financières pour la filière. Fin 2009, le coût des matières premières pour la production de poulets label baisse de près de 18 % par rapport à 2008. Après la reprise de 2007, la production 2009 s’oriente vers une nouvelle baisse. Le recul global est de 2 % pour la région, mais la part de poulets sous label augmente. La hausse de la consommation française en 2008 et 2009 profite essentiellement aux importations. La crise économique et la baisse du pouvoir d’achat entraînent un report de la consommation sur les volailles standard, au détri ment des productions de qualité. La période estivale est favo rable au marché du canard maigre, avec notamment une hausse de 15 % des ventes de filets.
Foie gras : adapter l’offre La moitié de la production de foie gras de canard est faite en Aquitaine. En 2009, du fait de stocks plus importants, la pro duction est revue à la baisse ( 5 %). Adapter l’offre à la de mande est primordial. Sur les sept premiers mois de 2009, les importations reprennent de 9 % (12 % pour les foies de canard et 3 % pour les foies d’oie). Pour la même période, les exporta tions progressent de 9 %. Cette reprise s’accompagne de cours en retrait de 10 %, tant à l’import qu’à l’export. En 2009, le prix du foie gras cru est en repli de 3 %, alors qu’en 2008, il avait augmenté de 3,4 % par rapport à 2007. En revanche, en France, malgré la crise et la baisse du pouvoir d’achat, les achats de foie gras progressent de 5% sur les 9premiers mois de 2009 et 70 % de la production est écoulée lors des fêtes de fin d’année. Les professionnels tablent sur une stabilité des prix par rapport à 2008 pour conforter cette tendance.Alain IRIBARREN Draaf Aquitaine
POUR EN SAVOIR PLUS... Site de l'agriculture: www.agreste.agriculture.gouv.fr > rubriques "En région" et "Publications"
INSEEAQUITAINE
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.