Année économique et sociale 2009 en Guadeloupe

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N° 73 L’année économique et sociale 2009 en Guadeloupe Synthèse régionale Commerce 2 La Guadeloupe doublement frappée 0 Des commerces concentrés dans en 2009 l’agglomération pointoise Contexte national et international Tourisme 3 Une récession profonde en 2009 22 Coup de frein sur le tourisme en Guadeloupe Actualités Transport maritime 5 2009 en quelques dates 24 Un trafc de marchandises pénalisé Commerce extérieur par les crises en 2009 6 Diminution des échanges extérieurs Automobile Prix de détail 26 Le marché de l’automobile souffre 8 2009, coup de frein sur les prix la de la crise consommation Emploi-Chômage Épargne-crédit 27 Le marché du travail : 10 Des comportements fnanciers atten - 2009, une année diffcile tistes en 2009 29 De moins en moins d’emplois, surtout pour les jeunes Développement économique Logement 12 Les fonds européens au service du développement de la Guadeloupe 31 Près de 30 000 logements sociaux en Guadeloupe Environnement Enseignement 14 Un schéma directeur pour la gestion des eaux en Guadeloupe 33 Un élève sur trois choisit la voie professionnelle Création d’entreprises Santé 16 Le régime de l’auto-entrepreneur 35 Les habitudes alimentaires et la pro- dynamise la création d’entreprise duction locale Agriculture Démographie 18 2009 : bon potentiel de la banane, 37 Les naissances diminuent encore mauvaise campagne de canne N° 73 - Guadeloupe - Juin 2010 © INSEE 2010 Édito J’ai le plaisir
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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N° 73
L’année économique et sociale 2009 en Guadeloupe
Synthèse régionale Commerce
2 La Guadeloupe doublement frappée 0 Des commerces concentrés dans
en 2009 l’agglomération pointoise
Contexte national et international Tourisme
3 Une récession profonde en 2009 22 Coup de frein sur le tourisme en
Guadeloupe Actualités
Transport maritime 5 2009 en quelques dates
24 Un trafc de marchandises pénalisé Commerce extérieur
par les crises en 2009
6 Diminution des échanges extérieurs
Automobile
Prix de détail
26 Le marché de l’automobile souffre
8 2009, coup de frein sur les prix la de la crise
consommation Emploi-Chômage
Épargne-crédit
27 Le marché du travail :
10 Des comportements fnanciers atten - 2009, une année diffcile
tistes en 2009 29 De moins en moins d’emplois,
surtout pour les jeunes Développement économique
Logement 12 Les fonds européens au service
du développement de la Guadeloupe 31 Près de 30 000 logements sociaux en
Guadeloupe Environnement
Enseignement 14 Un schéma directeur pour la gestion
des eaux en Guadeloupe 33 Un élève sur trois choisit la voie
professionnelle Création d’entreprises
Santé 16 Le régime de l’auto-entrepreneur
35 Les habitudes alimentaires et la pro- dynamise la création d’entreprise
duction locale Agriculture
Démographie
18 2009 : bon potentiel de la banane,
37 Les naissances diminuent encore mauvaise campagne de canne
N° 73 - Guadeloupe - Juin 2010 © INSEE 2010Édito
J’ai le plaisir de vous présenter une nouvelle édition de l’Année Économique et Sociale en Guadeloupe. Ce
bilan de l’année écoulée, l’année 2009, se veut un regard synthétique et cohérent, mais non exhaustif, sur la
réalité économique et sociale de la région. Il s’appuie sur les données disponibles au moment de son élabora-
tion et constitue le résultat de la collaboration fructueuse entre l’Institut et ses partenaires régionaux.
Je tiens ici à remercier tous les auteurs de cette « Année économique et sociale 2009 en Guadeloupe » :
- Mme Cornély de l’observatoire régional de la santé en Guadeloupe ;
- Mme Gappa de la cellule Europe de la Préfecture de Guadeloupe
- Mme Jiounandan du Rectorat de la Guadeloupe ;
- Mme Minatchy de l’Institut d’émission des départements d’outre-mer ;
- Mme Naud d’Ipsos Antilles ;
- Mme Reilhes de la Direction régionale de l’environnement de Guadeloupe ;
- M. Chaulet de la Direction de l’agriculture et de la forêt de Guadeloupe ;
- MM. Darmalingon et Janik de la Direction du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle de
Guadeloupe ;
- M. Pierrot du Port autonome de la Guadeloupe ;
- M. Rafraf de la Direction départementale de l’équipement de Guadeloupe ;
- Mmes Camus, Christanval, Nacitas, Ragot et MM. Benhaddouche, Forgeot, Horatius-Clovis, Le Grand,
Paraire, Silvestre, Thioux et Valadou de l’Insee.
Je vous souhaite à tous une bonne lecture et vous invite à consulter les éditions 2009 de l’Année économique
et sociale de la Guyane et de la Martinique respectivement sur :
www.insee.fr/guyane et www.insee.fr/martinique.
Patrick HERNANDEZ
N° 73 - Guadeloupe - Juin 2010Synthèse
La Guadeloupe
2009 doublement frappée en
Crises économique et so- En 2009, le produit intérieur brut (PIB) vement +16 % et +25 % en un an.
de la Guadeloupe baisse de 6,3 %. Au deuxième trimestre 2009, en ciale se conjuguent pour
C’est la conséquence de l’arrêt des Guadeloupe, le taux de chômage
faire de 2009 une année deux moteurs historiques de la crois- des 15- 64 ans est de 23,7 %. Les
diffcile au plan économi - sance de l’archipel : l’investissement emplois sont de moins en moins
chute de 12,2 % et la consommation nombreux et les jeunes en pâtissent que. Produit intérieur brut,
des ménages se replie de 3,3 %. Dans le plus. Seuls 8 % des 15-24 ans tra-commerce extérieur, trafc
le même temps, les importations ré- vaillent et 60 % d’entre eux sont au
de marchandises, nombre gionales baissent de 22 % et les ex- chômage (+4,5 points en un an). Un
portations (hors énergie) de 11 %. Au diplôme est souvent perçu comme de touristes, nombre d’em-
port autonome de Guadeloupe (PAG), un atout contre le chômage, sans plois et taux de chômage :
le trafc de marchandises est en recul doute un espoir pour les 1 230 nou-
la plupart des indicateurs se de 16 % et celui des passagers de veaux bacheliers de l’enseignement
dégradent. Cependant, les 4 %. En termes d’investissement, les professionnel.
chefs d’entreprise adoptent un com-prix restent sages et grâce Les résultats de l’agriculture et des portement attentiste. Les ménages ont
au statut de l’auto-entrepre- IAA sont contrastés : 53 000 tonnes moins recours au crédit à la consom-
de bananes ont été exportées vers neur créé en début d’année, mation. Les ventes de véhicules neufs
l’Europe, un tiers de plus qu’en 2008. diminuent de 4 %, les occasions de la création d’entreprise
Perturbée par le mouvement social 12 %. En 2009, 670 nouveaux loge-atteint un niveau record. et de mauvaises conditions météo-ments sociaux sont proposés à la lo-
rologiques, la campagne sucrière n’a cation. Avec une hausse de 0,2 % sur
n 2009, le monde et la France pas été à la hauteur des espérances l’ensemble de l’année (contre 2,2 % Eont été touchés par une profonde des producteurs. La production lo-en 2008), les prix restent sages en
récession. Le Produit intérieur brut cale n’est pas encore très visible ni Guadeloupe. Conclu à la fn du mou -
(PIB) mondial baisse de 0,6%. Les accessible : c’est ce qui ressort d’une vement social, l’accord sur les prix, a
économies avancées sont les plus enquête réalisée auprès des Guade-entraîné une baisse marquée dans la
touchées (-3,2 %) et le PIB français loupéennes.grande distribution.
décroît de 2,6 %. En France, le taux
Pour le secteur du tourisme, 2009 a de chômage atteint 10 %, en hausse Le tissu économique guadeloupéen
été une mauvaise année : le nombre de près de 2 points. s’enrichit de 4 970 nouvelles entre-
de touristes métropolitains a diminué En Caraïbe, la situation est contras- prises, 16 % de plus qu’en 2008. Un
de 16 % et celui des clients des hô-tée, les pays à forte vocation touris- record lié à la mise en place du nou-
tels homologués, de 30 %. Les Iles du tique sont touchés par le recul de la veau statut de l’auto-entrepreneur, à
Nord sont également touchées.demande européenne et nord-améri- l’origine du tiers des créations d’en-
caine. treprises. On crée son entreprise pour
La Guadeloupe se préoccupe de son créer son emploi ou son complément
environnement. Un schéma directeur Malgré le soutien de l’Europe (220 d’emploi. Dans le commerce, seuls
d’aménagement et de gestion des millions d’euros de fonds européens 28 % des créations commerciales re-
eaux (SDAGE) a été signé en 2009. sont programmés en 2009), la Gua- lèvent de l’auto-entreprise.
Promouvoir une gestion durable de deloupe n’échappe pas à cette crise
Le marché du travail se dégrade en cette ressource rare constitue l’un économique. De plus, au premier
2009. Près de 61 000 demandeurs des axes principaux. Une orientation trimestre 2009, l’archipel est touché
d’emploi sont recensés en Gua- dont ne pourront que se louer les pa-par un mouvement social de très
deloupe ou dans les Iles du Nord, rents des 5 400 enfants nés en 2009, grande ampleur (44 jours de grève
un chiffre en hausse de 11 % par un chiffre encore en diminution par au total). Ces deux crises, économi-
rapport à 2008. Les jeunes et les se- rapport à 2008. que et sociale, ont des conséquences
niors sont les plus touchés, respecti-importantes.
Pierre VALADOU

N° 73 - Guadeloupe - Juin 2010Contexte national et international
Une récession profonde en 2009
En France, un plan de relance a L’effcacité de ces plans de relance Le Produit Intérieur Brut
été construit sur le fnancement est pénalisée par la faiblesse de l’in-mondial a baissé de 0,6% d’infrastructures et le soutien de la vestissement. Les capacités produc-
en 2009. La récession a consommation (prime à la casse, tives restent sous utilisées dans les
prime de solidarité active,…). économies avancées.surtout touché les États-
Prix En Chine, un plan massif de 586 La demande mondiale Unis et la zone Euro. Les
milliards de dollars (12% du PIB) a de pétrole est restée in- de l’énergie plans de relance mis en été lancé dès novembre 2008. Les férieure à la demande modérésplans de relan-place dès 2008 ont sou- habituelle pendant toute
Des plans ces conduits en l’année 2009, à des niveaux proches tenu la consommation et
Asie émergente de 19 millions de barils par jour. Les de relance l’investissement. En Fran- ont contribué prix du pétrole ont remonté au cours vigoureux ce, la récession a entrainé à la reprise des du 1er trimestre 2009 après la chute
exportations dans les économies constatée fn 2008. Toutefois, mal -une reprise du chômage
avancées. gré une forte pression spéculative, dans un contexte de faible Plusieurs stratégies de sortie de les prix sont restés inférieurs à 80 $
investissement. Les pers- crise ont été élaborées pour 2010. le baril de Brent. Les prévisions pour
Les États-Unis continuent de sou- 2010 placent le baril à 75 $ dans un pectives de reprise pour
tenir la relance par des crédits marché à nouveau équilibré.2010 sont limitées pour
d’impôts, par la prolongation des L’infation en France a été quasi nulle,
la France mais plus favo- allocations chômage et par des la baisse de l’énergie ayant contribué
subventions à l’assurance mala-rables pour l’Amérique par effet d’entraînement à la baisse
die. Au Royaume-Uni et en Espa- de l’infation sous-jacente. En 2010, latine et la Caraïbe.
gne, les gouvernements tentent de l’infation devrait rester stable : les
n 2009, l’économie mondiale a redresser les fnances publiques produits frais devraient repartir à la Eété touchée par une profonde ré- par une hausse des impôts et la fn hausse en France, consécutivement
cession, malgré une timide reprise de progressive des mesures de sou- à un hiver très rigoureux ; les pro-
l’activité en fn d’année. La récession tien à la consommation comme la duits manufacturés continueraient
a surtout concerné les économies prime à la casse par exemple. de baisser.
avancées (-3,2% de PIB). La zone euro
a été impactée diversement selon les
pays. Les économies basées sur le
commerce extérieur ont subi le recul
du commerce mondial qui a connu Début 009 : trou d’air dans le commerce mondial
un coup de frein brutal dès le second
semestre 2008 (voir encadré). Évolution annualisée du commerce mondial calculée
sur les 3 mois précédents
En %
Coup de frein sur le commerce mondial fn 008
Les échanges commerciaux ont reculé de plus de 10 % sur
l’ensemble de l’année en 2009, aussi bien pour les pays
avancés que pour les pays émergents et en développement.
Le coup d’arrêt brutal enregistré au dernier trimestre 2008,
s’est prolongé au premier semestre 2009. Le dynamisme
des économies émergentes, et de la Chine en particulier, a
entrainé une reprise du commerce mondial au second se-
mestre. Le recul enregistré entre octobre 2008 et juin 2009
a été particulièrement fort en valeur du fait de stratégies de
réduction des stocks de biens de consommation et d’équi-
pement dans les économies avancées.
Source : Fonds Monétaire International

N° 73 - Guadeloupe - Juin 2010Contexte national et international
Au quatrième ges à anticiper l’achat de voitures. L’in- La région Amérique L’Amérique Le chômage
trimestre 2009, vestissement des ménages, en recul latine et Caraïbe a re-
latine et augmente 10% de la po- de 9 %, pâtit de la crise du secteur lativement bien sur-
pulation active immobilier. monté la récession les Caraïbes en France
est au chôma- Dans les entreprises, le taux de marge mondiale en 2009 résistentge soit une hausse de +1,8 point sur a nettement baissé en raison d’une (-1,8%) et attend une
un an (+525 000 personnes). La crise a hausse du salaire réel, accentuée par reprise vigoureuse pour 2010 (+4%).
détruit 600 000 emplois. L’industrie a un repli de la productivité, l’emploi Les perspectives sont particulièrement
été particulièrement touchée, rattrapée s’ajustant avec retard à la contraction bonnes pour le Brésil, où la demande
au second semestre par la construc- de l’activité. En 2009, les entreprises intérieure conjuguée à une infation
tion. En 2010, le chômage continuerait ont diminué de 8 % leurs investisse- maitrisée (4,9%) ont permis de limiter
d’augmenter mais plus modérément. ments (-13 % pour les produits ma- la baisse du PIB en 2009 (-0,2%). Les
Un million de chômeurs arriveront en nufacturés). La diminution des stocks perspectives de reprise de la demande
fn de droits en 2010. a fortement pesé sur la croissance en mondiale génèreraient une forte crois-
En 2009, le PIB a diminué en France 2009 mais leur reconstitution entamée sance en 2010. Par ailleurs, de forts
de 2,6 %. La consommation des mé- a contribué fortement (+ 0,9 point de investissements publics et privés ont
nages est restée atone sur les trois pre- PIB) à l’accélération de la croissance soutenu la croissance au Suriname et
miers trimestres. Elle n’a progressé que au dernier trimestre. Les conditions de en République Dominicaine. Le recul
de 0,6 % sur l’année grâce à un dernier fnancement bancaire pour les entre - du trafc du canal de Panama (-3% en
trimestre soutenu par l’aubaine de la prises se sont assouplies en fn d’an - 2009) a été largement compensé par
prime à la casse, poussant les ména- née. une hausse des péages.
La crise épargne les pays émergents Toutefois, des diffcultés subsistent.
Dans toutes les économies de la ré-Croissance du PIB en 2008 et 2009, projections pour 2010 et 2011
gion, la crise des pays avancés a en-
En % trainé un recul notable des transferts
de fonds des émigrés.
Les économies importatrices de pro-
duits de base à forte composante tou-
ristique telles que Antigua et Barbuda,
Sainte-Lucie ou Barbade sont péna-
lisées par le recul de la demande de
tourisme de l’Europe et de l’Amérique
du Nord. Le Venezuela et à un degré
moindre Trinidad et Tobago ont pâti de
la baisse du prix des hydrocarbures.
Haïti avait connu une croissance de
bon aloi en 2009 sans toutefois parve-
nir à progresser sur le plan de la pau-
vreté. Le tremblement de terre du 12
janvier 2010 a anéanti l’économie du
pays. Le plan de soutien international
développé pour la reconstruction de-
vrait produire ses effets sur l’économie
en 2011.
(1) Costa-Rica, Salvador, Guatemala, Honduras, Nicaragua, Panama Hervé LE GRAND(2) Antigua-et-Barbuda, Bahamas, Barbade, Bélize, Dominique, République Dominicaine, Grenade,
Guyana, Haïti, Jamaïque, Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les Grenadines, Surinam,
Trinité-et-Tobago
Sources : FMI, World Economic Outlook, avril 2010 sauf (*) Insee (données provisoires),
Comptes nationaux
Pour en savoir plus
Fonds Monétaire International - World Economic Outlook (WEO), avril 2010,
Insee : note de conjoncture, «Une demande sans tonus en Europe», mars 2010,
Les comptes de la nation en 2009, Insee Première n°1294, mai 2010
N° 73 - Guadeloupe - Juin 2010Actualités
2009 en quelques dates
9 janvier
Les gérants des stations services démarrent un mouve- ronnement », se réunissent dans différentes communes
ment de grève illimitée. de l’archipel.
0 janvier juin
Investiture de Barack Obama, président des Etats Unis Marie-Luce Penchard est nommée secrétaire d’Etat à
d’Amérique. l’Outre-mer.
Le collectif Liyannaj Kont Pwoftasyon (LKP), représenté
juin par Élie Domota son porte-parole, appelle à la grève
Le congrès des élus de Guadeloupe décide d’un délai générale.
de 12 à 18 mois pour fnaliser un projet de société pour
la Guadeloupe.
au 8 janvier
Déflés en Guadeloupe et négociations au WTC (Etat,
6 juin LKP, Collectivités locales, organisations patronales). Le
Visite en Guadeloupe de Nicolas Sarkozy, président de 28, N. Desforges, préfet, quitte le WTC et demande à ce
la République française.que les négociations aient lieu en préfecture.
et juillet 0 janvier
Restitutions des travaux des Etats généraux de l’Outre-Manifestation en Guadeloupe, de 20 000 participants
mer ; 3 000 personnes ont participé aux réfexions.selon la police à 65 000 selon le LKP.
Début aoûter février
Premiers versements du RSTA à 60 340 bénéfciaires. Yves Jégo, secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, arrive en Gua-
La grippe A arrive en Guadeloupe : 24 000 cas dont 5 deloupe.
mortels sur l’année 2009.
7 et 8 février
SeptembreLes négociations sont près d’aboutir. Yves Jégo est rap-
Remise de la synthèse des Etats généraux à l’Etat.pelé à Paris.
L’Autorité de la Concurrence rend un avis sévère sur les
pratiques commerciales de la grande distribution et du 6 au 9 février
fret maritime dans les DOM : elle préconise une amélio-Routes barrées, scènes de pillage ; dans la nuit du 17 au
ration de la concurrence.18, décès par balles de Jacques Bino, militant du LKP,
Réunion de l’observatoire des prix et des revenus : dégel près d’un barrage.
des prix des carburants à la pompe annoncée par Marie-
Luce Penchard
mars
L’accord Bino (165 articles) est signé par Nicolas Des-
8 octobre forges (préfet), Victorin Lurel (président du Conseil ré-
Jean Luc Fabre devient préfet de Guadeloupe.gional), Jacques Gillot (président du Conseil général) et
Elie Domota (porte-parole du LKP). Parmi les principa-
6 novembre les mesures, augmentation de 200 € pour les salariés
percevant entre 1 et 1,4 SMIC, blocage de 1 500 prix À l’issue du premier Conseil Interministériel de l’Outre-
sur les produits de première nécessité… Mer, M-L Penchard est nommée ministre de l’Outre-mer
et N. Sarkozy annonce 137 mesures pour l’Outre-mer
dans les domaines de la concurrence et des prix, du dé- avril
veloppement des productions locales, des grands pro-Coup d’envoi des Etats généraux de l’Outre-mer, voulus
jets structurants, de la gouvernance, de l’insertion de la par Nicolas Sarkozy. Huit ateliers thématiques dont «
Guadeloupe dans la Caraïbe, de l’égalité des chances et Productions locales », « Formation des prix », « Gou-
de la culture.vernance », « Insertion de la Guadeloupe dans son envi-
N° 73 - Guadeloupe - Juin 2010Commerce extérieur
Diminution
des échanges extérieurs
élevé mais en hausse de 4,2 %. Leur En 2009, les échanges de près une année 2008 marquée
bonne tenue tient surtout à l’augmen-A par la hausse des échanges avec biens entre la Guadelou-
tation de 74 % des ventes d’énergie, l’extérieur, en 2009, le commerce
pe et le reste du monde essentiellement des réexportations extérieur de la Guadeloupe se re-
ont diminué. Les impor- de pétrole raffné à destination de la plie nettement. En augmentation
Guyane française. Hors énergie, les depuis quatre années, le montant tations baissent de 22%.
exportations chutent de 10,7 %.des importations diminue de 22 %. Hors énergie, les expor-
Il s’élève à 2,03 milliards d’euros.
tations guadeloupéen- Le commerce extérieur de la Gua-L’ensemble des secteurs est concer-
deloupe est structurellement déf -né par cette baisse. Particulièrement, nes diminuent de 11 %.
citaire, la valeur des importations dans l’énergie, la valeur des impor-Conséquence de la baisse
dépassant largement celle des ex-tations, en augmentation régulière
des importations, le dé- portations. En 2009, le défcit de depuis 2004, a diminué de 47 %.
la balance commerciale est de 1,8 fcit commercial baisse Toutefois cette forte diminution doit
milliard d’euros, en diminution de être relativisée : en quantité de pro-de 24% et atteint 1,8
24 % par rapport à 2008. Le taux duits pétroliers importés, la baisse
milliard d’euros. À 10%, de couverture des échanges de n’est que de 26 % ; en cause, le
le taux de couverture des biens est de 10 % : il gagne deux cours annuel moyen du pétrole qui
points et demi par rapport à l’an-s’est effondré en 2009 (le cours du échanges reste faible. La
née précédente. Cette amélioration brent a baissé de 37 % entre 2008 et part des importations du solde commercial est la consé-2009). Le montant des importations
métropolitaines est en quence directe de la diminution des automobiles diminue de 26 %, elles
échanges. Le mouvement social du étaient régulièrement en hausse de-hausse de cinq points.
début d’année et le ralentissement puis 2003. Celui de l’industrie des La part des exportations
de l’activité économique internatio-biens intermédiaires se réduit de
de produits agricoles ou nale ont pesé sur les échanges com-19 %. Hors énergie, la valeur des
merciaux guadeloupéens. Le défcit agro-alimentaires pour- produits importés baisse plus modé-
des échanges s’est réduit avec no-rément (- 16 %).suit son repli.
tamment la baisse des importations Par rapport aux importations, avec
de pétrole raffné, d’automobiles et 206 millions d’euros, les exporta-Défnitions
de biens intermédiaires. tions ont un niveau dix fois moins
L’espace Caraïbe comprend toutes les
îles de la Caraïbe, ainsi que les pays Part de la zone partenaire dans les échanges de biens
d’Amérique Centrale et du Sud qui et solde commercial en 2009
possèdent une ouverture maritime sur
En % et million d’euros
la Caraïbe. Les échanges avec Porto-
Rico sont confondus avec ceux des
États-Unis faute de données les isolant.
On distingue un groupe de pays signa-
taires de l’accord de libre échange de
Cotonou (pays ACP de la Caraïbe) et
ceux qui n’en font pas partie (« Pays
non-ACP de la Caraïbe »), dans la me-
sure où ils ne bénéfcient pas du même
régime douanier dans leurs relations
avec l’Union Européenne et donc avec
les départements français d’outre mer.
Source : Douanes, calculs Insee
6 N° 73 - Guadeloupe - Juin 2010Commerce extérieur
Les exportations des produits de gie importée provient de la France Des approvisionnements
l’industrie agroalimentaire baissent métropolitaine, pour l’essentiel de très dépendants de la
de 14 %. L’industrie du sucre contri-l’huile pour les moteurs, les com-France métropolitaine bue à cette tendance : les exporta-presseurs et les turbines.
tions de sucre de canne baissent de Les achats de proximité restent mo-En 2009, les importations guade-
18 %. En revanche, les exportations dérés : l’espace Caraïbe (hors DFA) loupéennes sont formées à 69 % de
de rhum progressent de 0,6 % et fournit 5,7 % des produits impor-biens manufacturés ou industriels, à
celles de jus de fruits de 11 %.tés, essentiellement du gazole, du 18 % de biens agricoles ou alimen-
Les biens d’équipement représen-carburéacteur, de la houille et du taires et à 13 % d’énergie.
tent 12 % des exportations guade-ciment, et la Martinique en procure La région importe une grande partie
loupéennes. Il s’agit principalement 4,9 %.de ces produits de la métropole. Cet-
de réexpéditions, notamment d’ap-te part est en hausse de cinq points La part des exportations pareils téléphoniques à destination par rapport à 2008 et atteint 57 %.
de la Martinique, de la Guyane et agricoles ou De nombreux produits sont concer-
des États-Unis. Ces exportations de nés : 61 % des biens intermédiaires agro-alimentaires
biens d’équipement ont augmenté comme le bois scié, les câbles élec- a diminué de 15 % en 2009.triques ou encore les pneumatiques.
Les exportations de biens intermé-Les exportations guadeloupéennes Les trois quarts des biens de consom-
diaires diminuent de 36 %, avec la sont principalement composées de mation et notamment les médica-
réduction des ventes de produits produits issus de l’agriculture et des ments sont importés de France mé-
métalliques de 66 % et de celles de industries agroalimentaires même tropolitaine, mais également, 64 %
la parachimie de 28 %.si leur part s’est considérablement des biens d’équipement, 73 % des
La France métropolitaine est des-réduite au cours des cinq dernières produits agroalimentaires et 62 %
tinataire de 35% des exportations années (39 % en 2009 contre 68 % des produits agricoles.
de la Guadeloupe, essentiellement en 2004). Les principaux produits, la
des bananes, du rhum, du sucre canne à sucre et la banane, connais-La moitié des véhicules importés
de canne et des melons. En 2009, sent des diffcultés de production et provient de France métropolitaine,
le montant de ces achats a baissé d’exportation en raison de phéno-l’autre moitié principalement d’Al-
de 8%. La Guyane reçoit 31 % des mènes climatiques, de problèmes de lemagne, d’Espagne ou du Japon.
ventes guadeloupéennes en raison restructuration et de la concurrence Les importations d’énergie sont es-
du montant élevé des réexporta-des pays à faible coût de production.sentiellement du pétrole raffné. La
tions de pétrole raffné cette année. Les exportations agricoles progres-partie la plus importante provient
eLa Martinique arrive en 3 position sent de 12 %, poussées par les ven-des États Unis (37 %), de Martinique
avec 13 %. Les produits les plus tes de bananes (+23 %). Mais les (33 %) et d’Aruba (15 %). Il s’agit
exportés vers la Martinique sont les exportations de melons diminuent de fuel, de gazole et d’essence sans
appareils électriques pour la télé-de 17 %. plomb. Seulement 2 % de l’éner-
phonie (19 %) et les fbres optiques
(15 %).
Les exportations vers l’espace Ca-
Évolution de la valeur des importations et des exportations raïbe restent faibles. Elles représen-
par secteur d’activité en Guadeloupe tent 0,8 % du montant des produits
exportés (aliments pour chiens ou En %
chats, appareils pour la fltration ou
l’épuration des liquides, déchets et
rebuts de papiers ou cartons à re-
cycler ).
Emmanuel THIOUX
Source : Douanes, calculs Insee
7N° 73 - Guadeloupe - Juin 2010Prix de détail
2009, coup de frein sur
les prix à la consommation
n 2009, les prix des produits Le prix des carburants a diminué En 2009, les prix à la consom- Ealimentaires progressent de de 5,2 % entre janvier et février, mation progressent de 0,2 %
2,2 %, soit près de 2 fois moins puis de 2,1 % entre février et mars
en Guadeloupe, soit une qu’en 2008. Cette hausse est s u i t e
concentrée sur l’alimentation hausse bien plus faible que aux dif- Les services,
hors produits frais, qui enregis- férents celle de 2008 (2,2 %). Cette l’alimentation et
tre une augmentation de 2,6 %, accords
augmentation est plus élevée le tabac tirent après 4,9 % en 2008. conclus
qu’en Martinique (- 0,4 %), Le prix des cigarettes enregistre e n t r e les prix à la hausse
une très forte hausse (+33,2 %), les pro-mais plus faible qu’en Guya-
suite notamment à l’augmenta- ducteurs, distributeurs, et la puis-ne (0,7 %). À compter du tion des taxes destinées à fnancer sance publique.
second trimestre 2009, après le revenu supplémentaire tempo- Le prix du baril de pétrole progres-
raire d’activité (RSTA). Compte se fortement en août : de 33,7 € en la fn du mouvement social,
tenu du faible poids du tabac début d’année il franchit la barre la baisse des prix est particu-
dans la consommation des mé- des 50 € le baril. Après application
lièrement marquée, dans la nages (1 %), ce poste contribue à de certaines des recommandations
hauteur de 0,2 point à la progres-grande distribution comme du rapport Bolliet, l’augmentation
sion d’ensemble des prix. des prix à la pompe a été répartie dans les autres formes de
entre les différents acteurs de la
point de vente. La forte baisse du prix des produits filière. Elle conduit au final à une
pétroliers (-24,2 % en moyenne hausse des prix de 1,3 % en sep-
annuelle) masque de nombreuses tembre, puis de 3,8 % en octobre.
modifications de tarifs sur l’année.
La baisse du prix du pétrole contribue fortement à la modération des prix en 009
Indice des prix à la consommation en Guadeloupe
Indice base 100 année 1998
[1] Les services rattachés re-
présentent les produits et les
services pour la réparation
et l’entretien du logement,
l’adduction d’eau, l’enlève-
ment des ordures et les ser-
vices d’assainissement.
[2] Les autres services re-
groupent : les soins person-
nels, les effets personnels,
la protection sociale, les
assurances, les services f -
nanciers…
Source : Insee, indice des prix à la consommation
8 N° 73 - Guadeloupe - Juin 2010

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