Approche prospective de la pauvreté des retraités en région Centre : une hausse soutenable sous conditions

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D’ici 2030, le nombre de retraités pauvres progresserait d’un tiers, selon le scénario le plus probable, et atteindrait 70 000 personnes. Cette hausse serait due principalement à l’arrivée des générations du baby-boom aux grands âges. Le taux de pauvreté pourrait s’accroître du fait de la fragilisation du tissu familial et de conditions d’emploi un peu plus défavorables. D’autres facteurs socio-démographiques tendent à atténuer cette hausse. Sous ces conditions et avec un maintien du système actuel de protection sociale, elle devrait être soutenable pour la région. Au-delà de la pauvreté, de nombreux retraités peuvent se trouver dans une situation financière précaire compte tenu de leurs besoins en matière de soins ou de services. Les territoires sont tous concernés, des plus urbains, à forte croissance démographique, aux plus ruraux, où l’accès aux services resterait plus difficile.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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n°176
Février 2012
Approche prospective de la pauvreté
des retraités en région Centre :
une hausse soutenable sous conditions
D’ici 2030, le nombre de retraités pauvres progresserait d’un tiers, selon le
scénario le plus probable, et atteindrait 70 000 personnes. Cette hausse serait
due principalement à l’arrivée des générations du baby-boom aux grands
âges. Le taux de pauvreté pourrait s’accroître du fait de la fragilisation du tissu
familial et de conditions d’emploi un peu plus défavorables. D’autres facteurs
socio-démographiques tendent à atténuer cette hausse. Sous ces conditions
et avec un maintien du système actuel de protection sociale, elle devrait être
soutenable pour la région. Au-delà de la pauvreté, de nombreux retraités peu-
vent se trouver dans une situation financière précaire compte tenu de leurs
besoins en matière de soins ou de services. Les territoires sont tous concer-
nés, des plus urbains, à forte croissance démographique, aux plus ruraux, où
photo : PSANZIN - Blog l’accès aux services resterait plus difficile.
La forte augmentation attendue du d’un tiers par rapport à 2008. La retraités aura un impact sur le finan-
hausse serait particulièrement sen- cement des retraites. Avec 1,9 actifnombre de retraités accentue la
question déjà très actuelle du finan- sible aux âges les plus élevés : par retraité dans la région en 2008 et
+ 66 % pour les plus de 85 ans, seu- seulement 1,4 en 2030, le systèmecement des retraites. Le nombre de
lement + 18 % pour les moins de 75 de retraite par répartition sera fragili-retraités pauvres, qui va naturelle-
ans. Sur cette période, la population sé. Le passage de l’âge légal du dé-ment augmenter, aura des répercus-
régionale ne croîtrait que de 8 %. Le part à la retraite de 60 ans en 2008 àsions sur le financement du système
poids des retraités pauvres dans la 62 ans en 2030, pris en comptede protection sociale. De plus, les
population y resterait cependant re- dans cette étude, atténuerait ladépenses des retraités sont parfois
lativement faible, inférieur à 3 %. hausse du nombre de retraités, etcontraintes par un état de santé dé-
parmi eux de personnes en situationgradé, la nécessité d’aide à la vie
Selon des hypothèses d’évolutions de pauvreté, par un transfert vers laquotidienne ou des difficultés d’ac-
démographiques et du taux de pau- population active. Néanmoins, lacès aux services, dans un contexte
vreté (voir encadré méthodologi- hausse du nombre de retraités pau-régional de pénurie et de vieillisse-
que), le nombre de retrai-
ment des professionnels de santé.
tés pauvres varierait
Ces éléments constituent autant de Évolution du nombre de retraités pauvresentre 62 000 et 78 000
pistes de réflexion pour les pouvoirs
personnes. Le scénario millier
publics locaux, afin d’anticiper les 80
le plus plausible (D2), Scénario A1actions à mener auprès de cette po-
avec un maintien du sys- A2 région Centre75pulation fragilisée. Scénario D1tème de protection so-
Scénario D2
70ciale actuel, associe desUn tiers de retraités pauvres
hypothèses basses sursupplémentaire en 2030 65
les migrations et l’espé-
Si les évolutions démographiques rance de vie ainsi qu’une 60
hausse du taux de pau-récentes et les taux de pauvreté ac-
55vreté. Le résultat de cetuels se maintenaient (scénario A1),
la région Centre compterait 70 000 scénario serait proche de 50
celui du scénario tendan-retraités pauvres en 2030, pour
ciel.807 500 retraités. Le nombre de re-
Sources : Insee, Omphale 2010 ; DGFiP, Revenus disponibles localisés 2008traités pauvres augmenterait ainsi La hausse du nombre de
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2030vres, ainsi que la prise en compte de La pauvreté Taux de pauvreté des individus
selon le type de ménage en région Centreleurs besoins en matière de santé et amplifiée par la
%d’aide à la vie quotidienne accentue fragilisation du
la question du financement des tissu familial Type de ménage 1996 2008
prestations sociales. Personnes seules 15,1 16,9
Les futurs retraités,
Familles monoparentales 26,7 30,0
âgés de 40 à 59 ansUn impact à la baisse des Couples sans enfants 7,9 6,7
hypothèses démographiques aujourd’hui, connais- avec un enfant 8,9 7,8
sent des situations Couples avec deux enfants 11,8 8,6
Le principal facteur de l’évolution du familiales moins sta- avec trois ou plus 27,8 19,7
nombre de retraités pauvres est le Ménages complexes (autres situations) 12,3 20,0bles que la généra-
vieillissement de la population, dû à Ensemble 14,5 13,0tion précédente au
Sources : Insee ; DGFiP, Enquêtes Revenus fiscaux et sociauxl’arrivée des générations du même âge, celle des
baby-boom aux grands âges. Cette retraités actuels.
évolution peut être atténuée par une se sont développées et le chômageEntre 1990 et 2008, parmi les
migration plus faible vers la région s’est installé durablement. Ces40-59 ans, la proportion de person-
Centre des jeunes seniors de 55 à conditions d’emploi ont une in-nes vivant en couple est en diminu-
70 ans et une moindre augmenta- fluence sur la pauvreté des actifs ettion du fait d’un doublement du
tion de l’espérance de vie (scénario donc des futurs retraités. Néan-nombre de divorces et de l’évolution
D1). Ces hypothèses feraient dimi- moins, la comparaison de la généra-des modes de vie. Dans le même
nuer de 8 000 personnes le nombre temps, le nombre de personnes de tion des 40-59 ans en 1990 -
de retraités pauvres à l’horizon 2030 retraités aujourd’hui - et en 2008 -cette génération vivant seules a plus
par rapport au scénario central, dont en 2030 - montre que lesque doublé. Les familles monoparen-
6 000 du fait des migrations basses tales, majoritairement féminines, ont actifs actuels semblent encore rela-
et 2 000 d’une espérance de vie plus également fortement progressé tivement préservés. Parmi eux, la
faible. Selon ce scénario, ce nombre (+ 86 %), ainsi que les ménages part des personnes ayant un emploi
n’augmenterait que de 18,7 % par complexes (+ 82 %). sans limite de durée (CDI, fonction-
rapport à 2008, au lieu de 33,4 % Ces structures familiales sont parti- nariat) est un peu plus importante
dans le scénario central. culièrement exposées à la pauvreté, que dans la génération précédente.
les familles monoparentales com- À l’inverse, les emplois non salariés,
Ces hypothèses ont été élaborées
prenant deux fois plus de ménages plus touchés par la pauvreté, ont
suite à l’observation de phénomè-
pauvres. De plus, alors que le taux sensiblement diminué. Les emplois
nes démographiques passés en ré- de pauvreté des couples a diminué précaires (CDD, intérim, contrats
gion Centre. En effet, le solde entre 1996 et 2008, celui des autres d’adaptation, emplois aidés...) sont
migratoire des personnes âgées de types de ménages a augmenté. certes quatre fois plus nombreux
55 à 70 ans est particulièrement éle- La fragilisation du tissu familial et le qu'en 1990, mais ils restent minori-
vé depuis deux décennies. Il va tou-
développement de structures fami- taires avec 6,3 % des emplois destefois en diminuant et pourrait de
liales exposées à la pauvreté ris- 40-59 ans contre 46 % pour les
nouveau baisser dans les vingt pro- quent d’avoir un impact important 20-29 ans.
chaines années. De plus, l’hypo- sur le niveau des ressources des fu- De plus, le taux d’activité féminin athèse d’une augmentation de turs retraités.
fortement augmenté. Au début desl’espérance de vie sur le même
années 1990, 64 % des femmesrythme soutenu que précédemment Des effets contrastés liés aux
âgées de 40 à 59 ans étaient acti-paraît optimiste, compte tenu des conditions d’emploi
ves, pour près de 80 % aujourd’hui.enjeux sur la précarité et de l’insuffi-
La génération future de retraitésFace à l’évolution du contexte éco-sance de l’offre de soins. Ce phéno-
comptera donc plus de femmesmène risque d’affecter princi- nomique depuis trente ans - mondia-
ayant été présentes sur le marchépalement les zones rurales, assez lisé, tertiarisé, fortement concurren-
du travail que la précédente, qui at-étendues dans le Centre. tiel - des formes précaires d’emploi
Évolution du nombre de retraités pauvres Caractéristiques de l'emploi
selon les scénarios démographiques de la tranche d'âge 40-59 ans
millier %
75
Emplois sans limite de durée
70 région Centre Emplois non salariés
Formes particulières d'emploi
65
région Centre
60
Temps partiel femmes 1990
2008
Temps partiel hommes55
Scénario A1 - Central B1- Migrations basse 55 -70 ans
Scénario C1- Espérance de vie (EDV)basse
50 D1- Migrations basses et EDV basse
Taux d'activité femmes
45 Taux d'activité ensemble
0 20 40 60 80 100
Sources : Insee, Omphale 2010 ; DGFiP, Revenus disponibles localisés 2008 Source : Insee, Enquêtes Emploi - Recensement de la population
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2030teignaient la retraite sans pension Le Ceser Centre et la question des retraités pauvres
directe, et donc avec une de
réversion souvent faible. À la suite de deux rapports consacrés aux travailleurs pauvres et aux bas salai-
Au contraire, certains facteurs sont res, le Ceser Centre a souhaité prolonger sa réflexion et s’intéresser aux per-
défavorables aux futurs retraités. Le sonnes âgées ou retraitées pauvres. Partant du constat que nombre des
travailleurs pauvres actuels seront les retraités pauvres de demain, le Ceser adéveloppement des emplois précai-
sollicité l’Insee afin d’avoir un éclairage sur la question. En parallèle, le Ceser ares, à durée limitée et à temps par-
fait le choix d’une démarche complémentaire en s'appuyant sur des exemplestiel, offre de faibles rémunérations à
concrets, en tentant de définir le budget de ménages types, avec des dépen-une partie de la population. Les fem-
ses qu’il considère comme le minimum nécessaire pour vivre dignement, cemes sont particulièrement concer-
minimum se situant au-dessus du seuil de pauvreté tel que défini par l’Insee. Ilnées. En 2008, elles sont plus d’un
s’agissait ainsi d’analyser la pauvreté en condition de vie plutôt que de manièrequart à travailler à temps partiel,
absolue.contractuellement ou par nécessité
Au vu de ces travaux, il apparaît qu’à l’horizon 2030, la région Centre compte-familiale, contre 4 % des hommes.
rait 70 000 retraités pauvres, si l’on considère l’analyse réalisée par l’InseeLes individus de la génération ac-
(76 000 selon le seuil défini par le Ceser). La situation serait dramatique pourtuelle des 40-59 ans ont aussi vécu
les personnes concernées, mais leur nombre, tout en étant important, serait in-la forte augmentation du chômage
férieur à ce que le Ceser aurait pu imaginer en lançant cette étude. Pour le Ce-dans la première partie de leur car-
ser, les acteurs publics seront en mesure et devront faire face à cetterière et ont davantage été confron-
problématique.tés à des périodes de chômage que
Néanmoins, il tient à alerter sur le risque d’une aggravation de ce phénomènela génération précédente.
pour les générations suivantes, à l’horizon 2040.
La comparaison des conditions
d’emploi entre générations ne per-
Xavier Beulin, Président du Conseil économique, social et
met pas de conclure à une plus forte
environnemental de la région Centre
pauvreté pour les futurs retraités.
Les difficultés sur le marché du tra-
blissant à 13,5 % en 2009. Celui des de pauvreté des différentes tranchesvail pourraient par contre avoir des
retraités, après une forte baisse de d’âge, une variation d’un point dueffets plus importants pour les jeu-
1970 à 1980, diminue plus faible- taux de pauvreté à l’horizon 2030 estnes actifs d’aujourd’hui, retraités
ment jusqu’au début des années plausible, si le système de protec-après 2040. Par rapport aux généra-
2000, puis se stabilise en deçà de tion sociale se maintient.tions précédentes, ils accèdent de
10 %, 3 points en dessous de la Une hausse d’un point appliquée auplus en plus tard au marché du tra-
moyenne générale. scénario tendanciel ferait augmen-
vail, passent par des périodes d’em-
Entre 1990 et 2008, le taux de pau- ter le nombre de retraités pauvres
plois précaires et subissent
vreté des 40-59 ans baisse de d’environ 8 000 personnes à l’hori-
fortement le chômage et la crise
2 points. Cette génération est ainsi zon 2030. Cette population progres-
économique actuelle.
relativement moins pauvre actuelle- serait de moitié par rapport à 2008,
ment qu’elle ne l’était en 1990. Les alors qu’elle n’évoluerait que de8 000 retraités pauvres de plus
futurs retraités ont moins été dans 18,1 % dans l’hypothèse d’uneen cas de hausse d’un point du
des situations de pauvreté que les baisse d’un point du taux de pauvre-taux de pauvreté
retraités d’aujourd’hui, ce qui pour- té. Cependant, la majoration d’un
Au niveau national, après avoir for- rait induire une possible diminution point de ce taux est compensée par
la diminution du nombre de retraitéstement baissé depuis les années 70 de leur taux de pauvreté lors de leur
grâce à la montée du salariat et la retraite. pauvres induite par les hypothèses
mise en place des minima sociaux, Compte tenu de l’évolution des démographiques spécifiées dans le
conditions d’emploi, de la fragilisa- scénario D. Ainsi le scénario D2, lele taux de pauvreté a, depuis vingt
ans, fluctué d’environ un point au- tion de la structure familiale et des plus probable à l’horizon 2030,
tour de sa valeur moyenne, s’éta- fluctuations sur vingt ans des taux donne des résultats similaires au
Retraités pauvres en région Centre selon le scénario
nombre, %
Nombre total Retraités pauvres Retraités pauvres Retraités pauvres
de retraités pauvres de moins de 75 ans de 75 à 84 ans de plus de 85 ans
(52 491 en 2008) (28 210 en 2008) (17 637 en 2008) (6 644 en 2008)
ÉvolutionHypothèse Évolution Évolution Évolution
en en en enScénario taux 2008-20302008-2030 2008-2030 2008-2030
de population 2030 2030 2030 2030de pauvreté (%) (%) (%)(%)
A1 - Maintien 70 048 33,4 33 334 18,2 25 694 45,7 11 020 65,9
Scénario A A2 - Hausse 78 123 48,8 37 621 33,4 28 349 60,7 12 153 82,9
Tendanciel
A3 - Baisse 61 973 18,1 29 047 3,0 23 038 30,6 9 888 48,8
D1 - Maintien 62 290 18,7 29 194 3,5 22 738 28,9 10 358 55,9Scénario D
Migrations basses + D2 - Hausse 69 457 32,3 32 948 16,8 25 087 42,2 11 422 71,9
EDV basse D3 - Baisse 55 122 5,0 25 439 - 9,8 20 389 15,6 9 294 39,9
Sources : Insee, Omphale 2010 ; DGFiP, Revenus disponibles localisés 2008
3scénario tendanciel combiné à une pauvreté en région Centre serait ainsi diane du revenu fiscal des 60-74 ans
hypothèse du maintien du taux de davantage rurale qu’urbaine, avec est équivalente à celle du reste de la
pauvreté. 12,3 % de personnes pauvres dans population, 27 000 euros tandis que
Toutefois, dans un contexte de fragi- l’espace rural contre 10,8 % dans l’ur- celle des plus de 75 ans est de
lité de l’économie française et euro- bain, résultat à relativiser compte tenu 20 000 euros. La dispersion des re-
péenne, le risque d’une moindre d’un coût de la vie souvent supérieur venus est moins importante chez les
efficacité du système de protection en milieu urbain. retraités que dans l’ensemble de la
sociale français, faute de finance- Du fait de leur population plus impor- population.
ment, pourrait entraîner une paupé- tante, avec près de la moitié de la po- Les difficultés financières des retrai-
risation de la population. Le nombre pulation régionale, le Loiret et tés peuvent être aggravées par un
de retraités pauvres augmenterait l’Indre-et-Loire compteraient en 2030 mauvais état de santé qui nécessite
alors de 8 000 personnes pour le plus grand nombre de retraités pau- des soins coûteux ou par une perte
chaque point supplémentaire du vres (respectivement 20 % et 24 %). d’autonomie qui induit également
taux de pauvreté. Ceux-ci seraient particulièrement des coûts supplémentaires, malgré
concentrés sur l’axe ligérien et les l’allocation personnalisée d’auto-
Le sud rural plus touché par la franges franciliennes (55 %), en mi- nomie. La population est vieillis-
pauvreté des retraités, mais forte lieu plus urbain. Le nombre de retrai- sante en région Centre : un tiers
progression en milieu urbain tés pauvres y augmenterait le plus aura plus de 60 ans en 2030 contre
fortement (+ 45 % à Tours-Amboise, un quart en 2008. Cette évolution estRelativement à la population, le sud
+ 43 % à Chartres-Dreux, + 42 % à particulièrement marquée aux âgesde la région est plus touché par la
Blois, + 39 % à Orléans).
plus élevés : le nombre de person-pauvreté des retraités, car leur part y
nes de plus de 85 ans augmenteraitest plus élevée et les taux de pauvreté Une pauvreté accentuée par la
plus importants. En 2030, les retraités de 66 % entre 2008 et 2030, et dedégradation de l’état de santé et
pauvres représenteraient 2,0 % de la 160 % à l’horizon 2040.la perte d’autonomie
population dans le Loiret et En 2030, le nombre de personnes
l’Eure-et-Loir, 2,6 % dans l’Indre-et- âgées dépendantes serait en forteDe manière générale, les retraités
augmentation. Le taux de dépen-Loire et le Loir-et-Cher, contre 3,3 % sont moins touchés par la pauvreté
dans le Cher et 4,2 % dans l’Indre. que le reste de la population. Dans la dance augmente avec l’âge, et
Les bassins du sud, plus ruraux, sont concerne un tiers des personnes derégion Centre, en 2008, toutes les
85 ans et plus.davantage concernés, particulière- classes d’âge ont un taux de pauvreté
ment ceux du Blanc et de La supérieur à celui des seniors. Ceux-ci Le problème de l’offre de santé se
Châtre-Argenton, avec 4,7 % et 4,9 % pose avec acuité dans la région, dureprésentent 24,0 % de la population,
fait de la pénurie de médecins géné-de retraités pauvres. En revanche, les alors qu’ils ne sont que 15,8 % des
bassins des chefs-lieux de départe- personnes en situation de pauvreté. ralistes et de spécialistes. Avec une
ment, avec une part moins importante densité moyenne de 262 médecinsCependant, la pauvreté des retraités
en activité régulière pour 100 000de retraités et des taux de pauvreté s’accroît avec l’âge, alors que les be-
plus faibles, sont moins affectés, no- soins en matière de santé entraînent habitants, le Centre est la deuxième
tamment Orléans et Chartres-Dreux, région la moins dotée, après la Pi-des frais plus lourds.
cardie. De plus, la possible réduc-qui ne comptent que 1,9 % de retrai- Les revenus sont plus faibles chez
tés pauvres dans leur population. La les plus de 75 ans. En 2008, la mé- tion de services dans les centres
Une part plus importante des retraités pauvres Concentration des retraités pauvres
dans le sud de la région sur l'axe ligérien et les franges franciliennes
Évolution régionale : 33,4 %Moyenne régionale : 2,6 %
Part des
retraités pauvres Évolution 2008-2030 Nombre de retraités
du nombredans la population pauvres en 2030
en 2030 (%) de retraités pauvres (%)
12 450
4,6 38
3,1 31
2,5 26 4 150
Sources : Insee, Omphale 2010, Scénario tendanciel, maintien des taux de pauvreté ; DGFiP, Revenus disponibles localisés 2008
4 4
©
©
IGN - Insee 2011
IGN - Insee 2011hospitaliers restreint l’accès aux Taux de pauvreté selon l'âge du référent fiscal du ménage
soins, notamment en milieu rural. À %
cette situation s’ajoute le vieillisse-
moins de de 30 à 39 de 40 à 49 de 50 à 59 de 60 à 74 75 ans et
ment des professionnels de santé,
30 ans ans ans ans ans plus
qui seront nombreux à cesser leur
Cher 20,0 14,4 14,8 12,2 9,0 11,1activité dans les prochaines années.
Eure-et-Loir 14,4 10,1 10,9 9,7 7,3 7,6
Le Centre est la deuxième région où
Indre 19,7 13,5 15,3 12,7 9,5 14,7
la population médicale est la plus
Indre-et-Loire 19,3 11,2 12,0 9,9 7,7 10,6âgée, avec une moyenne de 52 ans.
Loir-et-Cher 17,2 12,5 12,8 10,1 6,9 9,5
L’avenir de la santé en région Centre
Loiret 17,3 11,8 11,6 9,9 7,3 7,3
devra passer par une organisation
Centre 17,8 11,9 12,4 10,4 7,8 9,8
de l’accès aux soins sur le territoire
Province 19,7 13,7 14,6 12,2 9,7 12,2
qui nécessite une approche régio-
France
18,8 13,2 14,4 12,4 9,9 11,5nale et départementale. métropolitaine
Sources : Insee ; DGFiP, Revenus disponibles localisés 2008
La région Centre moins touchée par la pauvreté des retraités
Taux de pauvreté des retraitésLe Centre a des taux de pau-
en 2008
vreté plus faibles que la
moyenne métropolitaine. Il se
classe juste après l’Alsace
pour son taux de pauvreté des
plus de 60 ans (8,6 % contre
10,5 % en métropole).
Le nord de la région est parti-
culièrement épargné, le Loiret,
l’Eure-et-Loir et le Loir-et-Cher
Taux de pauvreté
(%)figurant parmi les dix départe-
14,0
9,6ments aux plus faibles taux de
11,1
8,4pauvreté métropolitains.
Taux de pauvreté
www.senioractu.com
Métropole : 10,5 %
Province : 10,7 %
Centre : 8,6 %
Sources : Insee, Omphale 2010 ; DGFiP, Revenus disponibles
localisés 2008
Inflexion de tendance après 2040 due à la fin du baby-boom
L’arrivée à l’âge de la retraite des générations du baby-boom Évolution du nombre de retraités pauvres
joue pour beaucoup dans l’augmentation du nombre de retraités par tranche d'âge
pauvres. Toutefois, au fil de la période de projection, cet effet va
s’atténuer. Quelle que soit la tranche d’âge, le phénomène ob-
millierservé est le même : forte augmentation des retraités pauvres 80
due à l’arrivée des générations du baby-boom, puis une inflexion
région Centre70
de tendance, en 2020 pour les moins de 75 ans, en 2030 pour
60 Retraités pauvresles 75-84 ans et en 2040 pour les plus de 85 ans. Suit une stabi-
Moins de75 ans
50lisation, voire une diminution du nombre de retraités pauvres, les 75-84 ans
générations suivantes étant moins nombreuses. 40 Plus de 85 ans
La population de retraités pauvres augmente ainsi de façon re- 30
lativement constante jusqu’en 2030, avec un rythme un peu
20
plus soutenu en début de période. En fin de période un chan-
10
gement de tendance s’amorce, les générations du baby-boom
0arrivant en fin de vie. Cet effet étant passé, il est donc probable
que le nombre de retraités pauvres s’infléchisse après 2040.
Ces générations arrivant à la retraite après 2040 auront vrai-
semblablement connu pour une part des conditions familiales
et professionnelles plus précaires, et pourraient être confron- Sources : Insee, Omphale 2010, Scénario tendanciel, maintien des taux de
pauvreté ; DGFiP, Revenus disponibles localisés 2008tées à des situations de pauvreté plus marquées.
5
2008
2012
2016
2020
2024
2028
2032
2036
2040
©
IGN - Insee 2011Pour comprendre ces résultats
Définitions
(prestations familiales, aides au logement, pour une année donnée à un seuil, dénommé
Retraités pauvres : leur nombre est estimé en
minima sociaux) ; total duquel on déduit les seuil de pauvreté (exprimé en euros).
appliquant des taux de pauvreté par tranche
impôts directs payés par le ménage (impôt sur
d’âge et par département aux personnes de Ménages complexes : ménages qui comp-
le revenu, taxe d’habitation) et les prélève-
plus de 60 ans en 2008 et aux de tent plus d'une famille ou plusieurs person-
ments sociaux.
nes isolées, ou toute autre combinaison deplus de 62 ans en 2030. Le seuil d’âge de 60
ou 62 ans a été déterminé en fonction de l’âge familles et personnes isolées (une famille estSeuil de pauvreté : déterminé par rapport à
de départ à la retraite. composée d'un couple ou d'un adulte seul,la distribution des niveaux de vie de l’en-
avec ou sans enfants). Le type de lien entresemble de la population, il est égal à 60 % de
Revenu disponible d’un ménage : somme de les personnes d'un ménage complexe peutla médiane des niveaux de vie, soit 949 euros
toutes les ressources des différentes person- être très variable : lien de parenté, liens ami-en 2008.
nes composant le ménage : revenus d’activi- caux, etc... Ces ménages comportent notam-
té (salaires nets, bénéfices…), de Taux de pauvreté : correspond à la proportion ment ceux au sein desquels cohabitent
remplacement (allocations chômage, retrai- d’individus (ou de ménages) dont le revenu dis- plusieurs générations, ainsi que les person-
tes…), du patrimoine et prestations reçues ponible par unité de consommation est inférieur nes vivant en colocation.
Méthodologie
Les scénarios démographiques ceux observés sur la période passée, pour les Les hypothèses d’évolution du taux de
personnes de 55 à 70 ans, en conservant les pauvreté
Le scénario A, tendanciel servant de réfé- mêmes hypothèses que le scénario central
rence, postule le maintien de la fécondité, Pour chaque scénario démographique (A, B,pour la fécondité et la mortalité.
qu’il s’agisse de l’indice de fécondité ou des C et D), trois hypothèses d’évolution du tauxL’hypothèse d’une augmentation de l’espé-
quotients de référence par âge de la mère ; de pauvreté sont étudiées : le maintien desrance de vie, sur le même rythme soutenu
une augmentation de l’espérance de vie au taux de pauvreté constants sur toute la pé-que précedemment comme le pose le scé-
même rythme qu’en France métropolitaine, riode de projection (hypothèse 1), la haussenario central, paraît optimiste.
avec une valeur cible en 2040 de 88,8 ans continue des taux de pauvreté sur la période
Le scénario C est défini par les mêmes hypo-pour les femmes et 83,3 ans pour les hom- de projection avec une valeur cible en 2030
mes ; le maintien sur toute la période de pro- thèses que le scénario central sur la fécondité de + 1 point par rapport aux valeurs 2008
et les migrations, mais en postulant pour 2040jection des quotients migratoires entre (hypothèse 2) et la baisse continue des taux
régions et départements. Cependant, des une espérance de vie de 81,4 pour les hommes de pauvreté avec une valeur cible en 2030
phénomènes démographiques particuliers et de 87,1 ans pour les femmes. Il n'envisage de - 1 point (hypothèse 3).
donc pas une diminution de l’espérance de vieobservés en région Centre ont amené à éla-
L'intitulé des scénarios renvoie à ces hypo-borer d’autres scénarios de projection. On mais une augmentation moins soutenue que
thèses : par exemple, le scénario A2 corres-observe depuis deux décennies des soldes celle observée par le passé.
pond aux hypothèses démographiquesmigratoires élevés de personnes de 55 à
Le scénario D est un composé des scéna- tendancielles et à une hausse du scénario70 ans dans le Centre, qui seront probable-
rios B et C, et suppose le maintien de la fé- de pauvreté.ment moins importants dans les années à
condité, une augmentation moins soutenuevenir.
de l’espérance de vie et des quotients d’émi-
Le scénario B prévoit des quotients d’émigra- gration vers la région Centre inférieurs de
tion pour la région Centre inférieurs de 10 % à 10 % pour les 55-70 ans.
Pour en savoir plus
Directeur de la publication
Dominique Perrin « Personnes âgées, retraitées et pauvreté en région Centre », Rapport du Conseil Écono-
mique Social et Environnemental Régional de la région Centre, à paraître (mars 2012).
Coordination des études
« Près de 300 000 habitants de plus en région Centre en 2040 », Insee Centre Info n° 164,Olivier Aguer
décembre 2010.
Équipe de projet « 70 000 travailleurs pauvres en région Centre », Insee Centre Info n° 161, février 2010.
Annie Clerzau
« La crise en 2009 : effets sur le niveau de vie des ménages en région Centre », Insee CentreClaire Formont
Flash n°47, décembre 2011.
Rédactionenchef « Les niveaux de vie en 2009 », Insee Première n° 1365, août 2011.
Philippe Calatayud
« Les retraités résidant en région Centre au 31 décembre 2009, Chiffres-clés », Caisse na-Danielle Malody
tionale d’assurance retraite du Centre, août 2010.
Maquettiste / Webmestre
Hélène Fernandes Ferreira
Yves Dupuis Institut national de la statistique et des études économiques
Direction régionale du Centre
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