Agglomération transfrontalière franco valdo-genevoise : autour de 900 000 habitants en 2025

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Démographie Agglomération transfrontalière franco- N° 48 - Décembre 2005 valdo-genevoise : autour de 900 000 habitants en 2025 A l’horizon 2025, Dopée par l’attractivité de Genève, vigueur progressive des accords bilatéraux entrela population de l’agglomération transfrontalière franco-valdo- la Suisse et l’Union Européenne, il reprend àl’agglomération 1genevoise connaît une croissance nouveau de la vigueur. En 2005, la populationtransfrontalière démographique forte et déjà ancienne. Inférieure est estimée à près de 770 000 habitants. Cettefranco-valdo-genevoise à 400 000 habitants au début des années 60, la progression démographique rapide s’inscrit s’établirait entre 860 000 et population du territoire a dépassé les 700 000 dans un environnement lui-même dynamique : 970 000 habitants selon les personnes en 1999, soit une croissance de 1,6 % ainsi, l’Ain et la Haute-Savoie croissent plus vite différentes hypothèses par an. Ce dynamisme n’a toutefois pas été que l’ensemble de la région Rhône-Alpes, et les retenues. La croissance toujours régulier au cours du temps : très fort au cantons de Genève et de Vaud plus vite que démographique serait plus cours des années 60, durant lesquelles la l’ensemble de la Suisse. population croît de presque 3 % par an, il ralentit Selon les hypothèses retenues, les projectionsforte dans les zones ensuite dès le milieu des années 70. Après une réalisées évaluent la population depériphériques qu’au centre.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Démographie
Agglomération
transfrontalière franco-
N° 48 - Décembre 2005
valdo-genevoise : autour de
900 000 habitants en 2025
A l’horizon 2025,
Dopée par l’attractivité de Genève, vigueur progressive des accords bilatéraux entrela population de
l’agglomération transfrontalière franco-valdo- la Suisse et l’Union Européenne, il reprend àl’agglomération
1genevoise connaît une croissance nouveau de la vigueur. En 2005, la populationtransfrontalière
démographique forte et déjà ancienne. Inférieure est estimée à près de 770 000 habitants. Cettefranco-valdo-genevoise
à 400 000 habitants au début des années 60, la progression démographique rapide s’inscrit
s’établirait entre 860 000 et population du territoire a dépassé les 700 000 dans un environnement lui-même dynamique :
970 000 habitants selon les personnes en 1999, soit une croissance de 1,6 % ainsi, l’Ain et la Haute-Savoie croissent plus vite
différentes hypothèses par an. Ce dynamisme n’a toutefois pas été que l’ensemble de la région Rhône-Alpes, et les
retenues. La croissance toujours régulier au cours du temps : très fort au cantons de Genève et de Vaud plus vite que
démographique serait plus cours des années 60, durant lesquelles la l’ensemble de la Suisse.
population croît de presque 3 % par an, il ralentit Selon les hypothèses retenues, les projectionsforte dans les zones
ensuite dès le milieu des années 70. Après une réalisées évaluent la population depériphériques qu’au centre.
petite progression lors de la décennie suivante, l’agglomération transfrontalière, dans saElle s’accompagnerait
il atteint son minimum au début des années 90, délimitation actuelle, entre 860 000 et 970 000également d’un
marquées par les difficultés économiques qui habitants en 2025, soit une croissance annuellevieillissement
n’épargnent pas la région. Depuis la fin de la de 0,8 à 1,2 % de 1999 à cette date.
de la population. décennie 90, qui précède de peu l’entrée en
Philippe Mossant
Un dynamisme démographique fort et ancien
Avec la collaboration des offices Projection de population de l’agglomération transfrontalière franco-valdo-genevoise
statistiques (échelle logarithmique)milliers d’habitants
cantonaux de Genève (OCSTAT)
1200 et de Vaud (SCRIS)
810
540
scénario fort
scénario faible
données observées
360
Ce numéro de La Lettre-Analyses est
240
téléchargeable à partir du site Internet
1960 1970 1980 1990 2000 2010 2020 2030www.insee.fr/rhone-alpes,
à la rubrique « Publications », ainsi Source : projections démographiques et recensements de la population, Insee, Ocstat, Scris
que sur le site de
1 L’agglomération est ici définie selon le périmètre d’étude de l’Observatoire statistique transfrontalier, qui se compose de la zone d’emploi dul’observatoire statistique transfrontalier
Genevois français, du canton de Genève et du district de Nyon, appartenant au canton de Vaud.
www.statregio-francosuisse.net

Quel que soit le scénario retenu, la croissance l’ensemble passerait à moins de 56 % en 2025.
de la population ralentirait par rapport à celle Dans le scénario à croissance forte, le poids de
enregistrée entre les années 1960 et 2000. Genève se réduirait davantage (54 %). En effet,
Dans le scénario présentant les hypothèses les dans ce second cas, les hypothèses retenuesUne croissance plus faibles en terme de migrations, le taux de portent essentiellement sur des soldes
ralentie par rapport croissance annuel de la population, évalué à migratoires plus élevés. Selon une logique que
1,1 % entre 1999 et 2010, baisserait l’on retrouve de façon assez classique dansaux années
régulièrement jusqu’aux alentours de 0,6 % en toutes les agglomérations, ceux-ci bénéficient1960-2000
moyenne dans les années 2020-2025. De davantage aux zones périphériques qu’aux pôles
manière relativement parallèle, mais à un niveau urbains. C’est également vrai dans
supérieur, les hypothèses retenues dans le l’agglomération franco-valdo-genevoise, malgré
scénario qui privilégie la poursuite de tendances la persistance d’un «effet-frontière», frein
migratoires dynamiques conduiraient à un administratif et psychologique au mouvement
tassement du taux de croissance annuel moyen, des habitants. On observe ainsi, comme dans
de 1,5 % entre 1999 et 2010 à 1,0 % entre 2020 tous les grands espaces urbains, un mouvement
et 2025. centrifuge de la population des pôles vers les
Malgré une croissance démographique toujours couronnes périurbaines, mouvement qui est
dynamique, la part de la population de la zone notamment le fait de familles à la recherche
vivant dans le canton de Genève, qui s’élevait d’espace et de prix du foncier un peu moins
à près de 67 % dans les années 60, a élevés.
continuellement décru ensuite : en 1999, elle Le mouvement de vieillissement de la population,
s’établit à 57 %. La seule ville de Genève timidement amorcé au cours des années 90,
accueille un quart de la population de s’accélérerait vigoureusement dans
l’agglomération, soit 44 % de celle du canton. l’agglomération transfrontalière franco-valdo-
Après être légèrement reparti à la hausse au genevoise, sous l’action d’une vive progression
début des années 2000, ce mouvement à la du nombre de personnes âgées de 65 ans ou
baisse reprendrait dans les années à venir, bien plus, quelles que soient les hypothèses retenues.
qu’à un rythme ralenti. En effet, la population En revanche, les deux scénarios retenus
croîtrait plus vite dans la périphérie de la n’auraient pas le même impact sur l’évolution
métropole genevoise que dans son centre. Ainsi, du nombre de jeunes.
dans le scénario à croissance faible, le poids Sous les hypothèses de mouvements
démographique du canton de Genève dans migratoires faibles, le nombre de personnes
Les mouvements migratoires expliqueraient entre 55 % et 65 % de la variation totale de la population
La croissance démographique de l’agglomération transfrontalière franco-valdo-genevoise est soutenue par
ses deux composantes : un solde naturel, excédent des naissances sur les décès, assez largement positif et
un solde migratoire, excédent des arrivées sur les départs, traditionnellement très dynamique. Le poids
important de cette composante migratoire dans l’évolution de la population n’est pas une nouveauté,
l’agglomération transfrontalière ayant de tout temps été un pays d’immigration importante. Selon les projections
présentées ici, la part du solde migratoire dans la variation totale de la population serait classiquement plus
élevée dans la périphérie de l’agglomération que dans son centre.
Ainsi, de 2005 à 2025, la composante migratoire expliquerait, selon les hypothèses retenues, entre 43 % et
63 % de la croissance démographique du canton de Genève. Ces proportions seraient comprises entre
62 % et 67 % dans la périphérie (zone d’emploi du Genevois français et district de Nyon). Au total, 55 % à
65 % de la croissance de la population de l’agglomération transfrontalière seraient dus au solde migratoire
positif.
Comme toute projection de population, les données présentées dans ce document ne sont pas des prévisions :
elles permettent seulement de donner une image de ce que serait l’avenir démographique de cette zone
selon des hypothèses sur la fécondité, la mortalité et les comportements migratoires. Ici, on retient pour
chaque entité géographique de l’agglomération un scénario faible et un scénario fort, tous deux basés sur
des hypothèses centrales, prolongement des tendances passées en ce qui concerne la fécondité et la
mortalité, mais qui se différencient par des hypothèses de gains migratoires plus ou moins importants.
Sur la zone étudiée, la prépondérance de la composante migratoire représente une limite supplémentaire de
l’exercice de projection. En effet, les migrations sont par nature très sujettes à variation, du fait de leur
sensibilité à différents paramètres exogènes, notamment économiques. Par exemple, si le renchérissement
important du foncier – et par conséquent les tensions du marché immobilier – devait se poursuivre, on peut
imaginer que cela puisse à terme freiner les apports migratoires et, par là, limiter sensiblement la croissance
de la population.
© Insee Rhône-Alpes - La Lettre Analyses n° 48 - décembre 20052La croissance démographique profiterait moins au centre de
l’agglomération qu’à sa périphérie
Poids démographique du canton de Genève
dans l’agglomération transfrontalière franco-valdo-genevoise
70 %
scénario fort
65 % scénario faible
données observées
60 %
55 %
50 %
45 %
1990 2000 20301960 1970 1980 2010 2020
Source : projections démographiques et recensements de la population, Insee, Ocstat, Scris
âgées de 65 ans ou plus serait en hausse d’âge actif, souvent accompagnées de leursLes migrations
continue et rapide, de 2,5 % en moyenne enfants. Sous ces hypothèses, le nombre de
atténuent le annuelle de 1999 à 2025, soit un quasi personnes de moins de 20 ans progresserait
vieillissement doublement sur l’ensemble de la période. Ce ainsi de 0,8 % par an en moyenne, et l’indice de
phénomène, que l’on observe à tous les vieillissement, rapport entre le nombre des plus
échelons géographiques, correspond de 64 ans et celui des moins de 20 ans,
évidemment à l’arrivée à ces tranches d’âges s’établirait à 0,86 en 2025, contre 1,00 avec les
des générations nombreuses du «baby-boom» hypothèses du scénario précédent.
qui a suivi la deuxième guerre mondiale. Cette Ce vieillissement toucherait l’ensemble des
progression serait en outre marquée par une différents territoires de l’agglomération, mais
croissance accélérée du nombre de personnes dans des proportions variables. Malgré de forts
très âgées : + 3,4 % pour celles de 80 ans ou apports migratoires, la population du canton de
plus, contre + 2,2 % pour les 65-79 ans. Dans Genève est sensiblement plus vieillissante que
le même temps, le nombre des jeunes de moins celle du reste du territoire en début de période.
de 20 ans ne progresserait pratiquement pas L’indice de vieillissement du canton de Genève
(+0,2 % en moyenne annuelle). Il y aurait s’élève ainsi à 0,66 en 2005, contre 0,57 pour
finalement, en 2025, autant de personnes de l’ensemble de l’agglomération. La structure des
plus de 64 ans que de jeunes de moins populations des différentes zones, les migrations
de 20 ans, alors qu’elles étaient pratiquement avec l’extérieur comme au sein de l’espace
deux fois moins nombreuses en 1999. conduiraient à un vieillissement plus rapide de
Dans le scénario à tendances migratoires fortes, la périphérie, qui rattraperait Genève en fin de
le vieillissement de la population serait en partie période.
atténué. L’agglomération transfrontalière est en
effet attractive d’abord pour les générations
En 2025, près d’une personne sur cinq aurait plus de 64 ans
Part des personnes âgées de 65 ans ou plus dans la population
de l’agglomération transfrontalière franco-valdo-genevoise
25 %
20 %
15 %
scénario fort
scénario faible
10 % données observées
5 %
1960 1970 1980 1990 2000 2010 2020 2030
Source : projections démographiques et recensements de la population, Insee, Ocstat, Scris
© Insee Rhône-Alpes - La Lettre Analyses n° 48 - décembre 2005 3Sur les vingt dernières années, un tiers de la croissance
démographique de la zone d’influence de Genève s’explique
par son expansion géographique
Evolution du périmètre de l’aire urbaine (F) et de l’agglomération (CH) de Genève
LausanneVaud
années 1980
Lac LémanJura
années 1990Saint-Claude
Nyon
Thonon
Gex
années 2000
Ain
frontière
Genève
limite départementAnnemasse
Bellegarde-sur- (France) et canton
Valserine (Suisse)
Bonneville
Haute-Savoie
source : recensements de la population, Insee, Ocstat, Scris
Note : la définition française de l’aire urbaine est un ensemble de communes, d’un seul tenant et sans enclave, constitué par un pôle urbain,
et par des communes rurales ou unités urbaines (couronne périurbaine) dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi
travaille dans le pôle ou dans des communes attirées par celui-ci.
La définition suisse de l’agglomération est différente. Elle part de l’hypothèse que le phénomène urbain doit être vu sous différentes facettes
et non pas sur la base d’un seul indicateur. Pour qu’une commune puisse être attribuée à une agglomération, il faut qu’un nombre minimal de
conditions, parmi toute une combinaison d’indicateurs (déplacements domicile-travail, continuité du bâti, type d’emploi…), soient remplies.
Les projections de population présentées ici politiques ou administratifs n’évoluent guère
sont calculées sur un périmètre identique du dans le temps, il n’en est pas de même des
territoire quelle que soit l’année considérée. zones d’influence des villes. La carte présentée
Ce périmètre, zonage d’étude de ci-dessus illustre ainsi l’élargissement de l’aire
l’Observatoire statistique transfrontalier, a été urbaine du côté français et de l’agglomération
choisi de façon à représenter aussi genevoise côté suisse. Au cours des vingt
précisément que possible la zone d’influence dernières années, la zone d’influence de
de la métropole genevoise tout en disposant Genève ainsi définie a gagné une soixantaine
de données statistiques suffisantes. Il est de communes.INSEE Rhône-Alpes
165, rue Garibaldi - BP 3184 composé, du côté français, par la zone Sa population était évaluée à 510 000 habitants
69401 Lyon cedex 03 d’emploi du Genevois français, et du côté en 1980, selon le périmètre de l’époque. EnTél. 04 78 63 28 15
Suisse, par le canton de Genève et le district 2000, à périmètre constant, elle est estimée àFax 04 78 63 25 25
de Nyon. 630 000 habitants ; en revanche, en tenantDirecteur de la publication :
Etienne Traynard Pour décrire fidèlement la variation du poids compte du nouveau périmètre de l’aire
Rédacteur en chef : démographique de Genève, il faudrait tenir d’influence, la population s’élèverait à 680 000
Lionel Espinasse compte de l’élargissement spatial de la zone habitants. Un tiers de la variation totale de la
Tarifs des numéros simples : sur laquelle rayonne la métropole. Si, population de la zone d’influence de Genève2,3 € le numéro
généralement, les délimitations des territoires est donc lié à son élargissement spatial.Abonnement 15 numéros par an
minimum (plus L'année économique
Pour en savoir plus…et sociale) :
France : 32 € Les projections de population pour envisager 400 000 ménages de plus en Rhône-Alpes d’ici
Etranger : 40 €
l’avenir démographique d’un territoire, Insee Rhône- 2015, Insee Rhône-Alpes La Lettre Analyses n°45,Code SAGE LET4828
Alpes les dossiers techniques n°2, mars 2005 ; septembre 2005 ;Pour vos demandes d'informations
statistiques : Projections démographiques pour le canton de Perspectives de population 2003-2025 Vaud, Scris,
- site www.insee.fr Genève, Ocstat Communications statistiques n°18, avril 2004;
- n° 0 825 889 452 (lundi à vendredi janvier 2005 ; Projections de population sur les zones d’emploi
de 9h à 17h, 0,15 € la minute)
Agglomérations et aires urbaines dans l’espace de la région Rhône-Alpes, Insee Rhône-Alpes
- message à insee-contact@insee.fr
transfrontalier Ain - Haute-Savoie - Genève - Vaud, Dossier cédérom n°140, octobre 2001;
Dépôt légal n° 1004, décembre 2005
Observatoire statistique transfrontalier fiche n°09, Site de l’observatoire statistique transfrontalier
© INSEE 2005 - ISSN 1165-5534
juin 2004 ; (www.statregio-francosuisse.net).
© Insee Rhône-Alpes - La Lettre Analyses n° 48 - décembre 20054
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Rhône

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