Cinq ans après leur sortie du système éducatif, plus de huit jeunes sur dix travaillent en région Centre

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Cinq ans après leur sortie de formation initiale dans le Centre, huit jeunes en emploi sur dix travaillent dans la région. Plus du tiers d’entre eux ont trouvé un emploi dans une PME et près des deux tiers dans le secteur tertiaire. Les conditions d’emploi divergent fortement selon les secteurs. Au total, six jeunes sur dix sont sous contrat à durée indéterminée, mais l’administration, la santé et l’éducation emploient beaucoup de jeunes sous contrat précaire. Les jeunes sans qualification se retrouvent d’abord dans l’industrie des biens intermédiaires et l’agro-alimentaire. Neuf fois sur dix, les postes occupés sont des postes d’ouvriers ou d’employés. Enfin, le lien entre la formation et l’emploi est lâche. D’une part, un tiers des sortants occupent un emploi déqualifié. D’autre part, moins d’un sur deux travaille dans son domaine de formation.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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n° 109 - Septembre 2001
Cinq ans après leur sortie du système éducatif,
plus de huit jeunes sur dix travaillent en région Centre
Eric MORIAME
Cinq ans après leur sortie de formation initiale dans le Centre, huit jeunes en
emploi sur dix travaillent dans la région. Plus du tiers d’entre eux ont trouvé un
emploi dans une PME et près des deux tiers dans le secteur tertiaire. Les
conditions d’emploi divergent fortement selon les secteurs. Au total, six jeunes
sur dix sont sous contrat à durée indéterminée, mais l’administration, la santé
et l’éducation emploient beaucoup de jeunes sous contrat précaire. Les jeunes
sans qualification se retrouvent d’abord dans l’industrie des biens
intermédiaires et l’agro-alimentaire. Neuf fois sur dix, les postes occupés sont
des postes d’ouvriers ou d’employés. Enfin, le lien entre la formation et
l’emploi est lâche. D’une part, un tiers des sortants occupent un emploi
déqualifié. D’autre part, moins d’un sur deux travaille dans son domaine de
formation.
Présentation de l’enquête Insertion professionnelle et sociale
des jeunes en région Centre
L’enquête Insertion professionnelle et sociale de jeunes en région Centre a été menée en
1998 auprès d’une population de jeunes sortis des formations initiales dispensées par la
région en 1993. Réalisée par l’INSEE, elle a bénéficié d’un partenariat régional large :
Préfecture de région, Conseil régional, DRTEFP, DRASS, ORFE, rectorat de l’académie
d’Orléans-Tours et CEREQ (CIA).
Elle avait pour objectif d’observer le cheminement professionnel et social de jeunes sur la
période 1993-1998. La population interrogée est constituée de « sortants du secondaire »
(jeunes sortants d’apprentissage et jeunes sortants du système scolaire hors terminales
générales) et d’élèves de terminales convoqués au baccalauréat en 1993 et n’ayant pas
obtenu ensuite de diplôme de niveau supérieur. La collecte et le traitement des
questionnaires ont été réalisés par l’INSEE Centre. Plus de 3 600 questionnaires ont été
déclarés exploitables, représentatifs d’une population de 17 500 jeunes. Après une partie
commune à tous les jeunes interrogés (décrivant leur formation initiale, leurs
caractéristiques sociales et familiales, leurs ressources,....), le questionnaire s’intéressait
à la succession et à la description, sur la période 1993-1998, des différents parcours
individuels (inactivité, chômage, emploi long, intérim, ...). Enfin, l’opinion personnelle de
l’enquêté sur son parcours d’insertion était recueillie.
Un dossier de 94 pages en présentant les principaux résultats a été publié en avril 2001
par l’INSEE dans la collection Dossier. D’autres analyses sur des populations particulières
telles que les jeunes ayant bénéficié d’emplois aidés ou les intérimaires ont été publiées
dans Indicateurs économiques du Centre (IEC n°31, février 2001). Les jeunes chômeurs
de longue durée ont également fait l’objet d’une étude spécifique (Insee Centre Info
n°103, avril 2001). L’enquête « Insertion professionnelle et sociale des jeunes » menée en région Centre en
1998 a permis d’observer la trajectoire de 17 500 jeunes sortis de formation initiale en 1993.
Leur parcours d’insertion, son déroulement et son aboutissement ont déjà fait l’objet de
plusieurs études. Les jeunes ont notamment été interrogés sur l’emploi qu’ils occupaient cinq
ans après leur sortie du système éducatif. Toutes formations confondues, environ huit sur dix
étaient en emploi en juillet 1998. Restait à préciser un élément-clé : dans quelle mesure ces
emplois correspondaient-ils à leur formation ? A leur spécialité ? A leur niveau ? Bref, à
éclairer le débat sur l’adéquation entre emploi et formation des jeunes formés en région
Centre.

Un emploi souvent dans la région,
mais la mobilité géographique reste importante
Etre formé dans la région ne garantit pas que l’on y trouve un emploi : la mobilité
géographique est réputée gage d’une insertion plus aisée, dans un marché du travail devenu
fluide. Néanmoins, cinq ans après, plus de huit jeunes en emploi sur dix travaillent dans la
région Centre. Le Loiret et l’Indre-et-Loire en accueillent à eux seuls près de la moitié. Pour
les autres, la région parisienne est une destination incontournable : Paris et les Yvelines
emploient ainsi chacun environ 300 jeunes.
Si, en dehors des mouvements vers la région parisienne, la mobilité extra-régionale est
faible, le changement de département est plus fréquent : la cohorte de jeunes suivie se
retrouve dans 76 départements différents, dont 17 comptent plus de 50 jeunes. Ainsi, 27 %
sont employés dans un département différent de leur département de formation, et près de
six sur dix ont travaillé successivement sur le territoire de communes différentes. Les flux
sortants les plus importants concernent l’Eure-et-Loir, dont plus de 400 jeunes travaillent en
région parisienne. L’Indre-et-Loire et le Loiret sont exportateurs nets de jeunes formés et
enregistrent de nombreux échanges avec les départements voisins.
Quel que soit l’endroit, le délai d’accès à l’emploi occupé cinq ans après la sortie est
important : en moyenne, ces jeunes ont mis trois ans pour l’obtenir. Ce délai est plus important encore (40 mois) pour les bacheliers et les jeunes sans qualification. Pour 73 %
des jeunes, cet emploi n’est d’ailleurs pas leur premier emploi salarié : ils en ont occupé un
ou plusieurs autres auparavant.

Les PME et le commerce en tête des recrutements
Les PME constituent pour les jeunes sortants un débouché essentiel : plus d’un tiers
appartiennent à des entreprises de moins de 10 salariés, et six sur dix à des entreprises de
moins de 50 personnes. Il s’agit le plus souvent de sociétés commerciales (SA, SARL, etc.),
les employeurs personnes physiques ne représentant que 9 % des emplois, et les personnes
morales (État, collectivités, etc.) 13 %.
Plus de 62 % des jeunes en emploi travaillent dans le secteur tertiaire, contre 31 % dans
l’industrie. Cette relativement forte représentation de l’industrie reflète la structure de l’emploi
salarié dans la région. La construction et l’agriculture offrent un débouché plus marginal.
C’est en fait le secteur du commerce qui emploie le plus : cinq ans après, un jeune sur cinq
travaille dans ce secteur d’activité, particulièrement présent chez les employeurs de moins
de 10 salariés. En deuxième position, premier et seul secteur industriel en haut du
classement, on trouve l’industrie des biens intermédiaires, qui emploie 12,6 % des jeunes.
L’administration est le 5ème recruteur, avec 9,1 % des emplois.











Etre passé par l’apprentissage ou par la voie scolaire a peu d’incidence globale sur ce
palmarès. Les apprentis se tournent toutefois davantage vers les secteurs industriels ou de
la construction, les sortants du scolaire étant proportionnellement plus nombreux à s’insérer
dans les secteurs de l’éducation-santé, de l’administration et des services aux entreprises.
Les débouchés féminins se trouvent dans le tertiaire
En revanche, la différenciation Homme-Femme est notable, avec une forte tertiarisation des
débouchés féminins : presque huit femmes sur dix dans le tertiaire contre un homme sur
deux. En particulier, une part importante des jeunes femmes se retrouve dans les services
aux entreprises (23 %), les activités financières et l’énergie (30 % à eux deux), ces deux
derniers secteurs ne constituant qu’un débouché marginal pour les hommes.
Certains secteurs sont particulièrement féminisés : alors que l’on ne compte que 44 % de
femmes chez les sortants en emploi, l’immobilier en a recruté en proportion deux fois plus
(84 %), le secteur de la finance 79 %. Viennent ensuite les secteurs éducation-santé et des
services aux particuliers.
L’administration, la santé et l’éducation emploient beaucoup
de jeunes sous contrat précaire
Les conditions d’emploi divergent fortement selon les secteurs. En premier lieu, les contrats
classiques sont plus fréquents que les autres formes de contrat dans le tertiaire : ce dernier
rassemble 65 % des contrats à durée indéterminée (CDI) ou déterminée (CDD) occupés par
les jeunes en 1998. L’industrie n’en regroupe que 29 %. Au sein du tertiaire, la situation des
secteurs administration et santé-éducation est particulière : cinq ans après, ils emploient
ensemble 26 % des jeunes qui ont un contrat précaire, contre seulement 17 % des jeunes en
CDI-CDD.
En second lieu, chaque secteur d’activité privilégie une forme particulière d’emploi. L’énergie
et les activités financières et immobilières n’offrent pratiquement que des contrats
classiques, en CDI ou CDD. Les autres secteurs recrutent fortement sous contrat précaire.
Ainsi, le premier recruteur de contrats aidés est le secteur éducation-santé qui concentre 60
% des emplois de ce type. L’administration vient loin derrière avec 21 %. Trois secteurs
d’activité offrent ensemble 70 % des contrats par alternance : il s’agit du commerce (près
des deux tiers de cette offre), du secteur éducation-santé et de l’industrie des biens de consommation. L’industrie dans son ensemble est par ailleurs grande consommatrice
d’emploi en intérim, avec en particulier 29 % du total des contrats d’intérim dans l’industrie
des biens intermédiaires. Enfin, les contrats saisonniers sont l’apanage de l’administration
(un tiers du total), des services aux particuliers, de l’agriculture et du commerce.
L’industrie des biens intermédiaires et l’agroalimentaire offrent
des débouchés aux jeunes sans qualification
Si le commerce est globalement le premier employeur des jeunes, des nuances se dessinent
selon leur niveau de formation. L’administration et le secteur éducation-santé attirent ainsi
plus de jeunes de niveau bac (presque un quart du total de ces jeunes) que de sortants du
secondaire. Ces derniers trouvent par contre dans l’industrie des biens intermédiaires un
débouché important.


Ce secteur industriel est d’ailleurs le premier recruteur de jeunes sans qualification (niveau
VI) : 18 % d’entre eux y travaillent. Beaucoup se retrouvent aussi dans les services aux
entreprises (11 %), qui accueillent à l’autre extrême une même proportion de bacheliers,
contre 5 à 6 % seulement des jeunes de niveau intermédiaire (niveau V). Le secteur qui se
distingue le plus est toutefois l’industrie agroalimentaire avec 16 % des jeunes sans
qualification. C’est en effet celui qui en embauche le plus en proportion : plus d’un dixième
de son recrutement est constitué par des jeunes de niveau VI. En revanche, les activités financières et immobilières recourent essentiellement à une main-
d’œuvre qualifiée : respectivement 53 % et 62 % de leurs embauches sont des jeunes de
niveau bac. C’est le cas aussi dans une moindre mesure de l’administration, des services
aux entreprises et de l’énergie (un peu plus d’un tiers de leur recrutement).
Près de neuf jeunes sur dix sont ouvriers ou employés
Cinq ans après leur fin d’études, les jeunes sortants sont encore cantonnés à des
professions subalternes : près de neuf sur dix sont ouvriers ou employés. Fort peu sont
devenus cadres (0,5 %), et à peine 11 % occupent une profession intermédiaire.
Niveau IV : Niveau Bac professionnel, Bac
technique. Sortie des classes terminales du
second cycle long et abandon des scolarisations
post-baccalauréat avant d’atteindre le niveau III.
Niveau V : Niveau CAP, BEP, mention
complémentaire. Sortie de l’année terminale des
seconds cycles courts professionnels et
abandon de la scolarité du second cycle long
avant la classe terminale.
Niveau Vbis : Sortie de 3ème générale, de
4ème et 3ème technologiques et des classes du
second cycle court avant l’année terminale.
Niveau VI : Sortie du 1er cycle du second degré
(6ème, 5ème, 4ème) et des formations pré-
professionnelles en 1 an (Classe de Pré-
Apprentissage (CPA), Classe Pré-
Professionnelle de Niveau (CPPN), Certificat
d’Etude Professionnelle (CEP)).

Parmi les ouvriers, la moitié environ sont qualifiés. Cette proportion chute à un sur trois pour
les jeunes issus du niveau bac. Presque un tiers des employés sont des employés
administratifs d’entreprise, et un autre petit tiers (29 %) sont des employés de commerce.
Les employés de la fonction publique représentent eux moins de 12 % de l’emploi total.
On trouve en proportion plus de jeunes de niveau bac dans les professions intermédiaires,
les ouvriers qualifiés et l’administration. Rares sont ceux qui ont réussi à décrocher un statut
de cadre : le fait d’être bachelier ne permet pas de prendre en cinq ans un ascenseur social
plus rapide que pour les sortants du secondaire. Les jeunes les moins qualifiés sont eux plus
souvent des ouvriers (près des trois-quarts des jeunes de niveau VI, contre un tiers des
jeunes de niveau bac). Les professions intermédiaires leur sont peu accessibles.
Un tiers des jeunes occupent un emploi déqualifié
Le problème de l’adéquation entre niveau de formation et statut en emploi paraît donc
persister au-delà du premier emploi. Si l’on considère que les jeunes de niveau IV et V ne
devraient pas s’insérer sur des postes d’ouvriers non qualifiés, et que ceux de niveau bac
devraient plutôt occuper une profession intermédiaire, cinq ans après leur sortie, environ un
tiers des jeunes occupent un emploi d’une qualification inférieure à celle à laquelle leur
niveau de diplôme aurait dû les destiner. Cette déqualification affecte même la moitié des
jeunes de niveau bac. Elle est par contre un peu moins nette pour les jeunes passés par
l’apprentissage, dont seulement un sur quatre est dans cette situation.
Les sortants de l’enseignement scolaire traditionnel, plus nombreux au niveau bac, sont
néanmoins plus de 12 % à occuper une profession intermédiaire, contre moins de 6 % des
anciens apprentis. Enfin, les femmes les plus qualifiées (niveau IV et plus), à niveau égal,
enregistrent un handicap sur leurs homologues masculins : elles ne sont que 16 % à exercer
une profession intermédiaire ou supérieure, contre 21 % de leurs confrères. Les emplois occupés ne correspondent pas toujours à la formation suivie
On attend généralement d’une formation qu’elle conduise à un poste en rapport avec les
compétences qu’elle développe, mais aussi dans son domaine d’activité. Or, dans les
principaux domaines professionnels où travaillent les jeunes, la correspondance entre la
spécialité de formation initiale et l’emploi exercé cinq ans après n’est pas toujours clairement
établie.

De fait, la formation joue dans certains secteurs un rôle primordial, souvent en raison d’une
obligation réglementaire (brevet professionnel en coiffure par exemple) ou d’une exigence
plus forte des employeurs, qui recrutent sous condition de diplôme (santé) ou de qualification
(hôtellerie). A l’inverse, certaines filières offrent de par leur polyvalence ou la diversité de
leurs applications (comptabilité, secrétariat) des débouchés beaucoup plus larges.
Ainsi, presque les deux tiers des jeunes issus d’une formation aux soins personnels
travaillent dans les services aux particuliers (à 59 %) ou la santé (6 %), et sont reconnus
comme tel (64 % sont personnel des services directs aux particuliers). De même, 50 à 60 %
des jeunes sortants des filières techniques telles que l’électricité, la construction ou la
mécanique parviennent à décrocher un poste d’ouvrier qualifié dans un domaine proche du
leur.
En revanche, les formations généralistes du tertiaire couvrent un large spectre de
débouchés. Les trois premiers recruteurs de jeunes formés en secrétariat (le commerce, Une représentation graphique du lien Formation-Emploi :
trois domaines se distinguent
A1 Lettres-Mathématiques
L’analyse factorielle des correspondances (AFC) est une technique statistique qui permet l’étude
A2 Lettres-Langues
d’un tableau de contingence, c’est-à-dire d’une population d’individus répartis selon deux
B Économique et social
variables quantitatives (ici la formation initiale et l’emploi occupé cinq ans après). L’AFC repose
C Mathématiques et sciences physiques
sur une mesure de la « distance statistique » entre les modalités : une spécialité de formation
D Mathématiques et sciences de la nature
sera proche d’une autre si la répartition par secteur employeur des jeunes qui en sont issus en
E Mathématiques et technologie
est proche. Symétriquement, deux secteurs d’activité seront proches s’ils ont le même type de
F1 Construction mécanique
recrutement. Spécialité de formation et domaine d’emploi seront liés s’ils sont proches l’un de
F2 Électronique
l’autre, et distincts des autres s’ils sont éloignés de l’origine des axes. Toute association
F3 Électrotechnique
suggérée par une proximité graphique doit bien sûr être contrôlée sur le tableau de donnée
F7 Biochimie
initial.
F8 Sciences médico-sociales
L’axe 1 oppose à droite les secteurs primaire et secondaire, où l’on trouve plus d’hommes, aux
G1 Techniques administratives
formations et emplois du tertiaire à gauche, plus féminisés. L’axe 2 est un axe de niveau de
G2 Techniques quantitatives de gestion
qualification (en bas, les niveau IV et niveau bac, en haut les niveaux V et VI)
G3 Techniques commerciales
Source : INSEE, enquête sur l’insertion des jeunes 1998

l’administration et le secteur de la santé, de l’éducation et de l’action sociale) n’en recrutent
ainsi à part égale que 17 % chacun, et 16 % de ces sortants ont un poste d’ouvrier non
qualifié, a priori sans rapport avec leur formation initiale.
Au total, moins d’un jeune sur deux travaille dans son domaine de formation
L’intensité et la nature exacte du lien entre emploi et formation dépendent donc largement de
la plus ou moins grande spécificité des différentes activités économiques et de la plus ou
moins grande polyvalence des formations suivies. Mettre en relation grâce à une technique
statistique appropriée les domaines d’activité et les filières de formation permet de les
préciser. Dans l’ensemble, moins d’un jeune sur deux exerce un métier en rapport avec sa
formation initiale cinq ans après être sorti de formation. L’analyse visualisée par le graphique (page suivante) confirme le rôle prépondérant de
certains domaines. Les formations à l’hôtellerie et aux soins personnels sont ainsi très liées
aux emplois de services aux particuliers : elles y conduisent fréquemment. Les jeunes
femmes et les emplois saisonniers y sont surreprésentés. La construction est le deuxième
domaine qui peut se prévaloir d’un lien étroit entre formation et emploi. Les jeunes, plutôt
des hommes, y exercent des fonctions de production-fabrication et d’installation-entretien. Le
troisième est le domaine de l’éducation et de la santé, très lié aux formations sanitaires et
sociales. Il s’agit souvent de jeunes femmes, plutôt de niveau bac.
Une approche plus fine fait ressortir d’autres regroupements. Les filières agricoles et de
transformation des aliments sont proches de leurs débouchés naturels (l’agriculture et
l’industrie agro-alimentaire). L’industrie automobile, celles des biens intermédiaires et des
biens d’équipement ont le même type de recrutement, et puisent largement dans les
formations à la mécanique, l’électricité et l’électronique.
Les autres domaines sont moins différenciés : ces secteurs, au centre du graphique,
représentent un peu plus de la moitié de l’emploi total. Ils sont très liés les uns aux autres, du
fait à la fois des échanges fréquents entre spécialités de formation et d’emploi, et de la
dispersion des sortants sans qualification dans tous les domaines.


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