Contrastes sociaux et systèmes métropolitains : mobilités résidentielles et transformation socialedes territoires - Volet 2

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'aire métropolitaine de Lille (AML) s'étend, dans son versant français, de la Lfrontière belge à Arras en passant par le bassin minier. Elle est devenue une réalité économique et sociale pour ses habitants et ses entreprises avec une intégration croissante des marchés de l'emploi, de l'habitat, de l'enseignement, de la consommation ou des loisirs. Avec l'Insee, les Départements du Nord et du Pas-de-Calais, chefs de file en matière de politiques de solidarité, entendent qualifier les impacts sociaux de la métropolisation dans une série d'études et souligner le rôle de la cohésion sociale et de la solidarité territoriale dans le développement métropolitain. Le second volet de cette démarche met en lumière la place des mobilités résidentielles dans les changements sociaux de l’AML et leurs conséquences sur les phénomènes de ségrégation sociale et spatiale. Les migrations résidentielles ont pris au sein de l’aire métropolitaine de Lille une importance remarquable. Or, les groupes sociaux présentent des comportements migratoires contrastés ainsi qu’une géographie des lieux de départs et d’arrivées différents. Déjà perceptible à l'échelle des agglomérations, c’est au niveau des quartiers que l’impact des migrations résidentielles se fait le plus ressentir. Les mobilités peuvent alors être analysées de concert avec la mutation du parc de logements, un facteur lié à la transformation sociale d’un quartier.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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'aire métropolitaine de Lille (AML) s'étend, dans son versant français, de la
Lfrontière belge à Arras en passant par le bassin minier. Elle est devenue une
réalité économique et sociale pour ses habitants et ses entreprises avec une
intégration croissante des marchés de l'emploi, de l'habitat, de l'enseignement, de
la consommation ou des loisirs. Avec l'Insee, les Départements du Nord et du
Pas-de-Calais, chefs de file en matière de politiques de solidarité, entendent
qualifier les impacts sociaux de la métropolisation dans une série d'études et
souligner le rôle de la cohésion sociale et de la solidarité territoriale dans le
développement métropolitain. Le second volet de cette démarche met en lumière
la place des mobilités résidentielles dans les changements sociaux de l’AML et
leurs conséquences sur les phénomènes de ségrégation sociale et spatiale.
Les migrations résidentielles ont pris au sein de l’aire métropolitaine de Lille une
importance remarquable. Or, les groupes sociaux présentent des comportements
migratoires contrastés ainsi qu’une géographie des lieux de départs et d’arrivées
différents. Déjà perceptible à l'échelle des agglomérations, c’est au niveau des
quartiers que l’impact des migrations résidentielles se fait le plus ressentir. Les
mobilités peuvent alors être analysées de concert avec la mutation du parc de
logements, un facteur lié à la transformation sociale d’un quartier.
Contrastes sociaux et systèmes métropolitains :
Mobi li tés rési den tiel l es et trans for ma tion
sociale des ter ri toi res
Sou cieu x d’un déve lop pe ment crois sance des emplois de pro fes sions LES PARCOURS ÉDUCATIFS D’UNE
équi li bré des ter ri toi re s, les inter mé diai res et de cadres, en GÉNÉRATION À L’AUTRE, PREMIER
Dépar te ments du Nord et du con tre partie d’une dim i nu tio n des LEVIER DE TRANSFORMATION SOCIALE
Pas-de-Calais, aux côtés des autres pro fes sions ouvriè res. Les tran s for ma tions
acteurs publics, s’at ta chent à mieux fon ciè res sui vent le rythme de la
connaîtr e les phé no mè ne s de mobi lité des ména ges, avec le Au fil des géné ra tions, une mobilité
ségré ga tion sociale et spa tiale en déve lop pe ment de nou vel les zones sociale s’ob serve au sein des
vue de les réduire. Les phé no mè nes rési den ti el l es et la requa l i fi c a tion familles , de telle sorte que la situa tion
de pré ca rité s’ins cri vent en effet dans d’an ci ens quar tie rs. Les trans fo r ma tio ns sociale des enfants n’est pas l’exacte
une dyna m ique de métro po l i sa tio n, socia les sont plus len tes à se mettre repro duc tion de la situa tion sociale
tan dis que les pers pec ti ves de en œuvre : les ter ri toi res ayant des parents. La question d e la
déve lop pe ment des ter ri toi res béné fi cié d’une embellie éco no mique mob i lité inter g é né ra ti on nel le a fait
sem blent de plus en plus liées. ou d’o pé ra ti ons de requa l i fi c a tion l’o b jet d’une abon d ante lit té ra ture,
D’Arras à Lille, de Béthune à urbaine sont ainsi con fron tés à une met tant tan tôt l’ac cent sur une
Mau beuge, s’ouvre un temps de évo lu tion con trastée de la situa tion form e d’im mo b i lis me soc ial, tan tôt
recom po s i ti on éco no m ique et socia le sociale des habi tants. sur des mobi li tés entre grou pes
cou vrant le vaste terri toire de l’Aire sociaux. Ainsi, au début des années
métro po l i taine de Lill e (AML). 2000, plus de la moi tié des fils deDans une org a ni sa tio n ter ri to riale
cadres étaient cadres, signe dede type clas sique où le mar ché du
repro duc tion ; à l’in verse, presqueLa mise en exergue de la concen tra tion travail et les zon es rési den tiel les
un quart des cadres étaient filssociale et spa tiale de la pré ca rité sont pro ches et inté grées, les
d’ou vriers, signe de mobi lité. et de ses prin ci paux déter mi nants trans fo r ma tio ns dans le dom aine
est au cœur du par te na riat écono mique, urbain et social ont
Les par cours édu ca tifs cons ti tuentd’é tu des engagé par l’Insee et les tou tes les chan ces de se pro duire de
le prin ci pal levier de la mobi litéDépar te ments du Nord et du façon concor dante à tra vers les
er i nter gé né ra tio n nell e. L’al l on ge men tPas-de-Calais. Suite au 1 volet de dif fé rents espa ces. Dans une
des étu des se pour suit et conduit l’a n a lyse dédié à l’é ta blis se men t org a ni sa tio n ter ri to riale de type
à ce que plus de 40 % des jeu nesd’un dia gnos tic social de l’AML, ce métro po l i taine, fond ée sur une
ème sortis de for ma tion ini tiale sont2 volet met en évi dence l’im pact forte mobi lité à la fois sur les
auj ourd ’h ui diplô més de l’en s ei gne me ntdes migra tion s rési den tiel les des mar ché s du tra vail et sur les mar chés
supé rieur. Par ail leurs, parmi lesména ges en accrois sant ou au rési den tiels, une forme de déca lage
diplô més de l’en s ei gne me ntcon traire en rédui sant la diver sité peut prendre place : les trans for ma tions
supé rieur long, 45 % des jeu nessocio pro fe s sion nel le d’un ter ri toire. socia les sont plus rapi des à se
sor ti s réce m me nt de for m a tionD’a bord observé à l’é chelle des dif fu ser dans cer tains espa ces, et
ini tiale accè dent à un poste deinter c om m u na li té s, ce lie n entre s’ins cri vent dans des échel les de
cadre, et parmi les diplô més demob i lité rési den ti ell e et trans- temps plus lon gues pour d’au tres.
l’en sei gn e ment supé rieur court,for ma tion sociale est exa miné à Ainsi, les emplois créés sur un ter ri toire
près de 55 % des jeu nes sor tisl’é chelle des quar tiers des gran des sont en partie occu pés par des actifs
réce m me nt de for m a tion ini tial eaggl o mé ra tions . n’y rési dant pas.
accè dent à un poste de pro fes sion
inter m é di aire. La com pré hen sion de ces effets
DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE,
croi sés est un enjeu majeur pour la
AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE ET
cons t ruc t ion de poli ti q ues publi qu es Si l’al lon ge ment des études se vér ifie
TRANSFORMATIONS SOCIALES
adap tées à l’é chelle de l’aire éga le ment en Nord-Pas-de-Calais, la
métro po l i taine. Les trans fo r ma tio ns rela tive impor tance des sor ties
Aupa ra v ant struc tu rée sous la socia les des ter ri toi res inter ro gent pré co ces et le main tien d’un léger
forme d’un cha pe let de vil les avec ainsi sur les for mes de pro mo tion et déca lage par rap port aux par cours
leur péri phérie dédiée, l’Aire de muta tion sociale qui condui sent obser vés en moyenne natio nale
métropo li taine de Lille se cons titue à une élé va tion du niveau de vie et à peut réduire la mobi lité sociale
sous la forme d’un espace la réduc tion des situa tions de pau vreté issue des par cours sco lai res. D’au tant
inter con necté. Dans cet espace, la dans les dif fé rents espa ces du Nord plus que cette mobi lité est
métro po l i sa tio n cons titue un et du Pas-de-Calais. étro i te me nt dép en dante des
ensemble complexe de trans for ma tions condi tions ren con trées sur le mar ché
qui ont cha cune leur tem po ra lité du tra vail : afin d’é vi ter des
pro pre. Les trans fo r ma tio ns situa tions de chô mage, les jeu nes
éco no mi ques sont les plus rapi des : diplô més peu vent être conduits à
l’es sor du sec teur ter tiaire et des accep ter une situa tion de « déclas se ment »,
ser vi ces s’ac com pagne d’une en pre nant un emploi cor res pon dant à









une caté gorie socio pro fes sion nelle Les mob i li té s intra gé né ra tio n nel l es LA PROMOTION PROFESSIONNELLE,
infé ri eure à celle habi t uel le ment liée n’ont tou te fois qu’un impact modéréSECOND LEVIER DE
au niveau de la for ma tion suivie. comme levier de trans for ma tionTRANSFORMATION SOCIALE
Ainsi, parmi les 44 000 jeu nes âgés social e des ter ri toi re s. D’a bord , le
de 16 à 29 ans titu lai res d’un fait que la mobilité soit la plus
diplôme du supé rieur long en La mob i lité intra gé né ra tio n nell e marquée entre 30 et 34 ans est
Nord-Pas-de-Calais, près de 6 000 sont désigne les chan ge ments de aussi le signe, pour les jeu nes, de
employés ou ouvriers ; de même, sta tut social qu’un indi vidu peut recru t e ments effec tués en des sous
parmi les 63 000 jeu nes titu laires connaître au cours de sa carrière . du nive au de qua li fi ca ti on. Ce
d’un diplôme du supé rieur court, Sur la base des par cours pro fes sion nels phé no mène, qua li fié de déclas se ment
près de 40 000 sont employés ou obser vés au début des années social , est ensuite com pensé,
ouvriers. De la sorte, la place de la 2000, près de 20 % des per son nes dans une partie des cas, par des
mob i lité inter g é né ra ti on nel le, en emploi connais sent un chan ge ment pro mo tions vers des métiers
tout en res tant essen tielle dans les de groupe socio pro fes sion nel sur une c orre s po n dant à la for m a tion ini tial e.
trans fo r ma tio ns soc ia le s de long terme , période de cinq ans. Les mobi li tés Ensuite, le fait d’ac cé der à des
appa raît de faible ampleur à court ascen d an tes sont prin c i pa l e me nt posi tions plus éle vées n’ex clut pas
terme. liées, chez les fem mes, aux pas sa ges les par cours inver ses. Les ouvriè res
de pro fes sions d’employée qua lifiée qua li fiées ont été les plus expo sées
à des pro fes sions inter mé diai res. au déclas se ment social : au début
Chez les hom mes, ces pro mo tions des années 2000, une femme sur
por tent sur le pas sage des pro fes sions dix a connu un déclas se ment sur
d’ou vrier non qua li fié à cel les une période de cinq ans. Il s’a git
d’ou v rier qua li fié, et des pro fe s sions prin ci pa le ment de fem mes
d’ou v rier qua li fié aux pro fe tra vail lant dans l’in d ustrie qui,
inter m é di ai res . tou chées par la diminu tion de
l’em ploi indus triel, ont migré vers
un emploi dans les ser vi ces à un
E nca dré 1 : LE DÉCLAS SE MENT SOCIAL, UN PHÉ NO MÈNE EN AGGRAVA TION
DANS LES TER RI T OI RES UNI VER SI T AI RES ET TERTI AIRES
L’ap proche du dé clas se ment so cial cor res pond à la prise en compte du dé ca lage qui peut appa raître entre le niveau de
for ma tion d’une per sonne et la ca té gorie so ciale de la pro fes sion exercée. Afin d’ap por ter une me sure sta tis tique de ce phé no mène,
nous dé fi nis sons par conven tion qu’une per sonne dé classée a ef fec tué des étu des supé rieu res (mi ni mum BAC + 2) et exerce un
em ploi d’ou vrier ou d’em ployé.
Phé no mène ré cent, le dé clas se ment so cial com mence à prendre de l’am pleur. En Nord-Pas-de-Ca lais, les si tuations d e dé clas se ment
so cial concer ne raient près de 13 800 per son nes en 1990, 44 700 en 1999 et 85 800 en 2008.
Le ter ri toire lil lois (Lille et La Ma de leine) se dé marque par l’im por tance du nombre de dé clas sés de puis 20 ans : leur nombre se rait
pas sé de 1 700 en 1990 pour at teindre 5 500 en 1999 et 10 500 en 2008. Les ter ri toi res en vi ron nants (cou ron nes Nord, Sud et Est)
ac cuei l lent éga l e ment plus de 10 000 per son nes en si tu a ti on de dé cla s se ment . Par sa fonc tion uni ver s i ta ire, le cœur de l’ag glo m é ra ti on
lilloise form e de nom breux di plô més du su pé rieur qui peu vent en suite res ter ou par tir. Tout en of frant de nom breux emplois
de ca dres, ce ter ri toire se ca rac té rise égale ment par l’im por tance des pro fes sions em ployées, qui dans cer tains cas ser vent d’é tape
in ter mé diaire avant d’ob te nir un poste en adé qua tion avec le niveau de for ma tion ob te nu.
Les autres pô les univer si taires de l ’AML, par leur fonc tion d’ac cueil des jeu nes, pré sen tent éga le ment les vo lu mes de per son nes dé clas sées
par mi les plus éle vés au sein de l’AML. En 2008 ils sont 5 800 sur le ter ri toire rou bai sien et plus de 5 000 sur Va len cien nes mé tro pol e.
Les au tres ter ri toi res sont dif fé rem ment concer nés, se lon la part des jeu nes dans le ter ri toire, leur proxi mi té avec des pô les
uni ver si tai res ou des pô les ter tiai res et leur pro fil so cial : ain si, on re trouve près de 5 000 per son nes en si tua tion de dé clas se ment
dans la Com mu nau té d'ag glo mé ra tion (CA) Artois Comm, 4 800 dans le ter ri toire tour quen nois, 3 700 dans la CA du Douai sis,
3 500 dans la CA Porte du Hai naut et 3 000 dans la CA Hé nin-Car vin.
Les jeu nes ac ti fs en si tu a ti on de dé cla s se ment sem bl ent pri vi lé gi er la proxi m i té des pô les uni ver s i ta i res et ter tia i res ca ra c té ri sés
par une sur re pré sen t a ti on des pro fes si ons in ter mé d iai res et des pro fes si ons de ca dres , cel les à la q uell e leur ni vea u de for ma t ion
leur per met de pré tendre, quitte à faire face à un prix du fon cier plus éle vé. Se lon la suite de leur par cours pro fes sion nel et le
ca rac tère tran si toire ou pé renne du dé clas se ment, ce choix est sus cep tible de se confir mer ou, à l’in verse, de sus ci ter des
mo bi lités vers des espa ces ca rac té ri sés par un prix du fon cier plus ac ces sible.






nive au de qua li fi ca ti on infé r ieur. espa ces. À travers le pro ces sus de Scot à l’autre. Ainsi, entre 2003 et
En outre, les déclas se ments sont métro po l i sa tio n qui accro ît la mise 2008, près de 470 000 person nes
sou vent liés à une inter rup tion en rela tion entre les agglo mé ra tions, parmi les 2,8 millio ns d’ha bi tants
d’ac ti vité. Le poids du chô mage les migra tions rési den tiel les occu pent de 5 ans et plus de l’AML ont été
dans les par cours pro fes sion nels une place crois sante dans l’é vo lu tion ame nées à chan ger de com mune de
accroît le nombre de mobi li tés des mar chés fon ciers et sont rési dence, soit près d'un sixième.
des cen d an tes, qui cons ti tuent un sus cep ti bles de tran s for mer le pro fil Parmi ces mou ve ments, 127 000 ont
moyen de conser ver un emploi ou social d’un ter ri toire sur une échelle donné lieu à un chan ge ment de Scot,
bien, pour les chô meurs, d’en de temps de l’ordre d’une à deux soit près d’un cin quième.
retrou ver un plus rapi de ment. décen nies .
Les migra tions les plus impor tan tes
LES MOBILITÉS RÉSIDENTIELLES : LA UN SYSTÈME MIGRATOIRE POLARISÉ au sein de l’AML ont eu lieu avec le
Scot de Lille ou entre zones voi si nes,TROISIÈME VOIE DU CHANGEMENT PAR LE SCOT DE LILLE…
ce quels que soient la caté gorieSOCIAL
socio pro fes sion nelle ou l’âge. EnLes mobi li tés rési den t iel les ont pris
effet, sur les 127 000 per son nes quiLes liens inten ses entre les espa ces au sein de l’AML une impor tance
ont changé de Scot en cinq ans,de l’Aire métro po li taine de Lille remar quable. Cer tes, les migra tions
24 % se sont instal lées dans leappor tent une dyna mique rési den tielles se font en majorité
Scot de Lille tan dis que 33 %com plé men taire à celle de la de proche en proche, au sein
l’ont quitté, de sorte que le Scot demobi lité inter g é né ra ti on nel le comme d’in te r com mu na li tés ou entre
Lille est impli qué dans 57 % desintra gé né ra tio n nell e. Le pro ces s us com mu nau té s d’ag glo mé r a ti on
migra tions inter nes à l’AML. Ende métro po l i sa tio n appo rte en l imi t ro phe s. Tou te f ois, les mobi li t és
com pa rai s on, Lens-Li é vi n et Hénin- Car v in,effet des oppor tu ni tés nou vel les s’orga ni sent aussi sur de plus lon gues
second Scot en ter mes d’é chan ges,pour les ter ri toi res et leurs dis tan c es, et notamment, l es
tota lise 27 % des échan ges donthabi tants, en élar g is sant le spe ctre mig ra tions rési den t iel les s’o pè rent
13 % en entrées et 14 % en sor ties. des pos si bi li tés offer tes, en par ti cu lier pour une part signi fi ca ti ve d’un
pour les étu des et pour les emplois.
Graphique 1 : LES MIGRATIONS RÉSIDENTIELLES INTERNES Ainsi, l’ac ces si bi lité des pôles
À L’AIRE MÉTROPOLITAINE DE LILLE ENTRE 2003 ET 2008uni ver si tai res de Lille, d’Arras et de
Vale n cien ne s favo rise la pro mo ti on
soc iale dans les ter ri to i res envi ron nants.
Ce phé no mène vaut pour l’ou ver ture
des grands pôles d’em ploi qui, à
travers des navet tes domi cile-tra vail,
béné fi ci ent à des pop u la tio ns
rési dant dans des ter ri toi res où le
mar ché du tra vail montre des diffi cul tés.
À l’in verse, lorsque les for ma tions
ou les emplois qua li fiés sont
excl u si v e me nt conc en trés dans cer -
tains cœurs métro po l i tains, la pour -
suite d’un par cours uni ver si taire ou la
pro mo t ion pro fes sion nelle peu ven t
néces si t er de démé na ger entr e
son lieu de résidence, son lieu
d’é tu de ou son lieu de tra vail, de
sorte que le ter ri toire d’o ri g ine ne
connaît pas de muta tion sociale de
la pop u la tio n rési dente, en dépit de
Note de lec ture : le taux annuel de migra tion nette rap porte pour un ter ri toire le solde migra toire interne àtrans fo r ma tio ns soc ia le s vis i bl es
l’Aire Métropolitaine de Lille à la popu la tion moyenne du terri toire sur la période 2003-2008. Cette valeur est
à l’é c hell e métro po l i taine. ensuite annua lisée et ramenée à 1 000 per son nes. Un taux annuel de migra tion nette de 5 ‰ tra duit ainsi le
fait que chaque année entre 2003 et 2008, pour mille per son nes, le ter ri toire a gagné 5 habi tants par an. Un
taux posi tif indique un gain au jeu des migra tions tan dis qu’un taux néga tif indique une perte. Troi sième levier de tra ns for ma tion Les « banlieues » rassemblent les communes situées à proximité du territoire lillois dans les couronnes Nord,
sociale des ter ri toi res, les mobi li tés Sud et Est, tandis que les « territoires proches » sont composés des nombreux espaces situés en périphérie du
Scot de Lille (notamment les Weppes et la Pévèle). Enfin, les communes de Roubaix et Tourcoing et leursrési den t iel les dépen dent de
communes voisines sont regroupées sous l’appelation « Roubaix-Tourcoing ».
l’en tr e la ce ment entr e les dif fé rent s Source : recensement de la population 2008 - exploitation complémentaire (Insee)



rai s ons de dis po ni bi lité, de cadre… ET FONCTIONNANT, DE PROCHE DES MOBILITÉS SOCIALEMENT
de vie ou de coût du fon cier, ne seEN PROCHE, EN CASCADE TYPÉES
logent pas à Lille ou dans son
immé diate péri phérie. Ainsi, entre
Le fonc tion ne ment interne de Les carac té ris ti q ues des mig ra tions2003 et 2008, 41 000 per son nes ont
l’AML en matière de migra tions rési den t iel les peu vent se trou verquitté le Scot de Lille pour s’instal ler
rési den ti el l es s’ar ti c ule en grand e pro fon dé ment modi fiées selon ledans le Scot de Lens-Lié vin -
partie autour du Scot de Lille et, en pro fil socio dé m o gra p hiqu e desHénin-Car vin, de Flandre inté rieure,
son sein, autour du cœur lil lois. Le migrants. Le cycle de vie desde Douai et de Valen cien nes.
dyna misme éco no mique de Lille, habi tants induit des migra tions
sa place de capi tale régionale, ai nsi dif fé ren tes à chaque âge, que ceLe reste des échan ges migra toi res
que la pré sence d’une large gamme soit pour les étu des, l’entrée dans laau sein de l’AML s’é ta blit très
d’é ta bli s se ments d’en sei gn e ment vie active ou le fait de fon der unemajo r i tai re m ent entre ter ri to i res
s upé rieur assu rent au ter ri toire famille… De même, la caté gorievoi sins, sans pour autant être
lil lois un rôle cen tral dans l’or ga nisation sociale des habi tants induit destou jours réci pro ques ou d’é gal e
spa tiale des échan ges entre les com por te me nts mig ra toi r es dif f é rents ,impor tance. Le Scot de Valen cien nes
ter ri toi res de l’AML. Cela se vérifie avec des caté go ries socia les pluséchang e avec l’Av es no is-C am bré sis
notam ment pour l’ac cueil des mobi les que d’autres ( par exempletan dis que dans le bas sin minier, les
pop u la tio ns étu di an tes qui sont les cadres) ainsi qu’une géo graphieprin c i paux flux s’ob ser v ent entre le
nom breu ses à venir s’y instal ler le des lieux de départs et d’ar ri véesScot de Douai et de Valen cien nes
temps de leurs étu des. Mais le dif fé rent s. Les ter ri toi res peu ventd’une part, le Scot de Lens-Lié vin -
ter ri toire lil lois connait aussi des alors pré sen ter des profils tan tôtHénin-Car vin et le Scot de Béthune
départs nombreu x en direc tion de attrac tifs, tan tôt répulsifs selon lad’autre part. L’ab sence de flux
sa péri phérie. Ces départs excè dent caté gorie sociale observée.d’im portance e ntre le Scot de
large ment les arri vées sur un ter ri toire Lens-Lié vin - Hénin-Car vin et de
lil lois qui enre gistre ainsi, en cinq LE PROFIL SOCIAL DE L’AML S’ESTDouai fait ainsi appa raître un
ans, un défi cit migra toire de 32 000 fonc tion ne ment dis s o ci é entre le MODIFIÉ DEPUIS 1990
per son nes en interne à l’AML. ver sant Est et le ver sant Ouest du
bas si n minie r. Le visage de l’em ploi a conti nû ment
Des migra tions en cas cade évo lué entre 1990 et 2008 au sein
s’or ga ni se nt des ter ri to i res pro ches de l’AML. Cette évolu tion se tra duit
de Lille en direc tion des Scot par une nou v ell e dis tr i bu ti on des
limi tro phes du Scot de Lille. Cet caté go ries socio pro fes sion nel les. La
éloi gne ment pro gres sif en direc tion part des cadres a augmenté , pas sant
de ter ri toi res périur bains est de 3,2 % en 1990 à 3,9 % en 1999
sou vent le fait de jeu nes actifs et pour atteindre 5,4 % en 2008. La part
de jeu nes ménages qui, pour des d’ou vriers diminue, passant de
14,4 % en 1990 à 13,5 % en 1999
pour s’é tablir à 12,7 % en 2008. Enfin E nca dré 2 : CONS TRUC TION DE LA TY PO LOGIE
la part d’em ployés a connu une
La ty po logie, ap pliquée à l’en semble des EPCI de l’AML ain si qu ’aux ter ri toi res in ter nes hausse continue, pas sant de 10,4 %
du Scot de Lille, rapproche deux in for ma tions. D’a bord la struc ture so ciale en écart
en 1990 à 11,9 % en 1999 pour
à la moyenne AML en 2008. Par exemple, dans le cas des car to g ra phies re la t i ves aux
appro cher 13 % en 2008. Ces
ca dres , un écart po si t if in diq ue une sur re pré sen t a ti on des ca dres sur le ter ri toi re consi dé ré
évo lu tio ns glo ba le s se sont fait
par rap port à l’AML. Un écart né ga tif, à l’in verse, tra duit une sous-re pré sen ta tion.
res sen t ir de façon dif fé renci ée surEnsuite le solde mi gra toire de la ca té gorie so ciale ob servée. Son signe in dique si le
les ter ri toi re s qui com p o sent l’AML,ter ri toire a ga gné ou per du des ca dres au jeu des mi g ra ti ons ré si den t iel l es. Le
avec des con tri bu tio ns dis ti nc tesmême prin cipe de cons truc tion a été ap pl i qué aux ca té g o ries so cia les des ca dres ,
des mig ra tions rési den ti el l es qui ont des em ployés, des ou vriers, en 1999 comme en 2008. Cette ty po logie met en lu mière
pu accé lé rer ou ralen tir le proces sus. le pos sible lien entre la struc ture so ciale d’un ter ri toire au temps t et les phé no mè nes
Afin de mettre en évi dence cesmi gra toi res in ter ve nus entre t-1 et t. En croi sant ces deux di men sions, on ob tient
effets, pour cha cune des troisles quatre clas ses sui van tes :
caté go ries socia les, les évo lu tions
des ter ri to i res sont com pa rée s àCS sur re pré sent ée - Sold e po si t if
la situa tion glo bale de l’AML,CS ée - Sold e né ga t if
consi dérée comme l’é vo lu tion de
CS sous-re pré sentée - Solde po si tif réfé renc e .
CS sous-re pré sentée - Solde né ga tif









LES COURONNES DE LILLE ET Carte 1 : PART DE CADRES ET MIGRATIONS DES CADRES
D’ARRAS CONTINUENT DE DANS LES TERRITOIRES DE L’AIRE MÉTROPOLITAINE DE LILLE EN 1999
CONCENTRER LES CADRES…
Dans les années 1990 comme dans
les années 2000, la « cein ture »
du Scot de Lille et le Scot de la
région d’Arras comp tent une part
de cadres plus impor tante que la
moyenne de l’AML. Sur la période,
ces ter ri to i res ont glo ba le ment
conti nué, au jeu des migra tions
rési den tiel les, à gagner des cadres
. C’est le cas de la cou ronne
nord de Lille, des Wep pes, du
Carem bault, de la cou ronne sud de
Lille et de la Pévèle jusque la vallée
de la Scarpe pour les ter ri toi res
autour de Lille. C’est éga le ment le
cas de la com mu nauté urbaine
d’Arras et des com mu nau tés de
commu nes (CC) de l’Artois et du
Val du Gy qui bor dent l’ag glo mé ra tion
arra geoise. Bien qu’elle regroupe
une popu la tion moins nom breuse,
la CC du Quer ci tain accueille éga le ment
une pro por tion signi fi ca ti ve des
Source : recen se ments de la popu la tion 1999 et 2008 (Insee).
cadres tra vail lant les zones voi si nes
du Vale n cien no is, du Cam b ré si s ou
du Mau beu g eois. Carte 2 : PART DE CADRES ET MIGRATIONS DES CADRES
DANS LES TERRITOIRES DE L’AIRE MÉTROPOLITAINE DE LILLE EN 2008
Sur le Scot de Lille, les zones de
Lille et de Vil le neuve-d’Ascq ont la
par ti c u la rité de pré s en ter un déf i cit
migra toire de cadres tout en res tant
des ter ri toi res sur les quels la part
des cadres est supé rieure à la
moyenne de l’AML. Ce résultat tient
à la fonc tion uni versi taire de ces
espa ces : la pré sence des facul tés les
conduit à accueillir d es étu diants
qui, pour une partie d’entre eux,
devien nent cadres puis effec tuent
des choix rési den tiels les amenant à
s’ins tal ler plus en péri phérie.
… AVEC UN ÉLARGISSEMENT DES
FLUX RÉSIDENTIELS VERS DES
ESPACES PÉRIURBAINS OU RURAUX
Bien qu’elle pré sent e struc tu rel le men t
une moindre pro por tion de cadres,
la Flandre s’est pré sentée, au cours
des deux der niè res décen nies,
comme un ter ri toire attrac tif pour
les choix de résidence des cadr es. Source : recen se ments de la popu la tion 1999 et 2008 (Insee).
Une dyna mique simi laire s’ob serve

sur le Bavai sis. Dans les deux cas, les Carte 3 : PART D’EMPLOYÉS ET MIGRATIONS D'EMPLOYÉS
mig ra tions rési den ti el l es n’ont pas DANS LES TERRITOIRES DE L’AIRE MÉTROPOLITAINE DE LILLE EN 1999
suf fi sam ment joué à ce jour pour
modi fier la struc ture sociale des
ter ri toi res, encore carac té risée par
une sur re pré s en ta tio n des pro fes s ions
ouvriè res.
L’an cien bas sin minier, le Cam bré sis,
l’Aves nois pré sen taient à la fin des
années 1990 une moindre part de
cadres, accentuée par un défi cit
migra toire sur cette caté gorie
sociale. Dans les années 2000, la
moindre pré sence des cadres reste
géné rale, mais les flux migra toi res
pré s en tent, loc a le m ent, une infle xion.
J oux tant l’Arra g eoi s, les com mu nau tés
de com mu nes d’Osar tis et Mar quion
enre gis trent depuis 1999 un solde
migra toire posi tif de cadres. Une
s itua tio n com pa rab le est obs er v able
dans le sud-est du dépar te ment
du Nord. Dans cer tains cas, les
tr ans fo r ma tio ns à l’œuv re cond ui se nt
même à modi fier la posi tion rela tive
d’un ter ri toire dans l’é chi quie r social
Source : recen se ments de la popu la tion 1999 et 2008 (Insee).
de l’AML : ainsi, le ter ri toire de
l’Ouest- Cam bré sis pré sent e en 2008
une sur re pré s en ta tio n de cadre s, Carte 4 : PART D’EMPLOYÉS ET MIGRATIONS D'EMPLOYÉS
contre une sous -rep ré se n ta tion en DANS LES TERRITOIRES DE L’AIRE MÉTROPOLITAINE DE LILLE EN 2008
1999, qui concorde avec les flux
migra toi res y pre nant place. À
l’in verse, la quasi-tota lité des inter -
com mu na li tés de l’an ci en bas s in
minie r, les inter c om m u na li té s
autour de Mau beuge, de Four mies
et de Tré lon res tent des ter ri toi res
où la part de cadres est infé rieure à
la moyenne de l’AML et où le solde
migra toire de cadres reste néga tif.
UNE DIFFUSION PROGRESSIVE DES
CATÉGORIES SOCIALES EMPLOYÉES
Les employés, dont la part a for te ment
aug menté au cours des deux
der niè res décen nies , étaien t au
dép art très iné g a le m ent répar tis
au sein de l’AML, avec les
concen tra tions les plus for tes dans
les cen tres urbains et leurs pro ches
banlieues, soit au plus près des
pôl es d’em plo is ter tiai r es, notam m ent
autour de Lille et d’Arras, dans une
moindre mesure sur Cam brai
Source : recen se ments de la popu la tion 1999 et 2008 (Insee).
.
7


La ten dance depuis est à une Carte 5 : PART D’OUVRIERS ET MIGRATIONS D'OUVRIERS
har mo ni sa tio n de la pré s ence des DANS LES TERRITOIRES DE L’AIRE MÉTROPOLITAINE DE LILLE EN 1999
employés sur les ter ri toi res de
l’AML. Une sta gna tion voire une
baisse est cons tatée pour les
terri toi res où ils étaient déjà
for te ment repré sen t és comme dans
la com mu nauté de com mu nes de
l’Artois, où la part des employés a
perdu 2,3 points. À l’in verse, les
t erri to i res pré s en tant une part
plus faible au départ ont enre gis tré
des haus ses signi fi ca ti ves comme
sur la CC Artois-Flan dres, où la part
des employés a gagné 6,2 points
entre 1990 et 2008. Les migra tions
r ési den ti el les des caté go ri es
socia les employées sem blent
s’ins crire dans ce mou ve ment
d’é qui l i brage entre ter ri toi res.
Ainsi, les espa ces avec les parts les
plus éle vées d’em ployés pré sen t ent
le plus sou vent un défi cit migra toire
d’em ployés, à l’ins tar de Lille et
de la cou ronne arra geoise. À
l’in vers e, des ter ri toi res ruraux ou
périur bains avec une sous-repré -
Source : recen se ments de la popu la tion 1999 et 2008 (Insee)sen ta tio n de cette caté gorie sociale
connais sent désor mais des gains
mig ra toi r es. Carte 6 : PART D’OUVRIERS ET MIGRATIONS D'OUVRIERS
DANS LES TERRITOIRES DE L’AIRE MÉTROPOLITAINE DE LILLE EN 2008
Cer tes, un phé no mène de conc en tra tio n
per siste le long d’un axe reliant Lille
à Arras, ainsi que dans des espa ces à
dom i nante rési den ti ell e, com me
dans les Flan dres ou la Pévèle. De
même, des ter ri toi res dont le tissu
pro duc tif reste carac t é risé par le
sec te ur indus triel pré s en tent une
moin dre pro por tion d’em ployé s et
un défi cit migra toire de cette
caté gorie sociale, comme dans le
Hai naut, l’Aves nois, le Douai sis,
Lens-Lié vin et Rou baix-Tour co ing.
LA MOBILITÉ DES OUVRIERS :
L’ATTRACTIVITÉ DES FRONTIÈRES EST
ET SUD DE L’AML
De par sa tra di tion indus trielle, le
ter ri to ire de l’Aire métro po l i taine de
Lille pré sente dans l’en semble une
pro po r tion impor tante d’ou v riers.
Les dif fé rents espa ces de l’AML
comp tent en leur sein une part
Source : recen se ments de la popu la tion 1999 et 2008 (Insee)
signi fi ca tive d’ou vriers, en par ti cu lier
8





le long de l’an cien bas sin minier, pro fes sions ouvriè res est enre gis tré dans les pro ches ban lieues, autour
dans les Flan dres, dans le Cam bré sis, sur Vale n cien ne s Métr o po le entre de Rou baix et de Tour coing et dans
en Sambre-Aves nois. les années 1990 et les années 2000, l’en semble du bassin mi nier. Enfin,
pas sant d’une sous -rep ré se n ta tion les ména ges les plus âgés (classe 5)
à une sur re pré s en ta tio n. Au del à sont pré sents autour de Lille et parDans les années 1990, cette
des mobi li tés rési den t iel les, ces ail leurs sou vent à proxi mité desorg a ni sa tio n soc iale du ter ri to ire
ter ri to i res témo i gne nt com bie n la ména ges peu aisés. sem blait peu liée aux flux migra toi res,
res tru c tu ra tio n ou au con trai re leà l’ex cep tion de quel ques ter ri toi res.
main tien de l’em ploi indus trielAutour d’Arras et de Lille, le défi cit En une ving taine d’an nées, la
compte sur les évo lu tions socia lesmigra toire d’ou vriers a ainsi car to graphie sociale de l’AML a
des espa ces.accen tué le recul des pro fes sions for te ment évo lué puisque près de la
ouvriè res en leur sein. Inver se ment, moitié d es quar tiers a vu son pro fil
s ur les com mu nau tés d’ag gl o mé ra tio n soc io d é mo gra p hique chan ge r.
DES POLARITÉS SOCIALES AU SEIN
des Por tes du Hai naut, au nord de
DES COMMUNES EN PERPÉTUELLES
l’ag glo mé r a ti on lil loise et au Dans une soixan taine de quar tiers
ÉVOLUTIONS
nord-ouest de Mau beuge, la plus (6 % de l’AML) atti rant his to ri que ment
forte pré sence d’ou vriers s’est ren forcée des famil les de clas ses popu lai res,
en rai son d’ar ri vée s plus nom breu s es Si les effets sociaux des migra tions sont désor mais sur re pré sen tés des
que les départs . rési den t iel les s’ob ser vent en parti e étu diants ou des jeu nes cadres, le
à l’é c hell e des inter c om m u na li té s, plus sou vent céli ba tai res. Ils se
Dans les années 2000, les flux c’est au niveau ter ri to rial le plus fin, situe nt prin c i pa l e me nt aux lim i tes
1migra toi res se sont modu lés et celui des quar tiers , que leur impact de Lille (Lille Nord, Sud, Fives, Saint
des si nent dés or m ais les pol a ri tés se fait le plus res sen tir. L’am pleur Mau rice) ou dans des ban lieues
s ocia les entr e les ter ri toi res. En des migra t ions rési den t iel les y est pro ches (Lam be r sart…). Que l que s
par ti c u lie r, les inter c om m u na li té s d’ail leurs sou tenue : parmi les quar tie rs de Rou baix, Vale n cien ne s
a vec une sur re pré s en ta tion d’ou v riers, habi tants du Nord-Pas-de-Calais ou Cam brai sont aussi dans cette
à l’est au niveau des Flan dres et du ayant déménagé au cours des dyna m ique .
Béthu nois, au sud avec le Cam bré sis 5 der niè res années, 35 % ont
et la Sambre-Aves nois, enregis trent changé de rési dence au sein d’une À l’in verse, des quar tiers voient
désor mais des sol des migra toi res même com mune. la part des retraités aug men ter et
posi tifs. En lien avec ces espa ces, se situer au-des sus de la moyenne
du fait des arri vées enre gis trées au La pho to grap hie soc io d é mo gra p hique de l’AML. Ces 180 quar tiers (soit
cours des der niè res décen nies, des popu la tions vivant dans les 17 % de l’AML) sont répar tis dans
certains ter ri toi res ont vu leur quar tiers des pôles urbains de tous les types d’es pace à l’ex cep tion
pro po r tion d’ou v riers pas ser l’AML retrace la car to graphie du centre de Lille et des ter ri toi res
au-des sus de la moyenne de l’AML, des situa tions de pau vreté et de périur bains. Le cœur du bas sin
comme la CC de l’Ouest Cam bré sis pré ca rité établie dans le pre mier minier, notam ment dans le Scot
ou la CC Artois-Lys. volet de cette démarche d’é tu des de Lens-Lié vin - Hénin-Car vin, est
. Les étu diants ou les par ti c u liè re me nt conc erné par ces
jeunes cadres sont concen trésCer tai ns esp a ces pré s en tent enco re tra jec toi res, de même que le cœur
dans la moi tié nord de Lille (classe 1).des dyna m i que s con tras tées entre d’Arras.
Une fois en couple, sou vent avecleur com po si tion sociale et leurs
des enfants (classe 2), ils sontflux migra toi res. Dans le cœur de Dans cer tains quar tiers, une élé va tion
s urre p ré se n tés dans cer tai ne sl’an cien bas sin minier, avec les en âge est observée sans pour
b anlie ues lil lo i ses (Marcq -en-B ar œul… ),CA de Lens-Lié vin, Hénin-Car vin et autant que la part des retrai tés
dans les espa ces périur bains lil lois,du Douai sis, s’ob ser vent à la fois une ne s’élève : il s’ a git plu tôt d’une
autour d’Arras ou aux fran gessur re pré sen ta t ion des pro fes sions pro por tion croi s sante de ména g es
de l’an cien bas sin minier. Ils seouvrières et un déf i cit migra toire. d’ac tifs âgés de 40 à 60 ans. Ce rela tif
r etro u ve nt éga l e me nt dans quel quesTout en per dant des actifs ouvriers vie il l is se ment peut s’ac co m pa g ner
rares quar tiers des prin ci pa le sdans les échan ges migra toi res, le d’une élé va tion sociale (10 % de
aggl o mé ra tions de l’an ci en bas s incœur du bas sin minier garde ainsi l’AML) comme en péri phérie de
minier (Valen cien nes, Douai, Lens).une spé ci fi cité ouvrière. Dans l’est l’ agglo mé ra tion lil loise ou aux limi t es
Les famil les plus modes tes, jeu nesde l’an cien bas sin minier, en lien du bas sin minier comme à l’est ou
(classe 3) ou plus âgées (classe 4)avec la résis tance de l’em ploi au nord de Béthune, au sud de Douai
sont loca li sées dans Lille Sud ouindus triel, un léger regain des ou nord-ouest de Valen cien nes ;
1 On entend ici par quar tiers les Iris (ilôts regrou pés pour l’in for ma tion sta tis tique) qui cor res pon dent à un décou page Insee du ter ri toire en mailles de ta ille
homo gène d’en vi ron 2 000 habi tants.











Carte 7 : TYPOLOGIE DE LA STRUCTURE DE POPULATION DES IRIS ET COMMUNES DES PÔLES URBAINS
DE L’AIRE MÉTROPOLITAINE DE LILLE EN 2008
Source : recensement de la population 2008 exploitation complémentaire (Insee).

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