Articuler mutations urbaines et démographiques pour la prospective territoriale

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Le vieillissement de la population, l’augmentation du nombre de ménages, la diminution de leur taille, l’instabilité familiale et professionnelle grandissante de ces ménages, ont des répercussions sur les territoires de la ville. Alors que la baisse de la fécondité a pu entraîner un déclin rapide des villes, l’augmentation des solos, une fécondité plus tardive, des couples biactifs plus nombreux ont pu favoriser une réurbanisation des villes. L’objet de cette communication est d’analyser les conséquences spatiales des dynamiques démographiques des ménages lorrains au sein des aires urbaines de Nancy et Metz, entre 1999 et 2005 et à l’horizon 2015. Sommaire 1. Un nouveau régime d’urbanisation 2. Un nouveau régime démographique 2.1. Des ménages lorrains de plus en plus petits 2.2. La croissance des solos 3. Relier régimes d’urbanisation et démographique 3.1. Solos et centralité 4. Prolonger ces réflexions par une analyse prospective Projection du nombre de ménages par aire urbaine Pour aller plus loin 1. Un nouveau régime d’urbanisation 2. Un nouveau régime démographique 2.1. Des ménages lorrains de plus en plus petits 2.2. La croissance des solos 3. Relier régimes d’urbanisation et démographique 3.1. Solos et centralité 4. Prolonger ces réflexions par une analyse prospective Projection du nombre de ménages par aire urbaine Pour aller plus loin
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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°
170N Articuler mutations urbaines
et démographiques
Le vieillissement de la population, l’augmentation du nombre de ménages,
la diminution de leur taille, l’instabilité familiale et professionnelle
grandissante de ces ménages, ont des répercussions sur les territoires
de la ville. Alors que la baisse de la fécondité a pu entraîner un déclin
rapide des villes, l’augmentation des solos, une fécondité plus tardive,
des couples biactifs plus nombreux ont pu favoriser une réurbanisation
des villes. L’objet de cette communication est d’analyser les conséquences
spatiales des dynamiques démographiques des ménages lorrains au sein
des aires urbaines de Nancy et Metz, entre 1999 et 2005 et à l’horizon
2015.Intervention lors du Col-
loque Insee Lorraine-IRA
de Metz “Les territoires
du futur : l’exemple lor-
1. Un nouveau régime en “sauts de mouton” (“leapfrog development”),
rain”, du 7 octobre 2008.
qui “saute” les terrains vacants en périphéried’urbanisation
pour s’installer dans des zones éloignées des
Le modèle de cycle de vie urbain [VAN DEN
centres.
BERG L. ET AL., 1987] décrit schématiquement la
croissance des villes comme la succession de Au dernier stade, la désurbanisation survient
quatre stades successifs : l’urbanisation, la su- quand les activités et résidences se dispersent
burbanisation, la désurbanisation et la réurbani- au-delà des limites de l’aire métropolitaine,
sation. Chaque phase se traduit par un conduisant au déclin de l’ensemble de l’agglo-
développement spécifique du centre, de la mération urbaine.
banlieue et de la périphérie des villes.
Cette théorie de l’évolution urbaine inclut une
Au premier stade, l’urbanisation, la ville-centre phase de réurbanisation, où le cœur de l’agglo-
croît plus vite que sa périphérie et les activités mération regagne des habitants en valeur ab-
s’y concentrent. solue ou relative tandis que, pendant cette
phase, l’aire métropolitaine dans son ensembleAu second stade, la suburbanisation entraîne
continue de perdre des habitants.une croissance plus rapide de la périphérie que
du centre et une déconcentration des activités On peut distinguer deux périodes en Lorraine :
et des résidences, tandis que l’aire métropoli- une phase d’urbanisation caractéristique d’une
taine poursuit son extension. croissance de l’agglomération dans son en-
La suburbanisation est au départ une simple semble (ville-centre et proche périphérie) jusqu’aux
périurbanisation continue, une urbanisation des années 75, suivie d’une phase de suburbanisa-
zones périphériques aux villes. La démocratisa- tion avec croissance du périurbain monopolari-
tion de l’automobile rend accessible de nou- sé au détriment de la ville-centre et de la
veaux territoires plus éloignés des villes, on banlieue jusqu’en 1999 et du périurbain multi-
parle alors de suburbanisation discontinue ou polarisé entre 1999 et 2006. [cf. Figure A]
VL’analyse de trajectoires des commu- la population basée essentiellement migrations ; vieillissement de la po-
nes en termes de dynamiques de po- sur l’immigration, l’élévation de l’es- pulation, par le bas (baisse de la fé-
pulation par type d’espace (7) permet pérance de vie, la baisse de la fé- condité) et par le haut (allongement de
d’affiner ce premier constat. Tout d’a- condité sous le seuil de l’espérance de vie) ; réduction de la
bord, trois types d’espaces connais- remplacement des générations. taille moyenne des ménages.
sent des dynamiques propres. La réduction de la taille moyenneOn assiste à une transition du
Le nombre de communes villes-cen- des ménages a elle-même plusieurscomportement des Européens de
tres en décroissance a progressé de origines :l’altruisme (famille et descendance)
manière continue depuis 1962, seu- * le remplacement de la famille nu-vers l’individualisme (flexibilité des
les les villes-centres de Nancy, Metz cléaire traditionnelle au profit desparcours de vie, autonomie, réalisation
et Thionville sont encore en phase familles monoparentales, recom-de soi, liberté de choix des individus).
de progression, bien que faible. posées, couples sans enfants,
Les conditions de nuptialité ont évo-
personnes vivant seules, etc. ;Pour les communes de banlieue, la lué, avec la diffusion de la contracep-
* la raréfaction de la cohabitationsituation s’est inversée en 1982. tion médicalisée depuis les années
entre générations (personnesJusqu’en 1982, le nombre de com- 60 ; l’allongement des durées de sco-
âgées et enfants adultes);munes de banlieue en croissance larisation et de la proportion des fem-
s’est fortement réduit, depuis 1982 mes accédant à des études * l’allongement de l’espérance de vie ;
on compte à peu près le même supérieures ; la féminisation de la * l’élévation du pouvoir d’achat qui
nombre de communes de banlieue force de travail et les difficultés ren- rend l’autonomie résidentielle
en croissance qu’en décroissance contrées par les femmes pour conci- possible, etc.
de population. lier carrière professionnelle et vie
familiale ; la décohabitation des jeu- 2.1. Des ménages lorrainsEnfin, le nombre de communes pôles
nes pour des raisons d’études ou de de plus en plus petitsd’emploi de l’espace rural en décrois-
désir d’indépendance, la diversifica-sance, après avoir progressé sur la En Lorraine, la taille moyenne des
tion des formes de vie commune, lapériode 1962-1990, tend à se stabili- ménages est passée de 2,87 en
hausse des cohabitations prénuptia-ser en fin de période. [cf. Figure B] 1982 à 2,35 en 2005. Il s’agit d’un
les, l’augmentation du taux de divor- phénomène national et de la résul-
tialité, et plus généralement une plus2. Un nouveau régime tante de la progression des person-
grande fragilité des couples.démographique nes seules (+16%) : un tiers des
Des changements sont également ménages lorrains est composéLa deuxième transition démogra-
intervenus dans la composition de la d’une personne, un autre tiers de 2phique en Europe peut être caracté-
population : diversité ethnique personnes et seul le dernier tiers estrisée par trois facteurs : le
accrue des populations du fait des composé de 2 personnes et plus.ralentissement de la croissance de
Suburbanisation depuis 1975 (fig.A)
Gains / pertes de population en moyenne par an
6 000 14 000
12 000
4 000
10 000
99/06 8000
62/68
2 000
6000
4000
90/99
0 68/75
2000
82/90
0
75/82
-2 000
-2 000
-4 000
-4 000
Source : Insee, Recensements de la population
2
Ville-centre
Banlieue
Périurbain -
Monopolarisé
Périurbain -
Multipolarisé
Espace rural -
Pôle d'emploi
Espace rural -
Couronne d'un
pôle
Espace rural -
Autres
Ville-centre
Banlieue
Périurbain -
Monopolarisé
Périurbain -
Multipolarisé
Espace rural -
Pôle d'emploi
Espace rural -
Couronne d'un
pôle
Espace rural -
AutresTrajectoires des communes (fig.B)
Pôle urbain - Ville-centre Pôle urbain - Banlieue20 90
18 80
16 70
14
60
12
50
10
40
8
30
6
204
102
0 0
1968- 1975- 1982- 1990- 1999- 2006- 1968- 1975- 1982- 1990- 1999- 2006-
1962 1968 1975 1982 1990 1999 1962 1968 1975 1982 1990 1999
Périurbain - Monopolarisé Périurbain - Multipolarisé
600700
600
500
500
400
400
300
300
200
200
100100
0 0
1968- 1975- 1982- 1990- 1999- 2006- 1968- 1975- 1982- 1990- 1999- 2006-
1962 1968 1975 1982 1990 1999 1962 1968 1975 1982 1990 1999
Espace rural - Couronne d'un pôle d'emploiEspace rural - Pôle d'emploi 12045
40
100
35
30 80
25
60
20
4015
10
20
5
0 0
1968- 1975- 1982- 1990- 1999- 2006- 1968- 1975- 1982- 1990- 1999- 2006-
1962 1968 1975 1982 1990 1999 1962 1968 1975 1982 1990 1999
Espace rural - Autres communes
900
Nombre de communes
800
Décroissance
700
Croissance
600 Stables
500
Décroissance : perte de population supérieure à 100 habitants
400 d'un recensement à l'autre par commune
Croissance : gain de population supérieur ou égal à 100 habitants
300
d'un recensement à l'autre par commune
200
100
Sources : Insee, Recensements de la population
0
1968- 1975- 1982- 1990- 1999- 2006-
1962 1968 1975 1982 1990 1999
3Deux facteurs influent sur l’évolution 45% des personnes seules ont 602.2. La croissance des solos
du nombre de ménages : ans ou plus. 60% d’entre elles sontOn constate que jusqu’à 25 ans, les
de la structure par sexe et âge de la des femmes. En effet, à ces âges,filles logent plus souvent seules que
population : les jeunes adultes et les elles se retrouvent plus souventles garçons car elles quittent plus
plus âgés vivent le plus souvent seules que les hommes car elles vi-tôt le foyer parental. Puis, jusqu’à
seuls et l’évolution des comporte- vent en moyenne plus longtemps,45 ans, les hommes sont plus nom-
ments de cohabitation : la maîtrise sont en général plus jeunes quebreux à vivre seuls : ils se mettent
accrue de la fécondité, une mise en en couple plus tardivement et ont leurs conjoints et se remettent
couple plus tardive, des unions plus moins souvent la garde des enfants moins souvent en couple après une
fragiles contribuent à l’accroisse- lors d’une séparation. séparation ou un veuvage.
ment des petits ménages.
On compte 300 000 ménages lor- Croissance des solos (fig.2)
rains d’une personne seule en 2005,
Part selon l'âge des hommes et des femmes seuls en 1999 et 2005soit 43 000 de plus qu’en 1999. La
%hausse du nombre de personnes vi- 60
vant seules est due essentiellement
à l’évolution des modes de cohabi-
Femmes
50tation, à âge donné. En séparant (2005)
l’effet de l’évolution des modes de
vie et l’effet de l’évolution de la pyra-
40mide des âges, l’évolution du
Femmes
(1999)nombre de personnes seules s’ex-
plique pour deux tiers par l’évolution
30
des modes de cohabitation (à âge
donné) et pour un tiers par l’effet “py-
ramide des âges”. Cette observation
20
contraste avec les évolutions natio-
nales : au niveau de la France mé- Hommes
(2005)
tropolitaine, chacun des deux effets
10
contribue pour moitié environ à la
Hommes
(1999)hausse du nombre de personnes
seules. En Lorraine, l’évolution des
0
modes de cohabitation a un impact
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75 80 85 90 95
plus marqué qu’ailleurs, tandis que
l’effet “baby-boom” est plus mesuré.
Source : Insee, Recensement de la population de 1999, Enquêtes annuelles de recensement de 2004 à 2006
[cf. Figure 1]
Des ménages de plus en plus petits (fig.1)
Lorraine France métropolitaine
2000 000 Nombre de personnes entre 1999 et 200580 000 Nombre de personnes entre 1999 et 2005
1500 00060 000
1000 000
40 000
500 000
20 000
00
-500 000
-20 000
-1 000 000Effet structure par âge Effet structure par âge
-40 000
Effet comportement Effet comportement
de cohabitation de cohabitation
-1 500 000
-60 000
-2 000 000
-80 000
Champ : population des ménages
Source : Insee, Recensement de la population de 1999, Enquêtes annuelles de recensement de 2004 à 2006
4
Enfant d'un
couple
Enfant famille
monoparentale
Adulte d'un
couple sans
enfant
Adulte d'un
couple avec
enfant
Adulte famille
monoparentale
Personne
vivant seule
Hors fam.
ménage plusieurs
personnes
Enfant d'un
couple
Enfant famille
monoparentale
Adulte d'un
couple sans
enfant
Adulte d'un
couple avec
enfant
Adulte famille
monoparentale
Personne
vivant seule
Hors fam.
ménage
plusieurs pers.Le passage à une phase de mono- tive pour les ménages non-fami- Par ailleurs, une plus grande propor-
résidentialité peut intervenir à divers liaux (“adult-centered”) que pour les tion des logements est à louer dans
moments du cycle de vie : ménages familiaux (“child-cente- les villes-centres, ce qui correspond
red”), les personnes seules de- davantage aux capacités financières* report par les jeunes des engage-
vraient dès lors être surreprésen- de petits ménages qui n’ont générale-ments dans la vie adulte et dans
er tées en ville-centre, d’autant que la ment pas le projet d’accéder à la pro-l’établissement conjugal (1 mode
taille moyenne des logements est priété et renvoie à l’existence d’un
statistique chez les hommes comme
plus petite dans les villes-centres lien étroit entre l’achat d’un logement
chez les femmes);
qu’en périphérie. et la constitution d’une famille.
* difficulté de construction du
couple aux âges moyens ;
Pyramides des âges des personnes seules en Lorraine (fig.3)* différentiel de mortalité entre les
èmesexes (2 mode statistique chez
Âge
les femmes).
110Hommes Femmes
105Par ailleurs, l’on sait qu’une propor- 2005 2005
19991999 100tion plus importante de solos a été
95constatée chez les PCS++ et que
90
des différences de taille des ména-
85
ges existent entre nationalités, no-
80
tamment chez les immigrés 75
d’origine européenne à plus faible 70
fécondité. [cf. Figures 2 et 3] 65
60
553. Relier régimes
50
d’urbanisation
45
et démographique 40
35La coïncidence temporelle entre les
30
deux régimes pose la question de
25
leur interaction et de la géographie
20
des types de ménages, ainsi que 15
des conséquences futures sur l’a-
25 000 15 000 5 000 5 000 15 000 25 000
ménagement urbain.
L’analyse de ces interactions per-
Source : Insee, Recensement de la population de 1999, Enquêtes annuelles de recensement de 2004 à 2006met d’apporter des éléments de ré-
ponse à plusieurs questions
d’économie urbaine :
Solos et centralité (fig.4)
* mieux appréhender les processus
de ségrégation observés dans les
70 %espaces urbains,
* comprendre le processus de reva-
60
lorisation sociale des villes-cen-
tres : présence de catégories
sociales élevées au centre, 50
* analyser le déplacement spatial du
vieillissement démographique et le 40
mouvement résidentiel des jeunes
adultes vers les villes-centres ;
30
et plus généralement “freiner l’étale-
ment urbain”, nécessite de
20
connaître les aspirations résidentiel-
les des différentes catégories de la
10population.
3.1. Solos et centralité
0
En matière de lien entre mode de Nancy Metz MetzNancy
cohabitation et centralité, un cer- Ville-centre Hors ville-centre
tain nombre de comportements
Personnes seules Couples Monoparentales Hors famille
sont attendus. Tout d’abord la
Source : Insee, Enquêtes annuelles de recensement de 2004 à 2006ville-centre devrait être plus attrac-
5Qu’enest-ildelaréalitéobservée * Quel serait l’impact d’un nouveau4. Prolonger
sur les aires urbaines de Nancy et choc pétrolier sur l’étalement ur-ces réflexions par une
de Metz en 2005 ? bain ?
analyse prospective
Premier constat, les personnes seu-
Le choix de localisation des ménagesles sont bien surreprésentées dans L’articulation de la réflexion prospec-
dépend des coûts du logement, desles villes-centres de Nancy et Metz tive démographique et territoriale per-
transports et d’autres facteurs. Lesen 2005, en particulier à Nancy : met d’apporter un éclairage à nombre
ménages cherchent à optimiser leur53,4% des ménages alors qu’il y a d’interrogations :
situation en minimisant la somme deségalité à Metz entre couples et
* Où localiser les équipements col- deux premiers facteurs. De fait lespersonnes seules.
lectifs et pour quelles populations ? ménages sont soumis au dilemme
Par contre les structures par âge sont Pour les personnes âgées, les be- d’habiter loin du centre, avec des
différenciées à Metz et Nancy : la soins sont différents selon l’a- coûts de logements bas, mais des
moitié des solos dans la ville-centre vancée en âge (marché du “premier coûts et temps de transport élevés ;
de Nancy ont moins de 35 ans contre âge”) et les revenus ; pour les étu- ou inversement près du centre, mais
seulement 37% dans la ville-centre diants, dont le désir d’être auto- avec des logements chers. Une rente
de Metz. [cf. Figures 4 et 5] nome bute sur la tendance foncière apparaît donc près du centre
inflationniste des prix des loyers de l’agglomération.En 2015 le nombre de ménages de-
jusqu’en 2008 dans le parc privé
vrait progresser plus vite en péri- En première approximation : unen centre-ville et ce malgré l’alloca-
phérie (+8,7%) qu’en ville-centre choc pétrolier devrait favoriser lestion logement, etc. ;
(+5,6%) à Metz et ce à l’inverse de localisations centrales. Oui, mais
Nancy (+7% en ville-centre et 6,3% en * Quelle sera la demande future de pour quels types de ménages ?
périphérie). Dans les deux aires urbai- logements ? Ces nouveaux ména- Trois types d’effets sont à prendre
nes, l’essentiel de cette croissance ges, soumis à une plus grande en compte :
viendra des personnes seules, autour mobilité résidentielle et profes-
* un effet “revenu” : il est néces-de 7 points en moyenne. Le nombre sionnelle, à la diffusion de la
saire de distinguer entre les mé-de solos augmentera plus vite en pé- double activité, à l’insécurité ré-
nages du périurbain les plus aisésriphérie qu’en ville-centre, à Nancy gnant sur le marché du travail et
qui ont choisi ce mode de vie etcommeàMetz(4 000 contre 9 000). La au sein de la cellule familiale,
les ménages les moins aisés pourcroissance des solos en ville-centre pourraient remettre en question
lesquels l’éloignement est “con-viendra de la tranche des 35-64 ans, l’attrait du modèle culturel en ter-
traint” ;alors qu’en périphérie elle viendra mes d’habitat que représente la
pour moitié des plus de 65 ans. [cf. Fi- villa individuelle en zone périur- * uneffet“cycledevie”:si les
gures 6, 7 et 8] baine ; 15-29 ans quittent les espaces
Plus de jeunes au centre de l'aire urbaine de Nancy (fig.5)
Metz Nancy
%%
100 100
19,2%9090
26,5%
80 80 42,3%
49,3%
70 70
29,1%
60 60
36,3%
50 50
34,9%40 40
32,7%
37,0%
30 30
23,6%
20 20
13,4%
10 9,5% 10 19,0%
13,6%
9,4%
4,1%
0 0
Ville-centre Hors ville-centre Ville-centre Hors ville-centre
moinsde25ans 25-34 ans 35-64 ans 65 ans et plus
Source : Insee, Enquêtes annuelles de recensement de 2004 à 2006
6périurbains et ruraux en direction Assisterons-nous à une modification ges est d’autant plus forte que l’on
des pôles urbains pour se former des comportements résidentiels et s’éloigne du centre des aires urbai-
et trouver un emploi, le mouve- dans quel sens ? Chaque type d’es- nes et que la taille de l’agglomération
ment s’inverse à 30 ans : pour les pace a en effet ses avantages et in- diminue. Dans le périurbain, l’organi-
familles avec deux enfants le pé- convénients. sation des parcours quotidiens suit un
riurbain affiche un solde migra- modèle en boucles programmées, enCôté avantages pour le périurbain :
toire record ; circuit et obéit à une logique de ratio-plus d’espace extérieur, un rapport
nalisation des déplacements : limita-à la nature, un sentiment de liberté,* un effet “distance” : si entre tion de leur nombre, de leur ampleur"l'entre-soi", etc. Côté inconvé-1990 et 1999, les flux de popula- pour économiser du temps et de l’ar-nients : la dépendance automobile,tion les plus importants bénéfi- gent ; alors que pour les habitants dudes “parents-taxis” (enfants, ados),ciaient à l’immédiate périphérie centre le domicile constitue unedes temps de transport allongés, undes pôles urbains (15 km du “base” que l’on quitte et que l’on re-environnement peu adapté aux ado-
centre des aires urbaines)(+1% par joint plusieurs fois dans la journée.lescents (loisirs), aux jeunes (études)
an), depuis 2000, les gains de
et aux seniors (isolement), une fragi- La réponse à ce type de questionspopulation se sont étendus plus
lité par rapport à l’emploi, etc. permettra de réfléchir aux nouveauxloin des villes-centres : ce sont
outils de planification aptes à orga-les communes situées entre 20 En ce qui concerne la mobilité-trans-
niser ces changements.et 30 km des centres urbains qui ports les arbitrages futurs sont plus
ont enregistré les plus fortes difficiles à appréhender. On sait en
hausses de population. effet que la motorisation des ména- Christian CALZADA
Thierry GUILLAUME *
Nombre de solos par tranche d’âge entre 2005 et 2015 (fig.8)
Nancy MetzContribution
à la croissance Hors Hors
Ville-centre Ville-centre(%) ville-centre ville-centre
Moins de 25 ans 2,4 -0,8 -1,9 -0,8
25-34 ans -3,7 2,3 0,8 2,1
35-64 ans 13,1 10,0 11,5 9,5
65 ans et plus 1,7 13,3 12,66,1
Ensemble 13,5 24,7 16,5 23,4
Effectifs + 4 000 + 9 000 + 3 900 + 9 000
* Thierry Guillaume était à l’époque de
Scénario central 2005-2015 l’intervention, chargé d’étude d’action
Source : Insee, Omphale régionale à l’Insee Lorraine
L('aire urbaine de Nancy 2005-2015 fig.6) LM'aire urbaine deetz 2005-2015(fig.7)
Projection du nombre de ménages par mode de cohabitation Projection du nombre de ménages par mode de cohabitation
et type d'espaceet type d'espace
Contributions à la croissance du nombre de ménages (%) Contributions à la croissance du nombre de ménages (%)10 10
8 8 Ville-centreVille-centre
Hors ville-centreHors ville-centre
6 6
4 4
22
00
-2 -2
-4
-4
Source : Insee, Omphale (scénario central)Source : Insee, Omphale (scénario central)
7
Couples
Familles
monoparentales
Hors famille
Personnes
seules
Ensemble
Couples
Familles
monoparentales
Hors famille
Personnes
seules
EnsembleSavoir plus :
Projection du nombre de ménages par aire urbaine
La méthode comporte deux étapes :
- Horizon 2015 : prévoir le logement de ère
1 étape : projection de la population totale selon un jeu d’hypothèses44 000 ménages âgés supplémentai-
sur les migrations, la mortalité et la fécondité, par le modèle Omphale.res, Thierry Guillaume, Économie Lor-
raine N° 110, décembre 2007, 6 pages. Les projections ont été élaborées avec les hypothèses du scénario dit
- Le nombre de ménages augmente «central». Les projections par aire urbaine ont été calées sur le niveau
plus vite que la population, Thierry régional.
Guillaume, Économie Lorraine N° 101,
octobre 2007, 4 pages. ème2 étape : projection du nombre de ménages. On dispose de taux de
répartition de la population par mode de cohabitation, sexe et âge. En
Sites internet : appliquant ces taux à la population totale projetée, on obtient pour
www.insee.fr chaque année de la projection, une répartition de la population de la
Ira de Metz : www.ira-metz.fr zone (ville-centre, hors ville-centre) par mode de cohabitation. Pour
chaque mode de cohabitation, on dispose d’un taux de personnes de ré-
Les actes du colloque Insee - Ira de férence du ménage. En appliquant ces taux de personnes de référence
Metz sont disponibles sur Insee.fr/lor-
à la population répartie par mode de cohabitation, sexe et âge, on ob-
raine à la rubrique «Acteurs publics :
tient un nombre de personnes de référence par sexe et mode de cohabi-études et partenariats» / «Colloques et
conférences» tation. On en déduit un nombre de ménages par type de ménage et âge
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© INSEE 2009
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