Des croissances localisées

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Le recensement de la population de 1999 permet de dégager les grandes tendances de cette décennie : faible augmentation du nombre d'habitants, diminution de l'excédent naturel et du déficit migratoire, croissance soutenue autour de Besançon, recul de l'agglomération de Montbéliard touchée par la baisse des effectifs salariés, évolutions contrastées dans le Jura et la Haute-Saône.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Démographie
Premiers résultats estimésNUMÉRO SPÉCIAL
du Recensement de la population de 1999TERRITOIRE DE BELFORT
pour la région Franche-Comté
DES CROISSANCES
LOCALISÉES
Le recensement de la population
permet de dégager les grandes
tendances démographiques de
cette décennie : faible augmentation
du nombre d’habitants, diminution
de l’excédent naturel et du déficit
migratoire, croissance soutenue
autour de Besançon, recul de
l’agglomération de Montbéliard
touchée par la baisse des effectifs
salariés, évolutions contrastées
dans le Jura et la Haute-Saône.
n mars 1999, la Franche- rapide que sur la période 1982-
Comté compte 1 115 000 1990 (+0,15% par an), mais qui
habitants. En neuf ans, reste nettement plus lent que sur
la population augmente la période 1975-1982 (+0,32%
de 18 000 habitants, soit 2 000 par an).
par an (contre 1 660 par an en- L’accroissement de la popula-
tre 1982 et 1990). Le rythme tion régionale est à mettre à l’ac-
annuel de progression s’établit tif du solde naturel. Entre 1990
ainsi à +0,18%. La croissance et 1999, il y a eu 36 500 naissan-
démographique s’est poursui- ces de plus que de décès. Cet
vie à un rythme légèrement plus excédent naturel est inférieur àNº 28 - JUiLLET 1999
INSEE Franche-Comté - L'ESSENTiEL Nº 281
ESS992818 Prix : 15F (2,29 )Les zones d’emploi de Besan- dis que les communes environ-
çon et de Pontarlier gagnent res- nantes enregistrent nettement
pectivement 15 000 et 3 300 plus d’arrivées que de départs.
celui de la période 1982-1990. habitants entre 1990 et 1999, C’est l’effet classique de laGéographiquement, les zones en
Côté migrations, les départs soit une progression annuelle périurbanisation, dans le con-forte croissance démographique
continuent de dépasser les arri- sont situées tout d’abord dans moyenne d’environ 0,75% pour texte d’une économie qui, sur
vées, mais le déficit migratoire l’une comme pour l’autre. Sur ces dix dernières années, a plu-les zones d’emploi de Besançon
a lui aussi diminué. Si les arri- ces deux zones, les cantons tôt bien résisté. Car Besançonet Pontarlier. La zone d’emploi
vées dans la région avaient com- de Besançon voit sa population d’Ornans et de Levier, avec des tire parti des emplois adminis-
pensé les départs, la croissance croissances limitées, font figure tratifs induits par son statut deaugmenter sensiblement. Elle
démographique d’exceptions. capitale régionale.gagne presqueCroissance soutenue de
de la région aurait autant d’habi- Les raisons de ce dynamismel’agglomération bisontine
été deux fois plus démographique sont différen- Mulhouse, Oyonnaxtants que la
forte. Dans une région qui, en tes. Dans le cas de la zone d’em- et la Suisse influentFranche-Comté dans son ensem-
termes d’emplois, est propor- ble. L’attrait de la capitale ré- ploi de Pontarlier, où la popula- sur la Franche-Comté
tionnellement la plus indus- tion est plus jeune que dans legionale se fait sentir jusqu’au
trielle de France, les réductions reste de la région, la variation Trois autres zones en essor dé-nord de Dole, où elle se com-
d’effectifs industriels, notam- bine avec l’influence dijonnaise. est due exclusivement à l’excé- mographique se situent aux li-
ment dans l’automobile, expli- dent naturel, le solde migratoire mites de la région. Leur implan-La proximité de Besançon pro-
quent en grande partie ce défi- étant presque nul. Pour la zone tation à proximité de villes, oufite aussi aux cantons du sud de
cit. Ainsi, dans la zone d’em- la Haute-Saône, qu’ils appar- d’emploi de Besançon, les sol- alors de forts excédents natu-
ploi mono-industrielle de des naturel et migratoire sont rels expliquent ces performan-tiennent à la zone d’emploi de
Montbéliard, les départs ont tous deux excédentaires. Seule ces.Besançon (cantons de Rioz et
dépassé les arrivées de 11 000 de Marnay) ou à celle de Gray la commune de Besançon a un La première zone est constituée
personnes. solde migratoire déficitaire, tan- des communes à l’est du Terri-(cantons de Gy et de Pesmes).
toire de Belfort, en bordure de
l’Alsace. Les axes de commu-
nication, routes nationales et
autoroute, ont rendu ces com-
munes faciles d’accès depuis
Belfort, Mulhouse et même
Bâle. C’est un processus que
l’on désigne par le néologisme
de rurbanisation, qui signifie que
certaines zones rurales sont de-
venues des campagnes dortoir.
La deuxième zone, située à l’ex-
trême sud du Jura, bénéficie
d’une situation à proximité
INSEE Franche-Comté - L'ESSENTiEL Nº 28 2d’Oyonnax. Certaines de ces pulation de cette zone diminue Certains cantons cumulent des Dole se maintient. Dans le sud-
communes font même partie à nouveau assez nettement, no- déficits naturel et migratoire, est du Jura, le canton de Morez
intégrante de l’aire urbaine. El- tamment du canton de Maîche à comme le canton d’Amance, qui perd de la population et celui de
les sont situées dans les cantons celui de Montbéliard en passant est passé de 6 090 habitants en Saint-Claude a une croissance
d’Arinthod et de Moirans-en- par Pont-de-Roide. Cette évo- 1990 à 5 050 en 1999, ou encore limitée. Mais tandis que les com-
Montagne. lution est à mettre en relation les cantons de Faucogney-et-la- munes rurales bénéficient du
La troisième zone est fronta- avec un taux de chômage supé- Mer et Jussey. La ville de Lure, soutien du tourisme, les villes
lière avec la Suisse, notamment rieur à la moyenne régionale et et surtout celle de Luxeuil-les- sont plus touchées, comme
à proximité de Lausanne et de surtout à la baisse de l’emploi Bains, connaissent aussi des Morez qui est passée de 6 960
Neuchâtel. L’excédent naturel salarié. La baisse des effectifs baisses dues à des migrations habitants en 1990 à 6 120 en
y est fort. Le travail frontalier, du centre de production de Peu- défavorables. 1999.
au sens des per- geot à Sochaux il- Dans le Jura, le canton de Cham-
Le pays de Montbéliardsonnes habitant en lustre bien ce phé- pagnole, le Revermont et les Mouvement de
déficitaireFrance et tra- nomène. Les cantons du sud de Dole voient périurbanisation
vaillant en Suisse, a reculé ces communes du canton de leur population baisser. Les dé-
dix dernières années, alors que Beaucourt dans le Territoire de ficits naturels très marqués dans Le mouvement de périur-
des emplois dans la zone fronta- Belfort subissent aussi l’in- les cantons de Salins-les-Bains banisation se poursuit. Les pô-
lière sont induits par le tourisme fluence de la baisse de l’emploi et d’Arbois attestent d’un les urbains continuent de perdre
commercial de résidents suis- dans le pays de Montbéliard. vieillissement de la population. de la population au profit des
ses. Par rapport aux années qua- Mais la baisse des effectifs in- Mais, en raison de l’extension communes périurbaines. Ce
tre-vingts, les communes des dustriels n’est pas la seule ex- des zones d’influence de Be- mouvement s’atténue en inten-
cantons de Pontarlier et de plication. Le nord de la Haute- sançon et de Dijon et de l’évo- sité, mais, fait nouveau, touche
Mouthe ont connu une crois- Saône, au niveau du massif sous- lution favorable des effectifs des communes de plus en plus
sance démographique plus fai- vosgien, est aussi très touché. salariés, la zone d’emploi de éloignées de la commune cen-
ble. Et cette croissance s’expli-
que uniquement par l’important
excédent naturel, tandis que les
mouvements migratoires ont été
équilibrés. La commune de
Doubs a fait preuve d’un dyna-
misme remarquable. Zone pa-
villonnaire de Pontarlier sur la-
quelle des grandes surfaces sont
implantées, sa population est
passée de 1 680 habitants en
1990 à 2 270 en 1999.
Quelques cantons du Jura tirent
également leur épingle du jeu,
soit grâce à des migrations fa-
vorables comme Bletterans ou
Voiteur qui bénéficient du mou-
vement de périurbanisation de
Lons-le-Saunier, soit grâce à
leur excédent naturel, comme
Clairvaux-les-Lacs, Saint-Lau-
rent-en-Grandvaux ou Les Plan-
ches-en-Montagne.
La forte contraction des effec-
tifs industriels pendant la dé-
cennie des années quatre-vingt-
dix a eu des effets directs sur la
démographie. Le nord du
Doubs, où cette spécificité in-
dustrielle est très nette, est par-
ticulièrement concerné. La po-
INSEE Franche-Comté - L'ESSENTiEL Nº 283était en déclin démographique,tre. À Besançon notamment, on
MÉTHODOLOGIE : DES RÉSULTATS PROVISOIRESassiste à l’expansion de la cou- stabilise sa population. Quant
au Jura, pour lequel on observeronne périurbaine. Les résultats présentés ici sont provisoires. Ils correspondentdes évolutions infradépar-L’opposition classique entre des
aux données disponibles le 22 juin 1999. Les chiffres définitifs du
zones urbaines ayant un fort tementales très diversifiées, il dénombrement de population au 8 mars 1999 par commune
continue au total à progresser,dynamisme démographique et seront officialisés à la fin de l’année 1999, après contrôle des
mais quatre fois moins vitedes zones rurales vieillissantes opérations effectuées sur le terrain et validation des résultats
obtenus. Cette étape de vérification a débuté par les petites commu-et se dépeuplant progressive- qu’avant 1990. Le département,
nes au mois d’avril et est toujours en cours pour les grandes villes.qui est parmi ceux de France oùment mérite d’être nuancée. En
Les données État-civil sont, elles aussi, provisoires. Le nombre dele chômage est le plus bas, neeffet, en Franche-Comté, les
naissances et de décès au lieu de domicile est connu pour les
pôles, urbains comme ruraux, réédite pas la bonne perfor- événements survenus jusqu’en décembre 1997. Les données
mance démographique qui a étéperdent de la population au pro- 1990-1999 ont donc été estimées. Elles permettent de mesurer la
la sienne entre 1982 et 1990.fit de leurs périphéries. Cette part due au solde naturel dans l’évolution de la population obser-
vée entre les deux recensements et, par différence, la part due ausituation est très prononcée dans Pourtant, la situation de la
solde migratoire. Du fait de son mode de calcul, le solde migratoireHaute-Saône et du Jura sontle Jura. Elle ne s’applique pas à
concentre l’ensemble des incertitudes sur les sources qui servent ànettement différentes. Là où lela capitale régionale.
le calculer. On parle alors de solde apparent. Par ailleurs, il ne faut pas
Les communes rurales isolées, Jura a des zones de développe- confondre les migrations, qui concernent tous les échanges d’une
ment propres, la Haute-Saônequi s’étaient dépeuplées, ont eu zone avec l’ensemble des autres, avec sa composante extérieure.
ne réussit à stabiliser sa popula-des migrations équilibrées. El- Les zonages auxquels il est fait référence, tels que les unités
urbaines ou l’espace rural, sont construits à des fins statistiquesles parviennent, grâce à un ex- tion qu’en raison d’une forte
en fonction de critères relatifs à la taille des communes considé-hausse des communes prochescédent naturel, à connaître une
rées, à la continuité de l’habitat ou aux migrations domicile-travail.de Besançon. Ainsi,croissance (+0,13%
Leurs délimitations font donc l’objet de révisions régulières. LesLe rurall’an) proche de la crois- l’écart de densité s’ac- zonages utilisés dans le présent article sont ceux élaborés à partirse stabilise croît entre les deux dé-sance régionale. Elles des résultats du recensement de 1990.
partements ruraux et peu peu-sont en hausse dans tous les
départements, à l’exception de plés du Jura et de Haute-Saône
d’une part et les deux départe- partie de l’agglomération dela Haute-Saône. Parmi les dix communes qui
ments plus urbains que sont le Montbéliard. Il s’agit dePar département, les évolutions gagnent le plus d’habitants,
Montbéliard, Audincourt, Va-locales très contrastées se com- Doubs et le Territoire de Belfort on compte six communes de
d’autre part. lentigney et Bethoncourt. Onpensent en partie. Mais les dé- la zone d’emploi de Besançon
En Franche-Comté, 37 commu-partements du Doubs et du Ter- (Besançon, Pelousey, Roche- trouve aussi quatre communes
jurassiennes : Dole, Lons-le-ritoire de Belfort, plus urbani- nes ont perdu plus de 20% de lez-Beaupré, Saint-Vit, Saône
leur population depuis 1990, Saunier, Champagnole et Mo-sés, se différencient nettement et Valdahon), la commune de
tandis que 223 communes ontdu Jura et de la Haute-Saône où Doubs près de Pontarlier, Hé- rez, et deux communes haut-
saônoises : Vesoul et Saint-la prépondérance rurale im- gagné plus de 20%. Mais les ricourt près de Montbéliard,
pertes, peu nombreuses, ont plu- Rémy.prime sa marque. Le Doubs et le Valdoie près de Belfort et
tôt lieu pour des grandes com-Territoire de Belfort ont aug- Echenoz-la-Méline près de
Jean-Éric Placementé leur rythme de progres- munes, et les gains, plus nom- Vesoul.
breux, sont le fait des commu- Cartes : Olivier Barlogission par rapport aux années qua- Des dix communes qui perdent
nes de petite taille.tre-vingts. La Haute-Saône, qui le plus d’habitants, quatre font Tableaux : Patrice Perron
INSEE Franche-Comté
POUR EN SAVOIR PLUS ... "le Major" 83, rue de Dole
BP 1997 25020 BESANÇON Cedex
INSEE Première INSEE Première n° 663, 664 et 665 (résultats nationaux). Tél : 03 81 41 61 61 Fax : 03 81 41 61 99
Fascicules départementaux « Évolutions démographiques 1990-1999 - Données provi-
Directeur de la publication : Bernard Le Calvezsoiressoiressoiressoiressoires » publiés à partir de juillet 1999, au fur et à mesure de la disponibilité des résultats :
Rédacteur en chef : Jean-Éric Place
populations 1990 et 1999, évolutions dues au solde naturel et au solde migratoire, nombre Composition, mise en page :
Maurice Boguet, Sylvie Cudeyde logements - pour toutes les communes ou pour tout échelon supérieur.
Imprimerie : Éblé Besançon À partir du 6 juillet 1999, les résultats provisoires sont également disponibles, avec
mises à jour hebdomadaires, sur listes papier listes papier, cédéroms ou disquettes mais aussi sur le Abonnement annuel (4 numéros
+3 numéros de INSEE Franche-Comtéminitel et le site internet de l’INSEE (www.insee.fr). LE MAGAZiNE + lettres d'information) :
Les chiffres définitifs du décompte de la population et des logements seront publiés France : 150F
Étranger (normal) : 188Ffin 1999 - début 2000 (fascicules bleus).
Étranger (urgent) : 240F
Les résultats de l’exploitation statistique des bulletins individuels et des feuilles de Nº de CPPAP : 3 021 AD
ISSN : 1248-2544logement seront diffusés entre le 2e trimestre 2000 et le 2e trimestre 2001.
© INSEE 1999
Pour en savoir plus, contacter l’INSEE Franche-Comté dépôt légal : juillet 1999
INSEE Franche-Comté - L'ESSENTiEL Nº 28 46
??????Forte
progression
autour de
Besançon
Source : INSEE - Recensements de la population 1990 et
1999
(données provisoires 1999)
(*) Carte lissée par contiguïté : la couleur de chaque
commune correspond à la variation d'un ensemble constitué
d'elle-même et des communes qui lui sont contiguës.
© IGN - INSEE 1999
INSEE Franche-Comté - L'ESSENTiEL Nº 285Excédent naturel
à l'est
Source : INSEE - Recensements de la population 1990 et
1999
(données provisoires 1999)
(*) Carte lissée par contiguïté : la couleur de chaque
commune correspond à la variation d'un ensemble constitué
d'elle-même et des communes qui lui sont contiguës.
© IGN - INSEE 1999
Excédent migratoire
à l'ouest
Source : INSEE - Recensements de la population
1990 et 1999 (données provisoires 1999)
(*) Carte lissée par contiguïté : la couleur de
chaque commune correspond à la variation d'un
ensemble constitué d'elle-même et des commu-
nes qui lui sont contiguës.
© IGN - INSEE 1999
INSEE Franche-Comté - L'ESSENTiEL Nº 28 6

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